un objet familier prend vie (d’autres cinquièmes, une dizaine d’années plus tôt)

Consigne : je décris un objet familier que je personnifie. Je peux le doter d’un passé et/ou d’un avenir.

Thomas            Un petit coffret en bois

Il était là, sur l’étagère remplie à craquer de livres de toutes sortes, à côté du globe en verre et du vase rempli de plumes, immobile, insignifiant, un petit coffret en bois vide… Vide… Pas entièrement… Autrefois, il avait servi à une personne très puissante, un mage. Il avait recelé un immense trésor, une puissance magique d’une force inimaginable qui méritait bien plus que son nom : l’amour. L’amour qui déchire les cœurs et les reconstruit aussi facilement, l’amour qui ravage les âmes et les détruit, qui rend le sage fou, qui envahit les hommes…

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

 Guillaume     Le correcteur Pritt

Je l’avais trouvé dans le pot à crayons de mon père pendant que je récitais ma poésie. Il avait attiré mon regard pour sa forme de formule 1. Un jour, il arriva sur mon bureau. Il se précipita dans ma trousse. Il devint vite ami avec le stylo-plume à encre bleue. Il était impatient de voir les salles de classe. Quand il sortit de ma trousse, Victor se précipita dessus. Le correcteur Pritt était heureux que l’on s’occupe de lui. Enfin il était le centre d’intérêt des discussions du cour de mathématiques.

David        Le carnet de correspondance d’Alexandre

Un carnet de correspondance bleu comme tous les carnets de correspondance du Collège. Indispensable quand on voulait sortir après les cours. Quand Alexandre faisait quelque chose de pas bien en cours, le professeur le sanctionnait : il prenait son carnet,  écrivait un mot dans une bande orange, détachait un bout à faire signer par la vie scolaire tandis qu’un carré restait accroché à faire signer par les parents.

Un jour, Alexandre sut qu’il allait déménager à Nice. Il se mit à faire l’imbécile pour que son carnet se remplisse de mots.

Lorsqu’il quitta son dernier cours, dès la sortie du Collège, il prit le briquet qu’il avait apporté, brûla son carnet puis jeta ce qu’il en restait.

Voilà le destin qui peut attendre chaque carnet de correspondance !

Annaëlle  Un barreau

 Il y avait, à côté de l’entrée du collège Marguerite de Navarre des toilettes pour filles et pour garçons. Je n’ai jamais eu le privilège — et le malheur — d’entrer dans celles  des garçons mais le héros de cette histoire se trouvant être une barre de métal complètement rouillée, je n’y reviendrai pas.

Les escaliers menant aux toilettes des filles étaient donc encadrés de barreaux d’environ un mètre. La plupart de ces barreaux étaient tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception d’un seul qui avait la faculté de pouvoir tourner sur lui-même.

Et  tous les jours, le barreau s’ennuyait ferme, d’autant plus que ses compagnons d’infortune — c’est ainsi qu’il surnommait ses congénères barreaux  — ne trouvaient rien de mieux à faire que de le narguer car, « eux, ils étaient totalement rouillés mais au moins, ils savaient rester à leur place, sans coulisser au moindre coup de vent « .

Et tous les jours, le barreau de fer se languissait de ne pouvoir ouvrir la Porte. En effet, il suffisait de le tourner dix fois vers le Nord et douze fois vers le Sud, et ce quatre fois de suite pour que la Porte s’ouvre.

Malheureusement, le secret qui avait d’abord été transmis de mère en filles, de copine en copine avait fini par se perdre et le vieux barreau lui-même ignorait ce qu’il se passerait si on le tournait de cette façon. Il savait seulement que les toilettes qu’il occupait avaient d’abord servi de salles de tortures…

Matthieu     La board

Elle était rangée derrière l’échelle de sa mezzanine, mais, parfois, elle traînait dans sa chambre naviguant entre tout ce qui y était entassé. Elle, sa board. Elle lui servait beaucoup, c’est avec elle qu’il partagea ses premières « figures de grands », le flip, le variale flip… Parfois aussi, il s’énervait avec elle, celle-ci manqua plusieurs fois de passer sous une voiture tellement sa colère était grande. Maintenant il continue de progresser, les bons moments ne manquent pas. Mais avec le temps, le dessin qui orne le dessous de la planche s’abîme, s’use. On peut sentir que sa fin est proche. Son propriétaire va devoir en racheter une. Eh ! oui, elle ne virevoltera plus dans les ruelles. Abandonnée, elle ne servira plus à rien.

 Margot         Le stylo-plume

 Il était rose avec des petits moutons blancs. Il n’avait que quelques mois mais on aurait dit qu’il était vieux de plusieurs années. Margot l’avait acheté à son entrée en cinquième et depuis, il devait écrire toutes les leçons ennuyeuses d’histoire-géo, incompréhensibles de mathématiques et les exercices catastrophiques de français. La trousse était sa maison. Il y vivait avec Toto le ciseau, Péteur l’effaceur et Ronflon le crayon. Il pensait souvent à tout ce qui lui restait encore à écrire jusqu’au jour où, malheureusement, il se casserait et finirait à la poubelle.

Claude          La raquette de Claude

La raquette de Claude était verte sauf à la base du manche, à l’endroit où on la tenait. Dessus, il y avait deux revêtements, un rouge et un noir. Toutes les semaines, elle s’amusait comme une enfant. Parfois, elle était énervée et souffrait. Après avoir joué, elle se reposait dans une housse où elle rencontrait la plus ancienne des raquettes de Claude. Un jour, Claude la remplaça par une nouvelle raquette, plus belle, plus performante. Elles se détestaient. Le jour de l’entraînement, Claude prit la nouvelle. La verte était furieuse. Trois mois plus tard, l’autre fut décollée. La restante était enfin vengée et put sauver le reste de sa vie avec Claude.

 

Anne-Sophie  Le sac Eastpak

Je pris un jour un sac et ce sac était un Eastpak. Rouge et noir avec des dessins. De jolis dessins. Je l’ai gardé un an puis deux années et même trois années sans un trou, sans fermeture éclair cassé. Rien ! Tout marchait et nous nous entendions bien! Mais un jour arriva le collège : j’ai dû changer de sac. Pourtant, il était merveilleux, il avait tenu mais j’avais tellement peur qu’il lâche…

 Sarah        Le stylo

 Le stylo était rouge avec un dragon argenté. Reçu pour l’anniversaire des dix ans de Sarah, il avait deux ans. Son bouchon était l’objet de nombreuses triturations, d’ailleurs il était légèrement fissuré.

Il avait maintes fois accompagné sa propriétaire dans de nombreux contrôles (d’histoire, d’allemand et d’expression écrite) où elle écrivait comme une forcenée.

Son havre de paix était la trousse criblée d’écritures, et parmi quelques crayons de couleur, le blanco et la gomme, il se pelotonnait tranquillement, songeant aux jours heureux de vacances où il se reposerait enfin.

 

Eva      Le lit

Le lit d’Eva,  tout bleu et très moelleux, était raide dingue de sa voisine la couette. Une couette toute blanche et elle aussi amoureuse de lui. A chaque fois que quelqu’un voulait s’y coucher, il ne pouvait plus en sortir tellement la couette et le lit se serraient fort. Un jour, le lit se décida enfin à demander la couette en mariage, la couette, bien évidemment, accepta. Ils eurent plein de petits oreillers bleus à points blancs et tout aussi moelleux que leur père.

C’est ainsi que se finit l’histoire merveilleuse (ou presque) du lit et de la couette.

 

Quitterie           Le stylo

Il était jaune fluo et transparent. On voyait son squelette constitué d’un squelette et d’un tube blanc qui retenait l’encre. Il y avait aussi quelques plaques métalliques au bout et au début de ce beau stylo bic jaune. Il était fin et lisse.

A chaque fois que l’on écrivait avec, on avait l’impression qu’il écrivait tout seul. Et même les élèves qui écrivaient mal (voire très mal !) avec ce stylo écrivaient bien. Personne ne savait pourquoi. Personne, sauf lui.

Il avait été jadis un joli prince très habile que tout le monde aimait. Mais un jour qu’il partait à la chasse avec son cheval Soleil-Levant, une vieille sorcière lui jeta un sort et il atterrit dans une trousse, changé en stylo jaune fluo.

Dans la trousse, il était piqué par le compas, compressé parmi tous les stylos, Sali par les feutres sans capuchons et enfin étouffé par le taille-crayons qui lui enfonçait la tête.

Mais ce n’est pas tout : quand l’enfant le sortait de sa trousse, il le mordillait et le faisait passer à toute la classe pour que tout le monde admire le stylo foutu grâce à ses mâchoires, ce qui provoquait des éclats de rire.

Et puis un jour, l’élève se lassa de son stylo cassé et le jeta à la poubelle.

Voici la fin tragique du prince.

 

Florence         Le réfrigérateur

La vie du frigidaire n’est pas aisée et personne à part eux-mêmes ne le remarque. Autrefois, on les respectait, ils n’allaient que chez les familles riches, on les appelait « réfrigérateur ». Maintenant ils sont même dans les familles pauvres et on les nomme « frigo ». Ah, si mon grand-père me voyait pense-t-il souvent. Eux qui descendaient de la fière lignée des usines « Frigidi, les figidaires sans soucis ».Et puis ils doivent sans cesse repousser les attaques des abominables choses que sont les fours. Toujours à ouvrir leur bouche à l’occasion de quelque fête. « Non, mais… vous vous croyez en Afrique ? » avait lancé un jour un réfrigérateur au four qui lui faisait place et lui, comble de non-respect envers son aîné, lui avait répondu : « Et toi, l’ vieux, t’es au pôle nord ? C’est p’tèt ça qui t’a givré le cerveau ? »

 

Axelle               Une paire de chaussures

La chaussure fut jetée à travers la pièce, évitant de justesse le chien de la maison. Elle atterrit lourdement, juste devant le poêle. Elle fut très vite rejointe par sa compagne de toujours la chaussure gauche. Elles s’aimaient depuis qu’elles s’étaient rencontrées. C’est-à-dire dans une boîte en carton. Une boîte pas très confortable. Elles attendirent de longues semaines. Sortants de temps en temps de la boîte pour être enfilées à des pieds puants. Mais jamais un humain ne les avait prises. Elles étaient pourtant belles : des baskets blanches à bandes noires. Mais les baskets n’étaient plus à la mode le top en ce moment c’était les Converse. Oh ! celles-là ce qu’elles pouvaient être hautaines ! Toujours à se pavaner ! Mais un jour une fille les essaya et après une longue réflexion passa à la caisse pour les payer. A partir de ce jour-là, les baskets furent très utilisées. Tant et si bien que trois mois plus tard, la basket droite avait déjà un trou sur le côté. Le faux daim sur sa pointe, blanc à l’origine, devint de plus en plus gris. Un jour où la jeune fille avait encore enfilé ses baskets la chaussure droite n’en put plus et se déchira sur toute sa longueur. Elle connut très vite, avec sa compagne, le fond de la poubelle.

 

Laurent       Le poste de musique

Mon poste de musique est magnifique : gris métallisé et deux enceintes couleur bois. Je l’ai posé sur mon étagère. Amoureux de mon réveil, la nuit il gambade à travers la chambre pour aller le draguer. Sur la pointe des enceintes, très souple, il franchit tous les obstacles. Lorsqu’il s’énerve, il met la musique très fort mais le lendemain il est sage comme une image

 

Delphine        Un sac

Un sac bleu clair. Dessus des inscriptions. Souvent calé, bien confortablement, au pied de la table. Résistant car il portait les nombreuses affaires de cours de Delphine, qui, quand elle rentrait chez elle, le balançait à l’autre bout de la pièce, en l’abandonnant. Deux poches : une grande et une plus petite dont la fermeture éclair était cassée. Tous les sacs lui prêtaient une histoire d’amour avec le sac de Mélanie. C’était vrai, il était fou amoureux d’elle. Il aimait bien son environnement même si rester calé pendant les cours de sa propriétaire l’ennuyait. Alors il rêvait de son avenir avec la belle sacoche.

 

Kevin         La raquette de tennis.

Rouge et blanche, bien au chaud dans sa housse, elle détestait le mercredi. Un jour maudit pour cette pauvre raquette de tennis. Secouée de gauche à droite, de bas en haut, elle avait mal au manche, souffrait de ses cheveux cordage tirés jusqu’au déchirement. Elle aimait le samedi : elle retrouvait la Babolat 301 rouge et jaune mais toutes deux détestaient la Dunlop 602 noire et rouge, soi-disant plus puissante. Un jour qu’elle l’affrontait, une balle arriva avec une force telle qu’elle en perdit quelques cheveux. Elle fut conduite dans un hôpital Intersport et réparée. Maintenant elle gagnait toujours la Dunlop 602 noire et rouge.

 

Laureen         La vieille table de français

Laureen trouvait que sa vieille table de français souffrait. Une table en bois aux pieds en fer. Elle souffrait parce que quelqu’un la martyrisait en gravant des mots comme Nicolas, mdr, volcom… avec son compas. Mais ce n’était pas tout ! Elle supportait aussi le poids des trousses, des cahiers, des bras et même des coups de poing énervés sans parler de tous les vieux chewing-gums qu’on lui collait dessous, à l’abri des regards. Laureen l’aimait bien. Tous les jours elle lisait ce qui venait de lui être rajouté.

 

Héloïse                 Un très joli livre

C’est un très joli livre à la couverture blanche et noire. De grandes lettres Entre chiens et loups sont inscrites sur la première de couverture. En son milieu, horizontalement, un barbelé qui peut faire peur. Ce livre appartient à Héloïse avec qui il parle souvent. Très chouchouté, il prend une place considérable dans la bibliothèque de sa propriétaire. Parfois il s’énerve quand on le jette n’importe où et se met à gémir mais très vite il se calme. Il passe des journées entières à attendre patiemment Héloïse. Bien qu’il commence à prendre de l’âge, il ne le montre pas vraiment. Toute la journée, il explore les contours de la chambre dans laquelle il est soigneusement posé. Il voyage autant que sa propriétaire et explore de nombreux autres petits coins où s’installer et rêvasser.

 

Camille                   Mon stylo plume

Mon stylo plume, quand on le voit, posé sur une table, il est assez ordinaire. Long, rose, fin. Pour l’ouvrir, il faut tourner le bouchon. Il a deux petits yeux jaunes. Il fait une très jolie écriture mais parfois à force d’écrire il en a marre, il écrit mal et même parfois pas du tout. Il bave rarement. Pourtant quand il a faim, il faut lui donner tout de suite une cartouche bleue. Les noires il ne les aime pas. Un peu comme les enfants avec le chocolat noir. Il n’a pas de bouche, sinon il m’aurait déjà mordu, non, quand même pas ! mais crié dessus, si, sûrement ! Parfois il sort de la trousse et part en courant sur le sol, c’est bien la preuve qu’il n’a pas trop envie de travailler.

 

Martin                       Mon oreiller

Mon oreiller quarante centimètres sur quarante, rempli de plumes, entouré d’un tissu de coton Si fin, si doux… et des petits dessins rigolos. Quand je rentre chez moi après une journée épuisante, j’enfouis ma tête dans ses replis moelleux. J’entre alors dans un autre monde, un monde de rêves qui me fait oublier tous mes malheurs et mes mauvaises notes. Il sent bon, il est chaud, douillet, parfois froid. Il prend parfois figure humaine, tantôt triste, tantôt gaie. Bref, c’est l’oreiller idéal pour passer une nuit de rêve, se réveiller frais le matin et réussir son exercice de français !

 

Yassib Mohamed                     Des Converse

Hier soir, j’ai acheté des Converse et ce matin je les ai mises pour aller au collège. Elles ont une peau marron et des lacets clairs comme des cheveux blonds. Le bout de mes chaussures ressemble à un sourire de dents blanches et elle me tire la languette. Le symbole de la marque a les yeux bleus. La chaussure de gauche demande à la chaussure droite :

  • C’est ta première journée ?
  • Oui.
  • Bonjour, je m’appelle Nicolas.
  • Et moi, je m’appelle Lucie, répond la chaussure de droite.

Ensemble, nous faisons la connaissance du livre d’Héloïse.

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

Pauline                           Un stylo plume

Ce n’était pas un humain, ni un animal, ni une plante mais un objet, plus précisément un stylo plume vert à pois bleus. Un stylo heureux de vivre dans une belle trousse parmi d’autres stylos. Lorsqu’il écrivait, on aurait dit qu’il dansait, passant d’une lettre à l’autre en sautant, dessinant des courbes… Parfois, il ne voulait plus écrire… Monsieur n’était pas content ou en colère, alors il s’arrêtait et Pauline changeait la cartouche. Comme par magie, rempli d’énergie, il reprenait son rythme pour compléter la page blanche. Quand il était furieux, Pauline appuyait fort sur sa plume pour qu’il continue à noter mais il bavait, fuyait, se déformait ou se cassait. Elle le réparait, se réconciliait avec lui et il reprenait sa danse sur la feuille. Pauline aimait bien ce stylo plume.

 

 

Grâce                                          Ma bague

 

Elle est toute petite, très jolie, avec de petits diamants. Brillante. Une bague que ma grand –mère m’a offerte. Une bague si heureuse le premier jour où je l’ai mise. Puis les jours ont passé et elle est devenue très étrange. Elle pleurait jour et nuit, désespérée. Qu’avait-elle donc ? J’ai décidé de la porter à nouveau. Elle a souri aussitôt. En fait, elle ne voulait plus être enfermée dans la boîte à bijoux.

Guillaume                       La play

 Cette play station noire de vingt centimètres carrés sur treize, Guillaume l’adore mais elle, une Sony, ne l’aime pas. Elle le déteste même. Tous les jours elle se fait secouer quand Guillaume n’arrive pas à faire ce qui est demandé dans le jeu. Un jour il l’a même jetée à terre. Elle criait de douleur face à cette chute terrible.

  • Tu ne m’aimes donc pas ? gémissait-elle.

Mais il n’a pas répondu. Depuis ce jour, la play a un défaut. Elle a la capacité de s’éteindre toute seule. Devant cette menace, Guillaume la respecte et ne la secoue plus. Ils sont devenus amis, du moins ils le croient.

Jordan                       Un stylo

Il écrit ce qu’on lui dit d’écrire mais au fond il est triste. C’est un stylo bleu clair et bleu vert, orné d’un crocodile marron sur le dos. S’il est triste c’est parce qu’il est tout seul et aussi parce qu’il ne peut pas écrire et raconter ce qu’il veut sur une feuille. Il est obligé de parler avec les crayons à papier et les taille-crayons. Un nouveau stylo vert vient d’arriver et d’un coup il sent que le vide de la solitude se referme petit à petit. Mais au moment où il va le voir, le stylo vert se fait emporter. Déjà dix minutes et il ne revient toujours pas… alors le stylo du début se ressent à nouveau terriblement seul.

 

Améline                         Le stylo-plume

Le stylo-plume dort dans une trousse avec plusieurs camarades. Quelqu’un le prend et commence à écrire. Il sent la douceur de ses mains, essaie de ne pas lâcher trop d’encre mais juste un peu. Retour à la maison. Epuisé et assoiffé, il s’endort tout de suite. Le lendemain, la personne le reprend, il n’a plus d’encre et il se rendort éternellement. Elle lui fait de merveilleuses funérailles.

des quatrains à partir de rimes imposées

voir d’autres exemples : jeu des Bouts-rimés

Il y a des mots qui blessent
Des mots qui déchirent mon cœur
Ils trouvent bien mes faiblesses
et cela me fait très peur
quand je touche des flocons
je me sens comme à la maison
et c’est ainsi que vient l’hiver
cette saison ou tout est clair

Je ressens de la tristesse
En tombant dans la paresse
Je m’engouffre dans la neige
En tombant de mon manège

Moi je regardais les roseaux

Se promener sur les eaux

Puis je ressentais dans mon coeur

Un petit peu plus de bonheur

un travail sur des poèmes de Paul-Jean Toulet (1867 à Pau – 1920 à Guéthary)

source wikipédia

Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le , est un écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu’il a créée.

Poèmes de Paul-Jean Toulet

(Pau 1867- Guéthary 1920)

–  « Bayonne! Un pas sous les Arceaux,
Que faut-il davantage
Pour y mettre son héritage
Ou son cœur en morceaux ?

Où sont-ils, tout remplis d’alarmes,
Vos yeux dans la noirceur,
Et votre insupportable sœur,
Hélas ; et puis vos larmes ? »

Tel s’enivrait, à son phébus,
D’un chocolat d’Espagne,
Chez Guillot, le feutre en campagne,
Monsieur Bordaguibus.

***

trois lectures de Julie en lien

Julie pour Ce fut un soir d’automne

Ce fut par un soir de l’automne
A sa dernière fleur
Que l’on nous prit pour Mgr
L’Evêque de Bayonne,

Sur la route de Jurançon.
J’étais en poste, avecque
Faustine, et l’émoi d’être évêque
Lui sécha sa chanson.

Cependant cloches, patenôtres,
Volaient autour de nous.
Tout un peuple était à genoux :
Nous mêlions les nôtres,

Ô Vénus, et ton char doré,
Glissant parmi la nue,
Nous annonçait la bienvenue
Chez Monsieur Lesquerré.

***

Julie pour Chevaux de bois

A Pau, les foires Saint-Martin,
C’est à la Haute Plante.
Des poulains, crinière volante,
Virent dans le crottin.

Là-bas, c’est une autre entreprise.
Les chevaux sont en bois,
L’orgue enrhumé comme un hautbois,
Zo’ sur un bai cerise.

Le soir tombe. Elle dit : « Merci,
Pour la bonne journée !
Mais j’ai la tête bien tournée… »
– Ah, Zo’ : la jambe aussi.

***

Julie pour Rêves d’enfant

Rêves d’enfant, voix de la neige,
Et vous, murs où la nuit
Tournait avec mon jeune ennui…
Collège, noir manège.

jouer avec une strophe de son choix, rester dans la région !

avec Tom

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A Pau, c’est la fin de l’hiver

Mais mon cœur est couvert

Depuis cette folle épidémie,

Je n’ai plus d’amis

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avec Mathéo

Sur le chemin de Labenne

Je suis parti vers Pau,

Avec sur la tête mon chapeau

J’ai vu des policemen

avec Jules

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Dans la ville de Pau,

Mon papa ne dessine plus sur les peaux,

Mais moi je dessine dans mon cahier,

Sans risque, ni danger.

 

avec Adam

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Sur la route de Gavarnie,

J’ai vu la pie dans son nid,

Elle avait peur des gros matous,

Car il y en avait partout

Sur la route du collège,

Il n’y a jamais de neige,

Mais il y a mes amis,

Avec qui je chante et je ris.

Sensation d'Arthur Rimbaud

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien

Mais soudain une douce fraîcheur me monta dans l’âme,

Elle me donna l’envie d’aller loin, très loin,

Mais celle-ci me piégeait car mon coeur s’arrêta

lire un poème de Victor Hugo Les hirondelles sont parties

Arthur lit le poème de Victor Hugo Les Hirondelles sont parties. 

Ckiriel lit le poème de Victor Hugo Les Hirondelles sont parties.

D’autres lectures ensuite.

« Les hirondelles sont parties » Victor Hugo , L’Art d’être Grand-Père Alentours des chansons des rues et des bois (1853)

                                       Les hirondelles sont parties.
                                        Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
                                        Il pleut sur les touffes d’orties.
                                        Bon bûcheron, coupe du bois.

                                                                  Les hirondelles sont parties.
                                                                  L’air est dur, le logis est bon.
                                                                  Il pleut sur les touffes d’orties.
                                                                  Bon charbonnier, fais du charbon.

                                                                   Les hirondelles sont parties.
                                                                   L’été fuit à pas inégaux ;
                                                                   Il pleut sur les touffes d’orties.
                                                                   Bon fagotier, fais des fagots ;

                                    Les hirondelles sont parties.
                                    Bonjour, hiver ! bonsoir, ciel bleu !
                                    Il pleut sur les touffes d’orties.
                                    Vous qui mourez, faites du feu.

Jules

Mathéo R.

Imanol

Mathéo M.

Lola

Marwa

Sacha L-C

Jade

Evan

le travail de Tom ci-dessous

J-Pierre Vernant raconte Ulysse aux enfants

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nuits-de-france-culture/jean-pierre-vernant-une-histoire-dulysse-pour-les-enfants

Dans le nouveau théâtre de Montreuil, en 2001, Jean-Pierre Vernant racontait l’histoire d’Ulysse à un public d’enfants.

Jean-Pierre Vernant, 2002
Jean-Pierre Vernant, 2002• Crédits : SELDERSSipa

Dans l’émission « Histoire d’écoutes », Jean-Pierre Vernant racontait l’histoire d’Ulysse à des enfants, un enregistrement de 2001. Cette conférence avait, en effet, été enregistrée à titre exceptionnel, à l’occasion de la séance inaugurale des petites conférences « Lumière pour enfants », au Centre National Dramatique de Montreuil. Jean-Pierre Vernant racontait, tel un grand-père, les histoires des héros et des Dieux du fond des âges, fondateurs de l’imaginaire de notre civilisation.

  • Production : Blandine Masson
  • 1ère diffusion : 04/05/2002
  • Indexation web : Sandrine England, documentation de Radio France

voir aussi ici

13 mars : un atelier initiation percussions au Conservatoire avec Michel Palay

L’Avare -captation complète de la Comédie de Reims, mise en scène de Ludovic Lagarde

Harpagon a du pain sur la planche : enterrer son trésor dans le jardin, épouser la toute jeune Mariane, imposer sa loi à ses enfants, nouer et dénouer des intrigues domestiques, organiser un banquet au rabais. Quelle activité pour ce grand économe ! Mais c’est pour mieux conserver sa manie. Voilà son seul trésor. Pour la protéger à tout prix, il persévère dans son être ; il se dépense jusqu’à la ruine. Et ne préserve rien d’autre que son magot. Tout peut y être sacrifié. On assiste sidéré à cette destruction. Il n’y a pas d’issue ; l’argent est enterré et le manque précipite toute cette petite société dans une urgence panique. Molière nous montre la vie nue. Le comique, au lieu d’éviter le pire, aggrave encore plus profondément ce portrait tragique. Cette pièce culte a été jouée plus de deux mille fois par la Comédie-Française depuis 1680, on la connaît aussi interprétée par de Funès quatre siècles plus tard. Elle est bien sûr plus que jamais d’actualité ; la scène de l’argent caché se rejoue éternellement et chaque fois plus durement. Mais la pièce de Molière ne propose aucune philosophie de l’économie qu’il s’agirait d’adapter. Il faut à chaque fois réécouter ce texte, incarné par de nouveaux acteurs, sans perruques ni chandeliers, pour retraverser cette extraordinaire étude de la bêtise humaine. Faire réentendre ces cris, ces pulsions, cette inhumanité. Ludovic Lagarde réunit, pour cette reprise d’un grand classique, les comédiennes et comédiens du Nouveau collectif de la Comédie autour de Laurent Poitrenaux, Christèle Tual et Julien Storini.

durée 2h45

AVEC
LAURENT POITRENAUX, Harpagon
CHRISTÈLE TUAL, Frosine
JULIEN STORINI, La Flèche, le commissaire
TOM POLITANO, Cléante
MYRTILLE BORDIER, Elise
ALEXANDRE PALLU, Valère
MARION BARCHÉ, Mariane
LOUISE DUPUIS, Maître Jacques

ET AVEC LA PARTICIPATION DES ÉLÈVES DE LA CLASSE DE LA COMÉDIE
Antonin Totot, Maître Simon
Élie Chapus, La merluche
Élodie Leau, Brindavoine
Gwenaëlle Vaudin, Dame Claude
Zacharie Jourdain, Charline Voinet, Malek Lamraoui, assistants du commissaire

SCÉNOGRAPHIE ANTOINE VASSEUR – LUMIÈRES SÉBASTIEN MICHAUD – COSTUMES MARIE LA ROCCA – MAQUILLAGE ET COIFFURE CÉCILE KRETSCHMAR – MUSIQUE PIERRE-ALEXANDRE « YUKSEK » BUSSON – DRAMATURGIE MARION STOUFFLET – ASSISTANAT MISE EN SCÈNE ET VIDÉO CÉLINE GAUDIER – SON ET VIDÉO DAVID BICHINDARITZ – ENSEMBLIER ÉRIC DELPLA – MOUVEMENT STÉFANY GANACHAUD

Production la Comédie de Reims–CDN
Avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région PAC
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Vidéo réalisée par laproductionremoise

écrire avec Jules Verne : insérer un dialogue dans un récit.

Consigne : Ajoutez des interventions narratives pour rendre ce dialogue plus visuel. Vous ne devez pas ajouter de paroles mais vous pouvez utiliser toutes les possibilités offertes par les interventions narratives. (sujet repris dans Le Narratif 5ème Bertrand-Lacoste)

Texte Le voyage au centre de la terre (extrait) de Jules Verne
– Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule.

– La comparaison est juste, mon garçon ; maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

– Si, un mont qui semble avoir poussé en mer.

– Bon ! c’est le Sneffels.

– Le Sneffels ?

– Lui-même, une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

le texte de Jules Verne Voyage au centre de la terre

Je me levai, et, grâce à ces indications précises, je trouvai rapidement l’atlas demandé. Mon oncle l’ouvrit et dit :

« Voici une des meilleures cartes de l’Islande, celle de Handerson, et je crois qu’elle va nous donner la solution de toutes tes difficultés. »

Je me penchai sur la carte.

« Vois cette île composée de volcans, dit le professeur, et remarque qu’ils portent tous le nom de Yocul. Ce mot veut dire « glacier » en islandais, et, sous la latitude élevée de l’Islande, la plupart des éruptions se font jour à travers les couches de glace. De là cette dénomination de Yokul appliquée à tous les monts ignivomes de l’île.

— Bien, répondis-je ; mais qu’est-ce que le Sneffels ? »

J’espérais qu’à cette demande il n’y aurait pas de réponse. Je me trompais. Mon oncle reprit :

« Suis-moi sur la côte occidentale de l’Islande. Aperçois-tu Reykjawik, sa capitale ? Oui. Bien. Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

— Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule.

— La comparaison est juste, mon garçon ; maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

— Si, un mont qui semble avoir poussé en mer.

— Bon ! c’est le Sneffels.

— Le Sneffels ?

— Lui-même, une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

— Mais c’est impossible ! m’écriai-je en haussant les épaules et révolté contre une pareille supposition.

— Impossible ! répondit le professeur Lidenbrock d’un ton sévère. Et pourquoi cela ?

Copie d’élève 1

En l’an 1883, le 10 mai à 10 h 30, deux hommes penchés sur une table de chêne, étudiaient une carte ?géographique dans une petite pièce sombre. Des étagères croulant sous les livres aux couvertures moisies d’humidité et aux pages jaunies par le temps grimpaient à l’assaut de hauts murs décrépis. Le premier bien bâti, une casquette de marin posée sur son crâne chauve, une moustache saillant de son visage, prit la parole et ordonna au second :
-Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessus du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?
– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule, répondit l’autre, très grand et d’une maigreur squelettique, après un court examen.
– La comparaison est juste, mon garçon, confirma en se grattant la tête l’homme à la casquette. Maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?
– Si un mot qui semble avoir poussé en mer, répondit le jeune en mâchonnant son crayon.
Avec sa longue robe blanche, sans doute une chemise de nuit, il avait tout d’un apprenti que l’on aurait sans ménagement tiré du lit.
– Bon c’est le Sneffels ! annonça fièrement celui qui semblait être le chef de l’expédition qui se préparait.
C’était là une montagne connue du monde entier. En vérité, un volcan dont certains prétendaient que son cratère aboutissait au centre de la terre.
– Le Sneffels ? interrogea l’autre qui n’en croyait pas ses oreilles.
– Lui-même, approuva le premier, l’air satisfait,une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.
– Mais c’est impossible ! s’étonna le garçon en se redressant brusquement.
Il y avait de quoi sursauter car si c’était vrai, il pourrait faire ce voyage au centre de la terre, auquel il rêvait  depuis son plus jeune âge. Il se dirigea vers les rayonnages de la bibliothèque pour s’instruire davantage au sujet de cette haute montagne. Le chef de l’expédition, tapota sa pipe contre la table et, pensif, laissa s’échapper trois volutes de fumée.

Copie d’élève 2

L’histoire que je vais vous raconter est celle du capitaine Jack et de son assistant Tristan…

A Paris, par une rude journée de l’hiver 1857 nos deux marins préparaient une expédition à la Bibliotèque nationale. Ils étaient penchés sur des cartes diverses et variés. Ils avaient hâte de rentrer pour retrouver leur intérieur confortable où un bon feu crépitait dans la cheminée.Le plus âgé des deux, un vieux loup des mers au visage buriné, vêtu d’une longue tunique, ordonna d’un air supérieur à son subalterne :

-Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule, répondit Tistan en montrant ironiquement son genou.

-La comparaison est juste, mon garçon, le félicita Jack en lui lançant un sourire complice, maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

-Si, un mont qui semble avoir poussé en mer, répondit le mousse qui observait plus attentivement le planisphère.

La responsable de la bibliothèque vint leur annoncer que l’établissement allait bientôt fermer ses portes et repartit aussitôt. Ils étaient les derniers dans la salle. Jack se redressa, s’étira, puis se laissa tomber dans un fauteuil en cuir en rajustant sa casquette. Tout en passant les doigts dans sa barbe naissante, satisfait, il déclara :

-Bon ! c’est le Sneffels !

-Le Sneffels ? s’exclama l’assistant un mélange de peur et d’excitation dans la voix.

-Lui-même, rétorqua le capitaine du haut de ses 1m96, tout en rajustant ses lunettes. Une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

Jack était saisi d’une joie indescriptible. Elle se lisait dans ses yeux vifs noisette et son visage creusé n’avait jamais paru aussi radieux. Cette expédition n’était pas sans risque, il ne l’ignorait pas mais il en rêvait depuis tellement longtemps. Le capitaine, lui, conservait son flegme habituel. Ils rangèrent calmement leurs affaires et rentrèrent à pas lents tout en réfléchissant à leur expédition.

écrire une fable : Le Crocodile et le Lièvre : le lièvre doit sortir vainqueur

==> exercice d’écriture puisé dans Le texte narratif sixième éditions Bertrand Lacoste

trois morales possibles :

En toute chose, il faut considérer la fin

ou

Parfois, le crocodile lui-même reste coi

On trouve toujours plus malin que soi.

ou

On trouve toujours plus malin que soi

Un conte africain

Copie 1

Le Lièvre et le Crocodile.

Un crocodile prétentieux qui résidait dans un lac, s‘était auto-proclamé Roi. Un lièvre rusé et rapide habitant la forêt voisine voulait traverser le lac pour manger les carottes du paysan d’a côté.

Par une après-midi ensoleillée, le petit animal aux longues oreilles alla voir le Roi.

– Bonjour votre Majesté, pourriez-vous s’il vous plaît me porter sur votre dos afin que je puisse traverser le lac ?  demanda le mangeur de carottes.

La bête cruelle aux grands yeux arrondis commença un vagissement et ouvrit une énorme gueule. Notre petit animal à quatre pattes rapide comme l’éclair en profita pour coincer un bâton dans la bouche du monstre qui continuait à se lamenter.

– Emmène-moi, ordonna le lièvre,  et arrivé de l’autre côté, j’enlèverai le pieu, je te le promets.

L’animal n’avait pas le choix, il obéit en pleurant.

Parfois le crocodile lui-même reste coi.

On trouve toujours plus malin que soi.

Copie 2

Le Lièvre et le Crocodile

Dans un lac, vivait un crocodile géant surnommé « l’estomac sur pattes ». Ce nom avait été trouvé par un lièvre moqueur et coquin de la forêt d’en face.

Un beau matin, le rusé sortit de son terrier, guidé par une alléchante odeur fruitée.

Malheureusement cet appétissant petit-déjeuner se trouvait de l’autre côté de l’étang et notre gourmand n’avait jamais appris à nager.

Tout à coup, une grosse buche flotta sous son nez, comme emportée par le courant. Sans hésiter, la boule de poils sauta sur l’embarcation.

Surpris dans son sommeil, le bout de bois grogna :

– Qui va là ? Qui ose me déranger pendant ma sieste ?

-Dé-désolé Monsieur L’es-estomac su-sur pattes, je vous ai confondu avecun arbre mort, bégaya le petit animal tremblant sur ses pattes

-Hors de ma vue si tu tiens à ta vie ! Je peux faire de toi qu’une bouchée ! hurla le carnassier. 

Il ne supportait pas d’être dérangé dans sa sieste.Il était furieux et vit rouge.

-Je n’ai que la peau sur les os, je serai un bien piètre festin mais nous pouvons nous arranger, reprit le rusé petit animal qui ne perdait pas son sang-froid.

-Vaut mieux pour toi que ton pacte soit intéressant ou avec tes os tu me serviras de cure dents, gronda le reptile intrigué.

– Voyez-vous là-bas tous ces fruits? Je ne peux les atteindre. Si vous m’y déposez, ce festin de roi m’engraissera et je serais pour vous, très vite, un bien meilleur encas, lança notre petit animal dans un trait de génie.

Le ventre gargouillant, la bête accepta sans réfléchir.

Arrivée sur la berge, la petite canaille saisit à plein bras les belles fraises bien mûres et d’un bond prodigieux disparut sous la futaie. Le crocodile, du haut de ses petites pattes et bien trop lourd pour courir, ne se lança même pas à sa poursuite.

Parfois le crocodile lui-même reste coi.

On trouve toujours plus malin que soi.

Copie 3

Près d’un lac vivait un crocodile d’une cruauté légendaire. Il faisait peur à tout le monde. Dans la forêt voisine, habitait un lièvre rusé et très rapide grâce à ses cuisses puissantes.

Un jour, notre petit animal vit des fleurs de l’autre côté du lac, or il ne savait pas nager. Il aperçut alors un tronc flottant, mais non ! c’était le redoutable crocodile. Le lièvre, bravant sa crainte, s’approcha le salua et lui demanda poliment :

– Pouvez-vous me transporter de l’autre côté ?

– Avec plaisir, si je peux vous rendre service, rétorqua la cruelle bête, faisant mine d’être aimable.

En réalité, elle lui tendait un piège et comptait bien le dévorer.

– Je monte donc sur ton dos mais tu promets de ne pas me manger, annonça le lièvre en joignant le geste à la parole.

– Tout ce que tu veux, à condition que tu me racontes une histoire, répondit notre féroce animal.

Notre rusé et malicieux petit ami en connaissait plus d’une, toutes plus captivantes les unes que les autres. Le crocodile, comme hypnotisé, perdit le contrôle de la situation et se mit à couler. Léger, oreilles au vent, le lièvre en profita pour sauter de nénuphar en nénuphar avec son habituelle élégance bondissante. Arrivé de l’autre côté, il cria si fort que la redoutable bête se réveilla. Elle fut sauvée mais resta le ventre désespérément vide.

On trouve toujours plus malin que soi.


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