Archive pour décembre 2012

Lire…

suggestions de lectures complémentaires

(à découvrir sur Le livre scolaire)

File:The Young Cicero Reading.jpg

Le jeune Cicéron lisant fresque de Vincenzo Foppa de Brescia, datée vers 1464

Si vous aimez les nouvelles, les récits fantastiques et les romans policiers, vous aimerez…

Roald Dahl, Coup de Gigot, et autres histoires à faire peur, 1961.
Mary Maloney a tué son mari à coup de gigot congelé. Comment donnera-t-elle le change aux policiers ? Un texte court, facile à lire, caractéristique de l’humour noir.
Anthony Horowitz, La Photo qui tue : neuf histoires à vous glacer le sang, 2007.
Comment la réalité la plus quotidienne peut glisser insensiblement vers le cauchemar.
Agatha Christie, Dix Petits Nègres, 1947.
Dix personnes qui ne se connaissent pas et ont jadis causé la mort de quelqu’un sont invitées à se rendre sur une île apparemment déserte. Elles sont mystérieusement assassinées les unes après les autres : qui est leur meurtrier ?

Maurice Leblanc, L’Aiguille creuse, 1909.
Une aventure du très célèbre gentleman cambrioleur Arsène Lupin, dont le lycéen Isidore Bautrelet tâche de déjouer les projets.
Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune, 1907.
On a tenté d’assassiner la jeune Mathilde Stangerson, mais la porte était fermée de l’intérieur. Comment Rouletabille résoudra-t-il une telle énigme ?
En bande dessinée : E.P. Jacobs, la série des aventures de Blake et Mortimer.
Sir Francis Blake, militaire de carrière, lié aux services secrets, et son ami le professeur Philip Mortimer, spécialiste en physique nucléaire, doivent affronter leur grand ennemi, le colonel Olrik.

Si vous aimez les histoires d’enfants et d’adolescents, vous aimerez…

Henri Troyat, Aliocha, 1991.
Nous sommes en 1924, à Neuilly-sur-Seine. Fils d’immigrés russes, Aliocha a du mal à se faire des amis. Jusqu’au jour où il rencontre Thierry.

Ernestine et Franck Gilbreth, Treize à la douzaine, 1949.
Comment élever douze enfants ?
Les aventures cocasses d’une famille nombreuse.
Marcel Pagnol, La Gloire de mon père, 1957.
Souvenirs d’enfance de l’auteur entre Aubagne et Marseille, des vacances dans la garrigue à la chasse aux bartavelles.
Michael Ende, Momo, 1973.
Momo, une petite fille, prend toujours le temps d’écouter les gens. Mais un jour apparaissent les messieurs en gris, qui veulent aider les adultes à économiser leur temps. Les habitudes de Momo menacent leur Caisse d’Épargne du Temps : comment la petite fille leur résistera-t-elle ?
Charles Dickens, Oliver Twist, 1838.
Orphelin, Oliver Twist doit travailler à l’âge de neuf ans. Durement exploité, il finit par s’enfuir à Londres, où l’attend un monde cruel. Mais l’avenir lui réserve aussi des bonnes surprises.

Si vous avez aimé les histoires de chevaliers, vous aimerez aussi…

Lire des textes adaptés de l’ancien français, par exemple dans les adaptations de F. Johan, aux éditions Casterman.
Lire des romans historiques, par exemple :

Odile Weulersse, Le Chevalier au bouclier vert, 2001.
Au xiie siècle, Thibault de Sauvigny sauve la jeune Éléonore et est adoubé en récompense de sa bravoure. Mais ses aventures ne font que commencer.
Christian de Montella, Graal, 2005.
Retrouvez les prouesses et combats de Lancelot, Galaad et Perceval.

Si vous avez aimé les bons tours de Renart, vous aimerez aussi…

Roald Dahl, L’Homme au parapluie et autres nouvelles, 1980.
Des petites escroqueries savoureuses, humoristiques et bon enfant.

Si vous avez aimé les farces et fabliaux du Moyen Âge, vous aimerez aussi…

Lire des recueils de fabliaux : il en existe plusieurs :
Fabliaux et contes du Moyen Âge, traduits de l’ancien français par J.-C. Aubailly, 1987.
25 fabliaux, coll. « Bibliothèque Gallimard »
Les Fabliaux du Moyen Âge, coll. « Classiques Hatier ».

Si vous avez aimé rire aux histoires de Rabelais, vous aimerez aussi…
Lire des bandes dessinées humoristiques, telles que : 

Roba, série Boule et Bill.
Boule, un petit garçon, son cocker Bill, et sa tortue Caroline connaissent des mésaventures relatées sous forme de courts gags.

Goscinny et Uderzo,
la série des aventures d’Astérix.
Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Grâce à la potion magique, le village gaulois d’Astérix et Obélix résiste encore et toujours à l’envahisseur romain !

Si vous avez aimé Les Fourberies de Scapin, vous aimerez aussi…
Découvrir mieux le monde du théâtre et de Molière
M. Pineau, Meurtre au Palais Royal, 1994.
Un manuscrit de Molière a disparu et le portier du théâtre est mort : il faut mener l’enquête…
M.C. Helgerson, Louison et monsieur Molière, 2001.
La fantastique histoire de Louison, qui rêve de devenir comédienne : sera-t-elle remarquée par Monsieur Molière ?
C. Alexandre, Derrière le rideau de scène, 1999.
Tristan n’aime pas vraiment le théâtre, et aller voir son parrain jouer l’ennuie. Mais lorsqu’on lui propose de découvrir le monde des coulisses, son regard change !
Anthony Horowitz, Le Diable et son valet, 2007.
À Londres, au xvie siècle. Dans ce roman, le jeune Tom est engagé pour jouer dans une pièce de théâtre devant la reine. La première approche,… mais aussi le danger !
P. Perrier, En Scène les 5e, 1999.
Comment va se passer le montage d’une pièce dans ce collège où la vie est difficile ?

             Lire d’autres pièces de théâtre, par exemple :
Molière, Le Malade imaginaire, 1673.
Argan pense être très malade. Il voudrait que sa fille Angélique épouse un vieux médecin, qui le soignerait. Mais elle est amoureuse de Cléonte.
C. Grenier, Coups de théâtre, 1994.
L’inspecteur Germain et sa jeune stagiaire Logicielle sauront-ils trouver l’assassin de Matilda ? Une enquête policière… en pièce de théâtre.
Marcel Pagnol, Marius, 1930.
L’histoire se passe à Marseille. Marius est amoureux de Fanny. Mais les bateaux du port lui donnent envie de prendre le large.

Si vous avez aimé lire des poèmes, vous aimerez aussi…
 Maurice Carême, Poèmes, 2005.
Maurice Carême a composé de nombreux poèmes destinés à la jeunesse. Dans un langage simple, il joue avec les mots et crée une atmosphère joyeuse.
Jacques Prévert, Étranges étrangers
et autres poèmes, 2000.
Dans ce recueil de neuf poèmes, Jacques Prévert jette un regard critique et poétique sur les travers de notre société.
Si vous avez aimé Michel Strogoff, vous aimerez aussi…

Michel Tournier, Vendredi ou la vie sauvage, 1967.
Sur une île du Pacifique, Robinson est le seul rescapé d’un naufrage et tâche de survivre. Un jour, il rencontre Vendredi, un jeune sauvage…
Joseph Kessel, Le Lion, 1972.
L’extraordinaire amitié entre la petite Patricia et un majestueux lion du Kenya.
Jack London, L’Appel de la Forêt, 1903.
C’est l’époque de la ruée vers l’or dans le Grand Nord canadien et les chiens de traîneaux sont précieux. Le chien Buck doit s’adapter au froid et à l’âpreté des autres chiens de sa meute.
Jack London, Croc-Blanc, 1906.
Croc-Blanc, un chien-loup, survivra-t-il dans le Grand Nord canadien ?
Jules Verne, Le Tour du Monde en quatre-vingts jours, 1873.
En 1872, Philéas Fogg, un gentleman anglais, fait le pari de faire le tour du monde… en quatre-vingts jours. Accompagné de son fidèle serviteur français, Passepartout, il emprunte tous les moyens de transports possibles à l’époque.
Robert Louis Stevenson, L’Île au trésor, 1883.
Jim trouvera-t-il le trésor du capitaine Flint indiqué sur la carte des pirates ?
 Marco Polo, Le Livre des merveilles ou devisement du monde, 1298.
Au xiiie siècle, un marchand vénitien se lance à la découverte de l’Orient, à la recherche de nouvelles épices. À lire en version abrégée, par exemple coll. Classiques Abrégés, École des Loisirs, 2009.
En bande dessinée :
Hergé, la série des Tintin.
Le jeune reporter serviable sillonne le monde entier et essaie de lutter contre les truands.
Si vous avez aimé découvrir l’atelier du peintre, vous aimerez aussi…

Blue Balliett, l’énigme Vermeer, 2006.
Scandale : un tableau de Vermeer de grand prix vient d’être volé ! Petra et Calder ont bientôt douze ans, et décident de mener l’enquête.

Voyage à Paris : à vos marques !

Médiathèque André Labarrère : visite de l’exposition Carnets de voyages de Philippe Bichon

… et chacun de mûrir son propre projet de carnet de voyage dans la perspective du séjour à Paris (26 février au 1er mars 2013).

France3 Pau – Philippe Bichon – exposition…
décembre 2012 150

Philippe Bichon nous présente son travail

décembre 2012 151

et ses manuscrits.

décembre 2012 153

Dans un second temps, des livres et revues concernant Paris (architecture, musées, promenades, etc.) préparés par les bibliothécaires du secteur jeunesse sont consultés.

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Voyage à Paris : on a chacun notre part de rêve… (2)

décembre 2012 145

Roona dit un extrait de la tirade du balcon Cyrano de Bergerac (Acte III, scène7)


Oh ! mais vraiment, ce soir, c’est trop beau, c’est trop doux !
Je vous dis tout cela, vous m’écoutez, moi, vous !
C’est trop ! Dans mon espoir même le moins modeste,
Je n’ai jamais espéré tant ! Il ne me reste
Qu’à mourir maintenant ! C’est à cause des mots
Que je dis qu’elle tremble entre les bleus rameaux !
Car vous tremblez ! car j’ai senti, que tu le veuilles
Ou non, le tremblement adoré de ta main
Descendre tout le long des branches du jasmin !

Victor dit la tirade de Perdican

On ne badine pas avec l’Amour, Acte II Scène 5. Alfred de Musset

« Adieu Camille, retourne à ton couvent, et lorsqu’on te fera de ces récits hideux qui t’ont empoisonnée, réponds ce que je vais te dire : tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux ou lâches, méprisables et sensuels ; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées ; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange ; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui. « 

Brunain, la vache au prêtre

traduit par Christian Poslaniec et adapté pour le théâtre par Robert Boudet (école des loisirs)

(Côté jardin: intérieur d’église. Le curé fait son sermon. Coté cour: le manant. Table et banc.)

LE CURE:

Il faut faire la charité

Au nom de Dieu qui sait compter

Car Dieu rend le double à ceux

Qui donnent de bon cœur.

LE MANANT* (à sa femme):

Entends-tu ma belle

Ce à quoi notre prêtre s’engage ?

Qui, au nom de Dieu, donne à bon escient,

Dieu le lui fait multiplier.

Nous ne pouvons pas mieux employer

Notre vache, si tu es d’accord,

Qu’en la donnant, pour Dieu, au prêtre.

D’ailleurs elle a si peu de lait.

LA FEMME:

Sire, je le veux bien

Car tu raisonnes à bon droit.

(Le manant rentre chez lui, prend la vache et

va la présenter au prêtre)

LE MANANT

Beau sire, pour l’amour de Dieu

Je vous donne Blérain

Et je vous jure qu’ainsi que je n’ai plus rien.

LE CURÉ:

Mon ami, tu as agi sagement.

Tu peux t’en aller, ayant bien joué

Ton rôle de chrétien.

Si tous mes paroissiens étaient

Aussi sages que tu l’es,

J’aurais des vaches à profusion.

(Le manant se retire.  On le voit côté cour, à table avec sa femme.  Le prêtre attache Blérain et sa vache Brunain ensemble.)

LE CURÉ: Voilà, je vous attache pour vous accoutumer,

Toi, Blérain, cadeau de mon brave paroissien

Avec toi, Brunain; vous voilà deux,

Vous en serez mieux

Pour partager tâches et travaux.

Par Dieu, c’est un bien beau cadeau. (Il se retire.)

BRUNAIN(voulant se baisser): Souffrez, commère, que je pâture en mon champ.

BLERAIN : Je n’en ferai rien, ce champ n’est pas le mien. (Elle entraîne Brunain.)

BRUNAIN: Mais où allez-vous par chènevières** et prés?

BLERAIN:

Je vais par les chemins retrouver

Les miens. Ne me suivez pas si vous pouvez.

BRUNAIN Las! Je ne le puis! (Elle est entraînée.)

LE MANANT(apercevant les deux vaches): Ah! c’est vrai que Dieu donne le double

Car Blérain revient avec une autre,

Une fort belle vache brune.

Nous en avons deux pour une.

L’étable va être trop petite.

(Tous les participants reviennent en scène. Ils diront à tour de rôle la moralité suivante.)

LE MANANT:

Ce fabliau veut démontrer

Que fou est qui ne s’abandonne.

LA FEMME

Car le bien va à qui donne à Dieu

Non à celui qui le cache ou l’enfouit.

BRUNAIN:

Personne ne peut multiplier son bien…

BLÉRAIN:

Sans grande chance à tout le moins.

TOUS:

Par grande chance, le manant eut

Deux vaches en lieu d’une…

LE CURÉ:

Et le prêtre aucune.

TOUS:

Qui croit avancer recule. (Ils rient… sauf le prêtre.)

*manant : n. m. étym. XIIe « habitant » et aussi « riche, puissant » ◊ participe présent de l’ancien verbe maneir, manoir « demeurer », du latin manere

Au Moyen Âge, Habitant d’un bourg ou d’un village,  assujetti à la justice seigneuriale. ➙ vilain. (Robert 2013)

**chènevière [ʃɛnvjɛʀ] nom féminin étym. chanevière 1226 ◊ latin populaire °canaparia, de °canapus (→ chanvre)

■ Champ où croît le chanvre.

▫ On dit aussi can(n)ebière dans le Sud-Est.

Adèle, Dorine et Charline disent un poème de Victor Hugo

Vieille chanson du jeune temps

(images exposition BNF, Victor Hugo, l’homme océan)

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son œil semblait dire:  » Après ?  »

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
 » Soit ; n’y pensons plus !  » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.


décembre 2012
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