Archive pour octobre 2013

Le corbeau et le renard

dit par Rheida et Daniel, une seule prise… et une liaison malencontreuse, aïe ! d’autres essais à suivre

un autre essai de Rheida et Daniel suivi de celui d’Amandine et Alexandre

A Louise Colet, une lettre de Gustave Flaubert lue par Fabrice Luchini

pour la lettre ci-après, cliquer ici, et pour l’ensemble des cinq lettres lues par Fabrice Luchini, cliquer . France Culture fictions, une mine.

À LOUISE COLET.                                                            [Trouville] Dimanche 14, 4 heures [14 août 1853].

La pluie tombe, les voiles des barques sous mes fenêtres sont noires, des paysannes en parapluie passent, des marins crient, je m’ennuie ! Il me semble qu’il y a dix ans que je t’ai quittée. Mon existence, comme un marais dormant, est si tranquille que le moindre événement y tombant y cause des cercles innombrables, et la surface ainsi que le fond est longtemps avant de reprendre sa sérénité ! Les souvenirs que je rencontre ici à chaque pas sont comme des cailloux qui déboulent, par une pente douce, vers un grand gouffre d’amertume que je porte en moi. La vase est remuée ; toutes sortes de mélancolies, comme des crapauds interrompus dans leur sommeil, passent la tête hors de l’eau et forment une étrange musique ; j’écoute. Ah ! Comme je suis vieux, comme je suis vieux, pauvre chère Louise !
Je retrouve ici les bonnes gens que j’ai connues il y a dix ans. Ils portent les mêmes habits, les mêmes mines ; les femmes seulement sont engraissées et les hommes un peu blanchis. Cela me stupéfiait, l’immobilité de tous ces êtres ! D’autre part, on a bâti des maisons, élargi le quai, fait des rues, etc. Je viens de rentrer par une pluie battante et un ciel gris, au son de la cloche qui sonnait les vêpres. Nous avions été à Deauville (une ferme de ma mère). Comme les paysans m’embêtent, et que je suis peu fait pour être propriétaire ! Au bout de trois minutes la société de ces sauvages m’assomme. Je sens un ennui idiot m’envahir comme une marée. La chape de plomb que le Dante promet aux hypocrites n’est rien en comparaison de la lourdeur qui me pèse alors sur le crâne. Mon frère, sa femme et sa fille sont venus passer le dimanche avec nous ! Ils ramassent maintenant des coquilles, entourés de caoutchoucs, et s’amusent beaucoup. Moi aussi je m’amuse beaucoup, à l’heure des repas, car je mange énormément de matelote. Je dors une douzaine d’heures assez régulièrement toutes les nuits et dans le jour je fume passablement. Le peu de travail que je fais est de préparer le programme du cours d’histoire que je commencerai à ma nièce, une fois rentré à Croisset. Quant à la Bovary , impossible même d’y songer. Il faut que je sois chez moi pour écrire. Ma liberté d’esprit tient à mille circonstances accessoires, fort misérables, mais fort importantes. Je suis bien content de te savoir en train pour laServante . Qu’il me tarde de voir cela !
J’ai passé hier une grande heure à regarder se baigner les dames . Quel tableau ! Quel hideux tableau ! Jadis, on se baignait ici sans distinction de sexes. Mais maintenant il y a des séparations, des poteaux, des filets pour empêcher, un inspecteur en livrée (quelle atroce chose lugubre que le grotesque !). Donc hier, de la place où j’étais, debout, lorgnon sur le nez, et par un grand soleil, j’ai longuement considéré les baigneuses. Il faut que le genre humain soit devenu complètement imbécile pour perdre jusqu’à ce point toute notion d’élégance. Rien n’est plus pitoyable que ces sacs où les femmes se fourrent le corps, que ces serre-tête en toile cirée ! Quelles mines ! quelles démarches ! Et les pieds ! rouges, maigres, avec des oignons, des durillons, déformés par la bottine, longs comme des navettes ou larges comme des battoirs. Et au milieu de tout cela des moutards à humeurs froides, pleurant, criant. Plus loin, des grand’mamans tricotant et des môsieurs à lunettes d’or, lisant le journal et, de temps à autre, entre deux lignes, savourant l’immensité avec un air d’approbation. Cela m’a donné envie tout le soir de m’enfuir de l’Europe et d’aller vivre aux îles Sandwich ou dans les forêts du Brésil. Là, du moins, les plages ne sont pas souillées par des pieds si mal faits, par des individualités aussi fétides.
Avant-hier, dans la forêt de Touques, à un charmant endroit près d’une fontaine, j’ai trouvé des bouts de cigares éteints avec des bribes de pâtés. On avait été là en partie ! J’ai écrit cela dansNovembre il y a onze ans ! C’était alors purement imaginé, et l’autre jour ç’a été éprouvé. Tout ce qu’on invente est vrai, sois-en sûre. La poésie est une chose aussi précise que la géométrie. L’induction vaut la déduction, et puis, arrivé à un certain point, on ne se trompe plus quant à tout ce qui est de l’âme. (…)

Lu et copié/collé sur Le blog de la Médiathèque Marguerite Yourcenar

Cliché n°9 : les BDs jeunesse ce n’est pas que pour les enfants

La médiathèque est devenue depuis quelques mois pôle BD et possède une collection de presque 10 000 exemplaires qui sont proposés pour les adultes. Avec autant de choix pourquoi iriez-vous piocher dans les bande-dessinées jeunesse, hein ? Tout simplement parce que certaines BD jeunesse peuvent être lues par tous et qu’elles sont quand même vachement bien !

Voici cinq bandes dessinées à mettre entre toutes les mains :

PicoPico Bogue

Un mètre vingt sur la pointe des pieds, un tee-shirt rouge, une tignasse en folie… Voici Pico Bogue, un petit héros qui n’a pas la langue dans sa poche ! Un humour décapant, un coup de crayon tout en douceur, des sujets sérieux d’une surprenante légèreté… A lire d’urgence en cas de besoin de bonne humeur. Si vous aimez, retrouvez également la sœur de Pico Bogue Ana Ana dans des aventures tout aussi sympathiques !

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Tétine manTétine Man

Tétine Man est une sorte de super héros dont l’arme ultime est la tétine qu’il n’enlève jamais. Plusieurs personnes ont tenté de la lui retirer mais Tétine Man trouve toujours des subterfuges pour contrer ses ennemis. Beaucoup de second degré dans cette BD où de nombreux parents se reconnaîtront dans les situations décrites et où, surtout, les adultes en prennent pour leur grade !

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SeulsSeuls

Un beau matin, cinq enfants – Yvan, Leïla, Terry, Camille et Dodji – se réveillent et découvrent que tout le monde a mystérieusement disparu. Que s’est-il passé ? Où sont tous les autres habitants de leur ville ? Livrés à eux-mêmes ils vont devoir apprendre à se débrouiller… seuls ! Commencez cette BD et on vous garantit que vous aurez du mal à la lâcher : l’intrigue est bien ficelée et chaque tome offre son lot de rebondissements. On attend le tome 8 avec impatience !

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CalvinCalvin et Hobbes

Calvin, un garçon de six ans très imaginatif, et son tigre en peluche Hobbesphilosophent sur le monde. Tout comme Pico Bogue, Calvin et Hobbes, formidable BD créée par Bill Watterson, aborde des sujets très sérieux. Mais les débats parfois houleux entre le petit garçon et sa peluche sont toujours très drôles et enrichissants !

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© electreMamette

Toute petite et toute ronde Mamette est une adorable grand-mère qui a oublié de grandir. Quand elle ne discute pas avec Mam’zelle Pinsec au square, elle se goinfre de pâtisseries, fait de la balançoire,  et découvre le monde moderne, les « fastefoud » et le fonctionnement du téléphone « portatif » offert par son fils…Beaucoup de tendresse dans cette BD aux jolies couleurs. Vous allez fondre pour Mamette ! Le tome 6 de la série, intitulé « Les papillons » vient de sortir, et vous pouvez retrouver Mamette enfant dans la série Les souvenirs de Mamette.

dix-sept lieux rêvés en quinze secondes chrono chacun

lire, regarder les images apportées par les uns et les autres, noter les idées qui affleurent puis ajouter, retrancher, doubler, garder, éliminer, déplacer, reconstruire, tester, autant de choix jusqu’au moment de l’enregistrement. Une contrainte : pas plus de quinze secondes !

Ecrire, apprendre, dire, un combat pour ces deux jeunes filles

Accueil

10.10.2013 – 07:13 Malala Yousafzai

Trait pour trait consacré ce matin à une adolescente de 16 ans dont le nom est cité pour le prix Nobel de la Paix. Une jeune Pakistanaise victime des talibans parce qu’elle croit depuis qu’elle est toute petite au pouvoir des livres et des crayons.
Malala Yousafzai ou l’égérie de l’éducation en terre talibane.
C’est un portrait signé Dominique André.
à écouter ici ( 2mn)

Le journal de Polina de Polina Jerebtsova

L’ENFER DE LA GUERRE TCHÉTCHÈNE

Polina n’a que 14 ans lorsque débute la seconde guerre de Tchétchénie. Elle tient un journal intime jusqu’en 2002. Elle y témoigne de ses souffrances quotidiennes, rythmées par les bombardements de l’armée russe. Elle nous raconte ses amours, ses joies, ses déboires, dans une ville complètement détruite par la folie des hommes. Son témoignage sur les exactions des soldats russes, lui vaudra plusieurs agressions à Moscou. Aujourd’hui, elle a fui la Russie pour la Finlande, où elle a obtenu l’asile politique.

Passion chevaux : Tiffany recommande

L’Etalon Noir de Walter Farley

quatrième de couverture

Après une terrible tempête, le navire d’Alec Ramsay fait naufrage sur une île déserte. Seul survivant : un superbe étalon noir aussi sauvage que la terre qui les a sauvés. Le jeune homme n’a pas le choix : s’il veut survivre, il aura besoin d’aide… C’est alors le début d’une amitié extraordinaire entre Alec et ce cheval hors du commun…

ci-après, une vidéo de Walter Farley, produite par Francis Ford Coppola Le retour de l’étalon noir, ici

Pour le meilleur et pour le rire, un sketch de Fanny Joly

joué par Jeanne-Ly, Martin et Valentin

La scène commence dans un silence lourd. La maman fait réciter à Léo sa leçon d’histoire.

 La maman  Alors, Léo ? Qu’est-ce que fait Louis XVI, en 1774 ?

Léo Euh… Perplexe Il meurt?

La maman Tu te paies ma tête ? cachant un sourire mais se reprenant C’est le cas de le dire… En quelle année il est mort, Louis XVI ?

Léo jouant avec ses cheveux.  Euh…

La maman  Ce n’est pas une réponse, ça : « euhhhhh »… Jetant un coup d’œil au cahier, impatientée. Louis XVI a été décapité en 1793, Léo ! Et en 1774, c’est-à-dire presque vingt ans avant, il a renvoyé successivement Turgot, puis Necker qui préconisaient des ré…  attendant une réponse des ré…

Léo Essayant de lire discrètement le cahier dans les mains de sa mère Des ré… publiques?

La maman De plus en plus agacée C’est comme ça que tu apprends tes leçons? Tapant sur la table Je vais te dire, moi, comment on apprend une leçon. On la lit trois ou quatre fois à voix haute, puis tout bas… Ensuite on cache. Et on s’exerce à réciter. Ligne après ligne…

« Surnommé le Bien-Aimé, Louis XV ne le sera guère longtemps… » (deux fois)

A ce moment, la porte s’ouvre. Entre le papa, l’air épuisé. Il pose au hasard son cartable, son imper et ses clefs. Puis s’écroule dans un fauteuil.

Le papa Gros soupir  Pouououh ! Quelle journée!

La maman regarde le papa. On sent qu’elle s’attend à recevoir un bisou. Rien. Une lampe est posée à côté du fauteuil. Machinalement, le papa veut l’allumer.

Le papa Tiens ! Et se tournant vers son épouse Ça ne marche pas, ça !

La maman Faussement décontractée. Ah ! bon ?

Le papa Ca doit être l’ampoule ! Vaguement accusateur.T’as pas d’ampoules de rechange, ici ?

La maman Agressive. J’ai pas d’ampoules de rechange! Et toi ? Montrant son front.Y a pas écrit « magasin d’électricité », là!

Le papa Un ton au-dessus.  Attends, attends… avec la journée que j’ai eue ! Les Américains sur le dos depuis huit heures ce matin! Le téléphone qui n’a pas arrêté ! S’il faut que je m’occupe des ampoules quand…

La maman Coupant, encore un ton au-dessus.  Et moi ? Tu crois que je m’amuse ? Toute la journée j’ai galopé! L’école, le supermarché, la lessive ! Et ta mère qui m’a tenue une demi-heure au téléphone alors que je devais emmener la petite chez le dentiste! Et celui-là montrant Léo rageusement qui n’est même pas capable d’apprendre…

Léo S’interposant,..  Stop! Stop! Stop! Autoritaire On arrête, là! On se tait ! Les parents obéissent, surpris.

Léo Ton professoral, reprenant les mots de sa mère. C’est comme ça qu’on rentre, le soir, à la maison ?

La maman et le papa Euh…

Leo Prenant son père par le bras et le raccompagnant à la porte Je vais vous dire, moi, comment on se comporte quand on rentre le soir à la maison ! Toi, papa, tu ramasses ton cartable, tes clefs, tu remets ton imper et tu ressors, s’il te plaît !

La maman Hésitante Et moi je fais quoi ?

Léo A sa mère.  Toi, maman, quand tu entends papa arriver, tu souris et tu dis : « Bonsoir mon chéri, pas trop fatigué? »

La maman Répétant docilement. Bonsoir, mon chéri, pas trop fatigué?

Léo Soufflant les mots à son père. « Si… mon amour! Mais je suis si heureux quand je te retrouve… »

Le père Si… mon amour! Mais je suis si heureux quand je te retrouve…

Léo  Continuant à donner des conseils.  Et maintenant, tu poses tes clefs, ton cartable, là… Sans bruit, tu accroches soigneusement ton imper au portemanteau… Tu vas pour allumer la lampe, tu vois que ça ne marche pas… Qu’est-ce que tu dis?

Le papa  Hésitant.  Euh…

Léo Non! Sûrement pas « Euh »… Ce n’est pas une réponse, ça ! Tu dis par exemple : « Oh! L’ampoule est cassée ! Quelle chance, ma Béatrice, on va souper aux chandelles ! »


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