côté jeune fille et côté garçon… une préoccupation commune

Maud LETHIELLEUX
J’ai quinze ans et je ne l’ai jamais fait
Thierry Magnier Romans Jeunesse

Sous son titre provocateur, ce roman cache bien son jeu. Capucine n’est pas une délurée, mais l’ « intello » de la classe, qui pense aimer en secret son professeur d’histoire. Obsédée par sa virginité, elle se raconte avec une distance non dénuée d’humour : « J’aimerais bien coucher avec un écrivain et devenir sa muse, qu’après nos ébats il allume une bougie et ouvre son carnet de bord […]. Mais cet écrivain est beaucoup trop vieux, je ne couche pas avec les grands-pères. Ni avec personne d’ailleurs. » (p. 108). En courts chapitres alternés interviennent les pensées de Martin, cancre désabusé mais chanteur inspiré. Au détour d’un concert, Capucine et Martin se découvrent, s’apprécient… et puis ? Ce serait trop simple, et chacun murira à sa manière. Drôle et profond, avec une écriture d’une simplicité travaillée, J’ai quinze ans et je ne l’ai jamais fait renouvelle au second degré l’exploration des affres de l’adolescence. Coup de cœur, auteur à suivre !

     Sophie Pilaire

et pour public plus averti (à partir de 16 ans note l’éditeur) ou à lire avec d’autres afin d’en parler ? Une idée fixe de Melvin Burges

« Je voulais écrire sur les garçons à l’adolescence et sur ce qu’ils doivent affronter dans leur monde particulièrement fermé. Trop peu de livres se concentrent sur ces grands adolescents et c’est en partie pour cette raison qu’ils ne lisent pas» (Melvin Burgess, « The Daily Telegraph ».

Dino, Jonathon et Ben ont 17 ans. Et ils n’ont qu’une idée en tête, une idée fixe : passer enfin à l’acte sexuel. En attendant, toutes leurs discussions ne sont que vantardises salaces, qui révèlent leur obsession autant que leur gêne de ne pas encore « l’avoir fait ». Si bien qu’ils en oublient l’existence de sentiments. Mais petit à petit, les trois adolescents sont confrontés aux vraies questions qui rythment une vie de couple.
(…) Avec ce nouveau roman, Melvin Burgess choque. Et il le sait. La crudité et la vulgarité volontaires de certains propos, notamment dans les premières pages, ne sont pas à mettre dans toutes les mains. De même que les passages très érotiques du livre. Mais Une idée fixe n’est pas un simple étalage gratuit de sexe. Déjà, il peut jouer le rôle d’un roman d’initiation, comme le fut Junk en ce qui concerne la drogue : le thème des relations garçon-fille est pour une fois traité dans un livre pour garçons. Ensuite, l’auteur va bien plus loin que l’exposition facile de l’acte sexuel : il en montre les rouages complexes, les risques, les souffrances morales. Les héros, de brutes obsédées et insensibles, se montrent peu à peu comme des êtres réfléchis, fragiles, et au fond même plutôt moraux.

Un roman pour jeunes adultes, donc, intelligent et dans la lignée des autres livres de Melvin Burgess.

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