Archive pour février 2014

Mathieu, Carlos et Valentin lisent un extrait de la Genèse : la tour de Babel

Cornelis Anthonisz, La destruction de la Tour de Babel (1547), copyright Bibliothèque royale de Belgiquecliquer sur l’image pour entendre Mathieu, Carlos et Valentin

Sur la gravure du Hollandais Cornelis Anthonisz (XVIe siècle), l’intensité dramatique est à son comble : on assiste au moment où la tour est en train de s’écrouler sous l’effet d’une tempête divine. L’œuvre est très didactique – une banderole est déroulée, dont le texte condamne la vanité de l’œuvre. Il s’agit ici d’une métaphore de la Rome pécheresse, l’artiste flamand s’inspirant du Colisée pour représenter la tour.

Au XIXe, dans cette illustration de la Bible, Gustave Doré fait de la sombre tour de Babel frappée par la tempête l’image du destin implacable venant anéantir l’effort des hommes. Mais ce qui domine l’image, c’est la dramatisation du groupe humain, au premier plan. Le désespoir de ce personnage aux bras levés au ciel est celui de l’humanité toute entière, confrontée à des forces qui la dépassent.

lire ici pour plus d’informations et images (où ont été puisés les deux images et textes ci-dessus, au CNDP/CRDP de l’académie de Paris

le texte :

[1] Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots.
[2] Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent.
[3] Ils se dirent l’un à l’autre: Allons! faisons des briques, et cuisons-les au feu. Et la brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de ciment.
[4] Ils dirent encore: Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre.
[5] L’Éternel descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. [6] Et l’Éternel dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c’est là ce qu’ils ont entrepris; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu’ils auraient projeté.
[7] Allons! descendons, et là confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue, les uns des autres.
[8] Et l’Éternel les dispersa loin de là sur la face de toute la terre; et ils cessèrent de bâtir la ville.
[9] C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre, et c’est de là que l’Éternel les dispersa sur la face de toute la terre.

à la médiathèque André Labarrère avec les 602

en route pour la Médiathèque !

2014-02-14 09.46.07 les uns font des recherches dans les nombreux livres d’art mis à leur disposition : trouver par exemple une sculpture évoquant une scène de l’Ancien Testament, une reproduction de peinture ou une gravure représentant le jardin de l’Eden, d’Adam et Eve chassés du paradis, du sacrifice d’Isaac, de la tour de Babel, du déluge, de Moïse et les tablettes de la loi, etc.

2014-02-14 10.02.391) Notez chaque fois le titre, le nom des auteurs Rembrandt, Le Caravage, Gustave Doré, Michel-Ange, Marc Chagall, etc.

2014-02-14 10.01.112) Indiquez l’année de création et le lieu où l’on peut apprécier cette œuvre d’art.

2014-02-14 10.02.313) En deux phrases, expliquez de quoi il s’agit (personnages, action).

Pendant ce temps, l’autre 1/2 groupe, visite l’exposition

2014-02-14 09.46.39600 ans d’histoire et d’art du livre,

2014-02-14 10.42.56une écoute passionnée

restitution et partage des découvertes au retour, en classe

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Sélection de textes 16e Printemps des Poètes (8 – 23 mars 2014)

Thibault lit L’albatros de Charles Baudelaire et Paul Retour de l’automne de Charles Juliet

L’albatros de Charles Baudelaire

L’albatros de Charles Baudelaire

 Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage

Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,

Qui suivent, indolents compagnons de voyage,

Le navire glissant sur les gouffres amers.

 

A peine les ont-ils déposés sur les planches,

Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,

Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches

Comme des avirons traîner à côté d’eux.

 

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !

Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !

L’un agace son bec avec un brûle-gueule,

L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

 

Le Poète est semblable au prince des nuées

Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;

Exilé sur le sol au milieu des huées,

Ses ailes de géant l’empêchent de marcher

 

Retour de l’automne de Charles Juliet

Charles Juliet
retour de l’automne
et de la solitude
les longues et moroses
journées de pluie
l’ennui
alourdit le silence
fige les heures
te livre
aux vieux démons
trop de mauvais souvenirs
encombrent ta mémoire
te reconduisent aux jours anciens
te maintiennent prisonnier
de ce qui n’est plus
nausée
du ressassement
de l’ennui
de la torpeur
des heures grises
sache une bonne fois
leur dire non
et reviens à la vie sors
va marcher sur les collines
et laisse le vent
te traverser la tête
laisse le vent
emporter tes feuilles mortes

Sélection de textes 16e Printemps des Poètes (8 – 23 mars 2014)

Thibault et Aloïs disent

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites ! de Victor Hugo

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites ! de Victor Hugo

 Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !

Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes ;

TOUT, la haine et le deuil !

Et ne m’objectez pas que vos amis sont sûrs

Et que vous parlez bas.

Écoutez bien ceci :

 

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l’oreille du plus mystérieux

De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu.

Ce MOT — que vous croyez que l’on n’a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre ;

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle !

Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera ;

Il suit le quai, franchit la place, et cætera

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive

Et railleur, regardant l’homme en face dit :

« Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel. »

 

Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Aloïs et Alexandre,

puis Aloïs disent Le repas de Guillaume Apollinaire

Le repas de Guillaume Apollinaire

Il n’y a que la mère et les deux fils

Tout est ensoleillé

La table est ronde

Derrière la chaise où s’assied la mère

Il y a la fenêtre

D’où l’on voit la mer

Briller sous le soleil

Les caps aux feuillages sombres des pins et des oliviers

Et plus près les villas aux toits rouges

Aux toits rouges où fument les cheminées

Car c’est l’heure du repas

Tout est ensoleillé

Et sur la nappe glacée

La bonne affairée

Dépose un plat fumant

Le repas n’est pas une action vile

Et tous les hommes devraient avoir du pain

La mère et les deux fils mangent et parlent

Et des chants de gaîté accompagnent le repas

Les bruits joyeux des fourchettes et des assiettes

Et le son clair du cristal des verres

Par la fenêtre ouverte viennent les chants des oiseaux

Dans les citronniers

Et de la cuisine arrive

La chanson vive du beurre sur le feu

Un rayon traverse un verre presque plein de vin mélangé d’eau

Oh ! le beau rubis que font du vin rouge et du soleil

Quand la faim est calmée

Les fruits gais et parfumés

Terminent le repas

Tous se lèvent joyeux et adorent la vie

Sans dégoût de ce qui est matériel

Songeant que les repas sont beaux sont sacrés Qui font vivre les hommes

Mélissa

puis Paul et Vincent disent L’école des beaux-arts de Jacques Prévert

A l’école des beaux arts de Jacques Prévert

 Dans une boîte de paille tressée

Le père choisit une petite boule de papier

Et il la jette

Dans la cuvette

Devant ses enfants intrigués

Surgit alors

Multicolore

La grande fleur japonaise

Le nénuphar instantané

Et les enfants se taisent

Émerveillés

Jamais plus tard dans leur souvenir

Cette fleur ne pourra se faner

Cette fleur subite

Faite pour eux

A la minute

Devant eux.

Noa et Diane disent Un bruit de fond de Jean-Michel Espitallier

Un bruit de fond de Jean-Michel Espitallier

                                                   (travail en cours)

 C’est un bruit.

C’est un bruit au fond.

C’est un bruit au fond du trou.

C’est un bruit au fond du trou de tôle.

C’est un bruit de tôle au fond du trou.

 

C’est un bruit de tôle.

C’est un bruit de tôle au fond du trou de tôle.

C’est un bruit de fond au fond du trou du fond.

C’est un trou de bruit.

C’est un trou de tôle

C’est un trou au fond du trou du bruit de tôle.

C’est un bruit de tôle au fond du bruit.

 

C’est un bruit de fond.

C’est un bruit de fond au fond du trou de tôle.

C’est un fond de trou au fond du bruit de fond.

C’est un bruit de tôle.

C’est un bruit de trou.

 

C’est un bruit de tôle.

C’est un fond de bruit.

C’est un bruit de bruit au fond du trou de tôle.

C’est un bruit de bruit.

c’est un trou de tôle.

C’est un trou de trou au fond du bruit de fond.

 

C’est un trou de bruit.

C’est un trou de tôle.

C’est un trou de fond au fond du fond du bruit

Mélanie lit un extrait de La légende de l’escargot

cliquer sur l’image pour entendre Mélanie

imagesKane Kwei, sculpture, 1988, musée du quai Branly, Paris (cité dans le Jardin des Lettres, 6ème, éditions Magnard)

Bilan : les compléments introduits par une préposition

Vu et copié/collé sur Le livre scolaire

ou voir ici les fonctions dans la phrase simple.

La préposition 

  • Elle se trouve en tête du complément qu’elle introduit.
  • Rappel : les principales prépositions sont : à, dans, par, pour, en, vers, avec, de, sans, sous, sur (Adam part pour Anvers avec deux cents sous sûrs).

Le complément

  • La fonction d’un complément dépend notamment du mot ou groupe de mots qu’il complète.

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ATTENTION !

  • Une même fonction peut être introduite par plusieurs prépositions :
    • Une jupe en tissu, le nez de Cyrano, un pot à tabac : les compléments du nom en gras sont introduits par différentes prépositions (en pour la matière, de pour l’appartenance ou l’origine par exemple…).
  • Une même préposition peut introduire plusieurs fonctions :
    • Il est ébloui par sa beauté. > par sa beauté : complément d’agent du verbe éblouir.
    • Il est triste par moments. > par moments : CC de temps du verbe être.
    • Il passe par Paris. > par Paris : CC de lieu du verbe passer.

La préposition n’est donc pas un indicateur suffisant pour déterminer une fonction :

  • Pour déterminer la fonction d’un complément introduit par une préposition, il faut examiner différents cas et commencer par regarder si le mot complété est un verbe ou un nom.
  • a) Le mot complété est un verbe, quatre solutions
    • le verbe est à la voix passive, une solution :

Si le verbe est à la voix passive et s’il est introduit par par ou de, le complément qui le suit est un complément d’agent.

  • Le verbe est à la voix active, trois solutions :
    • Si le verbe est à la voix active, et s’il est suivi d’un complément introduit par une préposition, répondant à la question à qui / à quoi ?, alors ce complément est un COI (ou un COS, s’il est précédé d’un premier COI ou d’un COD).
    • Si le verbe actif est complété par un complément déplaçable, indiquant une circonstance qui concerne l’ensemble de la phrase, il s’agit d’un complément circonstanciel.
    • si le verbe actif est complété par un complément non déplaçable, qui indique le lieu ou le temps (répondant aux questions où ? quand ?), et qui ne concerne pas l’ensemble de la phrase, alors il s’agit d’un complément essentiel de lieu ou de temps.
  • b) le mot complété est un nom, une seule solution
  • Une seule solution est possible : le complément du nom. Pour s’en assurer, il faut vérifier que ce complément du nom figure bien dans le groupe nominal.

fabliaux autour de l’expression familière « poser un lapin »

celui de Thibault

2014-01-14 17.33.12cliquer sur l’image (vue depuis la fenêtre de la salle de classe) pour entendre Thibaut

celui d’Aloïs

celui d’Anna

celui de Clara, cliquer sur l’image pour l’entendre

https://i2.wp.com/www.cuniculture.info/Docs/Phototheque/Peinture&Decor/Peintres-R/Rabier-15b.jpg


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