travailler à trois pour amplifier une histoire et « littérature augmentée »

ensemble des textes au format epub

Sujet : Vous avez carte blanche pour enrichir et varier le rythme du récit suivant par des portraits, descriptions,explications, retour dans le passé, dialogues, discours indirect libre, texte de chanson, morale ?

Des bûcherons essaient de déplacer un tronc mais en vain. L’un d’eux monte sur le tronc et se met à chanter. Ses compagnons réussissent à déplacer le tronc.

A trois, s’interroger et se mettre d’accord  =>combien de personnages ? qui ? qui sera le chanteur ? où ? saison ? quelle sorte de tronc ? pourquoi ne vont-ils pas chercher de l’aide ? narrateur ? temps du récit ? … 

=> prendre en note toutes les idées et problèmes soulevés

organiser le travail : qui fait quoi ? => écriture individuelle sur feuille à son nom, lire les différents extraits obtenus à voix haute, travailler les liens logiques et chronologiques entre les différents textes (harmoniser), les améliorer à partir de la lecture à voix haute, veiller à l’orthographe et ponctuation

Saisir l’ensemble sur traitement de texte : Arial, police 14

ajouter cinq liens hypertextes (dont une création)

 univers des bûcherons : le film suivant Les Grandes Gueules de Robert Enrico (1965) avec Bourvil, Lino Ventura, James Hahn, Michel Constantin peut vous en donner un aperçu
lecture : Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey « L’auteur (…) plante son décor dans les forêts de l’Oregon, où l’on fait la connaissance d’une tribu de bûcherons, les Stamper, père et fils, véritables forces de la nature. Dans cette grande aventure sociale et familiale, on trouve de la tragédie, puissante, et un dynamitage des règles classiques de la fiction. Là-bas, la terre est humide, glaciale, et les hommes ont la vengeance dans le cœur. » Télérama

texte 1 : Le chant des bûcherons

de Jérôme, Louis et Nicolas

      «Allez mes bûcherons, c’est le dernier chêne avant la nuit ! Vous savez combien on a besoin de cet arbre pour la commande du seigneur Phoebus !»

Une pluie battante tombait depuis plusieurs jours sur le Sud-Ouest de la France. Le vent mugissait entre les arbres de la forêt de Gèrbanère près de Pau. Or, une semaine avant, Gaston Phoebus leur avait commandé une tonne de bois à livrer avant le mercredi de la semaine d’après pour réparer la charpente de son château qui menaçait de s’effondrer. Sans relâche, du matin au soir, les bûcherons se relayaient pour venir à bout du chantier. De petits nuages blancs s’échappaient de leur bouche à chaque fois qu’ils soufflaient. Le sol, craquelé de neige en cette rude saison d’hiver, crissait sous leurs pas.

Le chef des bûcherons, Joseph, un grand homme bourru à l’épaisse barbe noire et aux mains calleuses, encourageait sa troupe de six gaillards depuis plus de deux heures. Enfin le tronc céda accompagné du cri de victoire des bûcherons qui s’écrièrent tous ensemble : « TIMBER !!!!»

Nos six compères s’essuyèrent le front couvert de sueur et de pluie. Ils étaient épuisés. Leurs mains étaient gelées et des stalactites étaient apparus sur les haches laissées de côté.  Maintenant, ils devaient transporter le tronc jusque dans la charrue tirée par des bœufs, vingt mètres en contrebas. Comment feraient-ils pour porter un tel poids sur telle distance ? Les bûcherons essayèrent de le déplacer mais, déjà fatigués par leurs coups de haches, le tronc ne bougea pas d’un centimètre. Joseph réfléchissait à un moyen de placer l’arbre quand le plus jeunes des six compagnons essaya de grimper, avec une certaine difficulté, sur le chêne abattu. Il avait tenu à accompagner les compagnons de son père, malade mais c’était un petit jeune homme chétif. Tant bien que mal, après plusieurs glissades, il réussit à s’installer sur le tronc et se mit à chanter. Les autres, étonnés, se moquèrent de lui :

«Arrête de chanter pardi ! Y fait d’jà assez mauvais comme ça !

– Descends d’là ! C’est d’jà bien assez lourd, non ?»

Soudain, ils cessèrent de railler leur camarade et comprirent : il chantait pour les encourager. Galvanisés par la mélodie, ils se mirent pousser le tronc en reprenant en chœur le chant de leur compagnon. Le tronc, qui avait semblé si lourd dans le silence, parut plus léger. Ils le transportèrent alors sans trop de difficultés jusque dans la large charrette et les six bœufs le tirèrent jusqu’à la scierie.

Dans le village, résonnait le chant de retour des bûcherons, fiers d’avoir accompli leur dur labeur.

pour entendre le texte lu

texte 2 : LES BUCHERONS

de Martin, Rachel et Ana

Dans une forêt canadienne, une après-midi, un groupe de cinq bûcherons marchait, épuisé de sa journée de travail. Ils devaient vite ramener tout le bois qu’ils pouvaient à leur maison car leurs femmes et enfants risquaient de mourir de froid. Au milieu des branches et des feuilles, ils s’arrêtèrent devant un grand sapin et décidèrent d’en couper le tronc.

Le chef du groupe, Jean, annonça :

« Nous devons prendre ce tronc. Nous aurons du bois pour tout l’hiver ! Mais comment le ramener ?»

Le groupe chercha une solution.

« Utilisons des cordes ! » proposa l’un d’eux.

Le plus fort d’entre eux, Marc, essaya de les passer autour du tronc mais épuisé par la journée passée, il n’avait plus la force d’y arriver.

Le plus rêveur d’entre eux monta sur le tronc et se mit à chanter. Quentin, car tel était son nom, était petit, mince et frisé. Des yeux bleus et limpides illuminaient son visage. Il portait une salopette bleue marine et des bottes noires qui lui arrivaient jusqu’aux genoux. Il venait de fêter ses vingt-trois ans. La mélodie s’éleva. Ses compagnons lui jetèrent des regards noirs, furieux. Non mais qu’est-ce qui lui prenait ? C’était déjà bien assez lourd comme ça !

Quentin les ignora et continua à chanter. Ses compagnons reconnurent la mélodie, elle leur redonna du courage. Portés par son rythme, ils soulevèrent le tronc et Marc passa les cordes. Au bout de quelques minutes, l’arbre était ligoté.

Les bûcherons le ramenèrent chez eux, reprenant en chœur la mélodie qui leur avait redonné joie, bonne humeur et force.

texte 3  Le grand arbre Petrodvoret

de Rebecca, Mathieu et Constant

 Les cinq bûcherons marchaient dans le froid glacial de la Laponie. Ils étaient à la recherche du grand arbre Petrodvoret. La veille ils avaient décidé de le transporter pour prouver la force de leur scierie.

Petrodvoret était en fait l’arbre le plus imposant de la région. Personne n’avait jamais réussi à le déplacer mais, longtemps auparavant, un bûcheron de grande renommée était parvenu à le couper. Il était finalement décédé dans des circonstances mystérieuses…

Les bûcherons étaient partis aux aurores. En effet, ils voulaient triompher avant la tombée de la nuit pour ne pas succomber sous la neige. Ils préféraient donc ne pas s’éterniser, et être les plus efficaces possibles.

Le plus petit, le Chef, avançait en tête de troupe. Celui qui le suivait, le Gros, semblait déterminé. Le plus sage, le Vieux, s’était équipé de son manteau d’hiver. Le plus beau, le Jeune, traînait le pas derrière le Maigre qui suivait gaiement ses camarades.

En cette rude saison d’hiver, les sapins, usés par le froid, laissaient tomber, sans résister, leurs pommes de pins sur la tête des bûcherons. Les oiseaux gazouillaient, et, si l’on observait bien, on pouvait parfois apercevoir un renne qui passait, puis s’enfuyait à la vue des travailleurs. Les chiens de traîneau, fatigués par le déplacement de nombreux arbres traînaient leurs pattes dans la neige. Celle-ci tombait, s’étalait en fin duvet et crissait sous les pas de nos braves.

Les bûcherons, enfin, arrivèrent au grand arbre tant convoité. Ils s’attaquèrent à la tâche pénible qu’ils s’étaient fixé.

Ils se mirent de part et d’autre du tronc, l’épreuve semblait facile mais ils savaient qu’il ne fallait pas s’y fier.

 » Allez les gars ! cria le chef, on l’aura cet arbre !  »

Ils poussèrent de toutes leurs forces, mais le grand arbre ne bougea pas. Même pas d’un millimètre. Le jeune trébucha dans la boue et jura :

« C’est pas vrai, saleté d’arbre ! ».

Ses amis l’aidèrent à se relever, ils voulaient accomplir leur mission. Ils changèrent de tactique et se placèrent derrière le tronc, afin de le pousser.

« Allez ! encouragea le vieux, on peut le faire ! »

Mais rien n’y fit et ils abandonnèrent peu à peu. Seul le gros, le plus têtu, ne céda pas. Il monta sur l’arbre et entonna un chant traditionnel de son pays, le Joik. Ils reprirent espoir. Encouragés par le chant, ils s’approchèrent à nouveau et se placèrent, chacun à leur poste. « YAAAAA! » crièrent-ils dans un effort surhumain. Au bout de secondes interminables, le tronc s’éleva du sol. Le chef donna l’ordre d’avancer, et les hommes se mirent en marche. Ils arrivèrent finalement à destination, épuisés, mais triomphants. Ils avaient redoré le blason de leur scierie.

 

entendre le texte lu ici

Texte 4 : L’ordre sacré des bûcherons

Enora, Camille et Nicolas V.

      Le matin, le vieux sage du village les avait convoqués pour leur imposer une épreuve. Ils devaient abattre l’arbre Dragon et le ramener à leur village s’ils voulaient entrer dans l’ordre sacré des bûcherons. Aron avait donc pris le soin d’aiguiser sa hache favorite puisque, des trois jeunes bûcherons, il était le plus expérimenté. La cime de l’arbre commençait à perdre des couleurs. La mousse verte grimpait jusqu’aux rameaux des branches. La multitude de branchages ne laissait passer aucune once de soleil. Les feuilles étaient vertes avec des nuances orange. Il était seul, aucun autre arbre ne pointait à l’horizon. Il mesurait douze mètres de long et un mètre de large. Aron, le jeune adolescent maître du groupe, acheva l’arbre d’un dernier coup sec et puissant de sa hache. Restait maintenant à le ramener au village.

Les jeunes bûcherons semblaient fondre sous la chaleur du soleil mais ils gardaient espoir car depuis leur plus jeune âge, ils avaient rêvé d’entrer dans cet ordre sacré. Leur sueur se mêlait à la crasse de la terre environnante, les vêtements leur collaient à la peau. Is étaient déchirés par les frottements intempestifs contre l’écorce rugueuse de l’arbre. Ils portaient de lourdes chaussures très abîmées et pleines de boue.

Leurs mains, couvertes d’échardes et de plaies, en sueur, les faisaient souffrir. Leurs muscles commençaient à se crisper et des ecchymoses se formaient sur leurs doigts tandis qu’ils essayaient vainement de déplacer ce tronc.

« Nous n’arriverons donc jamais à déplacer ce satané tronc ? s’énerva Aron, au bord du désespoir.

– Nous y arriverons bien, pensez à notre entrée au cercle sacré ! encouragea Homael

–  N’y aurait-il pas un moyen ? interrogea Aron en se tournant vers ses compagnons.

Les traits de son visage étaient tirés par l’anxiété. Réussiraient-ils à gagner l’ordre sacré des bûcherons ? Il en doutait de plus en plus.

– Et toi, le brésilien, reprit-il, tes ancêtres ne t’ont rien enseigné sur l’art des bûcherons ? Tu es toujours si silencieux.

– J’y ai réfléchi toute la nuit, mais en vain, répondit piteusement Homael. Malheureusement, ils m’ont défendu d’utiliser leurs techniques ancestrales, sous peine d’en pâtir. »

Une vague de découragement s’abattit alors sur le petit groupe, anéantissant les dernières flammes d’espoir qui brillaient dans leurs yeux.

Le meilleur ami d’Aron, Miguel, était aussi fin qu’un jeune arbrisseau mais possédait une force hors du commun. Il flottait dans ses vêtements de bûcherons trop grands pour lui et ses orteils touchaient à peine le bout de ses bottes. Il était doté d’une scie circulaire.

Il était indispensable en vue de la réussite du déplacement du tronc de l’arbre dragon. Reconnu pour sa force légendaire à des lieux à la ronde, il commençait lui aussi à se décourager quand Homael fit un acte totalement absurde : il monta sur le tronc abattu, ce qui engendra quelques réactions :

« Mais que fais-tu, jeune fou ? protesta Aron, en nage et presque à bout de forces.

-Descends donc de ton perchoir, tu nous fais perdre un temps précieux temps, s’énerva Miguel furieux. Tu ne crois pas que c’est assez lourd comme ça ? »

Le Brésilien les ignora et commença à chantonner. Sa voix s’éleva et s’amplifia. Il avait acquis, dès son plus jeune âge, des pouvoirs des Chamane : il était capable de redonner la force perdue, d’insuffler un dernier souffle de vie ou alors d’invoquer les esprits

Il ne se passa d’abord rien. Après tout, que changerait le fait qu’un jeune naïf chante ? Puis les deux jeunes hommes sentirent s’installer dans leur âme comme une présence, un esprit. Ils sentirent aussi comme un éclair électrique parcourir leurs veines. Ils furent entraînés par un élan de force phénoménale et commencèrent à pousser le tronc sous les encouragements vocaux d’Homael. Leurs bras avaient recouvré leur force, ils purent sans peine déplacer le tronc et poussèrent un cri de joie.

texte 5 : Le cèdre bleu et les bûcherons

de Saady, Léo et Guilhem

     « Allez, allez les gars ! Du nerf ! encouragea Hans, le chef.

– Ok patron, mais vous pouvez pas aider ? » répondit Willy

Nos trois bûcherons, du nom de Owen, Willy et Hans étaient amis depuis leur jeunesse ; ils s’étaient rencontrés dans le Nuvatut où ils avaient appris le métier. Peu après, ils déménagèrent vers la village d’Echo Bay dans le territoire du Grand Ouest, vers les grandes forêts du Grand Lac de l’Ours pour trouver du travail. On leur en proposa un : la mairie de la ville était faite d’un arbre particulier, le grand cèdre de l’Atlas.

Or, il y avait un trou dans la toiture et il fallait le réparer au plus vite avant l’arrivé de l’hiver. On proposa donc à nos bûcherons de partir à la recherche d’un de ces arbres spéciaux, très rares dans la région. Pour ce lourd travail ils décidèrent de prendre sous leur aile un apprenti du nom de Greg. Ils entreprirent de trouver cet arbre afin de le rapporter au plus vite.

Ils étaient dans une clairière. La forêt était habillée pour l’hiver et les écureuils terminaient de faire leurs réserves. Il n’y avait quasiment pas de ces cèdres qu’ils cherchaient, mais Hans et sa bande en trouvèrent quand même un abattu.

Un de ces bûcherons, Owen, était un homme assez petit. Il portait tout le temps la même chemise à carreaux. Il avait une grosse barbe rousse. Il ressemblait aux clichés que l’on avait sur les bûcherons, mais il s’en moquait. Cela le faisait même rire. Sa petite voix aiguë contrastait avec l’image qu’il donnait. Il adorait chanter.

Le tronc du cèdre fraîchement abattu était si gros, si lourd et si large, l’effort tel, qu’ils se demandèrent s’ils pourraient le rapporter avant la tombée de la nuit, nuit glaciale en cette saison. Ils essayèrent pendant de longues heures. Leurs visages étaient crispés, leurs doigts engourdis par le froid. Malgré tous leurs efforts, le tronc ne broncha pas d’un pouce.

Au bout d’un moment, Owen s’arrêta pour reprendre son souffle. Il grimpa sur le tronc. Les autres le dévisagèrent :

– Euh … Mais qu’est ce que tu fais ? dit Greg. C’est déjà assez lourd comme ça !

– Pour une fois, il a raison, confirma Hans.

– Ouais, ça fait des heures qu’on galère ! dit Willy

-Les gars, écoutez-moi ! dit Owen en haussant la voix pour se faire entendre. J’ai trouvé le moyen de soulever ce satané tronc. »

Il se mit à chanter de sa belle voix. Une mélodie joyeuse et entraînante, que ses compagnons connaissaient bien, s’éleva. L’hymne national de leur pays, le Canada.

     Les trois autres se sentirent portés par son chant. Ils se placèrent, deux aux extrémités du tronc et un au milieu. Ils le soulevèrent : c’était maintenant aussi léger qu’une ridicule planche de bois ! Joyeux et soulagés, ils le rapportèrent sans mal au village.

texte 6 : LE TRONC ET LES BUCHERONS

de Baptiste, Corentin et Thomas

(les prénoms sont répétés -Jean- pour l’humour)

 « Allez mes braves bûcherons ! » cria Jean-Marc avec sa belle voix aiguë énergique et joyeuse pour ce genre de travail.

Il ne reculait devant aucun obstacle malgré son petit gabarit. Un énorme tronc et quelques arbres plus petits étaient tombés la veille à cause d’un violent orage. Le plus gros tronc avait atterri sur l’axe le plus fréquenté du bois de Pau et le gérant tyrannique de la forêt avait mandé cinq bûcherons pour le dégager avant le retour imminent d’un nouvel orage.

Dans le paysage morne de la forêt, les vestes à carreaux rouges et grises des bûcherons ressortaient. Trempés de sueur après leur longue journée de travail acharnée, ils avaient hâte d’en terminer.

Jean-Louis, le plus costaud du groupe n’aimait pas travailler dans la boue et il savait qu’en 1827, il était impossible d’appeler du secours en moins de trente minutes. Dans 150 ans peut-être il y aurait des moyens de locomotions plus développés mais pour l’instant ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes ! Très nerveux, il se mit à crier :

« Bon maintenant vous allez vous activer bande de glands. J’veux rentrer chez moi, pas question de moisir ici ! »

Impressionnés par sa voix rauque, ses compagnons se précipitèrent autour du dernier tronc d’arbre. Ils commencèrent à le remuer mais sans succès.

-Nom dediou, cria le tout petit Jean-François, rien à faire, y veut pas bouger !

– Vous avez vraiment pas de force ! râla Jean-Nicolas le maigrichon de sa voix suraiguë de fausset. Pourquoi que vous avez été embauchés ? Qui c’est qui m’a fichu une équipe de bras cassés pareils ?

–  La ferme, toi ! s’agaça Jean-Marc, à part regarder les autres, tu fais rien, alors bouge-toi et plus vite que ça ! »

Jean-Nicolas, vexé, partit bouder dans son coin, ils n’étaient plus que quatre. Pendant dix minutes encore, ils tirèrent, poussèrent le tronc, trempés jusqu’aux os et toujours aussi exténués ce qui n’arrangeait rien.

-Jean-Nicolas, t’auras pas ta paye et tu seras viré si tu travailles pas ! cria Jean-Phillipe

Jean-Nicolas les rejoignit et monta sur le tronc. Il entonna la chanson « des sept nains ». Ses compagnons, médusés, commencèrent par l’injurier.

-Si t’arrêtes pas tout de suite, je vais te faire descendre, c’est moi qui te le dis ! vociféra Jean-Louis, à bout.

-Dégage de là, ou j’avertis le patron de ton comportement ! » le menaça Jean-Marc.

Ils n’avaient pas fini ces mots qu’ils remarquèrent que la chanson et la voix entraînante de Jean-Nicolas leur donnaient de la force. Le chef du groupe le comprit très vite et reprit le commandement :

« Vite ! tous en place, maintenant on va y arriver ! »

Jean-Marc se posta devant le tronc, Jean-Louis sur le côté droit, Jean-François sur le côté gauche et Jean-Philippe à l’arrière du tronc. Sur le  rythme de la chanson, les quatre autres bûcherons parvinrent peu à peu à soulever le tronc gigantesque arrimé de cordes et finirent par le déposer dans leur traîneau.

     Le travail, non sans mal, était terminé avant le retour de l’orage et le patron tyrannique allait devoir leur donner leur paye. Tous les bûcherons essuyèrent la sueur de leur front et poussèrent simultanément un cri de joie « Hourrah ! »

 texte 7 LE CHANT DES BUCHERONS

de Julie, Victor et Argan

       Le pic toujours enneigé du Mont Logan dominait la vallée du Yukon. Les pentes abruptes et dénudées aux roches escarpées empêchaient toute végétation. On pouvait entendre le cri féroce des ours bruns résonner en échos. Le temps avait façonné des grottes dans les flancs de la montagne. En dessous, des sapins touffus, immenses et conséquents. Le soleil, lui, disparaissait derrière le Mont Logan et colorait le ciel d’une lueur rougeâtre. Les hiboux hululaient dans les arbres et les écureuils griffaient les écorces de leurs petites pattes. Quant aux piverts, ils façonnaient leurs nids dans les troncs.  Au loin, on entendait le Logan Village en liesse pour la fête nationale. Un dernier groupe de bûcherons était resté en service pour déplacer un tronc centenaire qui s’était abattu sur le sentier lors de la tempête de la veille.

Ils essayaient tant bien que mal de le déplacer malgré leurs doigts transis par le froid. Les aiguilles de sapin leur piquaient la peau, les écorces rentraient dans leurs bottes et la boue se collait à leurs vêtements. Chacun d’entre eux était à bout de souffle. Ils pensaient que le travail effectué jusque-là n’aboutissait à rien. Ils commençaient à désespérer. Comme ils auraient préféré fêter la fête nationale et revenir le lendemain ! Mais le chef du groupe, Michou, était déterminé à ne rien lâcher.

C’était un homme robuste et bon vivant. Il était bedonnant, les cheveux roux, frisés et portait une barbe hirsute. Sa chemise à carreaux verte et rouge, surmontée d’une salopette en jean, cachait son embonpoint. Pour protéger ses oreilles, il mettait un bonnet rouge et bleu. Soudain il eut une idée… monter sur le tronc ! Ses camarades, étonnés jurèrent contre lui « Sacre bleu, qu’est-ce que tu fais ? ça fait toute la soirée qu’on est sur ce boudu de travail ».

Debout sur le sapin, il mais ne broncha pas. Il les observa pester. Des compagnons. Ses compagnons. Comme ils manquaient de courage et de motivation ! Du nerf, que diable ! Il entonna alors, haut et fort, l’hymne du Canada.

Dès que ses compagnons entendirent les premiers mots, ils se remémorèrent la force de leurs ancêtres, eux aussi bûcherons. Tous se rappelèrent les histoires racontées par leurs pères, leurs grands-pères et même leurs arrière-grands-pères capables de porter eux-mêmes, seuls, un grand sapin. Aucun d’entre eux ne voulaient se montrer indigne de leurs aïeuls. Ils gonflèrent alors le torse et se placèrent fièrement autour du sapin qui leur avait résisté jusque-là. Ils l’empoignèrent, poussèrent, tirèrent et le soulevèrent dans un effort surhumain. Chacun transpirait, soupirait et jetait ses dernières forces dans la bataille. Les muscles gonflés à bloc, à bout de souffle, ils ne lâchèrent pas et continuèrent. Ils avancèrent, l’arbre dans les bras et le déposèrent dans le bateau qui voguerait sur le Yukon vers le village de Whitehorse, plus bas dans la vallée. Un immense HOURRAH ! résonna à des kilomètres à la ronde.

A présent tout le monde pouvait se rendre au chalet de l’amicale des bûcherons boire une bonne bière et participer à la fête de Logan Village.

Texte 8 Le chant de la forêt

Andréas, Alexandre et Julien

      La sueur coulait sur le front des bûcherons tandis que la pluie s’abattait sur eux sans relâche. Le vent mugissait entre les branches, décrochant les feuilles au reflets rougeâtres. Une tempête avait été annoncée la veille…

Voilà maintenant deux heures qu’ils essayaient de déplacer l’énorme vieux chêne. La foudre avait eu raison de lui et il gisait à terre, gênant la pousse des futurs arbres en quête désespérée de lumière. L’après-midi était sombre, on se serait presque cru à la nuit. Pourtant, cette météo hostile ne décourageait pas nos braves. Leurs pieds s’enfonçaient dans le sol marécageux.

Le groupe, composé de quatre membres, bien qu’acharnés à cette tâche grelottait de froid et rêvait seulement d’un bain chaud. L’un était nouveau, il n’avait pas encore pu faire ses preuves. Ce matin-là, les trois autres l’avaient à peine remarqué. Il était grand, fort : toutes les qualités nécessaires pour devenir bûcheron ! Il tentait tant bien que mal de s’introduire dans le groupe, lui qui, d’ordinaire, n’était pas timide.

      Il s’immobilisa. Cette chanson… Oui cette chanson ! Elle lui revenait soudain à l’esprit…! Il s’écarta du vacarme incessant que faisaient les coups de haches dans les branches encombrantes qui les empêchaient de hisser le tronc dans leur remorque. Il se concentra : l’air était joyeux et dynamique. Il fredonna la mélodie. Oui ! C’était bien ça ! Il leva la tête, fier de lui et tout excité. Ses compagnons étonnés, se mirent à rire et protestèrent. Passant outre, il se concentra à nouveau, les paroles revinrent à ses lèvres ! Il chantait ! Malgré la tempête, malgré le vent, malgré les moqueries, il chantait ! Les arbres se mirent à danser, les oiseaux à gazouiller ! La pluie ne les dérangeait plus mais était devenue une douce caresse. Il monta sur le tronc. Il s’étonna. Tiens ! plus personne ne râlait ! ils continuaient leur travail acharné, il se mit à chanter plus fort, plus fort ! La terre trembla ! Non… C’était le tronc ! Ils le soulevaient ! Ils se jetèrent des regards surpris, crièrent de joie ! Leurs efforts étaient enfin récompensés ! Et ils marchèrent ! Marchèrent ! Plus rien ne les arrêterait désormais !

 texte lu (avec bruitages) ici

Texte 9 :  « celui-qui-fait-venir-la-pluie-en-chantant »

de Zazie, Sophie et Magali

   Ce jour là, le soleil tapait fort et ses rayons filtraient entre les feuilles du majestueux baobab surplombant les cultures de manioc. Du haut des dix-neuf mètres de ce dernier, on pouvait apercevoir Fofana. C’était un jeune bûcheron d’environ vingt ans. Ses cheveux crépus encadraient un visage aux traits fins et ses yeux en amande lui donnaient un côté enfantin. Il était vêtu d’un simple short et d’une paire de sandales.

    Le jeune homme et ses compagnons s’affairaient autour d’un arbre imposant afin de faire céder les racines robustes qui le liaient au sol. Après des heures d’efforts, il céda et s’abattit sur la terre aride et craquelée des plantations. A présent, c’était au tour de la tâche la plus simple, déplacer le tronc. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient. Les bûcherons s’acharnèrent. Des gouttes de sueur perlaient sur leurs fronts. Une chaleur sèche les envahit. L’heure de la pause sonna. Le tronc, malgré leurs efforts, n’avait pas bronché. Découragés, ils succombèrent à la tentation d’un repas bien mérité. Seul Fofana resta, encore plein d’espoir et grimpa rapidement l’énorme tronc abattu.

   Debout, il jeta un bref regard sur le petit village et les champs, prit une grande inspiration et commença à chanter. Son chant s’éleva dans les airs. En l’entendant, tous les villageois levèrent la tête et fermèrent les yeux laissant la mélodie les porter ailleurs. Car comme vous l’aurez compris, Fofana chantait merveilleusement bien. Au-dessus de lui, des nuages noirs, attirés par son chant, s’amoncelaient sans qu’il ne s’en rende compte et d’un coup, un orage éclata ! La pluie tomba et de grosses gouttes éclatèrent sur le torse et les bras de Fofana. Alors, il sentit le baobab bouger. Il s’agrippa de toutes ses forces au tronc qui dévala les champs, emporté par la boue, sous le regard ébahi de ses compagnons. Il s’arrêta à quelques pas de la scierie.

   Fofana descendit acclamé par les villageois et ses collègues. Les gens souriaient, heureux de la pluie ruisselant sur leur visage. Ils le portèrent en triomphe jusqu’au village et firent la fête tout l’après-midi et toute la nuit en l’honneur de « celui-qui-fait-venir-la-pluie-en-chantant ».

 

texte lu ici

texte 10 Le chant du miracle

Agathe, Émilie et Flavie

  C’était une journée pluvieuse, les bûcherons sentaient la fatigue monter au fil des heures. Leur scierie se dressait en bordure de la forêt amazonienne, à la croisée de routes qui s’entremêlaient.

Le plus gros bûcheron du groupe râlait à chaque pas, à chaque poussée et à chaque coup de hache qu’il devait effectuer. Il était en sueur. Son cousin était quant à lui intelligent et rusé. Il faisait les plans et donnait les mesures au groupe. Le chef de la bande était un moustachu d’une force surprenante. Ses bottes, trouées étaient couvertes de boue ce qui cachait ses gros orteils. Une salopette, trop petite pour lui, dissimulait à grand peine son ventre. Enfin, dans ce groupe, un apprenti d’une vingtaine d’années, trop frêle pour aider ses amis, avait été engagé uniquement pour son dynamisme et son optimisme. Mais, découragé, à cause du mauvais temps et de la boue collée à ses chaussures, il s’était assis sur le dernier tronc qu’il restait à déplacer. Ils avaient pour mission de le mettre dans le fleuve Amazone, qui débouchait à la scierie.

Le chef de la troupe leur cria :

« Allez les gars, venez m’aider, c’est l’ultime combattant de cette bataille qu’il reste à mettre dans le fleuve !! »

Tous accoururent et se placèrent autour du tronc de plus d’un mètre de diamètre. Cet arbre, un grand chêne, à la particularité d’être en bois très dense. Ils commencèrent à pousser mais tous leurs efforts furent vains. La lumière du jour commençait à décliner et la pluie s’abattait toujours plus bruyante et plus forte.

L’apprenti, pris d’une impulsion soudaine, monta sur le madrier et commença à chantonner une mélodie étrange dans une langue que personne ne connaissait. Les bûcherons, découragés se mirent à lui hurler dessus.

« Descends d’là, petit ! Ou j’te renvoie à la scierie à coup de pied au derrière ! » dit l’un d’eux.

Puis nos compères sentirent une énergie nouvelle couler dans leurs veines. Ils réessayèrent avec courage, la masse impressionnante céda. Peu à peu, ils soulevèrent le tronc et, à pas lents, le poussèrent jusque dans le fleuve, aux eaux troubles.

Ils y étaient arrivés ! Comment ? ils n’auraient su l’expliquer mais qu’importe ? Ils avaient réussi !

Tous ensemble, ils se dirigèrent en chantant vers leur village.

écouter le chant du miracle ici

 

 

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