Lectures pour l’été

Baptiste et Louis présentent

Vango

Vango Tome 1  Entre ciel et terre de Timothée de Fombelle

Le mot de l’éditeur

Paris, 1934. Sur le parvis de Notre-Dame, une course-poursuite s’engage entre la police et Vango, 19 ans, qui allait être ordonné prêtre. Vango leur échappe. Il est accusé d’un crime. Vango est plein de mystères. À 3 ans, il a été trouvé avec sa nourrice sur une île, au large de la Sicile. Il y a grandi loin de tout. À dix ans, il a découvert dans une île voisine un couvent secret, il y a vécu. Il est entré au séminaire. Il se sent depuis toujours menacé et, en effet, des espions russes sont à ses trousses. Mais qui est-il ? Dans sa fuite, il croise des personnages forts et inoubliables, comme Eckener, le commandant du Graf Zeppelin, le commissaire Boulard, le père Zephiro. Il y a l’amour de la belle Ethel. Il y a le bruit croissant de la guerre… Vango va découvrir une partie de son histoire, mais demeurent encore bien des mystères.

extraits

Quarante hommes en blanc étaient couchés sur le pavé.
On croyait voir un champ de neige. Les hirondelles frôlaient les corps en sifflant. Ils étaient des milliers à regarder ce spectacle.
Notre dame de Paris étendaient son ombre sur la foule assemblée.
Soudain, tout autour la ville parut se recueillir.
vango avait le front conter la pierre. Il écoutait sa propre respiration. Il pensait à la vie qui l’avait conduit ici. Pour une fois, il n’avait aps peur.
Il pensait à la mer, au vent salé, à quelques voix, quelques visages, aux larmes chaudes de celle qui l’avait élevé.
La pluie tombait maintenant sur le parvis mais Vango n’en savait rien. allongé par terre au milieu de ses compagnons, il ne regardait pas fleurir l’un après l’autre les parapluies.
Vango ne voyait pas la foule des Parisiens réunis, les familles endimanchées, la dévotion des vieilles dames, les enfants qui passaient sous les jambes, les pigeons engourdis, la danse des hirondelles, les badauds debout sur les fiacres, ni les yeux verts, là sur le côté qui ne regardaient que lui…

***

Il regardait la foule, toutes ces histoires sur un quai. Et déjà, il sentait une petite lucarne s’ouvrir en lui. Les gens. Il découvrait les gens. Il connaissait des personnes, il en connaissait quelques-unes, chez lui. […] Mais les gens c’était autre chose. Ceux qu’on ne connait pas. Ces vies qui nous frôlent à toute vitesse comme des poteaux télégraphiques par la vitre du train.

***

Après un long moment, croisant les bras en tenant ses épaules, elle soupira encore. C’était peut-être ce que les livres appelaient la solitude.
Jamais elle n’avait ressenti cela.

***

Des petits miracles accompagnent les grands malheurs.C’est ce qu’il avait toujours pensé.Il suffit d’avoir confiance.

Camille, Enora et Alexandre présentent Tobie Lolness

Tobie

Tobie Lolness, tome 1 : La vie suspendue, Illustrations François Place

éditions  Gallimard Jeunesse, Parution : 13-04-2006

Note de l’éditeur
extraits
Tobie mesurait un millimètre et demi, ce qui n’était pas grand pour son âge. Seul le bout de ses pieds dépassait du trou d’écorce. Il ne bougeait pas. La nuit l’avait recouvert comme un seau d’eau.
Tobie regardait le ciel percé d’étoiles. Pas de nuit plus noire ou plus éclatante que celle qui s’étalait par flaques entre les énormes feuilles rousses.
Quand la lune n’est pas là, les étoiles dansent. Voilà ce qu’il se disait. Il se répétait aussi : «S’il y a un ciel au paradis, il est moins profond, moins émouvant, oui, moins émouvant…»
Tobie se laissait apaiser par tout cela. Allongé, il avait la tête posée sur la mousse. Il sentait le froid des larmes sur ses cheveux, près des oreilles.
Tobie était dans un trou d’écorce noire, une jambe abîmée, des coupures à chaque épaule et les cheveux trempés de sang. Il avait les mains bouillies par le feu des épines, et ne sentait plus le reste de son petit corps endormi de douleur et de fatigue.
Sa vie s’était arrêtée quelques heures plus tôt, et il se demandait ce qu’il faisait encore là. Il se rappelait qu’on lui disait toujours cela quand il fourrait son nez partout : «Encore là, Tobie !» Et aujourd’hui, il se le répétait à lui-même, tout bas : «Encore là ?»
Mais il était bien vivant, conscient de son malheur plus grand que le ciel.
Il fixait ce ciel comme on tient la main de ses parents dans la roule, à la fête des fleurs. Il se disait : «Si je ferme les yeux, je meurs.»
***
C’est la peur qui fait tomber. (…) Quand on vit dans la peur, on tombe à chaque pas. C’est la peur qui nous fait tomber. Maintenant qu’il se savait au-dessus d’un lac, il ne craignait plus de glisser: l’eau amortirait sa chute. Et comme il n’avait plus peur, il ne glissait plus.
***
Il comprit qu’on ne vit pas seulement d’air, d’eau, de chaleur, de lumière, de nourriture et de conscience du temps.
Alors de quoi se plaignait-il encore? De quoi vit-on en plus de tout cela?
On vit des autres.
C’était sa conclusion.
On vit des autres.

0 Responses to “Lectures pour l’été”



  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




juin 2016
L M M J V S D
« Mai   Août »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

%d blogueurs aiment cette page :