Archive pour février 2017

vernissage objets-poème au CDI

petit inventaire

une trousse avec stylo poème, bâton de colle poème, calculette poème, deux fleurs poème, un théâtre poème, chaque personnage dit un poème à l’autre, les éditions Dyslexique, les éditions Unique, des carnets, des secrets qui se déplient, se déroulent, une mini bibliothèque aux mini livres poème, un parchemin qui fleure encore bon le café « J’ai pris des feuilles oubliées dans le hangar et je les ai aspergées« , un serre-poèmes éponge, des pliages, dix œufs poèmes écrits en plein air, un nid à poèmes, la ville des poèmes sans couleurs et sa cabine téléphonique, le bus 666, attention ! on n’en revient pas, une lettre aux poèmes, une maison poème, un litre de poèmes à consommer sans modération, une boîte à mouchoirs, non ! à poèmes,  Victor Hugo le poète plébiscité parmi Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud et Guillaume Apollinaire, Un jour je partirai... souvent repris à haute voix dans la lecture de son texte préféré, des pensées s’envolent alors vers Robin au Mexique pour six mois, il a commencé ce travail avec nous.

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tirage au sort : à trois présenter son projet, dire le poème mis en exergue, dire son texte préféré

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et le buffet : rien ne manquait !

un enfant « c’est qui les monstres dans cette histoire ? »

« (…) je crains bien que ce ne soit quelque voyageur égaré qui cherche l’hospitalité chez nos voisins, et que ceux-ci, au lieu de lui donner un abri et des aliments, ne lancent leurs chiens après lui, comme c’est leur habitude ! »
La cruche miraculeuse (ebook gratuit p 214 et suivantes)
Premier Livre des Merveilles de Nathanaël Hawthorne
Un soir des temps anciens, la vieille Baucis et Philémon, son vieux mari, étaient assis à la porte de leur chaumière, admirant un magnifique coucher de soleil.
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Ils venaient de faire un souper frugal, et se proposaient de respirer l’air pendant une heure ou deux avant d’aller au lit. Leur jardin, leur vache, leurs abeilles, une vigne qui tapissait le pignon de leur petite habitation, et à laquelle pendaient des raisins presque mûrs, tels étaient les sujets de leur entretien.

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Mais les cris sauvages des enfants et les aboiements furieux des chiens des environs commencèrent à les troubler, et devinrent si bruyants qu’ils avaient de la peine à s’entendre l’un l’autre.
 «Femme, dit Philémon en élevant la voix, je crains bien que ce ne soit quelque voyageur égaré qui cherche l’hospitalité chez nos voisins, et que ceux-ci, au lieu de lui donner un abri et des aliments, ne lancent leurs chiens après lui, comme c’est leur habitude !
–Miséricorde ! répliqua Baucis, je voudrais bien les voir ressentir un peu plus de compassion pour leurs semblables ! Et penser qu’ils élèvent leurs enfants dans ces mauvais principes, et sont les premiers à leur dire de jeter des pierres aux
étrangers !

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– Ces enfants-là ne feront jamais rien de bon, ajouta le vieillard en secouant sa tête blanche ; et pour tout dire, femme, je ne serais pas étonné si quelque terrible malheur venait à fondre sur toute la population, à moins qu’elle ne se corrige avant à nous, aussi longtemps que la Providence nous accordera une croûte de pain, nous serons toujours prêts, n’est-ce pas ? à la partager avec tout étranger qui passera par ici.
– Tu as raison, mon mari, dit Baucis ; nous n’y manquerons jamais. »
 Il faut que vous sachiez que ces deux vieilles gens étaient dans la misère, et qu’ils ne gagnaient leur vie que par un travail pénible. Le vieux Philémon piochait son jardin ; Baucis ne quittait pas sa quenouille, faisait un peu de beurre et de fromage avec le lait de sa vache, ou se livrait à quelques travaux dans l’intérieur de la maison. Du pain, du lait et des légumes, quelquefois un peu de miel de leur ruche, et de temps en temps une grappe de raisin, formaient leur seule nourriture. Mais c’était le couple le plus généreux du monde. Ils se seraient bien volontiers privés de dîner, plutôt que de refuser une tranche de pain noir, une tasse de lait ou une cuillerée de miel au voyageur que la fatigue avait arrêté devant leur porte. Pour eux, un pareil hôte revêtait un caractère sacré, et ils croyaient devoir l’entourer de plus de soins qu’ils n’en prenaient d’eux-mêmes.
Leur chaumière était située sur une petite éminence, au pied de laquelle un village se
cachait dans une gorge, large d’un demi-mille environ, qui, au commencement du monde, avait probablement servi de lit à un lac. Les poissons en avaient parcouru les profondeurs
; les roseaux s’étaient multipliés le long des bords.

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Les arbres, les collines, avaient vu leurs images réfléchies dans le miroir transparent d’une surface liquide ; mais, à mesure que les eaux s’étaient retirées, les hommes avaient cultivé le sol, bâti des maisons, et en avaient fait un lieu fertile, qui ne conservait aucune trace de son ancien état. Il en restait seulement un très petit ruisseau, qui serpentait au milieu des habitations. Le lac était desséché depuis une époque immémoriale, et les chênes avaient eu le temps d’y pousser et d’y devenir grands et forts. Ils avaient fini par y périr de vieillesse, et avaient été remplacés par d’autres tout aussi majestueux que les précédents. Il n’y eut jamais de vallée plus belle, de végétation plus luxuriante. Le spectacle seul de l’abondance qui les environnait aurait dû inspirer la bonté et la douceur aux habitants de ce vallon, les disposer à la gratitude envers le Créateur et à la charité vis- à-vis de leurs semblables.
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Cependant, je suis fâché de le dire, la population de ce charmant séjour ne méritait pas
d’habiter des lieux si favorisés du ciel. C’était un peuple égoïste et dur, sans pitié pour les indigents et les malheureux de toute espèce. S’ils entendaient dire que les hommes doivent s’aimer les uns les autres, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de payer la Providence de son amour et de sa sollicitude pour nous, ils ne faisaient que rire avec mépris. Croiriez-vous que ces misérables enseignaient à leurs enfants à n’être pas meilleurs qu’eux-mêmes, et qu’ils applaudissaient aux efforts des petits garçons et des petites filles, en les voyant poursuivre quelque pauvre étranger de leurs cris et lui lancer des pierres ? Ils avaient de gros chiens hargneux, et, chaque fois qu’un voyageur s’aventurait dans la rue, ces affreux chiens étaient lâchés sur lui, jappant, grognant, grinçant les dents, et saisissant au hasard les jambes ou les habits. Il était bientôt tout
déguenillé, avant même d’avoir eu le temps de prendre la fuite. Et quelle horrible chose quand, par exemple, le malheureux était malade, faible, vieux ou infirme ! Aussi, quand il avait fait une fois l’expérience de la méchanceté des habitants et des chiens de cet endroit, il se détournait de son chemin et l’allongeait de plusieurs lieues, afin de ne pas avoir à passer dans cet abominable village.
C’était d’autant plus mal que, chaque fois que des personnes riches traversaient leur pays en voiture, ou suivies de domestiques en brillantes livrées, ces vilaines gens étaient les plus serviles des hommes. Si leurs fils ou leurs filles manquaient d’égards envers ces riches étrangers, ils étaient sûrs de recevoir quelques bons soufflets. Quant aux chiens, si l’un d’eux s’avisait d’aboyer, le maître s’empressait de lui administrer une volée de coups de bâton, et l’attachait dans sa niche sans lui donner à souper.

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Ceci aurait été fort bien, si les villageois n’eussent prouvé, en agissant de cette manière,
qu’ils se préoccupaient vivement de l’argent que l’étranger pouvait avoir dans sa poche, et pas du tout de l’âme humaine qui réside également chez le mendiant et chez le prince.
Maintenant, vous comprenez pourquoi le vieux Philémon s’exprima avec tant d’amertume
en entendant les cris des enfants et les aboiements des chiens. C’était un vacarme confus qui dura assez longtemps et remplit toute la vallée.
« Je n’ai jamais entendu les chiens aboyer si fort ! dit le bon vieillard.
– Ni les enfants crier si rudement !» répondit sa compagne.
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Ils se regardaient l’un l’autre en branlant la tête, et le bruit se rapprochait de plus en plus. Au pied de la petite éminence sur laquelle était située leur chaumière, ils aperçurent deux voyageurs qui marchaient de leur côté. Un peu dans l’éloignement courait une bande de petits mauvais sujets qui perçaient l’air de leurs cris, et jetaient de toutes leurs forces une grêle de pierres aux deux étrangers. Une ou deux fois le plus jeune des deux jeune homme d’une taille élancée et d’un air très vif, se retourna et chassa les chiens avec un bâton qu’il tenait à la main. Son compagnon, d’un extérieur beaucoup plus grave, conservait le plus grand calme, comme s’il eût dédaigné de faire attention aux petits vauriens ou à la meute qu’ils prenaient pour modèle.
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Tous deux étaient vêtus avec une extrême simplicité, et ne faisaient pas l’effet d’avoir assez d’argent pour payer leur gîte et leur souper. Et voilà pourquoi, j’en ai bien peur, les villageois avaient permis à leurs enfants et à leurs chiens de les traiter si grossièrement.
« Viens, ma femme, dit Philémon à Baucis, allons à la rencontre de ces étrangers. À peine
s’ils ont la force de monter la côte, et probablement ils ont faim.
– Va seul au devant d’eux, répliqua Baucis ; pendant ce temps-là, je vais bien vite regarder si nous ne pouvons pas avoir quelque chose pour souper : une bonne tasse de lait avec du pain, ce serait le meilleur moyen de les réconforter.»
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Elle se hâta de rentrer. De son côté, Philémon s’avança, et tendit la main aux voyageurs d’un air si hospitalier, qu’il était inutile de dire les paroles suivantes, qu’il prononça néanmoins du ton le plus cordial :
«Soyez les bienvenus, mes amis, et venez vous reposer chez moi.
– Merci ! répliqua le plus jeune avec une certaine vivacité, malgré son trouble et sa
fatigue ; c’est un accueil tout différent de celui que nous avons reçu là-bas. Comment se fait-il que vous viviez dans un si mauvais voisinage ?
–Ah ! répondit Philémon avec un sourire plein de bonté, la Providence m’a mis ici, je
l’espère, entre autres raisons, pour compenser à votre égard l’inhospitalité de nos voisins.
– Voilà qui est bien parlé, mon vieux père ! s’écria le voyageur en riant ; et, pour ne rien vous dissimuler, cette compensation nous est à peu près indispensable. Ces affreux petits vauriens nous ont jeté des pierres et de la boue, et l’un des chiens a mis en pièces mon manteau, qui était déjà bien assez déchiré : mais je lui ai administré un coup de mon bâton sur le museau, et je pense que vous avez pu l’entendre hurler, même à cette distance

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écrire à partir d’une image : point de vue interne

point-de-vue-interne

Sujet  Ecrivez un texte au passé à la 3ème personne,qui se terminera par la rencontre de la jeune fille au premier plan avec le peintre en contrebas (une réplique, deux maximum à la fin du récit). Vous adopterez le point de vue interne de la jeune fille.

  • Votre récit tient compte de l’image : décor, attitude des personnages.
  • Votre récit respecte le point de vue de la jeune fille au premier plan.
  • Votre récit progresse de manière cohérente.
  • Vous utilisez le discours indirect libre (passages soulignés en vert).
  • Votre personnages est sujet de verbes de perception (la vue mais aussi l’ouïe, l’odorat, etc.
  • Vous pouvez évoquer les pensées, le passé, les projets du personnage.

copie d’élève (1)

Cela lui faisait de la peine de voir ce paysage pour la dernière fois
avant l’été prochain. Elle savait que dès le lendemain elle retournerait à
Paris pour se préparer au lycée.

Au bout de la jetée se trouvait le phare de ses grands-parents. Nous étions le soir et déjà l’avant-veille de la rentrée. Elle prenait son temps pour écouter tous ces sons mélodieux, le chant des mouettes et le bruit des vagues s’écrasant sur le béton. La corne de brume du bateau de pêche et le cri des mouettes lui rappelaient les journées entières
passées en mer, à pêcher avec son grand père. L’air marin qui s’engouffrait  dans ses narines lui procurait une joie sans pareille. La vue du soleil couchant sur la mer l’émerveillait au plus haut point mais l’emplissait surtout de nostalgie.

Elle avait rendez-vous. C’était la raison pour laquelle elle était venue. Pourquoi un rendez-vous après ce qu’il lui avait fait ? Quand elle le vit, elle sentit monter en elle un flot de colère en elle qui prit possession de sa conscience. Elle ne pouvait plus s’empêcher de se rappeler les bons moments qu’ils avaient passés ensemble, et soudain un jour tout bascule, et il lui brisa le cœur.

Comme d’habitude, il était en train de peindre, il n’y avait que cela qui comptait pour lui de toute manière. Mais que lui voulait-il ? quelle audace de lui donner rendez-vous !  Elle descendit ces blocs qu’ils avaient si souvent descendus ensemble et arriva enfin jusqu`à
lui. C’est elle qui engagea la conversation :
– Salut ! qu’est-ce que tu me veux ?
– Que nous nous remettions ensemble, je suis désolé pour ce que j’ai pu te faire par le passé.
Elle sentit monter en elle un flot de souvenirs et d’émotions.

copie d’élève (2)

Quinze minutes plus tôt, elle avait quitté sa maison avec un peu de retard sur son plan à cause de sa mère qui prétextait que le port était mal fréquenté pour l’empêcher d’y aller.

En arrivant sur la jetée, elle observa ce paysage qu’elle ne verrait sûrement plus. Un bateau rentrait au port escorté par une flopée de mouettes qui hurlaient au moindre poisson jeté. Le village était calme. Seule la cloche de l’église résonnait dans l’air limpide. Cinq heures : l’heure prévue du départ.

Elle avança sac à dos à la main, puis descendit les rochers qui la séparaient d’Alfred, son compagnon de fugue. Comme à son habitude, il peignait. En se penchant au-dessus de son épaule, elle découvrit le paysage qu’elle observait cinq minutes auparavant fidèlement représenté : le village juché sur la colline à gauche, le phare fièrement dressé au bout de la jetée et la mer qui se perdait à l’horizon. Quand et comment avait-il acquis une telle maîtrise ? Était-ce une bonne idée de fuguer avec un artiste ?

Elle s’approcha et laissa échapper un  « Magnifique, ton tableau ! »

-Oh ! merci, répondit-il dans un sourire, je ne t’avais pas vue mais puisque tu es là nous pouvons partir.

copie d’élève (3)

Elle courait pour rejoindre ce mystérieux personnage qui avait lancé un caillou emballé de papier journal par la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Elle y séjournait avec son père depuis la veille.

Elle courait, porté par le vent salé, le long d’une longue digue, au bout de laquelle se trouvait un phare noir. Le grand bâtiment gâchait le paysage maritime. Si elle jetait un oeil à droite, elle découvrait une plage de sable sur laquelle se trouvaient de morceaux de blockhaus écrasés par les vagues. Si elle jetait un œil à gauche, la mer continuait autour de la jetée, et une île aux nombreuses habitations se découpait dans l’eau sombre. Elle descendit la pente rocheuse qui donnait accès à la plage. Mais pourquoi diable n’y avait-il pas d’escalier ?

Le cri strident des mouettes bourdonnait à ses oreilles. Les gracieux volatiles étaient occupés à dévaliser un chalutier qui filait lentement vers le large. A la vue de cette scène, elle entreprit de dévorer le sandwich qui se trouvait dans sa besace. Avant de croquer dans le pain, elle observa attentivement la silhouette qu’elle venait de remarquer.

Qui était-ce ? Le mystérieux envoyeur de pierres ? Elle s’approcha et lança timidement un « bonjour » léger. Le garçon, car c’en était un, leva la tête et dit :

– Enfin ! voilà bien trente minutes que je t’attends !

Mais pour qui se prenait-il pour la tutoyer ?

– Je ne parle pas, répondit-elle, aux inconnus qui envoient des cailloux sur les filles.

 

 

 

Margot et et Muriel disent Le soir de Victor Hugo

Saison des semailles. Le soir

de Victor HUGO   (1802-1885)

C’est le moment crépusculaire.
J’admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s’éclaire
La dernière heure du travail.

Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D’un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au loin,
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,
L’ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu’aux étoiles
Le geste auguste du semeur.

récit fantastique : un tableau vivant

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source wikipédia
Artiste  Paul Gauguin
Date  1893
Technique
huile sur toile
Dimensions (H × L)
45 × 38 cm
Localisation
Musée d’Orsay, Paris (France)

Sujet : Fin XIXème siècle. Un jeune peintre sans argent est sur le point d’être expulsé de son logement qui lui sert d’atelier. Dans un bric-à-brac du marché, il tombe en arrêt devant un tableau représentant un portrait. Il I ‘achète pour quelques sous, l’emporte chez lui, le nettoie puis va se coucher. Il n’arrive vas à s’endormir et soudain, un étrange phénomène se produit. Imaginez ce qui se passe. Votre récit sera à la première ou à la troisième personne, rédigé au passé (sujet adapté d’un manuel Hatier, années 2000)

Consignes d’écriture

– Mettez en place le cadre réaliste (atelier).

– Décrivez le tableau. Introduisez les indices qui créent le malaise.

– Imaginez le phénomène fantastique. Créez les circonstances qui favorisent sa survenue (éclairage, recherche du sommeil).

– Introduisez les réactions du personnage (incertitude, trouble, peur, tentatives d’explications).

– Présentez le pouvoir bénéfique ou maléfique du tableau (effets immédiats ou ayant lieu le lendemain).

Suggestions pour vous aider à réussir votre récit :

  • Phrase d’amorce: Le tableau sous le bras, il entra (ou j’entrai) dans l’atelier. Profondément las, il le posa.
  • Description du tableau: De nouveau il s’approcha du portrait: yeux vivants, animés, regard intense, perçant
  • Atelier, éclairage et bruits: tableaux entassés, drapés de tissu, chevalet, pinceaux, désordre ; pièce éclairée par la lune, lueur d’une bougie, reflets rougeâtres (feu) ; bruit imperceptible, craquements, sifflement du vent, silence, tic-tac de pendule.
  • L’étrange: yeux braqués sur lui ; visage quasiment vivant; quelque chose d’étrange; un phénomène mystérieux, incompréhensible, inexplicable, bizarre, singulier, étonnant, anormal, stupéfiant, incroyable, prodigieux.
  • Perception du phénomène et marques d’incertitude: voir distinctement, croire apercevoir, sembler, paraître, avoir l’impression, douter de sa raison, se persuader de l’absurdité d’une telle idée, se demander si, on eût dit, on aurait dit, j’aurais juré, ne pas rêver, effet du délire, vision; Avait-il perdu la raison ? Qu’était-ce donc ?
  • Réactions: frayeur, angoisse, sentir son cœur battre à tout rompre, la chamade, les jambes se dérobaient sous lui, être trempé de sueur, à deux doigts de s’évanouir, au bord de la syncope, tressaillir, être horrifié, pâlir, se mettre à trembler, avoir la chair de poule, avoir les nerfs tendus à l’extrême, la respiration coupée, bouche bée, ne plus avoir de voix, être oppressé, les cheveux se hérissaient sur la tête, médusé par l’angoisse…
un exemple chez Gogol (cité par Le Livre Scolaire 2016)
      Tchartkov est peintre à Saint-Pétersbourg. Il achète un jour un étrange portrait chez un brocanteur. Une nuit, le tableau semble soudainement prendre vie.

     Tchartkov s’approcha encore une fois du portrait pour examiner ces yeux extraordinaires et s’aperçut non sans effroi qu’ils le regardaient. Ce n’était plus là une copie de la nature, mais bien la vie étrange dont aurait pu s’animer le visage d’un cadavre sorti du tombeau. Était-ce un effet de la clarté lunaire, cette messagère du délire qui donne à toutes choses un aspect irréel ? Je ne sais, mais il éprouva un malaise soudain à se trouver seul dans la pièce. Il s’éloigna lentement du portrait, se détourna, s’efforça de ne plus le regarder, mais son œil, impuissant à s’en détacher, louchait sans cesse de ce côté. Finalement, il eut même peur d’arpenter ainsi la pièce : il croyait toujours que quelqu’un allait se mettre à le suivre, et se retournait craintivement. Sans être peureux, il avait les nerfs et l’imagination fort sensibles, et ce soir-là il ne pouvait s’expliquer sa frayeur instinctive. Il s’assit dans un coin, et là encore il eut l’impression qu’un inconnu allait se pencher sur son épaule et le dévisager. Les ronflements de Nikita, qui lui arrivaient de l’antichambre, ne dissipaient point sa terreur. Il quitta craintivement sa place, sans lever les yeux, se dirigea vers son lit et se coucha. À travers les fentes du paravent, il pouvait voir sa chambre éclairée par la lune, ainsi que le portrait accroché bien droit au mur et dont les yeux, toujours fixés sur lui avec une expression de plus en plus effrayante, semblaient décidément ne vouloir regarder rien d’autre que lui. Haletant d’angoisse, il se leva, saisit un drap et, s’approchant du portrait, l’en recouvrit tout entier.

  Quelque peu tranquillisé, il se recoucha et se prit à songer à la pauvreté, au destin misérable des peintres, au chemin semé d’épines qu’ils doivent parcourir sur cette terre ; cependant, à travers une fente du paravent, le portrait attirait toujours invinciblement son regard. Le rayonnement de la lune avivait la blancheur du drap, à travers lequel les terribles yeux semblaient maintenant transparaître. Tchartkov écarquilla les siens, comme pour bien se convaincre qu’il ne rêvait point. Mais non… il voit pour de bon, il voit nettement : le drap a disparu et, dédaignant tout ce qui l’entoure, le portrait entièrement découvert regarde droit vers lui, plonge, oui, c’est le mot exact, plonge au tréfonds de son âme…
Son cœur se glaça. Et soudain il vit le vieillard remuer, s’appuyer des deux mains au cadre, sortir les deux jambes, sauter dans la pièce. La fente ne laissait plus entrevoir que le cadre vide. Un bruit de pas retentit, se rapprocha. Le cœur du pauvre peintre battit violemment. La respiration coupée par l’effroi, il s’attendait à voir le vieillard surgir auprès de lui. Il surgit bientôt en effet, roulant ses grands yeux dans son impassible visage de bronze. Tchartkov voulut crier : il n’avait plus de voix ; il voulut remuer : ses membres ne remuaient point. La bouche bée, le souffle court, il contemplait l’étrange fantôme dont la haute stature se drapait dans son bizarre costume asiatique. Qu’allait-il entreprendre ? […] Il fit un suprême effort pour bouger, poussa un cri et…

février 2017
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