Archive pour avril 2017

Médiathèque André Labarrère : une exposition de Frédérick Mansot avec les 605

Pendant une heure et demie, Frédérick Mansot  nous a présenté son travail dans l’exposition « Le monde tout en tissu de Frédérick Mansot » à la Médiathèque André-Labarrère (salle d’exposition). Il a aussi partagé son expérience du métier d’illustrateur.

Photo 14-04-2017 10 22 31

devant l’affiche de l’exposition

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dialogue/récit : transformer une page de BD en page de roman

premières pages de L’Iliade (tome 1) scénariste Clotilde Bruneau, dessinateur Pierre Taranzano éd° Glénat

Iliade Calchas Achille

ci-dessus extrait de L’Iliade (tome 1) retenu, scénariste Clotilde Bruneau, dessinateur Pierre Taranzano éd° Glénat

-Tu as offensé un dieu majeur, Agamemnon. Apollon lui-même ! Tu as enlevé la belle Chriséis, la fille du grand prêtre d’Apollon et malgré la proposition de son père de t’offrir une fortune, tu refuses de la lui rendre ! Tant qu’elle ne lui sera pas rendue, la peste continuera de décimer notre armée.

-Vieux fou ! Chriséis est mon butin. Elle ne me quittera pas… Je l’ai dûment gagnée !

-Tu parles beaucoup de butin pour quelqu’un qu’on voit si peu sur le champ de bataille !

à partir de copies d’élèves : jusqu’à Vieux fou !

copie 1

     C’était une journée banale au pied des remparts de Troie. Le siège durait depuis plusieurs années déjà. Dans le camp achéen décimé par la maladie, une grande assemblée se préparait sous une tente somptueuse. Agamemnon, le plus illustre des rois achéens, se tenait au centre. Il écoutait le devin Calchas.

     – Tu as offensé un dieu majeur, Agamemnon. Apollon lui-même ! Tu as enlevé la belle Chriséis, la fille du grand prêtre d’Apollon  ! Tant qu’elle ne lui sera pas rendue, la peste continuera de décimer notre armée, tonna-t-il, le regard halluciné.

     – Vieux fou ! hurla Agamemnon en se jetant sur le chétif vieillard.

     Celui-ci, terrorisé, chercha du regard la protection d’Achille, aux pieds agiles. Allongée sur un divan, la belle Chriséis, quant à elle, suivait la scène avec intérêt. Peut-être retrouverait-elle son père tant aimé ? Elle se prenait à y croire.

copie 2

Le siège de Troie s’éternisait. Dans la tente d’Agamemnon, chef de l’armée achéenne, une réunion se préparait. Ses meilleurs guerriers dont Achille aux pieds agiles se pressaient autour de lui. La plus grande effervescence régnait. Le campement bruissait de folles  rumeurs. Le visage fermé et sombre, Agamemnon se leva de son siège et céda la parole au devin Calchas.

     –  Tu as offensé un dieu majeur, Agamemnon, expliqua celui-ci, sans le quitter des yeux. Apollon lui-même ! Tu as enlevé la belle Chriséis, la fille du grand prêtre d’Apollon  ! Tant qu’elle ne lui sera pas rendue, la peste continuera de décimer notre armée.

    Des chuchotements et murmures perplexes accueillirent ces mots. L’atmosphère s’alourdit encore. Agamemnon, l’allure menaçante, se rapprochait du vieux sage. Le silence se fit instantanément.

     -Vieux fou ! cria-t-il en en sortant son épée du fourreau.

     De sa lame, il pointait la gorge du vieil homme. Calchas, apeuré, se réfugia dans les bras d’Achille aux pieds agiles.

Le livre blanc pénitentiaire : une chronique de Jacques Munier pour France Culture

un clic, pour écouter Jacques Munier

Aujourd’hui, la commission mise en place par le ministre de la justice présente son Livre blanc sur l’immobilier pénitentiaire.

Cette commission, présidée par Jean-René Lecerf, président Les Républicains (LR) du conseil départemental du Nord, a fait des propositions pour que les nouvelles prisons ne connaissent pas les tares du système carcéral actuel. Le Monde a pu en prendre connaissance : il s’agit « de réguler les flux d’incarcération afin de respecter strictement les capacités d’accueil des nouveaux établissements et d’accompagner la résorption de la surpopulation dans les établissements existants ». Pas exactement un numerus clausus, mais l’instauration d’une pratique de « concertation avec les magistrats afin de lier l’augmentation de la capacité à une décrue de la densité. Car ce Livre blanc part du constat que « les précédents programmes immobiliers ont échoué à endiguer la surpopulation carcérale ». L’éditorial du quotidien rappelle d’ailleurs que la semaine dernière, la directrice de la maison d’arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, a pris les devants et « a prévenu les magistrats : inutile de lui envoyer des détenus, son établissement, saturé, est dans l’impossibilité physique d’en prendre un seul de plus ». En décembre, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Adeline Hazan, « dénonçait le traitement proprement  » inhumain  » des détenus à la maison d’arrêt de Fresnes (taux d’occupation de 193 %). Climat d’extrême violence, discipline brutale, tension permanente. Et prolifération des rats :  » L’odeur persistante de leur pelage, de leurs excréments et de leurs cadavres s’ajoute à celle des amas d’ordures qui jonchent les pieds des bâtiments.  » Laissons la morale de côté – ajoute l’éditorialiste. Considérons les résultats. Ils sont nuls. L’impact de cette politique d’incarcération sans cesse en augmentation est marginal sur le taux de criminalité. Il est inexistant sur la récidive. » Spécialiste des questions pénitentiaires, Jean-René Lecerf avait cité une formule prêtée à Albert Camus lors de la mise en place, en janvier de la commission du Livre blanc sur l’immobilier pénitentiaire : « une société se juge à l’état de ses prisons ». S’il est vrai qu’il faut construire de nouvelles prisons pour éviter l’engorgement, cela ne peut tenir lieu de politique pénale, car on sait que plus on en construit, plus on les remplit.

Faut-il instaurer un numerus clausus dans les prisons ? La question est controversée

Elle fait l’objet de la page Débats de La Croix. Laurence Blisson, Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, estime qu’il faudrait « moduler les entrées et les sorties de prison » dans le but de « juguler la surpopulation carcérale et respecter, enfin, le principe de l’encellulement individuel ». En différant l’incarcération des condamnés ne présentant pas de profil dangereux, ou en prononçant un aménagement de peine en leur faveur. Et en permettant une libération conditionnelle anticipée aux détenus en fin de peine afin de libérer des places pour les condamnés pour des faits graves. Les juges disposent d’un large éventail de peines de substitution à la prison. Ils n’y ont pas assez recours, « faute de moyens suffisants pour suivre ce public en milieu ouvert ». La mise en place d’un numerus clausus les y inciterait davantage. La magistrate rappelle que la surpopulation « empêche tout travail de fond en direction des détenus et concourt, à sa façon, à la récidive. Incarcérer à tous crins, en faisant fi des conditions de détention, est totalement irresponsable », conclut-elle. Pour Jean-François Forget Secrétaire général du syndicat des personnels pénitentiaires Ufap-Unsa Justice, personnels qui sont en première ligne face au problème de la surpopulation carcérale, le numerus clausus est « une fausse bonne idée », qui reviendrait à « travestir une décision de justice ». Là encore, la question lancinante des moyens s’impose : « la prison a un rôle actif à jouer pour endiguer la récidive – estime à juste titre le syndicaliste. Il faut repenser son rôle, en finir avec l’oisiveté des détenus, les faire tous travailler, les obliger à suivre une formation, faire du temps carcéral un temps vraiment utile » affirme-t-il. Mais quand on sait les listes d’attentes interminables pour la moindre activité, on doute de l’efficacité de la solution. « Observons nos voisins – ajoute Jean-François Forget. Plusieurs pays européens sont confrontés au même problème. Regardez, par exemple, ce qui se fait en Belgique : faute de places, les autorités belges louent des cellules aux prisons néerlandaises qui, elles, se vident… » CQFD

Des prisons néerlandaises désormais aussi aménagées en centres d’accueil des réfugiés

C’est ce que montre l’étonnant article de Philosophie Magazine, « Fermer les prisons pour mieux les rouvrir » de Cédric Enjalbert. Privilégiant les peines alternatives pour les délits les moins graves – qui sont la majorité, la pragmatique justice néerlandaise a fait chuter le nombre des détenus. Et mis les cellules vacantes réaménagées à la disposition des demandeurs d’asile… En France, la prison n’est pas seulement un moyen de dissuader le crime ou d’éloigner les individus dangereux. Comme l’affirme l’éditorial du Monde elle est « l’instrument d’une vengeance de la société. Elle doit faire mal. Par faiblesse, les politiques y consentent. »

Par Jacques Munier

 


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