Archive pour mai 2017

Rimes et jeux de sonorité

En fin de vers, les rimes se distinguent par leur disposition :

– AABB: rimes suivies

– ABAB : rimes croisées

– ABBA: rimes embrassées

• À l’intérieur des vers, les sonorités peuvent être utilisées pour mimer des bruits.
• On peut créer un effet sonore en répétant certaines consonnes : on fait alors une allitération.

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? » (Racine)

On peut également créer une impression en répétant des voyelles à la rime ou à l’intérieur du vers : on fait alors une assonance.

« La colombe roucoule;

écoute, un caillou roule

en le souffle qui coule ou croule

dans le joujou frêle de son cou » (Saint-Pol-Roux)

Ta Katie t’a quitté de Boby Lapointe (paroles et musique)
Ce soir au bar
De la gare
Igor hagard est noir
Il n’arrête guère de boire
Car sa Katia, sa jolie Katia vient de le quitter
Sa Katie l’a quitté
Il a fait chou blanc
Ce grand duc avec ses trucs, ses astuces, ses ruses de Russe blanc
« Ma tactique était toc » dit Igor qui s’endort, ivre mort au comptoir du bar
Un Russe blanc qui est noir
Quel bizarre hasard se marrent
Les fêtards paillards du bar.
Car encore Igor y dort
Mais près d’son oreille
Merveille un réveil vermeil,
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil:Tic tac tic tac
Ta Katie t’a quitté

Tic tac tic tac
Ta Katie t’a quitté
Tic tac tic tac
T’es cocu, qu’attends-tu ?
Cuite-toi, t’es cocu
T’as qu’à, t’as qu’à t’cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta tactique était toc
Ta tactique était toc
Ta Katie t’a quitté
Ote ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu’on t’a tant attaqué
Contre un tacot coté
Quatre écus tout compté
Et quitte ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Tout à côté, des catins décaties taquinaient un cocker
Coquin
Et d’étiques coquettes tout en tricotant caquetaient et
Discutaient et critiquaient
Un comte toqué, qui comptait en tiquant, tout un tas de tickets
De quai.
Quand tout à coup…
Tic tac tic…
Brrrrrr…

« Oh matin quel réveil
Mâtin quel réveille matin »
S’écrie le Russe blanc de peur
« Pour une sonnerie
C’est une belle çonnerie! »

Chanson exercice en forme de Z de Serge Gainsbourg

Zazie
A sa visite au zoo
Zazie suçant son zan
S’amusait d’un vers luisant
D’isidore Isou
Quand zut ! Un vent blizzard
Fusant de son falzar
Voici zigzaguant dans les airs
Zazie et son Blazer

L’oiseau
Des îles est pris au zoom
Par un paparazzi
Zigouilleur visionnaire
De scherzi de Mozart
Drôle de zigoto
Zieuteur du genre blasé
Mateur de photos osées

 Zazie

Sur les vents alizés
S’éclate dans l’azur
Aussi légère que bulle d’Alka Selzer
Elle visionne le zoo
Survolant chimpanzés
Gazelles lézards zébus buses et grizzlis d’Asie

L’oiseau
Des îles est pris au zoom
Par l’autre zèbre, bonne zigue
Zazie le fusillant d’un bisou
Lui fait voir son bazar
Son zip et son Zippo
Fendu de jusqu’à Zo

 à partir du texte suivant

 Un bagnard banal -balafré et basané – balayait le bar de la Baleine en baragouinant dans sa barbe. Un barzoï batifolait avec un bâtard de basset. À la Bastille, un bateleur bâtait un babiroussa ; les badauds, baba, babillaient. Près du bazar, un Bavarois bavardait avec un baladin. La barre du baromètre bascula et badaboum… Pour une balourdise de baderne, ce fut la bagarre. Le bagnard balafra le bateleur, le Bavarois bâtonna le baladin, le barzoï battit le bâtard de basset et les badauds ballottés se barricadèrent…

Quel bataclan !

Composez à votre tour un court texte en utilisant toujours la même syllabe initiale pour les noms, les adjectifs et les  verbes : dé-, cha-, so-, ri-, bu-…

 Voici une liste de mots en dé- que vous pouvez par exemple utiliser :

 déambuler – déballer – le débarquement – un débarras – un débat – débile – un débit – déblayer – déboiser – débonnaire – déborder – déboucher – débraillé débrouiller – un début – la décadence – un décalage – décaler – décamper – un décapsuleur – décéder – décembre – la déception – décevoir – déchaîné – un déchet – déchiqueter – décider – décisif – déclarer – déclencher – décoiffer – un décodage – un décolleté – des décombres – décoratif – découper – une découverte – décousu – un déjeuner – un délégué – démodé – dépité – un départ – déchirer – déclamer – une dérive – délirer – désordonné – un député- détester…

Utilisez  le dictionnaire pour trouver d’autres mots !

textes d’élèves

Un délégué démodé conduit des débats débiles. Il faut se débarrasser de lui. Tout le monde le déteste. Il nous déçoit. Son départ ? un bon débarras.

Honorine

Un damoiseau décoiffé déambulait en décembre. Son air débile mais débonnaire décidèrent la demoiselle au décolleté démodé. Désolée, elle s’approcha d’un pas dansant et déclama des mots doux à ce drôle d’homme qui, dédaigneux, la dégagea déclarant devoir décamper dare-dare à son déjeuner de député. Déchainée, dépitée, elle détesta ce déchet. Débordé, il disparut dans le dédale délirant.

Manon

un chanteur poète Georges Brassens

Georges Brassens – Pourquoi t’as les cheveux blancs ? (1973) un film documentaire de Jean-Marie Périer

 

jouer aux « bouts rimés » avec les 405

IMG_1887.JPGPremières rimes tirées au sort

bouts-rimés voir aussi ici avec un extrait de Ridicule de Patrice Leconte (1996)

trois-proie //parti-ici

Là-bas, le roi chasse sa proie

Dans le lointain il est parti

La ramènera-t-il à Troie

Par les sombres contrées d’ici

Manon

***

Ce soir ils ne sont plus que trois

On sait pourquoi ils sont là

Ce n’est que pour chasser la proie

Mais ce soir elle est partie

Antoine

***

Pleurs à Troie,

La vie est partie,

Les morts sont les proies

Des vautours, ici

Colombe

***

Il ne serait jamais parti

Sa seule et innocente proie

Restait allongée par ici

Sous les yeux furtifs de ces trois

Jade

anges-étranges // miroirs-noirs

Il est étrange

De voir un ange

Dans un miroir

Tristement noir.

Romain

Dans le miroir

On voit des choses étranges

Des formes noires

Peut-être bien un ange

Codrin

Dans le miroir,

Il jette un regard noir,

Aussi vif qu’étrange,

On aurait dit un ange.

Adrien

« On dirait un jeu (et c’en est un) mais tu verras à quel point ta tête pourra se peupler de personnages, histoires, souvenirs en tous genres »

Umberto Eco (5 janvier 1932 – 19 février 2016) est un écrivain italien polygraphe, véritable érudit moderne. Il est connu auprès du grand public pour ses romans (Le Nom de la rose, Le Pendule de Foucault), mais également estimé en tant que linguiste et universitaire. Il est aussi l’auteur de chroniques plus légères souvent rassemblées en recueils.
Dans cette lettre écrite à la demande d’un grand hebdomadaire italien en janvier 2014, Umberto Eco nous régale de son ton familier et sage à la fois. Version moderne de la lettre de Gargantua à son fils pour une éducation humaniste, le texte offre tour à tour des réflexions sur la pornographie, les nouvelles technologies, le cinéma, la mémoire, et l’Histoire. Vaste programme… et véritable plaidoyer pour la culture générale !

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Mon petit-fils chéri,

Je ne voudrais pas que cette lettre de Noël résonne de manière trop moralisatrice et te donne à entendre des conseils sur nos semblables, la patrie, les mondes et d’autres choses de ce genre. Tu ne l’entendrais pas et quand l’heure viendra de la mettre en pratique (toi, adulte, et moi, trépassé) le système des valeurs aura tellement changé que mes recommandations t’apparaîtront probablement datées.

Ainsi voudrais-je m’attarder sur une seule recommandation que tu seras à même de mettre en pratique même maintenant, au moment même où tu navigues sur ton iPad ; je ne commettrais pas l’erreur de te le déconseiller, non parce que j’aurais l’air d’un grand-père radoteur, mais parce que je le fais moi aussi. Tout au plus puis-je te conseiller, si jamais tu tombes sur les centaines de sites pornos qui montrent les rapports sexuels entre deux êtres humains, ou entre un être humain et un animal, dans des milliers de positions, essaie de ne pas croire que le sexe se réduit à ce qui t’en est montré de manière assez monotone, parce qu’il s’agit d’une mise en scène pour te contraindre à ne pas sortir de chez toi et regarder de vraies filles.

Je pars du principe que tu es hétérosexuel, sinon tu adapteras mes recommandations à ton cas précis. Mais regarde les filles, à l’école ou là où tu vas jouer, parce que les vraies filles sont mieux que celles qu’on voit à la télévision, et, un jour, elle te donneront bien plus de satisfaction que celles que tu trouves online. Crois en celui qui a plus d’expérience que toi (et si j’avais regardé le sexe uniquement à travers l’ordinateur, ton père ne serait jamais né, et toi, on ne sait même pas où tu serais, voire tu ne serais même pas là).

Toutefois ce n’est pas de ceci dont je voudrais te parler mais plutôt d’une maladie qui a frappé ta génération et même celle de jeunes gens un peu plus âgés que toi, ceux qui vont peut-être déjà à l’université : la perte de la mémoire.

Il est vrai que si l’on a le désir de savoir qui est Charlemagne ou encore où se trouve Kuala Lumpur, tu n’as qu’à taper sur une touche et Internet te le révèle aussitôt. Fais-le quand cela est utile mais après l’avoir fait, essaie de te rappeler ce que tu as lu pour ne pas être obligé de le chercher une deuxième fois si jamais tu en ressentais un besoin irrésistible, peut-être pour une recherche à l’école. Mais sache que le risque est le suivant : puisque tu crois que ton ordinateur pourra te le dire à n’importe quel moment, tu pourrais perdre le goût de le mémoriser. Ce serait un peu comme si, ayant appris que pour aller de telle rue à une autre, il y a l’autobus ou le métro qui te permettront de te déplacer sans aucune fatigue (ce qui est très commode, et fais-le à chaque fois que tu es pressé), tu penses que tu n’as ainsi plus besoin de marcher. Mais si tu ne marches pas suffisamment, tu deviens une personne à mobilité réduite, comme on appelle aujourd’hui celui qui est obligé à se déplacer avec une chaise roulante. D’accord, je sais que tu fais du sport et que donc tu sais bouger ton corps, mais revenons à ton cerveau.

La mémoire est un muscle comme ceux des jambes, et si tu ne l’exerces pas, il s’atrophie et tu deviens (d’un point de vue mental) handicapé, c’est-à-dire (soyons clair), un idiot. Et, en plus, étant donné que nous risquons tous d’avoir un Alzheimer quand on devient vieux, l’un des moyens pour éviter cet incident déplaisant, c’est d’exercer sans cesse notre mémoire.

Dès lors, voici mon régime. Apprends tous les matins quelques vers, un bref poème ou, comme on m’a appris à mon époque, « La Cavallina storna » ou « Il Sabato del villaggio ». Et peut-être fais une compétition avec tes amis pour voir qui s’en souvient le plus. Si tu n’aimes pas la poésie, fais-le avec les formations de joueurs de football, mais fais attention à ne pas juste connaître qui sont les joueurs de l’équipe de la Roma d’aujourd’hui mais aussi ceux d’autres équipes y compris ceux des équipes d’autrefois (figure-toi que je me souviens de la formation de l’équipe de Turin quand leur avion s’était écrasé à Superga avec tous les joueurs : Bacigalupo, Ballarin, Maroso etc.). Fais des compétitions de mémoire, peut-être à propos de livres que tu as lus (qui était à bord de la Hispaniola à la recherche de l’île au Trésor ? Lord Trelawney, le Capitaine Smollet, le Docteur Livesey, Long John Silver, Jim…). Essaie de savoir si tes amis se souviennent qui étaient les domestiques des Trois Mousquetaires et de D’Artagnan (Grimaud, Bazin, Mousqueton et Planchet)… Et si tu ne voudras pas lire Les Trois Mousquetaires (et tu ne sauras pas ce que tu perdras), fais-le, je ne sais pas, avec d’autres histoires que tu as lues.

On dirait un jeu (et c’en est un) mais tu verras à quel point ta tête pourra se peupler de personnages, histoires, souvenirs en tous genres. Tu te seras demandé pourquoi les ordinateurs s’appelaient autrefois « cerveaux électroniques ». C’est parce qu’ils ont été conçus sur le modèle de ton (de notre) cerveau mais notre cerveau possède plus de connexions que notre ordinateur, c’est une sorte d’ordinateur que tu portes en toi et qui grandit et devient de plus en plus fort avec l’exercice, tandis que l’ordinateur que tu as sur ta table, plus tu l’utilises plus il perd en rapidité et au bout de quelques années tu dois le changer. En revanche ton cerveau peut actuellement durer jusqu’à quatre-vingt-dix ans et à quatre-vingt-dix ans (si tu l’as entretenu dans un exercice continu) il se souviendra de beaucoup plus de choses que celles dont tu te souviens aujourd’hui. Et ceci, gratuitement.

Il y a aussi la mémoire historique, celle qui ne concerne pas les faits de ta vie ou les choses que tu as lues, mais ce qui est arrivé avant que tu ne viennes au monde.

Aujourd’hui si tu vas au cinéma, tu dois entrer à une heure fixe quand le film commence et dès qu’il commence, quelqu’un te prend pour ainsi dire par la main et te dit ce qui se passe. De mon temps, on pouvait entrer au cinéma à n’importe quel moment, je veux dire même à la moitié du spectacle, on arrivait au moment où les choses étaient en train de se dérouler, et on essayait de comprendre ce qui s’était passé avant (puis quand le film recommençait depuis le début, on pouvait constater si on avait tout compris — mis à part que, si le film nous avait plu, on pouvait rester le regarder à nouveau). Voilà la vie est comme le cinéma permanent, un film de mon temps. Nous entrons dans la vie quand beaucoup de choses sont déjà arrivées, depuis des centaines de milliers d’années, et c’est important d’apprendre ce qui s’est passé avant notre naissance, cela sert à mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

Actuellement l’école (au-delà des trois lectures personnelles) devrait t’apprendre à mémoriser ce qui est arrivé avant ta naissance mais visiblement elle ne le fait pas bien parce que beaucoup de sondages montrent que les jeunes d’aujourd’hui, même ceux qui vont à l’université, s’ils sont nés par hasard en 1990, ils ne savent pas (ou peut-être ne veulent pas savoir) ce qui s’était passé en 1980 (et ne parlons pas de ce qui s’est passé il y a cinquante ans). Les sondages nous disent que si on demande à certains qui était Aldo Moro, ils répondent qu’il était le chef des Brigades Rouges — en réalité il a été tué par les Brigades Rouges.

Ne parlons pas des Brigades Rouges. Elles demeurent quelque chose de mystérieux pour beaucoup de monde, et pourtant, elles représentaient le présent d’il y a une trentaine d’années. Je suis né en 1932, dix ans après la prise de pouvoir du fascisme, mais je savais même qui était le premier ministre au moment de la Marche sur Rome (qu’est-ce que c’est ?). Peut-être l’école fasciste me l’avait-elle appris pour m’expliquer à quel point le ministre que les fascistes avaient remplacé était stupide et mauvais (l’inapte à la guerre nommé Facta). D’accord, mais au moins je le savais. Et puis, si l’on met l’école à part, un garçon d’aujourd’hui ne sait pas qui étaient les actrices de cinéma d’il y a vingt ans. Tandis que moi, je savais qui était Francesca Bertini qui jouait dans les films muets vingt ans avant ma naissance, probablement parce que je feuilletais de vieilles revues empilées dans le débarras chez nous. Mais justement, je t’invite à regarder de vieilles revues car c’est un moyen pour apprendre ce qui se passait avant ta naissance.

Mais pourquoi est-il nécessaire de savoir ce qui est arrivé avant ? Parce que très souvent ce qui est arrivé avant t’explique pourquoi certaines choses arrivent aujourd’hui et comme pour les joueurs, c’est un moyen pour enrichir notre mémoire.

Fais bien attention, tu ne pourras pas faire tout ceci uniquement avec des livres et des revues. On peut le faire très bien aussi sur Internet. Qui est à utiliser non seulement pour chatter avec tes amis mais aussi pour chatter (pour ainsi dire) avec l’histoire du monde. Qui étaient les Hittites ? Et les Camisards ? Comment s’appelaient les trois caravelles de Christophe Colomb ? Quand les dinosaures ont-ils disparu ? L’Arche de Noé pouvait-elle avoir un gouvernail ? Comment s’appelait l’ancêtre du bœuf ? Y avait-il plus de tigres il y a cent ans qu’aujourd’hui ? Qu’était l’Empire du Mali ? Et qui en revanche parlait de l’Empire du Mal ? Qui a été le deuxième Pape de l’Histoire ? Quand Mickey a-t-il paru ?

Je pourrais continuer à l’infini et tout serait une belle aventure de recherche. Et tout marquerait la mémoire.

Viendra le jour où tu seras un vieil homme et tu auras le sentiment d’avoir vécu mille vies car ce sera comme si tu avais été présent à la Bataille de Waterloo, avais assisté à l’assassinat de Jules César, et si tu avais été à une très courte distance du lieu où Berthold le Noir, en mélangeant des substances dans un mortier afin de trouver le moyen pour fabriquer de l’or, avait découvert par hasard la poudre à canon et armes à feu, et il a fini par sauter en l’air (et c’est bien pour lui). Tes amis qui n’auront pas cultivé leur mémoire auront juste vécu une seule vie, la leur, qui doit avoir été assez mélancolique et pauvre de grandes émotions.

Cultive donc ta mémoire, et dès demain, apprends par cœur « La Vispa Teresa ».

Umberto Eco

en clôture de l’EPI justice (histoire-géo/français), un journal et un court spectacle

un public attentif et bienveillant

Photo 16-05-2017 09 27 07un programme qui fait la part belle aux réécritures

Distribution

Les animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine

Les animaux parodie  à partir de la réécriture de Gérard William : cette histoire se passerait aujourd’hui dans un collège parmi les élèves…

Le jugement de Salomon -version dramatique

Le jugement de Salomon -version comique

Chasse à l’enfant de Jacques Prévert

Les animaux malades de la Peste de Jean de La Fontaine dit par d’autres élèves

 Accessoires : chacun apporte une sorte de collier sur lequel figure de manière lisible le nom de l’animal tigre, cigale

 Penser aussi aux déguisements (casquettes), perruques, à un gros poupon, à l’épée, à un petite guitare

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parodie Les Animaux malades de la peste

 Gérard William et les élèves de 405

Mai 2017

Personnages : Le narrateur – La cigale – La cigogne – Le rat (2)- Le renard – Le lion -Le tigre-Le loup – l’âne

Le narrateur Les Animaux malades de la peste :

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

lnventa pour punir les crimes de la terre… ››

La cigale (entrant avec une petite guitare) : – Quoi ? il y a une nouvelle catastrophe ? Viiite. ! il faut agir ! Il faut… composer une chanson de solidarité, enregistrer un CD avec toutes les stars de la variété internationale et redistribuer les bénéfices pour lutter contre… contre quoi au fait ?

Le narrateur : – « La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) »

La cigogne (médecin, ton docte) : – Ah ! non permettez, la peste a été éradiquée, ce n’est plus une maladie actuelle…

Les rats : – Quel dommage, nous autres les rats étions les vedettes à l’époque.

Le renard : – On pourrait parler plutôt de moi l… je veux dire, de ma maladie, la rage.

Le narrateur : – Non l pas à c’t’heure ! … Parce que Pasteur… la rage…tout ça, si on commence à parler des bobos de chacun, on va y passer la nuit !

La cigogne : (toujours docte et sentencieuse) – Permettez, la santé est un sujet essentiel ! Rien n’est plus passionnant que les symptômes de la grippe aviaire, le diagnostic de la Pneumonie porcine, l’épizootie de la tremblante du mouton… ou l’encéphalopathie spongiforme bovine…

Le rat 1 (sortant en baillant) 1 – En effet, captivant !

Le renard (même jeu) : – Envoûtant !

Le rat 2 (même jeu) : – Fascinant !

Le narrateur 1 – Vous voyez ? Les bobos des autres, tout le monde s’en fiche ! Je peux continuer… oui ?

La cigale : – Je n’attends que ça… s’il n’est plus question de peste, quel sera le sujet de ma chanson ?

J’avais déjà les rimes :

la peste qui empeste

De Budapest au far-west.

I am the best,

I am modeste !

Le narrateur : – Mais on n’en veut pas de ta chanson, elle est pourrie !

La cigogne : – C’est vrai. A moins qu’elle ne parle de (sourire en coin, clin d’œil au narrateur) la maladie de la carpe.

La cigale  – La carpe ? (inspirée) Ouais, je l’ai. ..

Les métacarpes en écharpes…

Au fait, qu’est-ce qu’elle a la carpe ?

La cigogne et le narrateur (criant en chœur) – ELLE EST MUETTE ! La cigale sort, vexée.

La cigogne : Bien ! (toujours grave) Maintenant que nous sommes tranquilles, si nous parlions un peu de salmonellose ?

Le narrateur :  (se bouchant les oreilles)  NOOOOOOOON !…

La cigogne s‘enfuyant à son tour.

Le narrateur : Ah ! Enfin ! je peux reprendre

Les Animaux malades…

Les Animaux complètement malades !

La cigale (revenant) : – Ouais… ça c’est bon comme début de chanson :

ma-la-de,

complètement ma-la-de,

j”ai trouvé, on va parler de (marquer un temps) la maladie du… Lama !

La cigogne : – La maladie du lama dont le nom scientifique est Lama laria et…

Regard noir du narrateur… la cigale et la cigogne quittent la scène.

La cigale et la cigogne – Bon… bon… ça va.  On se fait Lamal.

Le narrateur  – Je crois qu’on va se la jouer classique Les Animaux malades de la peste.

Le lion (la casquette à l’envers, sa bande entre petit à petit, casquette à l’envers aussi, il déclame)

                                                      « Mes chers amis,

Je crois que le Ciel a permis

Pour nos péchés cette infortune ;

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du céleste courroux,

Peut-être il obtiendra la guérison commune. »

Au narrateur J’arrive trop tôt ?

Le narrateur : – Un peu trop tôt, oui… mais c’est super, continue…

Le lion (nettement moins poétique) : Ouais, ça commence à chauffer pour nous. Perso, j’ai péta des portables. Fallait que je m’achète de quoi me détendre. J’tais trop tendu. Et aussi j’ai déclenché l’alarme incendie pendant le brevet blanc. (se reprenant, il déclame à nouveau)

Je me sacrifierai donc s’il le faut.

Le renard : – Gros ! Sans dec’ c’est rien ça. C’est toi l’boss de t’façon ! Fais-toi plaiz. C’est des petits ! au pire, à c’tte âge, z’ont pas besoin de phone, c’est mauvais pour leur cerveau !

Le tigre : (ironique)-  Oh !  le thug !!!  Appelez les hendeks. Moi, pas grand-chose non plus, j’ai juste un peu hacké le site du collège.

Le loup : oh ! les gars… ben moi j’ai fumé une clope dans l’bahut, tranquille, rien de plus !

Le renard : Et moi, une peccadille, j’ai juste souvenance qu’en mon jardin passant je me suis initié à faire pousser quelques graines.

L`âne : J’ai… J’ai…falsifié ma fiche sortie (ou ma note sur un contrôle), oublié ma fiche liaison/ de faire signer mon contrôle/ perdu ma carte de cantine (au choix une quelconque peccadille)

Le Lion :- Oui, qu’est-ce que t’as fait l’âne ? Répète un peu.

Le tigre : – Ouais, dis voir, quelle catastrophe à peine avouable as-tu provoquée ?

Le loup : – Ouais, t’as fait quoi d’horrible ?

L’âne : – J’ai falsifié ma fiche sortie.

(Les animaux se regardent l’air interloqués)

Le renard : – Quoi ! Toi ? t’as fait ça ? t’as osé ?

Les autres : Wesh ! t’as pas honte ?

Le Tigre c’est hyper grave !

Le loup Mais trop pas ! Tu…

L’âne : (tentant de se rebeller) oh ! j’suis pas venu ici pour souffrir, ok ?!

Le renard Quoi ? tu te rends pas compte ? à cause de toi, on va se faire virer.

Les autres : Alors, c’est toi qui te fais exclure !

Le narrateur « Haro sur le baudet »

Le tigre: – D’où il sort celui-là ?

Le lion : – C’est le narrateur de notre fable, il est encore branché l7ème  siècle ! (se tournant vers le narrateur) Elle te convient notre version ?

Le narrateur : -Oui… ce n’est pas à proprement parler la version « classique ›› mais la morale est sauve…

Tous : – Hein ?

Le narrateur : – Oui, la morale de la fable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »

L’Enéide de Virgile

barocci_enee

Auteur : Barocci, Federico dit le Baroche (1528-1612)
Œuvre signée.

Datation : 1598   (Œuvre datée)

Source textuelle : Virgile, Énéide, Chant 02 (Récit par Énée de la chute de Troie) v. 705-746

Sujet de l’image : Énéide. Énée et Anchise

Nature de l’image : Peinture sur toile

Lieu de conservation : Rome, Galerie Borghèse

Vénus à la forge de Vulcain

Vénus à la forge de Vulcain
Auteur : Le Nain Louis (1600/1610-1648)
Période :17e siècle
Technique/matière :huile sur toile
Hauteur :1.500 m
Largeur :1.168 m
Localisation :Reims, musée des Beaux-Arts
canvas

Vénus montrant ses armes à Énée Nicolas Poussin (1594-1665) Musée de Beaux-Arts de Rouen

et sur ce blog, une BD

Planche n°1

Planche n°2

Planche n°3

Planche n°4

Planche n°5

Pour en savoir davantage encore voir ici.

un opéralire ici

Les Petits matins par Emilie Chaudet France Culture

Marcher sous la lumière d’une nouvelle aube : « homme et enfant » de Dimitar Dilkoff

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photo de Dimitar Dilkoff

Où il sera question d’un chemin nocturne, d’une route hivernale, d’une nuit claire, et d’une lumière mystérieuse. Mais aussi d’une plongée dans le grand Nord, de l’avenir de la politique, d’Inde et d’Asie Centrale, de « cyber-fragilité » et de voiture de droite ou de gauche.

C’est une nuit qui ne ressemble à aucune autre. Le ciel prend une autre allure. Il s’éclaircit de lui même. L’obscurité n’a pas sa place ici. La lumière suit un chemin tracé, une route droite, et encore longue. La légende est succincte et laisse tout imaginer. Un homme et son fils. C’est l’hiver les arbres sont vides, et de la neige borde cette route nocturne. On ne peut pas être paré pour une si longue route. On ne peut pas trouver à se protéger de ce froid là. De cette épreuve du voyage. Deux silhouettes avancent. Un homme et son fils. On ne verra pas leur visage. L’homme, un grand sac lourd à son dos, pose une main sur le col de son fils, emmitouflé dans un anorak vert. Ils sont éclairés par derrière. Ils ne sont pas seuls. Peut-être y a-t-il hors champs d’autres compagnons de route, une lanterne, un réverbère improbable comme un phare inutile dans ce no man’s land. Peut-être la lune est-elle, comme pour notre nuit à nous, présente, et basse. En tous cas, la lumière les accompagne. Derrière il y a ce ciel bleu monochrome. Un bleu irréel, tout comme la nuit que cet homme et son fils sont en train de traverser. Éveillés, en mouvement, avec ce maigre bagage ils partent, tous les deux. Aucune expression visible sur leur visage noyé dans la nuit. Juste deux corps qui marchent et qui ne semblent pas vouloir se retourner.

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C’est une photo de Dimitar Dilkoff de l’AFP, et on peut la voir au musée des Beaux-Arts de Bruxelles, jusqu’ au 11 juin prochain. Rendre l’invisible visible. Là où des photojournalistes suivent et montrent à quoi peut ressembler un périple dont on ne connaît rien d’un éventuel retour possible. « Une exposition sur la crise migratoire européenne » nous dit on. Avec ces images de gilets de sauvetage comme un cimetière, sur des côtes grecques, avec ces visages qui se demandent si on est bientôt arrivé. Si ce cauchemar, ce chemin d’hiver est bientôt fini. S’il ne fait au contraire que commencer. Faire voir ces visages et des rares moments de joie, des regards déçus, heurtés, des regards qui questionnent le monde qu’ils ont sillonnés. Ici, l’homme et son fils, de Dimitar Dilkoff, restent invisibles. Indifférenciés même. Leur silhouette se mêle l’une à l’autre. Ce ne sont pas leur visage que le photographe rend visible. C’est la nuit bleue qui les enveloppe. C’est cette route enneigée sans début ni fin. C’est l’hiver qu’ils traversent. Dans un lieu qu’on ne peut pas situer pour eux. La force qu’il faut avoir pour quitter la nuit son abri et avancer vers l’inconnu. Vers la mer, vers d’autres frontières que la neige. Vers une nouvelle aube, quitter ce bleu de nuit pour une nouvelle lumière.

 

textes d’élèves :

un enfant

son père

ils sont seuls

sentier

fuite en avant

la guerre derrière soi

espoir

juste un sac à dos

leur  pauvreté

l’hiver          un froid mordant                        un arbre décharné                     une nuit bleutée

la nature est morte

neige       froid

                                                                  le manteau du petit

                                    l’écharpe du père

danger

  pays nouveau

espoir

ils cherchent le bonheur

longue marche

migrant

espoir

Clothilde

C’est la nuit, un enfant marche à côté de son père au clair de lune. La tendre main soutient la tête de l’enfant pour qu’il tienne le coup. Ils viennent sans doute de quitter leur famille, leur école… Il fait froid, les étoiles scintillent dans le froid de l’hiver. Des arbres nus se découpent sur la nuit bleutée. Noirs. Pour tout bagages un sac à dos. Les couleurs sont plutôt sombres mais une faible lueur éclaire le duo. Les phares d’une voiture qui passe sans les voir ? L’impression qu’ils ne s’arrêteront jamais… Où vont-ils ? Combien de temps encore vont-ils marcher ?

Cette image émouvante nous montre le déchirement de villes, de pays, à cause des guerres effroyables ou du climat.

                                                                                                  Joseph

Le ciel bleu semble irréel,
Les arbres nus ont l’air timide,
L’homme marche vers l’inconnu,
Laissant derrière lui l’horreur.
Ce ciel bleu engloutit l’homme et son fils.
Le paysage est froid, glacé.
Ils marchent dans la nuit,
La nuit noire et vagabonde,
Parsemée d’étoiles pleines d’espoir.

Agathe

 

 


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