153 jours en hiver de Xavier-Laurent Petit

copié sur le site Chroniques de la littérature pour la jeunesse

  153 jours en hiver

Un roman de Xavier-Laurent Petit, publié chez Flammarion, en 2004,
dans la collection Castor poche.

  Ryham est chauffeur d’un camion, un Ural, 48 tonnes, huit essieux. Galshan, sa fille rêve de l’accompagner dans l’un de ses longs et parfois dangereux voyages. Mais voici que Daala est enceinte, qu’elle doit rester au repos jusqu’à la naissance du bébé, et que Galshan doit partir vivre cinq mois chez son grand-père Baytar. 153 jours, elle a compté.
Pour Galshan, Baytar est un vieux fou qui vit seul au mileu de ses chevaux et de ses moutons. Son grand-père n’a pas accepté que Ryham se marie avec une enseignante d’anglais, une femme qui ne savait ni traire les bêtes, ni monter à cheval, ni agneler les brebis. Ni que Ryham choisisse de devenir camionneur et ne soit plus berger comme les hommes de la famille l’avaient toujours fait. Et en plus, c’est une fille, Galshan, qui était l’aînée de ce couple !
Baytar habite Tsagüng, loin de la ville. Il est le dernier berger d’un troupeau de trois cent brebis. Au début, il ne semble pas apprécier la présence de sa petite-fille. Heureusement, elle sait et aime monter à cheval, son père le lui a appris. Baytar lui donne Gris-de-Fer.
Au bout de quelques jours arrive l’inspecteur du district scolaire, qui s’inquiète de ne pas avoir vu Dalshan au collège. Baytar refuse de laisser partir sa petite-fille, parce que ce qu’il veut lui apprendre, elle le sait déja. Parce qu’il n’est plus tout jeune, et qu’il veut qu’elle vive ces journées près de lui. Parce que ce qu’il veut lui montrer est tout neuf pour elle.
de fait, Baytar va lui apprendre à faire voler un aigle. Il lui monter d’abord Seigneur Khar, l’aigle qu’elle avait repéré depuis longtemps. Un rapace qui vole si haut qu’il doit voir voir sa mère là-bas, allongée sur son lit. Ce même jour, elle l’appelle Attas, grand-père, ce vieillard qui ne sait pas lire et à qui elle lit quelques pages d’un roman, Le vieil homme et la mer.
Comme c’est l’hiver, les rapaces n’ont plus guère à manger. Baytar le sait, il peut en capturer un pour sa petite-fille, ce sera Kudaj. Seigneur Kudaj. Il apprend à Galshan comment le dresser et s’assurer de sa fidélité.
Mais au soixante et onzième jour, revient l’inspecteur du district scolaire qui veut emmener Galshan. Baytar refuse et informe l’homme que dès le lendemain, le Djout va s’abattre sur la région. Le terrible hiver du Davkar Djout, l’hiver de la Mort Blanche, qui va rendre impossible les déplacements. L’homme qui a écouté la météo ne le croit pas. Il a tort, les anciens savent observer la nature.
Dans la nuit, le vent forcit brusquement. La neige tombe et recouvre tout. La température chute. Commence un hiver d’une extrême rigueur, une terrible épreuve pour les animaux. Un hiver où le vieil homme et la jeune fille vont souffrir et tout risquer.


Baytar dit Notre pays est un pays d’hommes debout. Il aurait pu dire de surhommes, tellement l’hiver est dur pour ces nomades. Si Galshan n’avait pas connu le bonheur auprès de ses parents, aurait-elle pu survivre ? Peut-être, car au fil des journées, s’est installée une tendre complicité avec son grand-père, une toute simple relation d’affection mutuelle qui la rendue plus forte.
A cette petite fille de la ville, son grand-père apprend ce qu’il n’a pu transmettre à son fils, restaurant aussi une relation avec ce fils qui l’avait déçu. Dans les moments les plus difficiles, alors qu’il est guetté par la mort, elle reste à ses côtés, parce qu’elle a acquis suffisamment d’autonomie pour ne pas se sentir complètement en péril, parce qu’elle sait tirer partie du peu des ressources matérielles que le Djout leur a laissé. A ses côtés, elle a gagné en maturité.
Xavier-Laurent Petit laisse entendre à son lecteur que la liberté, la maturité, la sagesse même, ne se conquièrent pas sans combat, sans courage et détermination.
Il nous entraîne dans une nature simple, dure et cruelle, dans un monde dénué du confort et de la sécurité modernes. Avec des phrases courtes et sans laisser aucun répit à son lecteur, il décrit l’hiver de La mort blanche, il nous fait ressentir toute la dureté, l’inhumanité du Djout. Il nous fait éprouver le froid et la peur animale.
On appréciera en outre les superbes descriptions de la nature, le dressage de l’aigle, sa façon de décrire les relations entre les gens (presque tous les jours j’ai rêvé qu’un aigle comme celui-ci m’apportait de tes nouvelles, dit sa mère en voyant Kudaj, l’aigle de Galshan, à la fin de l’histoire).

© Jean TANGUY  22 janvier 2004

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