Archive pour 5 juin 2019

transformer un dialogue de cinéma pour le théâtre, pour le récit

L’Esquive d’Abdellatif Kechiche extrait :

– On avait dit soixante-dix.

– Non, cinquante.

– On a déjà discuté assez longtemps. Je veux soixante-dix.

– J’ai que cinquante. Donne-moi dix. Tu prends soixante ? Elle est belle. Merci.

– Oui, tu peux être contente

pour le théâtre

La scène se déroule dans un atelier de couture. Trois ouvrières penchées sur leur machine.

Scène 1 LE TAILLEUR, LIDIA, KRIMO

LE TAILLEUR – (les mains sur les hanches) On avait dit soixante-dix.

LIDIA – Non, cinquante.

LE TAILLEUR – On a déjà discuté assez longtemps. (tendant la main) Je veux soixante-dix.

LIDIA – J’ai que cinquante. (se tournant vers Krimo) Donne-moi dix. (Krimo obéit) Tu prends soixante ? (le tailleur acquiesce d’un signe de tête). Elle est belle.(tournant dans sa robe)  Merci.

LE TAILLEUR  – (dans un soupir) Oui, tu peux être contente !

Krimo et Lidia quittent le plateau suivis des yeux par le tailleur et les ouvrières.

Ce même dialogue inséré dans un récit (page de roman).

Substituts nominaux : la robe de princesse, son œuvre, son travail, costume de scène, un nouvel achat, sa création

Le tailleur, le responsable de l’atelier, le vieil homme

Lydia, la jeune fille, l’adolescente, sa camarade de classe, la détentrice de la robe

Krimo, le jeune garçon, l’adolescent, notre pauvre Krimo

Le texte

Krimo descendait les escaliers quand il fut interpellé par des éclats de voix s’échappant de chez le tailleur. Par la porte entrouverte, il aperçut Lydia, sa camarade de lycée, éblouissante dans une robe de princesse. Elle marchandait âprement son nouvel achat.

– On avait dit soixante-dix, rappela le tailleur qui se souvenait parfaitement de la discussion précédente.

– Non, cinquante, protesta avec autorité la jeune fille.

Il lui fallait coûte que coûte cette robe pour jouer Lisette dans Le Jeu de L’Amour et du Hasard.

-On a déjà discuté assez longtemps. Je veux soixante-dix, reprit l’homme, bien décidé à ne pas se laisser attendrir.

– J’ai que cinquante, soupira-t-elle.

Heureusement, du coin de l’œil, elle venait d’apercevoir Krimo. Elle pivota vers lui et lança, impérieuse :

– Donne-moi dix.

Le jeune garçon, comme à regret, chercha dans ses poches, sortit un billet et le lui tendit.

-Tu prends soixante ? risqua-t-elle avec un sourire désarmant.

Il acquiesça d’un signe de tête et prit l’argent, d’un air vaincu.

– Elle est belle. Merci ! lui lança-t-elle, radieuse.

         – Oui, tu peux être contente ! assura le vieil homme, fier de sa création.

         Les femmes de l’atelier regardaient Lydia tourner dans sa robe pendant qu’elles travaillaient, penchées sur leurs machines à coudre. Elle ne tarda pas à quitter les lieux avec Krimo, ébloui par sa beauté.


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