Archive pour octobre 2019

pour des sixièmes, suggestions de lecture

vu et copié sur le site du collège Stanislas

des classiques

Les œuvres de Jules Verne

Les chroniques de Narnia (7volumes) de C.S. Lewiss – éd. GallimardsJ/Folio junior.

L’île au trésor de R.L. Stevenson – éd. Castor poche Flammarion – 411p. 5,70 €. Réédition, en version intégrale, de l’œuvre de Stevenson .

Les trois mousquetaires d’A. Dumas – éd Fleurus – 176p. 12.90€ Une belle adaptation pour de jeunes lecteurs. Et bien d’autres !…

Romans moins de 100 pages –
Le secret du dernier poilu de C Cuenca – éd oskar – 66 p. 9.95 €

Tous les mercredis, Laura passe l’après-midi chez son arrière-grandpère Eugène. A 109 ans, Pépé Eugène est le dernier des poilus de la première guerre mondiale. Un jour, lors d’une émission télévisée sur le conflit franco-allemand, Pépé Eugène semble reconnaître quelqu’un. Mais, très ému, il refuse tout d’abord de parler… Quel peut-être ce secret ? Ancré dans notre époque contemporaine, ce roman revient sur la première guerre mondiale et plus particulièrement sur la fraternisation entre les lignes ennemies au moment de Noël 1914. L’Allemand que Pépé Eugène a reconnu, un des derniers vétérans comme lui, est le jeune soldat qu’il avait sauvé en 1916. La culpabilité qu’il avait ressentie en fraternisant l’avait obligé à enfouir en lui ce secret. Ce roman, bien écrit, se lit d’une traite en faisant naître chez le lecteur une forte émotion. De nombreux thèmes sont évoqués : le courage, la fraternité, la générosité, les liens intergénérationnels. Un petit dossier historique clôture l’ouvrage.

Mon père soldat de 14-18 de C Malavoy – éd de la Martinière – 55p. 6€

La guerre de 14-18 vue par un enfant de 10 ans : il assiste au départ de son père le 2 août 1914 et ne le voit revenir qu’après l’armistice de 1918. De milieu aisé, il trace avec finesse la vie quotidienne sur fond historique et politique. Un très bon roman qui ne présente aucune difficulté de lecture. Il est parsemé de dessins sobres et figuratifs en ombres chinoises et parcourt quatre ans de guerre dans un récit écrit à la première personne. L’atmosphère de l’époque est bien rendue, les sentiments qui émanent de la mère sont remarquables : mère volonté, courage, tenue physique et morale. Une carte de France avec les villes du nord-est et les lieux des grandes batailles, les grandes dates et un lexique pour les mots suivis d’un astérisque complètent ce roman.

Drapeau noir pour l’empereur de Nathalie Le Cleï – Oskar Jeunesse – 192 pages – 14,95 euros –

Gabriel, jeune pensionnaire bonapartiste du lycée Napoléon, est plongé bien malgré lui, en cette année 1806, dans des aventures rocambolesques où il se trouve pris entre un complot royaliste et la terrible police de Fouché, le sinistre ministre de l’Empereur…Menées à grandes guides, les péripéties s’enchaînent et leur rythme ne faiblit pas ! L’arrière-plan historique est scrupuleusement exact et permet d’aborder, grâce à la trame du roman, la complexité politique d’une période de l’histoire de France qui va de la Révolution à la Restauration. Et ceci, grâce au talent d’une conteuse dont l’imagination captivera même les plus mauvais lecteurs ! Avis d’un lectrice : « Un excellent roman, dont on peut souligner l’objectivité historique et la qualité d’écriture. L’auteur émaille son récit de petites notes qui alimentent avec clarté la culture générale du lecteur sur cette époque. »

L’école perdue de Tahar Ben Jelloum – éd. Gallimard jeunesse – 88p. 4,00 €.

Ce village d’Afrique de l’Ouest, sans eau ni électricité et sans école, semble perdu au milieu de nulle part. Personne ne s’y arrête, si ce n’est par erreur. Pour soigner ses yeux, un jeune garçon du village rejoint son oncle en ville où il entreprend des études pour devenir instituteur. Convaincu que seul le combat contre l’ignorance peut sauver les enfants de son village, il se consacre à leur enseignement. Mais les enfants, employés pour quelques sous dans une fabrique de chaussures et de ballons de foot, commencent à déserter l’école. En mémoire d’Iqbal, figure de la lutte contre l’esclavage moderne assassiné à 12 ans, le jeune instituteur s’emploie à lutter contre l’exploitation de ces enfants. Une lecture d’une grande intensité qui gagne à être guidée, partagée et débattue.

Max et les poissons de S. Adriansen – éd Nathan – 64 p – 5 euros –

Un regard d’enfant sur la rafle du Vel d’Hiv…Max a un poisson rouge ! C’est sa récompense : à l’école, il a reçu un prix d’excellence. Max a aussi une étoile jaune sur la poitrine. Il la trouve jolie, mais ses camarades se moquent de lui et disent qu’elle sent mauvais. Il ne comprend pas pourquoi. Comme il ne comprend pas cette histoire de « rafle » dont parlent ses parents. Ils disent qu’elle aura lieu demain, mais c’est impossible : demain, c’est son anniversaire ! Il sait déjà que sa sœur lui a fait un cadre en pâte à sel et il espère que ses parents lui offriront un second poisson…
Romans de 100 à 200 pages

 Adam et Thomas de A. Appelfeld – éd l’école des loisirs – 150p. 15.00€

Quand la mère d’Adam le conduit dans la forêt, elle promet de venir le chercher le soir même. «Aie confiance, tu connais la forêt et tout ce qu’elle contient», lui dit-elle. Mais comment avoir confiance alors que la guerre se déchaîne, que les rafles se succèdent dans le ghetto et que les enfants juifs sont pourchassés ? Adam retrouve Thomas, un garçon de sa classe que sa mère est également venue cacher. À la nuit tombée, les mères ne sont pas revenues. Les enfants s’organisent et construisent un nid dans un arbre. Ils ignorent encore qu’ils passeront de longs mois ainsi, affrontant la faim, la pluie, la neige et le vent, sans oublier les questions essentielles : qu’est-ce que le courage ? Comment parlent les animaux ? D’où vient la haine ? A quoi sert l’amour ? Un très beau récit autobiographique mis à la portée des enfants qui posent les vraies questions de la vie. Nous ne sommes pas loin du conte philosophique écrit avec simplicité aux chapitres courts et finement illustré. Une très belle lecture !

Le secret du templier de B Heller – éd Flammarion – 107p. 5.2€

Ambiance moyenâgeuse, chevaliers, templiers, disparitions…on est en plein dans le roman historique. Géraud, le personnage principal est un jeune garçon d’une dizaine d’années, plein de courage. Sa sœur jumelle, Madeleine, a disparu. Un chevalier, membre de l’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean, va l’aider et lui permettre de connaître le secret qui entoure sa famille. Géraud et Madeleine sont nés en Espagne. Leur père est un templier. L’intrigue est simple ; l’histoire permet d’évoquer le temps des bûchers, de la peste et des croisades. « Le Secret du templier », c’est un petit éclairage sur le Moyen Age. On y entrevoit les dangers d’une vie à une époque pouvant être à la fois raffinée et brutale, et les sentiments qui animent les villageois comme les seigneurs. Evoquant l’amitié et la tendresse dans les liens familiaux, il séduit par son suspense et par son intrigue bien menée. Sans illustration, ce roman captivera les amateurs du Moyen Age.

Cléopâtre, l’indomptable princesse de Viviane Koenig – éd Belin – 192 pages – 7,90 euros –

Ce roman décrit la jeunesse de Cléopâtre jusqu’à sa rencontre avec Jules César. L’auteur sait faire comprendre au jeune lecteur pourquoi cette fillette précoce, intelligente, ambitieuse et volontaire, saura s’imposer comme reine d’Egypte face à la puissance conquérante de Rome. Avide de s’instruire, lucide, l’enfant courageuse vit avec détermination et fermeté, les émeutes à Alexandrie, la fuite de son père Ptolémée, lâche devant les Romains, l’assassinat de sa soeur aînée et même un temps d’exil dans le désert. Dans un style concis, dynamique, sans fioritures et en courts chapitres, l’auteur tient en haleine son lecteur qui découvre en même temps une page de l’histoire de l’Antiquité. En fin de livre, un dossier documentaire précise la chronologie, le caractère des principaux personnages et décrit brièvement, avec retenue, la suite de la vie d’une forte personnalité qui a marqué l’histoire antique.

Dans les pas de Toutankhamon de P. Nessmann – éd Flammarion – 160p. 5.9€

Récit parallèle de la vie du pharaon Toutankhamon et des fouilles menées par Howard Carter pour le compte de Lord Carnarvon. Avec un dossier documentaire sur l’Egypte ancienne. C’est autant un livre d’aventures qu’un remarquable documentaire. Le livre mélange habilement la fiction, comme le récit de la vie du jeune prince, et la réalité des fouilles, leurs déceptions et le bonheur de la découverte finale.

Passager clandestin de M. Foreman – éd Gallimard jeunesse – 118p. 12.50€

Inspirée d’un fait réel, l’incroyable histoire d’un jeune marin pendant la Première Guerre Mondiale. Au début du siècle, en Angleterre un jeune garçon, Henry Friston, s’engage dans la marine pour vivre son rêve d’aventure et de pays lointains. Enrôlé sur un navire de guerre, il débarque en mai 1915 en Turquie, où se déroule la bataille de Gallipoli. Henry va vivre dix jours d’enfer. Henry est chargé de transporter les blessés du champ de bataille jusqu’au navire. Et c’est là, au milieu des bombardements, qu’il fait la plus improbable des rencontres: celle d’une tortue qu’il baptise Ali Pacha. Embarquée clandestinement sur le navire, elle ne quittera plus le jeune marin. Un bon roman très agréablement illustré par des aquarelles mais avec un texte sans détour ! La réalité de la guerre est bien présente. Mais cet ouvrage se veut aussi être un beau témoignage d’amitié et de courage.

L’épée de Charlemagne de M. Bruyère – Oskar jeunesse, collection Histoire et société – 136p. 8.95€

À la mort de Charlemagne, l’empire d’Occident revint à son fils, Louis Le Pieux. Mais celui-ci, affaibli par un mal inconnu, ne fut bientôt plus capable d’assumer sa lourde tâche. En 833, la situation était tragique. Les fils aînés de l’Empereur le trahissaient et l’empire croulait de toutes parts. C’est alors qu’un moine mystérieux quitta son couvent de Lorraine et prit la route de Bretagne avec une épée sur laquelle est gravé « Charles et paix ». Cette épopée fort bien écrite, et usant d’un vocabulaire choisi, est fondée sur des faits réels mêlés à l’imagination de l’auteur. Une lecture instructive et captivante pour les adeptes de l’histoire de France. Un dossier d’une quinzaine de pages rappelant les faits historiques complètent cette lecture.

Mauvais garçon de M. Morpurgo – éd Gallimard jeunesse – 144p. 8.50€

Le héros et narrateur de ce roman d’aventure naît en 1943, numéro 4 d’une lignée de 6 ! Il n’a jamais connu son père. A l’école, il est mauvais dans toutes les branches, à l’exception de la musique enseignée par la gentille Mademoiselle West. Avec elle, il a l’impression d’être quelqu’un. Mais un jour, sans prévenir, elle quitte l’établissement. La vie de cet adolescent bascule : il devient un vrai voyou. Arrêté, jugé coupable, renié par sa mère, il est placé une année dans une maison de redressement pour jeunes délinquants. C’est l’enfer jusqu’au matin où Monsieur Alfie, responsable des écuries, l’engage comme aide écuyer pour ses Suffolk, des chevaux hors du commun. Ce garçon n’a jamais été aussi heureux que durant ces jours passés à prendre soin de ces animaux… Un livre qui pose les bonnes questions sur la façon de grandir, sur la honte, sur la confiance… Les réponses sont positives mais pas toujours faciles à accepter ! Tout n’est pas rose dans la vie, loin de là… Beau récit dont la lecture mérite d’être accompagnée par un adulte.

Victoria rêve de T de Fombelle – éd Gallimard – 112p. 12.90 €

Pourquoi et comment ces trois Cheyennes ont-ils fait irruption dans la petite ville de Chaise-sur-le-Pont ? Est-ce seulement parce que « Victoria rêve » ? Fiction, rêve, réalité… Les subtils « passages secrets » imaginés par Timothée de Fombelle font passer le lecteur d’un monde à l’autre et lui permettront de retrouver la vieille horloge et bien d’autres secrets : la complicité, l’amitié, la solidarité, la beauté du monde…

Par delà l’horizon L’enfance de Christophe Colomb de A Pouget – éd Casterman junior -167p. 9.95€

À Gênes, en l’an 1460, un garçon d’à peine dix ans ne cesse d’aller et venir entre le quartier des lainiers, où sa famille réside et travaille, et le port de la cité où accostent de nombreux navires en provenance de Sicile. C’est que depuis longtemps déjà, le jeune Cristoforo Colombo nourrit avec obstination un grand rêve : accéder au savoir pour comprendre le monde et surtout prendre la mer pour découvrir ce qui s’y cache peut-être par-delà l’horizon…Mais ces rêves ne sont-ils pas trop grands pour ce petit garçon du peuple ? Une bonne fiction aux héros attachants. L’auteur utilise un vocabulaire riche et grâce à de nombreuses descriptions sur la société de l’époque, promène le lecteur dans une Italie pleine de vie.

Les pilleurs d’église de S Humann – éd Flammarion jeunesse – 160p. 5,5€

Paris, 1575 – Après avoir été dénoncé par l’un de leurs voisins, le frère aîné de Philibert a été arrêté et mis en prison. On l’accuse d’avoir dérobé une châsse ciselée et deux ciboires. Jean est-il réellement l’auteur de ce délit ou victime d’une cabale eu égard à sa religion ? C’est Eloi et sa famille, des catholiques, qui aideront Philibert à y voir plus clair.. Ce roman historique est très bien mené et présente un double intérêt : le lecteur suit une enquête sur un vaste trafic d’orfèvrerie mais il découvre aussi une France où sévissent encore les guerres de religion. Action et émotion sont donc au programme de cette histoire menée tambour battant.

Le pain de la liberté de E Balaert – éd Gulf Stream – 166p 8€ 1786 –

Alix, jeune orpheline de 13 ans, est sous la responsabilité de sa méchante belle-mère. Exaspérée d’avoir tant de bouches inutiles à nourrir, sa marâtre la place comme domestique dans la famille Letournel où elle doit accomplir de rudes tâches tout en subissant de nombreuses humiliations. Indignée et épuisée, elle s’enfuit à Bordeaux avec son frère aîné, Jean. Au travers des yeux de la jeune héroïne, le lecteur découvre la vie quotidienne à Bordeaux à l’aube de la Révolution Française. Très bien rédigé, guidé par le suspense, ce récit évoque également la joie que procurent l’amitié et les liens de fratrie et met en avant de belles valeurs telles que le courage, la liberté, l’honnêteté, la bonté, et la joie de vivre.

Le chemin des collines de JC Noguès – éd Nathan – 170p.

Après Le Faucon déniché et L’enfant de la forêt, Jean-Côme Noguès clôt l’enfance de son héros Martin. Toujours serf sous l’autorité du seigneur Guilhem Arnal, le jeune homme s’éprend de la jolie Guitte, fille d’un homme libre. Comble d’inégalité, ce père devient le nouveau meunier de Soupex, celui qui dirige le tout nouveau moulin à vent construit en haut de la colline. Heureusement, Guilhem, qui a toujours une petite affection pour Martin, nomme ce dernier assistant au moulin. Évidemment, le dégourdi garçon va se rendre indispensable. C’est toujours un plaisir de retrouver ce monde moyenâgeux décrit avec soin, entre nature puissante, rudesse des saisons et des hommes, petites joies pures, et habitudes qui nous laissent pantois. Martin a grandi : à quinze ans, il envisage d’épouser Guitte, qui n’en a pas treize. Le chemin vers ce destin heureux sera semé d’embûches, et cependant curieusement rapide, avec des drames poignants mais circonscrits, toujours servant le jeune héros. En fait, l’intensité du roman n’égale pas celui du Faucon déniché. Un roman junior classique et bien fait.

L’histoire d’Aman de M. Morpurgo – éd Gallimard jeunesse, Folio junior – 155p. 6€

Aman vit avec ses parents et sa grand-mère en Afghanistan. Il n’a connu que la guerre, la terreur imposée par les talibans. La vie dans des grottes (pour se protéger) n’est pas facile, mais tout s’accélère lorsque le père est arrêté, puis la grand-mère tuée d’une mauvaise chute – un policier l’a poussée. Aman, huit ans, et sa mère entament un long périple vers l’Angleterre, où les attend Mir, l’oncle du garçon. Ils se font d’abord voler leur argent et leurs papiers, avant de raccrocher leurs espoirs au sillage d’une jolie chienne de race, Vient ensuite le temps de la protestation, et la fin, ici miraculeusement heureuse. Morpurgo, traitant ici d’un sujet brûlant d’actualité, touche le jeune lecteur dans son quotidien, ou du moins dans ce qu’il peut entendre et voir à travers les médias. Guerres civiles, immigration, intégration, expulsions : le monde peut être horreur mais on peut toujours compter sur le courage (ou l’obstination) et quelques solidarités, veut nous dire l’auteur en un message d’espoir. Et, comme toujours, l’innocent et aimant animal nous indique la voie à suivre… Un récit qui ne laisse pas indifférent dont il serait bon qu’un adulte accompagne le jeune lecteur….

 Fleur de jade de L Sue Park Flammarion – 144p. 9€

Dans la Corée du XVIIe siècle, Fleur de Jade vit enfermée dans le palais paternel, comme toutes les jeunes filles et les femmes de l’aristocratie. Cette existence cloîtrée ne lui pèse pas, au contraire : elle et sa cousine Paulownia s’amusent beaucoup ensemble et ne s’ennuient pas un instant… jusqu’au jour où cette dernière la quitte pour se marier. Jade se sent de plus en plus seule et désœuvrée, malgré les multiples tâches quotidiennes. Bientôt elle n’a plus qu’une idée en tête : rendre visite à sa cousine dans la demeure de son époux. Pour cela, il faut trouver une solution pour s’enfuir du foyer familial, et donc enfreindre les règles… De plus, Jade ne connaît rien du monde extérieur… Osera-t-elle braver l’inconnu pour rejoindre Paulownia ? Cette belle histoire nous plonge dans des traditions ancestrales peu connues de notre monde occidental. L’intrigue s’ancre dans un contexte historico-culturel très précis, la peinture des coutumes et de la vie quotidienne de l’époque se doublant d’un véritable questionnement sur le statut de la femme dans l’aristocratie coréenne. Un beau roman, qui fait à la fois voyager et réfléchir.

De cape et de mots de Flore Vesco – Didier Jeunesse – 192 pages – 14,20 euros –

Promise à la très courte carrière de demoiselle de compagnie d’une reine aussi capricieuse que superficielle, la jeune Serine, diminutif d’un nom vraiment trop long à retenir et prononcer, entend bien durer pour prendre soin du roi en danger mortel. Alors qu’on la croit noyée dans les douves gelées, elle revient sous les traits méconnaissables d’un bouffon insolent, insaisissable, prodigue en charades et jeux de mots qui plongent toute cette cour très sophistiquée dans l’incrédulité, la stupéfaction voire l’effroi. A force de pirouettes, de pièges tendus et de machinations déjouées, Serine ramènera-t-elle dans le royaume un peu de bon sens et d’équité ? Ce sera au charmant assistant du bourreau replié dans les caves sombres du château d’en juger ! Dans un tourbillon de fantaisie et d’humour, Flore Vesco fait passer sous les yeux de son lecteur une multitude d’images et de mots cocasses et savoureux. Intrépide roman burlesque, parfois à la limite du conte, frais et tonique. Pour tous à partir de 12 ans. Prix SaintExupéry roman 2015
Romans de plus de 200 pages 

Peter et le voleur d’ombres de D. Barry et R Pearson – éd Albin Michel jeunesse – 467p. 17€

Aventure, rebondissements, suspense et mystère font de ce roman au style fluide et enlevé, un excellent livre d’action. Toujours aussi attachants, les jeunes héros – Peter, Clochette, Molly Aster…- font preuve d’un grand courage pour aider les Intercepteurs dans leur mission secrète et faire face aux terrifiants personnages d’Ombra et de ses acolytes. Faisant suite à « Peter et la poussière d’étoiles », ce volumineux roman peut se lire indépendamment.

Mimsy Pocket et les enfants sans nom de Jean-Philippe Arrou-Vignod – éd Gallimard Jeunesse – 336 pages – 14,90 € –

Un hiver glacial s’est abattu sur le grand-duché de Sillyrie. Dans la capitale, les enfants des rues disparaissent, enlevés par des hommes-loups. Malgré son agilité de chat et ses talents de voleuse à la tire, la jeune Mimsy Pocket tombe dans un guet-apens. La voilà emmenée avec ses camarades à travers les forêts enneigées vers une destination inconnue. De son côté, son ami Magnus Million chemine en train jusqu’à un monastère haut perché où l’attend une dangereuse mission. Mais des fantômes surgissent bientôt du passé… Minuscule, renversante, imprévisible, qui est vraiment Mimsy Pocket ? De complot en révélations, un récit fantastique où souffle la grande aventure!

La conspiration d’Anubis de Alain Surget – éd Auzou (Virage) – 518 pages – 12.95€ –

Pharaon est en danger ! Un mystérieux complot est en train de se préparer dans l’entourage de Ramsès III. Khéty, le jeune scribe qui a découvert le premier la conspiration va tenter de déjouer les pièges tendus à la famille de Pharaon. Il pourra compter sur l’intelligence et la fougue de Iseth, la fille du juge de la ville. Les malédictions contre le règne de Ramsès s’enchaînent et l’emprise des comploteurs, cachés derrière de mystérieux masques du Dieu funéraire Anubis, est de plus en plus difficile à contrecarrer.

« Les lumières de Paris » de Gwenaële Barussaud – Ed Fleurus – – 320 pages – 13,90 euros – Tome 1 : Pauline, demoiselle des grands magasins : Trouver son chemin dans les rues trépidantes du Paris de 1866, la tâche n’est pas aisée pour ces trois sœurs provinciales qui viennent de perdre leur mère. Ayant en main l’adresse d’une lointaine parente griffonnée sur un bout de papier, seront-elles bien accueillies dans l’obscure taverne où vit cette dernière ? Pauline, l’aînée, s’arme de courage et de patience pour gagner sa vie, guider ses sœurs et leur offrir un avenir. Employée dans un grand magasin qui évoque le Bonheur des Dames de Zola, elle affronte les rivalités féminines et les conditions de travail sévères de l’époque. Attachante, droite et vaillante, elle surmonte les épreuves. Même quand tout semble perdu, rien n’entame sa détermination. Pas d’orgueil chez elle, mais la fierté d’une belle âme. Paris est en mouvement, en croissance. Les trois sœurs
resteront-elles sur le bord de ce chemin d’ascension ? Pauline doit-elle se fier au débrouillard Gaspard ? Il la tire de plus d’un mauvais pas mais que lui veut-il au juste ? Captivant roman très riche à la fois par le style soigné et clair et par un scénario qui tient le lecteur en haleine jusqu’au bout. Charme, émotion, toile de fond historique séduisante et finesse psychologique : un roman exceptionnel.

Tome 2 : Juliette, la mode au bout des doigts : Juliette a le cœur serré en se présentant à l’Elégance Parisienne, ce grand magasin de mode du Second Empire qui ressemble à un palais. Devenue une habile et efficace vendeuse, elle apporte son expérience de fille de canut lyonnais pour faire apprécier aux riches clientes les plus belles soies. Mais c’est son coup de crayon exceptionnel et son œil de styliste qui vont la propulser dans la mode. Une partie de son cœur est resté dans l’atelier des parents sur les pentes de la Croix-Rousse où la misère gagne du terrain. En outre, la promesse échangée avant son départ avec un employé de son père s’en fait retourner celle qui est devenue une demoiselle. Son destin est-il à Lyon ou à Paris où la presse féminine lui tend les bras ? Courageuse, franche et audacieuse, Juliette saura tracer sa route. Quel plaisir de la suivre !Suite de Pauline. Demoiselle des grands magasins que l’on entr’aperçoit dans ce nouveau volet de la série. Peut être lu séparément : autre jeune fille, autre caractère, autre histoire ! Ce qui demeure, c’est le regard plein de finesse de Gwenaële Barussaud sur les caractères de ses personnages et le contexte historique si riche du Second Empire. Style recherché très accessible, parsemé d’argot lyonnais.

Tome 3 : Lucille à l’heure gourmande : Lorsque Lucille Bordier revient à Paris en ce mois de septembre 1868, elle éprouve beaucoup de peine à reconnaître Paris. Partout la ville s’illumine, s’agrandit, se dote d’hôtels luxueux, de magasins superbes, de salles de spectacle… Mais Lucille n’a pas le cœur à se réjouir de ces changements. Une saison passée à Dinard, petite cité balnéaire de la côte d’Emeraude, l’a dépossédée de ses illusions et de ses rêves. Séduite puis abandonné par Charles Singleton, un entrepreneur anglais sans scrupule, Lucille a perdu ses ressources et sa place de domestique. Elle peut heureusement compter sur l’amitié de sa sœur Pauline et sur celle de sa tante Victorine qui tient désormais seule le Café Normand, rue d’Enfer. Mais depuis la mort subite de l’oncle Gaston, le café périclite…C’est alors que Lucille a une idée. Pourquoi ne pas transformer le café en un lieu de réunion pour les femmes, une sorte de salon où l’on pourrait boire du thé, déguster des gourmandises et bavarder sans craindre l’oreille indiscrète des domestiques ? L’idée fait son chemin et bientôt L’heure gourmande ouvre ses portes… Mais en ce siècle pourtant avide de transformations, la naissance d’un « café pour les dames » est plus qu’un changement, c’est une révolution.

La porteuse de mots de Anne Pouget – Casterman – 224 pages – 5,25 euros –

« A l’eau ! A l’eau ! qui veut de ma bonne eau ? » Chaque matin, Pernelle charge sur ses épaules ses seaux d’eau puisée à la fontaine et sillonne les rues de Paris à la rencontre des passants. C’est avec ce petit métier, qu’à 13 ans et demi, elle gagne sa vie et aide ses parents. Cependant elle rêve en secret d’apprendre à lire. Tandis qu’un jeune étudiant italien, Enzo, accepte de lui donner des leçons, des évènements inattendus, tragiques parfois, vont bouleverser la vie de Pernelle et de son frère. Ce roman d’une grande fraîcheur permet de découvrir Paris au Moyen-Age, ses petits métiers, l’activité des bords de Seine, ses universités, ses institutions, notamment la justice avec les prestations comiques d’un avocat spécialiste de procès d’animaux. Le lecteur se laisse conduire jusqu’à Venise, au sein de l’univers de l’imprimerie au moment de l’invention de nouveaux caractères et de nouvelles techniques d’impression en ce début du XVIe siècle. Appuyée sur une documentation historique authentique –certains personnages nommés ont réellement existé-, Anne Pouget livre ici une histoire non seulement plaisante, mais également riche d’informations astucieusement distillées.

L’espion de Richelieu (3 tomes) de Claude Merle – éd. Bayard jeunesse, Collection Estampille – 374 p. – 13,90 euros – Ancelin, jeune soldat, devient l’espion de Richelieu pour sauver sa vie. De missions en missions, il découvre des alliances et trahisons à la cour du roi Louis XIII. Un roman historique qui se dévore !

« La Fleur de Saigon » de S de Mullenheim – Mame – 250p. 13.90€

Tome 1 : Un parfum de complot

Janvier 1933. La vie en Indochine est insouciante pour Anne, la fille d’un amiral en poste à Saïgon. Avec bonheur Anne découvre ce pays et ses traditions. Hélas ! l’ombre des trafiquants d’opium sur la colonie française et ces derniers complotent contre l’amiral et sa fille… Un très bon roman policier que les lectrices prévenues par leurs parents contre les dangers de la drogue, dévoreront avec plaisir.

Tome 2 : L’enfant du Têt

La fête du Têt bat son plein à Saïgon. Anne trouve un panier posé devant la porte de la maison familiale. Elle y découvre un petit nouveau-né. Aucun mot ne l’accompagne, aucune indication ne permet de l’identifier ni de savoir d’où il vient. Contre l’avis de tous, la jeune fille se lance à la recherche de la mère de l’enfant. Dans cette nouvelle aventure, Anne découvre le choix du cœur et la puissance de l’amour. On s’intéresse à la description de certaines coutumes locales. Les travers de la communauté française sont décrits avec humour. L’évocation des sons, des odeurs et des couleurs est puissante et offre un vrai dépaysement. Ce roman captivant convie l’héroïne et la jeune lectrice à une réflexion stimulante sur l’adoption.

Tome 3 Mystères à Angkor :

Dans ce 3e tome, Anne suit son père envoyé en mission non loin des mystérieux temples d’Angkor, menacés par une bande de pilleurs de trésor…

L’éléphant blanc de Charlemagne de M Laporte – éd Flammarion – 224p. 5 €

En l’an 802, Ermold, adolescent, arrive à Aix avec son oncle. Il se lie d’amitié avec Jacob et devient proche de l’éléphant blanc de Charlemagne, Aboul-Abas. Mais celui-ci disparaît, et Agatha, une amie que Jacob pensait avoir perdue, réapparaît. Voici donc ce dernier obligé de raconter son passé à Ermold. Ils partent ensuite tous les deux à la recherche de leur ami pachyderme. L’époque de Charlemagne sert de trame de fond à ce roman. Malgré le contexte ancien, les personnages sont très actuels et, pour notre plus grand plaisir, attachants et exemplaires. Amitié, courage, loyauté, dévouement, sont les ingrédients de ce récit léger et sain, au langage soutenu et précis. Une carte des empires concernés et quelques annotations en bas de page confirment qu’il s’agit d’un roman historique, et même l’épilogue vient appuyer ce classement, emportant au passage les rêves et la magie que le lecteur a pu s’inventer.

Sophie et la princesse des loups de K. Constable – éd Gallimard – 341p. 13.9€

Jeune orpheline, Sophie vit dans un pensionnat anglais où elle s’est liée d’une solide amitié avec la coquette Delphine et la futée Marianne. Elle s’enthousiasme à l’idée de partir en Russie avec les deux filles pour un voyage scolaire. A peine arrivées à Saint-Pétersbourg, les trois élèves sont emmenées loin de la ville, dans la campagne enneigée. Un traîneau les conduit jusqu’au palais d’hiver des Volkonski, une famille de princes ruinée, dont l’emblème protecteur est la figure du loup. Elles rencontrent la dernière princesse, très accueillante, et qui bizarrement ne supporte pas les loups autour de sa demeure. Confiantes, les filles profitent de la forêt, du palais superbe quoique désormais délabré par endroits. La princesse a besoin d’argent, et elle cherche un collier de diamants ayant appartenu à ses ancêtres. Sophie met du temps à comprendre qu’on veut lui faire jouer un rôle, son rôle, dans cette histoire infernale…L’atmosphère est des plus réussies, entre flamboyance fastueuse, vent hurlant avec les loups, et orphelinat désuet (quoique l’action se situe au XXIe siècle. Il y a de la magie (voir les loups semblant se transmettre un serment de fidélité), il y a de l’amitié avec les trois filles se serrant les coudes, il y a de la violence en la personne de la princesse et de son mystérieux « général » découvert à la fin. Et il y a surtout une jeune fille découvrant un passé qu’elle ignorait. Absolument classique, l’intrigue menée avec sens et patience permet à la lectrice de passer un bon moment.

L’invention de Hugo Cabret de B Selznick – éd bayard jeunesse – 530p. 15.90€ Paris, 1931. Depuis la mort de son père, horloger, le jeune Hugo n’a plus que deux occupations : remonter les horloges de la gare – normalement le travail de l’oncle qui l’a recueilli -, et surtout essayer de faire fonctionner son seul héritage, un automate cassé, trouvé dans le grenier d’un musée. Mais le marchand de jouets chez qui il vole des petits mécanismes pour ses réparations lui prend le carnet dans lequel son père avait inscrit toutes les explications. Hugo fait dans le même temps la rencontre d’Isabelle, petite fille passionnée de cinéma, élevée justement par le marchand de jouets. Une histoire tendre et triste, autour d’une part du deuil d’un petit garçon abandonné, solitaire, et d’autre part de la renaissance à l’envie de vivre d’un vieil homme, rien de moins que George Méliès (l’intrigue est évidemment fictive). Il s’agit d’un « roman en mots et en images », et sur près de trois cents illustrations disséminées en double-page, l’image prend littéralement le relais du texte pour faire avancer l’action, composant donc une séquence pleine de sens, en allant souvent du plan d’ensemble au gros plan, et vice-versa. Une initiative unique en littérature de jeunesse.

Le mystérieux cercle Bénedict 4 tomes de T. Lee Stewart – éd Bayard jeunesse – entre 400 et 530p. 15.90€ Mr. Bénédict ne se lasse pas de soumettre de nouvelles énigmes aux enfants surdoués qui constituent le mystérieux Cercle. Ceux-ci vivent toujours sous la menace du redoutable savant, Mr. Curtain, qu’il soupçonne de mettre au point un système de contrôle des esprits. Les enfants n’ont qu’une solution : se serrer les coudes et au fil des aventures, une solide amitié nait entre eux.… Des romans palpitants aux multiples rebondissements pour des lecteurs qui aiment le fantastique !

Dans le tome 4, il s’agit d’un retour en arrière puisqu’est racontée l’enfance de M. Benedict.

 La véritable histoire de Noël de M Leino – éd Michel Lafon – 295p. 14€

Au cœur de la Laponie, le jeune orphelin Nicolas est recueilli par les habitants de son village mais chaque année il devra changer de famille le jour de Noël. Avec une étincelle d’espoir et de joie de vivre, Nicolas décide de se consacrer à sa passion : fabriquer des jouets. Ainsi va-t-il contribuer à raviver l’émerveillement dans cette région glacée ! Le lecteur suit Nicolas tout au long de sa vie, une vie difficile mais empreinte de courage et d’amitié. Un grand classique de la littérature finlandaise, un conte sur l’enfance du Père Noël.

Le mystère de Lucy Lost de M Morpurgo – éd Gallimard Jeunesse – 420p. 15.50€

Mai 1915… Sur une île de l’archipel des Scilly, Alfie et son père Jim découvrent une jeune fille blessée, choquée, dans une maison en ruines sur une minuscule île. Elle n’offre comme indices à ses sauveurs qu’une couverture brodée avec un prénom allemand (que Mary, la mère d’Alfie, cache soigneusement), un ours en peluche, et un prénom répété, Lucy. Le docteur de ce petit coin perdu de pêcheurs et les bons soins de la famille d’Alfie parviennent à sauver la fillette, qui reste cependant muette et très craintive de l’extérieur. Les progrès viendront peu à peu, ou par à-coups. Il faudra un naufrage et l’intervention d’oncle Billy « le fou » pour que la vérité apparaisse au grand jour et que Lucy recouvre la mémoire. Le livre est gros, mais Michael Morpurgo a le temps, et détaille selon son habitude les situations et les sentiments pour les rendre extrêmement vivants. Un excellent roman qui s’adresse à de bons lecteurs ! Attention aux enfants sensibles, l’auteur ne ménage pas le lecteur lors du naufrage du Lusitania ! Cet évènement tragique est décrit par l’héroïne qui nous livre ce qu’elle vit et les sentiments qui en découlent.

La danseuse et le roi de AM Pol – éd Flammarion – 288p. 5.6 €

Anne a 8 ans lorsque son père l’emmène voir, pour la première fois de sa vie, le jeune roi Louis XIV. Suite à cette rencontre dont elle garde un souvenir ébloui, Anne ne rêve plus que de danser pour le roi. Son rêve se réalise 7 ans plus tard, alors que, recueillie par son grand père, elle vit à Orgon dans le sud de la France où le roi est de passage. Séduit par la grâce de la jeune fille, Louis XIV lui offre un diamant qu’elle conserve comme un talisman. Lorsque son grand père veut lui imposer un mariage, Anne décide de s’enfuir à Paris pour mener la vie qu’elle a choisie. Ecrit dans un style qui mêle le patois provençal et quelques expressions de vieux français, ce roman historique, qui relate les aventures de la jeune Anne de Jonchères, se lit avec facilité. Plus que l’intrigue assez classique, c’est le contexte du livre qui est très intéressant. On découvre toute l’ambiguïté de la situation d’une jeune fille qui, d’une part ne peut prétendre à un beau mariage du fait qu’elle est issue d’une «mésalliance» entre un homme de la petite noblesse et une «fille de théâtre», et d’autre part ne peut fréquenter les «donzelles du bourg de condition inférieure à la sienne».

 

Tobie Lolness 1 et Tobie Lolness 2 de Timothée de Fombelle – éd. Gallimard jeunesse – 344p. 16 €.

Un très bel hommage à la vérité, à l’audace et au courage, avec en toile de fond la sauvegarde de la nature.

Le démon des maths de Hans Magnus Enzensberger – éd du Seuil/Métailié – 269 p. –

Pierre déteste les maths, il n’y comprends rien ! Mais une nuit, dans un rêve, il rencontre un petit diable colérique qui prétend lui apprendre les mathématiques ! Encore un cauchemar, pire que les monstres habituels, se dit-il. Pendant douze nuits, le démon l’entraîne dans le monde étrange et passionnant des nombres. Pierre rêve de systèmes numériques de plus en plus incroyables. Les chiffres prennent vie, les maths deviennent fascinantes. Bousculé, houspillé, il apprend à jouer avec le 1, le 10, le 0, les racines carrées, les fractions et soudain, il comprend tout ! Et le lecteur aussi. Avec Pierre, il a envie d’aller plus loin dans cet univers mystérieux enfin accessible. Finalement, ce démon des maths n’a vraiment rien d’un cauchemar…

 Vango de Timothée de Fombelle – Gallimard jeunesse – 370 pages – 17 € (Existe en poche collection Folio junior, 2015. 7,20 euros)

Tome 1 : Entre ciel et terre

Paris, avril 1934 : ils sont quarante hommes en blanc couchés sur le pavé du parvis de Notre-Dame et dans quelques minutes ils se relèveront, prêtres pour l’éternité. La foule est dense et silencieuse. Soudain, l’un des hommes se lève, des policiers en civil se détachent de la foule, sous le regard d’une jeune fille aux lumineux yeux verts, un coup de feu retentit. Et Vango, après avoir ôté son aube blanche et imploré le pardon du cardinal dont la main s’était levée pour bénir les futurs prêtres, s’élance vers le porche de la cathédrale, et entreprend l’ascension de la façade de Notre-Dame. Pourquoi fuit-il, quels sont les motifs de ceux qui cherchent sans relâche et par tous les moyens à s’emparer de Vango Romano ? Petit garçon de trois ans à peine, vêtu d’un pyjama de soie bleue, retrouvé sur le plage de Salina, une des îles éoliennes de Sicile, il fut élevé par Mademoiselle, sur les pentes d’un volcan éteint. A cinq ans, il connaît cinq langues et ne parle à personne, à sept ans il escalade les falaises à mains nues, à dix ans, il devient contrebandier au service du monastère invisible de Padre Zefiro, à quatorze ans, il fait le tour du monde à bord du Graf Zeppelin, rencontre Ethel et il devient « l’Oiseau » perpétuellement en fuite, survolant les toits de Paris, en compagnie de la Taupe, dévalant les pentes des volcans des îles éoliennes, proie insaisissable d’un équipage de chasse à courre dans les forêts d’Everland Manor en Ecosse, recherché avec acharnement et pour des raisons bien différentes par le commissaire Boulard, l’agent Boris Antonovitch Petrov, Vlad le tueur, le marchand d’armes Voloï Viktor ou l’étudiant violoniste Andreï… Après le merveilleux « Tobie Lolness », on attend beaucoup de Timothée de Fombelle et il faut bien dire avec joie que ce nouveau roman est magnifique. Impossible d’abandonner Vango dès les premières pages, et le récit est un perpétuel enchantement, un miracle d’imagination, de suspense, de sensibilité, de fantaisie et de gravité à la fois : entre ciel et terre, Timothée de Fombelle choisit une fois encore de parler du joug de la dictature et de la quête de la liberté, comme dans « Tobie Lolness », situant les aventures de Vango dans la période de l’entre-deux guerres, et mêlant évènements historiques et péripéties romanesques avec un immense talent. Accessible pour un bon lecteur dès 12 ans et sans limite d’âge.

Tome 2 : Un prince sans

Traqué sans relâche, Vango recherche désormais à New York celui qui détient le secret de ses origines, et les falaises qu’il escalade avec padre Zefiro sont celles des gratte-ciel de Manhattan. Dans ce jeu de piste qui le conduit de refuge en refuge de New York à Paris, tous les indices et tous les plans tournent à l’avantage de ses poursuivants. Vango est-il condamné à disparaître, à abandonner Mademoiselle, Padre Zefiro, le commandant Eckener, la Taupe et à renoncer à l’amour d’Ethel ? Un mouchoir de soie bleue brodé d’une étoile, d’un « V » majuscule et d’une citation de Pascal : « Combien de royaumes nous ignorent », un foulard rouge sang au cou d’un prospère banquier américain, une fiasque de métal orné d’un ours montrant les dents, une lettre retrouvée en 1917 dans un palais pillé de Petrograd et soigneusement conservée par Staline, une autre lettre postée secrètement d’URSS vers l’île de Salina, une recette de pommes de terre taillées à huit faces comme des diamants… Les pièces du puzzle s’emboîtent dans des années sombres où tant de crimes paraissent impunis : les marchands d’arme et les dictateurs triomphent, leurs sbires se chargent des basses besognes, et le 31 décembre 1942, un dîner de réveillon est organisé au restaurant « A la Belle Etoile », dans Paris occupé, pour fêter la signature d’un fabuleux contrat d’armement. C’est encore une succession de rebondissements, un festival de trouvailles poétiques, fantaisistes et aventureuses : autour de Vango, de multiples personnages terribles, drôles ou attachants, enrichissent la trame d’une histoire sans doute irréaliste, mais qui puise aussi dans les pages noires de l’histoire du siècle dernier et ouvre largement les portes du rêve et de l’imagination dans le cœur du lecteur. A partir de 12 ans et sans limite d’âge !

Les Demoiselles de l’Empire de G. Barussaud – éd Mame – 221 p., 13,90 €

Tome 1 : Héloïse, pensionnaire à la Légion d’honneur, Février 1811. En ce jour d’hiver, la jeune Héloïse Boisseau, 15 ans, franchit la porte de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, fondée en 1805 par Napoléon, très intimidée mais aussi curieuse de l’enseignement qu’elle va y recevoir et des compagnes qu’elle va y rencontrer. Un peu de littérature, de géographie, de musique, autant de catéchisme et beaucoup (trop) de travaux d’aiguille : tel est le programme pour ces jeunes filles. Les sorties sont rares, mais prestigieuses : baptême du Roi de Rome, bal à Saint-Cloud… Un roman historique bourré de références à la vie quotidienne d’une jeune fille sous l’Empire et la Restauration, émaillé d’anecdotes très crédibles sur la vie de l’école. L’atmosphère de l’époque est bien rendu ainsi que l’état d’esprit des partisans ou des détracteurs de l’Empereur. On suit avec plaisir Héloïse qui va grandir et devenir une jeune fille. Une intrigue bien menée nous tient aussi en haleine…

Tome. 2 : Blanche ou la cavalcade héroïque Lorsque Blanche part pour la Prusse, en ce matin de mai 1814, elle a toutes les raisons de se réjouir : elle vient de retrouver son frère et surtout, elle quitte la Légion d’honneur, cette pension pour jeunes filles fondée par Napoléon dans laquelle elle n’a jamais été heureuse. Très vite pourtant, Blanche se heurte à l’hostilité de la société prussienne et à l’indifférence de son frère. Jusqu’au jour où la jeune fille décide de partir seule à la conquête de son destin. Lancée à bride abattue sur des routes semées d’embûches, Blanche traverse une Europe dévastée par les guerres napoléoniennes lorsque surgit soudain un mystérieux Cosaque… Qui est réellement cet homme aussi habile à manier l’ironie que le sabre ? Et pour quelles raisons est-il déterminé à accompagner Blanche jusqu’aux marches de la Bretagne ?

Tome 3 : Léonie et le complot impérial Renvoyée ! Lorsque la Surintendante de la Légion d’Honneur découvre que Léonie s’est échappée de l’école sans autorisation, en ce jour d’hiver 1813, sa sentence est sans appel : la jeune fille doit quitter les lieux. Pourtant cette décision est loin d’abattre Léonie qui rêve d’aventures et de liberté. De la Malmaison au palais de Schönbrunn, sa route va croise celle de la Confrérie du Poignard qui a juré de mettre l’Aiglon sur le trône de France. Séduite par son chef, Léonie participe au complot bonapartiste. Mais peut-elle faire confiance à cet ancien soldat prêt à tout sacrifier pour sa cause ? Et elle, sera-t-elle prête à payer le prix de son engagement pour la restauration de l’Empire ?

Tome 4 : Marie à la lumière de Naples Saint-Denis, 1812. Marie mène une vie heureuse entre les murs de la Légion d’honneur lorsque ses parents la rappellent près d’eux, au royaume de Naples. Au soleil d’Italie, elle découvre les fastes et les fêtes somptueuses d’une cour brillante et en oublie presque son goût pour la peinture… jusqu’à l’arrivée du célèbre peintre Auguste Ingres, accompagné de son jeune et romantique disciple, Léopold de Gallet. Mais, en ce début du XIXe siècle, la peinture peut être un passe-temps pour une jeune fille, certainement pas une passion, encore moins une profession. Emportée par le tumulte de l’Histoire, soumise aux usages de son siècle, Marie parviendra-t-elle à exercer librement son talent ? Et trouvera-t-elle le courage d’imposer sa passion à son entourage ? Une très bonne série pour les jeunes filles qui aiment l’Histoire un peu romancée. Chaque tome peut être lu séparément.

Tome 5 : Madeleine et l’île des oubliés Le père de Madeleine, chirurgien, a suivi Napoléon sur tous les champs de bataille. Lors de la guerre d’Espagne, il est fait prisonnier et envoyé, avec de nombreux soldats français, sur une île déserte au large de Majorque, Cabrera. Sa fille Madeleine, persuadée qu’il est en vie, s’enfuit de la Légion d’Honneur où elle est élève. Avec l’aide d’un jeune homme dévoué, de son professeur de chant et d’un hussard qui doit la vie à son père, elle fait le voyage jusqu’à Cabrera. Retrouvera-t-elle son père ? Pourra-t-elle le sauver et avec lui, tous ses compagnons de misère ? Dans un style élégant, l’auteur introduit avec délicatesse son lecteur dans l’intimité d’une jeune fille du XIXe siècle, chrétienne, vertueuse, parfaitement éduquée et d’un courage au-dessus de la moyenne. La piété filiale, la loyauté, l’amitié généreuse et désintéressée, sont ici exaltées. Un merveilleux moment de dépaysement !

Les Sœurs Espérance : Signé Charlotte, tome 1, de S de Mullenheim éd Mame Edifa 285p. 12 €

Ce roman historique, rédigé sous la forme d’enquête, retrace la vie de deux héroïnes remplies d’idéaux et dont le courage et la force d’engagement sont à la hauteur de leur caractère battant. Très engagé sur un plan religieux, cet ouvrage aborde les notions de tolérance (observation et découverte de la Foi catholique), et d’intolérance (persécution des prêtres durant la Révolution Française). Par ailleurs, la découverte des lettres, les confidences entre amies, les prémices d’un amour naissant ne peuvent que séduire les jeunes lectrices . Où es-tu Elisabeth ?

tome 2 Elisabeth fait l’objet de ce roman. Elle y décrit les conditions de son voyage en mer et son séjour au Canada chez les Iroquois. L’intrigue se met en place par touches délicates et fines, alternant ses lettres écrites de 1792 à 1793 et la vie de ces deux jeunes filles lyonnaises au seuil de leur vie de femme à la fin du XIXe siècle. De nobles sentiments animent les trois personnages féminins : amitiés, confiance, quête de la Foi, premiers émois amoureux, etc. Le vocabulaire est clair et simple pour un ensemble élégant et pudique. La confidente du tsar, tome 3 Dans ce troisième volet, la question du choix d’une vocation religieuse est largement abordé ! Un sujet sérieux qui n’entame pas le plaisir de cette lecture ! Le testament oublié tome 4 Voici le dernier volet tout aussi réussi que les précédents. Le suspense est présent jusqu’au bout !

Les Messagers de l’Alliance de Jean-Michel Touche – éd Mame-Edifa – 13,90 € – Saga en 7 volumes (à lire dans l’ordre) On y fait la connaissance de Nacklas, Caroline et Frédéric, trois collégiens d’aujourd’hui qui ouvrent sans le savoir la porte du temps et se trouvent brusquement plongés dans le passé. Ils vivront des événements riches en suspens, dont le sens profond leur aparaîtra peu à peu. Les quatre premiers romans se déroulent dans ce que l’on appelle « L’Ancien Testament ».

Avec les tomes 5 à 7, les trois amis feront la connaissance de Jésus, le jeune rabbi de Nazareth, qu’ils suivront avec enthousiasme jusqu’à l’accomplissement d’un évenement extraordinaire appelé à changer le monde. Bien que riches en suspens, ces livres restent très fidèles aux Ecritures. A partir du second volume, le lecteur trouve à la fin de chaque livre un extrait du carnet secret de Nacklas, avec la référence dans la Bible des événements racontés dans le livre, une carte pour les situer, et un petit « dictionnaire biblique » dont les articles, mis bout à bout, forment un véritable complément culturel, voire parfois spirituel, à l’usage des parents et éducateurs.

Les messagers du temps d’E Brisou-Pellen – éd Gallimard Jeunesse – entre 150 à 200p. 5,60€

La mission des trois héros, les pouvoirs surnaturels et les qualités humaines dont ils font preuve s’allient pour susciter l’intérêt du lecteur. A chaque tome, l’auteur qui aime voyager dans l’espace comme dans le temps entraîne ses lecteurs dans des mondes passés ou lointains, aussi bien le Moyen Âge, la Bretagne, l’Antiquité, que les Antilles.

Les aventurières du Nouveau Monde de Gwenaële Barussaud – Mame – 224 pages – 13,90 euros –

Tome 1 : Une terre de promesse Le port de la Rochelle n’est plus qu’un petit point à l’horizon. Les trente-six jeunes filles du Roy, dotées par Louis XIV pour aller se marier en Nouvelle France, tournent leur regard vers cette terre inconnue. Elles se préparent à rencontrer les premiers colons et les sauvages tout juste évangélisés par les « robes noires », ces Jésuites courageux qui y laissèrent souvent la vie. Parmi ces jeunes filles, Clotilde, Louise et Apolline, une charmante indienne qui revient de la Cour de France où elle a été « montrée ». Ayant reçu le baptême, elle est heureuse de retrouver sa terre d’origine au service des prêtres missionnaires en tant qu’interprète. Iris, espiègle rousse montée clandestinement à bord, ne laisse aucun regret derrière elle. Marionnettiste et mendiante, elle a tout à découvrir. Sa première rencontre, c’est le Christ à travers le patient enseignement et le témoignage des chrétiens qu’elle côtoie. Au but du voyage, de baptêmes en promesses de mariage, l’immersion dans la vie des pionniers est directe. Le choc de civilisation n’est pas toujours tendre avec les Indiens. Si certains des aventuriers du Nouveau Monde y trouvent une mort brutale, d’autres s’implantent avec cœur et courage sur cette « terre de promesse ». Gwenaële Barussaud décrit avec finesse les aspirations de ces jeunes filles actives et franches, le contexte du Canada au 17e s. et la foi de ces âmes ardentes passée à la flamme du martyre. Le fil de l’action reste tendu jusqu’à la fin.

Tome 2 :Pionnières malgré tout ! Quatre filles du Roy ont traversé l’Atlantique pour peupler la Nouvelle France mais tout ne se déroule pas comme dans un conte de fée. Les Iroquois font payer un lourd tribut aux colons. Les jeunes filles dont le lecteur a fait la connaissance dans Une terre de promesse conservent tout leur courage et une belle amitié. Mais les évènements viennent bousculer leurs vies et leurs rêves.La colonie de Ville-Marie est isolée et on ne sait s’il y a des survivants aux dernières attaques sanglantes des Iroquois. Son fondateur, Monsieur de Maisonneuve, se hâte vers la Cour de France chercher des renforts. N’est-il pas déjà trop tard ? Que vont devenir Clotilde, Iris, Apolline et Louise ? Cette aventure au style recherché et alerte mêle Histoire et romanesque. De très belles personnalités complémentaires aux destins divers.

Chrétiens des catacombes de Sophie De Mullenheim – éd Mame – 208 pages – 13.90 € – Tome 1 : Le Fantôme du Colisée À Rome, sous le règne de Dioclétien, à l’heure des persécutions des chrétiens, trois jeunes Romains enquêtent dans les sous-sols du Colisée. Ils sauvent d’une mort certaine Paulus. Le jeune chrétien a échappé au martyre et convertit peu à peu le cœur de ses bons Samaritains. Ce roman, très bien écrit, offre une vision passionnante de la Rome antique et de la confrontation de deux mondes. Une enquête menée tambour battant, une série palpitante !

Tome 2 : Dans la gueule du lion Titus a obtenu ce qu’il voulait : embarquer à bord d’un navire pour aller chasser des bêtes sauvages que son père fournit à l’empereur pour les jeux du cirque. Maximus, son meilleur ami, accompagné de son esclave Aghilès, fait évidemment partie de l’expédition. Le sommet de leur mission : rapporter à Rome un lion pour l’empereur Dioclétien ! Au même moment, dans une ville d’Afrique du Nord, un groupe de chrétiens se concerte : les fidèles de Rome ont besoin d’un prêtre pour accueillir les croyants, toujours plus nombreux malgré les persécutions, et les baptiser. Un jeune prêtre se propose d’embarquer sur le premier bateau qui se rendra dans la ville éternelle. L’aventure est risquée, il le sait. C’est un peu comme s’il se jetait dans la gueule du lion. Le jour du départ approche. À bord du bateau, les passagers s’observent. Certains sont hauts en couleurs et d’autres plus que louches, voire suspects. Face au danger, les caractères des uns et des autres se révèlent…

à partir de deux miniatures, écrire un récit de combat

Réfléchir à l’enjeu du combat : gagner le cœur d’une dame, libérer des opprimés, conquérir la gloire, rendre justice…

source : blog Courelle 2

« Les deux combattants, sans plus tarder, font reculer tous les gens. Tous deux partent au grand galop et, de la longueur de deux brassées, plongent les lances à travers les écus, si fort qu’elles éclatent comme brandons. Les chevaux d’un tel élan s’entreviennnent, front à front, que les deux chevaliers se heurtent poitrine contre poitrine. Les écus se heurtent ensemble et les heaumes, de sorte qu’il semble par le craquement qu’ils font qu’il vient de tonner un grand  coup.

Il ne reste martingale ni sangle, étriers, rênes ni dossières qui ne se rompent, arçons qui ne soient mis en pièces. Ce n’est pas grand honte pour eux si les deux chevaliers tombent à terre, car les harnachements ont cédé. Mais d’un seul bond, tous deux ensemble sont debout et se combattent sans hâbler, plus fièrement  que deux sangliers. Ils ne prennent peine de se défier. De leurs épées d’acier se frappent  à grands coups comme gens qui ont grande haine. »

Chrétien de Troyes, Lancelot le chevalier à la charrette, (Gallimard 2006 , traduction de Jean Pierre Foucher.

aide à l’écriture

des noms de chevaliers : Tristan, Yvain, Thibaud, Lionel, Gauvain, Galaad ou encore Lancelot.

Les interventions du narrateur Voilà donc la façon dont… ; Je dois vous dire comment…; Peu s’en faut qu’il… ; Or, écoutez, seigneurs…; Mais voici que… ; Voilà donc comment…

L’armement du chevalier

Les armes offensives et défensives : lance, épée, le fourreau de l’épée, écu, haubert, heaume, éperons, la lame, les courroies de l’écu, les mailles du haubert.

Caractérisation de l’armement : brillant, étincelant, rigide, fort, solide…

Les adversaires

Désignations : les combattants, celui qui avait lancé le défi, le malheureux, le vaincu, le vainqueur, ce dernier, le félon, le preux, la créature diabolique, le monstre…

Caractérisation : vaillant, courageux, hardi, heureux, preux, loyal, fidèle, courtois, brave, félon, traître, déloyal, indigne, lâche, couard, poltron…

Les verbes d’action

Les mouvements : se mettre en selle, serrer la sangle de sa selle, s’approcher au trot, enfourcher son destrier, s’élancer, éperonner son cheval, céder du terrain, revenir à l’offensive, s’enfuir à toute bride…

La rencontre physique : heurter, s’affronter, renverser, blesser, désarçonner, frapper du tranchant de l’épée…

L’impact des coups, les hyperboles (exagérations) : rompre, enfoncer, arracher, voler en éclats, transpercer, traverser l’épaule, faire éclater, briser, fracasser, les hauberts se démaillent, les heaumes se cabossent, gémir d’angoisse, …tant le coup est violent… si profondément que la cervelle jaillit par la nuque…

trois copies d’élèves

copie 1

Oyez, oyez braves gens de Pau écoutez l’histoire de Gauvain, jeune chevalier admirateur de la somptueuse Isaure aux longs cheveux ondulés et aux yeux pers.

C’était à la saison où les feuilles jaunissent et tourbillonnent dans le vent. Ce jour-là, dans la cour de l’imposant château de Pau, notre valeureux chevalier affronta en combat Galaad le chevalier que tout le monde redoutait. Vous vous demandez sûrement pourquoi s’engager dans un combat qui semblait perdu d’avance.Et bien l’enjeu du combat était la main de la somptueuse Isaure dont était amoureux Gauvain mais que
retenait de force Galaad. Les deux adversaires s’élancèrent l’un contre l’autre comme des lions enragés. Gauvain, avec son armure rouge, asséna des coups si terribles que le haubert de son adversaire se démailla. ll donna lui par la suite un coup au front, Galaad tomba à terre, désarçonné. Gauvain se mit alors en position pour lui donner le coup de
grâce. Mais le vaincu, avec le front perforé d’où jaillissait son sang, cria merci.

Gauvain lui laissa la vie sauve et gagna la main d’lsaure. Elle avait observé toute la scène depuis son donjon, soulagée d’être enfin libre. On n’entendit plus jamais parler de Galaad et l’on se réjouissait d’assister au mariage de Gauvain et Isaure.

copie 2

Ecoutez, nobles seigneurs et dames de la cour, l’histoire du jeune et noble Perceval et de son combat mémorable contre le maléfique Karlos. Perceval, continuant sa quête du Graal arriva dans une petite ville nommée Pau dont les citoyens étaient enfermés dans les cachots du château surplombant la ville. Pour les libérer, Perceval devait vaincre
l’horrible Karlos dans un combat à mort et sans merci. Il était enragé de devoir faire cela car ceci allait à l’encontre de tous les codes de la chevalerie mais il devait le faire pour ce peuple en train de mourir de faim et de froid en cette saison hivernale.

Perceval et Karlos se retrouvèrent dans les grands jardins du château de Pau. Les deux étaient vêtus de leur meilleur équipement, ils enfourchèrent leurs fidèles destriers.
Sans crier gare, Karlos s’élança, vif comme l’éclair. Perceval, bien que pris au dépourvu, fit de même. Lechoc des lances fut si violent que les écus volèrent en éclats et que les deux combattants se retrouvèrent propulsés à terre, loin l’un de l’autre. Le preux chevalier n’eut même pas le temps de se relever qu’il vit le monstrueux Karlos courir à toute vitesse vers lui, son immense épée à la main. Perceval s’était à peine relevé que le seigneur fou lui donna un tel coup au côté que le brave chevalier tomba à terre et que son heaume roula dans un fossé. La douleur lui était insupportable. Vous vous demandez
sûrement comment notre cher Perceval pourrait s’en sortir, eh ! bien figurez-vous, qu’à ce moment, la rage irriguant le moindre de ses muscles, il oublia alors tous les coups subtils qu’on lui avait enseignés. Il se releva en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et asséna un coup à Karlos tel que son haubert fut entièrement démaillée. Le sang coulait à flots. Le seigneur fou tomba à terre, inerte.
Libéré, le peuple acclama son sauveur et le soigna afin qu’il puisse poursuivre sa quête du Graal. Perceval pria dieu pour se faire pardonner ce combat sans merci mais entre nous je pense qu’il a agi comme il le devait. Il n’avait pas le choix.

copie 3

Messires, je vais vous conter l’histoire de Perceval au grand cœur qui aidait les plus
démunis.
Ce jour-là Perceval traversait la ville du seigneur Yvain, quand il entendit un homme hurler. Il s’ avança. L’homme accusait un enfant, qui ne devait pas avoir mangé depuis plusieurs jours, de lui avoir volé sa bourse. Ce qui n’ était pas vrai. Perceval se mit à défendre le garçon, mais l’homme qui se trouvait être un chevalier l’accusait de plus en plus violemment. Notre preux chevalier s’ énerva et dit au chevalier qu’ il l’ attendrait le
lendemain pour le combattre. Le lendemain, il vit son adversaire arriver avec ses soldats La foule était venue les regarder depuis la tour de la ville. Les deux chevaliers s’élancèrent au galop aussi féroces que des lions enragés. Le combat fut terrible : Perceval frappa son adversaire si fort qu’ils en tombèrent tous les deux. Perceval, plus rapide que l’éclair,  prit son épée et la lui enfonça dans la poitrine.
Le chevalier menteur s’ enfuit, blessé et honteux. Perceval rendit son argent au pauvre enfant. La foule le porta en triomphe par les rues de la ville. Voilà comment le jeune et noble Perceval rendit encore une fois justice.


octobre 2019
L M M J V S D
« Sep   Nov »
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

Archives