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La Bible (6) : Abel et Caïn « Suis-je le gardien de mon frère ? »

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cliquer ici (travaux crdp.ac-paris.fr) pour textes et commentaires des images qui suivent

Le sacrifice d’Abel d’Olbenze (Holbein) .
attribué au Monogrammiste de Brunswick (Jans van Amstel?). Paris, Musée du Louvre (Inv. 1980)

Caïn et Abel, LE TITIEN 1490-1576;
église Ste Marie de la Salute, Venise

William Blake, Le Corps d’Abel trouvé par Adam et Eve, vers 1826, Londres, Tate Gallery

Gravure Gustave Doré la Bible Caïn et Abel offrant leur sacrificeGravure Gustave Doré la Bible Meurtre d'Abel

Gravure illustration Gustave Doré
la Bible Ancien Testament
Caïn et Abel offrant leur sacrifice La Genèse

Genèse 4, 1-26 (traduction Louis Segond)

4:1 Adam connut Eve, sa femme ; elle conçut, et enfanta Caïn et elle dit : J`ai formé un homme avec l`aide de l`Éternel.
2 Elle enfanta encore son frère Abel. Abel fut berger, et Caïn fut laboureur.
3 Au bout de quelque temps, Caïn fit à l`Éternel une offrande des fruits de la terre ;
4 et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L`Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ;
5 mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.
6 Et l`Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?
7 Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui.
8 Cependant, Caïn adressa la parole à son frère Abel ; mais, comme ils étaient dans les champs, Caïn se jeta sur son frère Abel, et le tua.
9 L`Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ?
10 Et Dieu dit : Qu`as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu`à moi.
11 Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. 12 Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre.
13 Caïn dit à l`Éternel : Mon châtiment est trop grand pour être supporté.
14 Voici, tu me chasses aujourd`hui de cette terre ; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera.
15 L`Éternel lui dit : Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l`Éternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point.
16 Puis, Caïn s`éloigna de la face de l`Éternel, et habita dans la terre de Nod, à l`orient d`Éden.
17 Caïn connut sa femme ; elle conçut, et enfanta Hénoc. Il bâtit ensuite une ville, et il donna à cette ville le nom de son fils Hénoc.

Barbe bleue de Charles Perrault : à vos crayons !

et pour Le château de Barbe bleue de Bela Bartok, festival d’Aix, Pina Bausch, Pierre Boulez, un extrait ici

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à partir d’une légende de la mer de Bernard Clavel, Le requin de Ta’aroa (Tahiti)

         Le requin de Ta’araoa (Tahiti)

dans Légendes de la mer de Bernard Clavel

           Il y avait jadis, vivant près des rivages de l’île, un requin d’une grande beauté. Il s’appelait Irê, et tous les habitants de la côte le connaissaient.  Il venait souvent sur la plage, où l’eau est profonde à peine de quelques pieds,  et se chauffait le dos au soleil en attendant la sortie de l’école.   Dès que les enfants libérés par l’instituteur arrivaient en criant, Irê se mettait à battre des nageoires pour les appeler. Alors, commençaient des jeux qui duraient jusqu’à la nuit. Irê prenait les enfants sur son dos, il fonçait vers le large, bondissait dans les vagues toutes dentelées d’écume, plongeait, remontait, imitait le roulis et le tangage des pirogues… En somme, il connaissait à merveille tous les jeux qui peuvent plaire aux petits des hommes.

Louise-Marie

On prétendait que ce requin était le fils d’un dieu des mers qui avait autrefois épousé une déesse de la terre. Personne ne savait au juste de quel dieu et de quelle déesse il s’agissait, mais on expliquait ainsi la bonté d’Irê et le fait qu’il prît tant de plaisir en compagnie d’enfants nés sur la terre ferme et souvent désireux de mieux connaître la mer.
La vie eût sans doute continué longtemps ainsi, mais les hommes ont le tort de croire trop facilement ce qu’on leur raconte. Or, un jour qu’il était à la pêche assez loin du rivage, Rahute aperçut le requin qui s’en allait tranquillement en direction de l’île. Se mettant debout dans sa pirogue, il lui fit signe de s’approcher et lui demanda:

Emma

« Voudrais-tu me rendre service ?
– Naturellement, dit le requin, je suis là pour ça.
– Figure-toi que j’avais promis à mon fils d’aller le chercher vers le milieu de la journée. Mais le poisson mord bien en ce moment, je ne voudrais pas perdre mon temps.
– C’est bon, fit Irê, ne te dérange pas, j’en ai pour cinq minutes. »
Et il fila comme une flèche jusqu’à la plage où attendait l’enfant qu’il prit dans sa gueule avec mille précautions pour le porter au pêcheur. Hélas! à peine l’enfant était-il sur la pirogue depuis un quart d’heure, qu’une tornade se leva. Jamais on ne revit ni le pêcheur ni son fils. Seuls quelques débris de l’embarcation furent retrouvés sur la plage.

Océane


Alors, les dieux de la mer et ceux de la terre qui ne pardonnaient pas à Irê d’avoir su, bien mieux qu’eux, gagner l’amitié des hommes, estimèrent que l’occasion était belle de lui jouer un vilain tour. Ils firent donc courir le bruit que le fils du pêcheur n’était pas mort dans la tempête, mais avait été dévoré par le requin. Comme plusieurs personnes avaient vu Irê gagner le large avec le petit dans sa gueule, on admit trop facilement que l’animal était devenu féroce et on interdit aux enfants de jouer sur la plage. Bien entendu, les enfants furent très malheureux, et ils allèrent trouver deux frères connus de tous pour leur force, leur adresse et leur courage.
L’aîné s’appelait Tahi-a-ra’i, ce qui veut dire « premier du soleil », et le plus jeune Tahi-a-nu’u, ce qui signifie « premier des multitudes ».
Les deux frères taillèrent dans du bois extrêmement solide deux lances dont ils durcirent encore la pointe au feu. Ainsi armés, ils gagnèrent la plage et attendirent le requin. Ils n’eurent pas à patienter longtemps, car le pauvre Irê, qui était triste de ne plus s’amuser avec les enfants, se figura que ces deux hommes l’appelaient pour jouer. Pourtant, Irê savait ce qu’est une lance, et il comprit tout de suite qu’on en voulait à sa vie. Profitant d’une vague plus forte que les autres, il fonça gueule ouverte sur l’aîné des deux frères.

Robin

La lance arriva, qu’il reçut dans la gueule et brisa comme vous feriez d’une brindille sèche. Mais le plus jeune aussi avait tiré, et son trait atteignit le requin tout près du cœur.
La mer devint rouge et Irê se coucha sur le flanc, perdant son sang en abondance.
Les deux garçons se mirent à crier victoire et appelèrent les gens du village pour que chacun emporte sa part de requin.
Mais les dieux de la mer et de la terre qui avaient assisté à la tuerie comprirent qu’ils étaient allés un peu loin. En privant Irê de ses jeux avec les enfants, ils avaient voulu seulement l’éloigner un peu des hommes. Ils l’avaient fait par jalousie, mais ils découvraient là que l’on doit aussi fuir les hommes par prudence.
« Ces animaux à deux pattes sont dangereux, dirent-ils. Ils sont trop prompts à se venger et se figurent toujours qu’on leur veut du mal. C’est là une fameuse leçon, mais tout de même, il n’est pas juste que ce brave Irê en fasse les frais. »

Chloé

Et parce que les dieux n’ont qu’un geste à faire pour que la face du monde soit changée, ils levèrent la main et déclenchèrent un ouragan. Le ciel s’obscurcit soudain, la mer commença par frémir comme une bête en colère, puis un énorme raz de marée déferla qui repoussa les hommes jusqu’au pied des montagnes et projeta Irê très haut dans les airs.
Les nuées enveloppèrent le requin blessé, le bercèrent un moment, cicatrisant sa plaie, et lui rendirent toute sa vigueur avant de le laisser tomber dans la mer, le plus loin possible des terres.
Irê reprit goût à la vie et trouva d’autres compagnons de jeu que les petits des hommes.
Il rencontra aussi une compagne, il eut des enfants et des petits-enfants, mais jamais ses descendants ne tentèrent de partager les jeux de ceux qu’on appelle des humains.

Mariana L.

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Arthur Rimbaud et La Désenchantée…

La Désenchantée  (lien : fiche ciné-club de Caen), Judith Godrèche dans un film de B. Jacquot (1990)

Ma Bohème Arthur Rimbaud (en cliquant sur le lien accès à un site consacré à Arthur Rimbaud)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées;
Mon paletot soudain devenait idéal;
J’allais sous le ciel, Muse, et j’étais ton féal;
Oh! là là! que d’amours splendides j’ai rêvées!

Mon unique culotte avait un large trou.
Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur!

Sensation (lien : un manuscrit d’Arthur Rimbaud)

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud

Mars 1870.

Le dormeur du val dit par Serge Reggiani

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, lèvre bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Arthur Rimbaud

Octobre 1870

Voyelles

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges ;
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Il faut sauver Saïd Brigitte Smadja

Il faut sauver Saïd Brigitte Smadja

 

quatrième de couverture

Saïd a aimé le travail bien fait, la langue française et ses richesses, les dictionnaires, la beauté sous toutes ses formes. Il a aimé être un bon élève. Mais c’était avant. Il y a longtemps. Il y a un an. Avant le collège Camille-Claudel, la foule hurlante de ses mille deux cents élèves, le racket, la fatigue, le mépris et la haine de ceux qui veulent tuer tout ce qui est beau. Au collège, Saïd a changé. Ce n’est pas qu’il ne veut plus réussir et s’en sortir. Il le veut toujours, de toutes ses forces. C’est juste que, des forces, il en a de moins en moins. Tout seul, il sait qu’il n’y arrivera pas. Alors il s’accroche à ce qu’il peut : une sortie à Paris au musée d’Orsay, un tableau qui représente des fleurs blanches sur un fond noir, son ami Antoine qui baigne dans la culture, le caractère d’un prof qui ressemble à l’acteur de Mission impossible… Sauver Saïd de l’échec et du désespoir, est-ce vraiment mission impossible ?

Illustration de couverture : Alan Mets (suivre le lien)

Octobre : le bruit

Dans le hall peint de couleurs vives et sales, les élèves sont agglutinés, une foule hurlante où je ne reconnais presque personne.

Les grands ne se parlent pas entre eux, ils rigolent très fort, ils crient comme si le reste du monde était sourd.

La plupart ne sont pas méchants, mais ils ne savent pas s’exprimer autrement. Certains se lancent des invectives, comme ils le font dans la rue ou en bas des immeubles, et les autres les imitent.

Invectives: paroles ou suite de paroles violentes lancées contre quelqu’un ou quelque chose; injures, insultes.

(…)  Dans les escaliers et les couloirs, c’est pire, ça résonne, les voix, les pas. Personne ne fait rien pour arrêter ça, sauf un pion parfois, qui crie plus fort que les élèves, mais ou bien ils ne l’écoutent pas, ou bien ils se moquent de lui. «Il ne va pas tenir longtemps, celui-là, c’est un nouveau», explique Manu, un ancien de la primaire.
En classe, le bruit devrait s’arrêter, mais, non.

Nadine nous faisait mettre en rang, deux par deux, dans le couloir, et elle nous expliquait qu’entre le couloir et la classe, il y avait une frontière. Quand on franchissait la frontière, on devait respirer un grand coup, elle disait qu’on entrait dans un autre espace. C’est drôle, au début, je la trouvais débile, mais, au bout de quelque temps, j’aimais ça, respirer, franchir la frontière, m’asseoir tranquillement à ma place et l’écouter.

Au collège Camille Claudel,  entre la rue et la grande cour, entre la grande cour et le hall,  entre le hall et le couloir,  entre le couloir et la classe, les frontières sont des passoires,  et il n’y a pas de douaniers. Les élèves entrent en parlant, ils jettent leur cartable sur les tables. Si le prof n’élève pas la voix, ils continuent. Si le prof élève la voix, ils s’arrêtent, à peine une minute, et ils recommencent. Déjà la moitié de mes profs ont abdiqué.

Abdiquer: renoncer à agir, se déclarer vaincu.

(…) À la cantine, le bruit devient plus fort encore, un bazar à faire crever les tympans. Puis il faut reprendre les escaliers, les couloirs et rentrer en classe et je dois faire un effort très grand, assis au premier rang, pour écouter ce que les profs racontent au milieu du tintamarre.

Tintamarre: grand bruit discordant.

Le collège Camille-Claudel, c’est comme chez moi. La télé est toujours allumée, des voix murmurent ou crient, et c’est toujours un film de guerre (p 11 à 18)

Novembre : la vengeance

Il [M. Théophile] est prof d’histoire-géo et, dans ses cours, il n’y a jamais de chahut, pas un son. Il ne met pas d’heures de colle, ni de zéros. Il arrive au bout du couloir et tout le monde se tient à carreau. À cause de ses cheveux blancs très courts, à cause de son costume, de sa cravate, de sa taille, presque deux mètres, et parce qu’il ressemble à l’acteur de Mission impossible.

Avec lui, tout le monde le sait, même Tarek: pas question de ne pas dire bonjour, pas question de parler fort, pas question de ne pas avoir ses affaires, pas question de ne pas faire un contrôle. Il nous mitraille de ses yeux bleus, il nous toise, il ne lâche jamais prise.

Je l’adore. C’est le seul cours où je peux travailler sans avoir à me boucher les oreilles. Le seul cours où je me repose.

Il [Tarek] préfère détruire Mme Beaulieu, parce que c’est une femme, qu’elle n’a même pas vingt-cinq ans, qu’elle est toute petite et (…) parce qu’elle ne ressemble pas à une commissaire de la télé.

En voyant les pneus crevés, M. Théophile a hurlé « Bande de salauds! » et il a montré son poing en direction des arbres. « Bande de lâches ! Quel exemple vous donnez à vos petits frères ? Criminels ! » (p. 29, 30)

Décembre : mon frère Abdelkrim

Au collège, je travaille de moins en moins, sauf avec M. Théophile. J’aimerais bien l’avoir comme prof dans toutes les matières. Il est sévère et il est très drôle parfois, quand on ne s’y attend pas du tout.

Il ne respecte pas le programme. Il dit en feuilletant le livre d’histoire-géo: « Quelle stupidité! »

Il a toujours des cartes muettes autour de lui et le jeu est d’être capable de dire où sont tous les pays.

Il nous a fait construire une frise avec des dates qu’on doit apprendre par cœur. Il a eu cette idée quand Mohammed a dit que le Christ était né en même temps que Louis XIV.

A tous ses cours pendant quelques minutes, on s’entraîne. Se repérer dans l’espace et le temps, c’est son truc à M. Théophile et même ceux qui n’apprennent rien chez eux finissent par savoir. (p33-34)

 (…) J’ai d’autres problèmes, et ça, Mme Beaulieu et M. Théophile ne le savent pas. Ils n’imaginent pas ma vie en dehors des murs en carton de leur classe. »(p 35)

Frissons à Bordères 19-20-21 octobre 2012

frisson ouvre son coeur

Angel Pouyllau, écrivain habitant à Pau, a proposé le début d’histoire suivant pour les 11/13ans :
Johan, je ne le sens pas trop… Sylvia, elle m’énerve… Ludwig, il me fatigue…
M’enfin, il y a bien quelqu’un que j’aime sur cette terre ! Réfléchissons…
Moi, j’aime…
Alys a gagné le second prix avec la nouvelle Elle et moi.

ELLE ET MOI

Johan, je ne le sens pas trop… Sylvia, elle m’énerve, Ludwig, il me fatigue…. M’enfin, il y a bien quelqu’un que j’aime sur cette terre ! Réfléchissons… moi j’aime la lecture, les chats, les BD, ma sœur, qui n’est gentille que quand elle le veut, les bananes, l’été, me coucher tard, le chant, le théâtre … Mais moi, qui m’aime ? MOI

Pauline était perdue dans ses rêveries, quand…

–         Mademoiselle ! Pouvez-vous continuer la lecture, s’il vous plait ?

–         Euh… co… comment ?

M. Delapage, le professeur de français, haussa les sourcils :

–         Eh bien, le poème de Victor Hugo ! Avez-vous écouté ?

–         Euh… oui… oui, oui.

Pauline regarda la poésie et lut un vers en espérant que ce soit le bon.

–         Où flotte une…

–         En plus de ne pas avoir écouté, vous mentez ! coupa M. Delapage, Sylvia, continuez !

–         Bien sûr, minauda-t-elle, « Défaire un empereur que pour en refaire un autre ? »

Pauline la regarda avec dégoût. Jamais, elle ne l’avouerait mais elle était jalouse. Sylvia était très jolie avec ses fossettes et ses taches de rousseur, ses yeux verts pétillaient de malice et ses longs cheveux roux et bouclés lui tombaient sur les épaules. Elle était aussi très gentille, mais ça, Pauline refusait de le reconnaître.

La récréation sonna, elle fut la première à quitter la classe. Elle s’assit près du grand chêne et se mit à lire. Sylvia vint la voir, Pauline lui jeta un regard haineux mais la jeune fille rousse ne se démonta pas, au contraire, elle engagea la conversation. Peu à peu, l’atmosphère se détendit. L’arrivée de Ludwig et des amies de Sylvia coupa court à leur discussion.

–         Sysy, qu’est-ce que tu fais avec cette fille ? demanda Agathe en toisant Pauline d’un air méprisant.

–         Allez, viens Sylvia, dit Ludwig en la prenant par la taille, elle fait trop pitié cette fille !

Alors, Sylvia fit à Pauline un petit sourire triste avant de se laisser entraîner par Ludwig. Au collège, personne n’aimait Pauline ou plutôt, Pauline n’aimait personne au collège. Elle regagna sa classe, le moral à zéro. La journée se termina, comme les autres, enfin, pas tout à fait : aujourd’hui, elle avait conversé calmement avec quelqu’un d’autre que ses professeurs.

Le lendemain matin, après un rapide petit déjeuner au réfectoire de l’internat, Pauline se rendit au cours de mathématiques, et, pour une fois, elle avait fait ses devoirs. A la récréation, elle alla s’asseoir près du chêne. Sylvia vint la voir et toutes deux discutèrent jusqu’à ce qu’Agathe et Ludwig viennent chercher Sylvia. Pauline ne la jalousait plus. Ce manège dura une semaine. Le lundi suivant, en SVT, Pauline découvrit dans son sac une petite carte verte, elle l’ouvrit. C’était une invitation à l’anniversaire de Sylvia. Le samedi suivant, Pauline se rendit à vélo chez Sylvia. Elle habitait une grande bâtisse. Pauline sonna à la porte. La mère de Sylvia lui ouvrit avec un grand sourire, Pauline se rendit compte que Sylvia était le portrait de sa mère. Lorsque Pauline entra dans le grand salon, les amis de Sylvia ouvrirent de grands yeux.

–         ELLE ? s’écria Agathe.

–         Elle, comme tu dis, répondit Sylvia, c’est MON amie !

Dans ce que Sylvia avait dit ce n’était pas le « mon » qui avait touché Pauline mais la fierté avec laquelle elle l’avait dit.

FIN

Accompagnement des programmes de 6ème : sélection de titres pour la classe de sixième

I – Contes

Anonyme. Ali Baba et les 40 voleurs – Histoire d’Aladin – Simbad le marin (traduits de l’arabe et du persan)

Anonyme. Contes du Panchatantra ( traduit de l’hindi )

Anonyme. Contes et légendes de l’Inde (bilingue tamoul/français)

Anonyme. L’honnête commis Tchang (traduit du chinois)

Andersen, H.C. La petite Sirène et autres contes (traduit dudanois)

Aymé, M. Les Contes du chat perché

Asrafiev V. Perdu dans la Taïga – Une Enfance en Sibérie (traduit du russe)

Calvino, I. Romarine (traduit de l’italien)

Cendrars, B. Petits Contes nègres pour les enfants des blancs

Clavel, B. Légendes de la mer

Daudet, A. Les Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon

Diop, B. Contes et Lavanes

Dumas, P. Contes à l’envers

Faulkner, W. L’Arbre aux souhaits (traduit de l’américain)

Grimm, J. et W. Contes – La Clé d’or – Les 7 corbeaux et autres contes (traduits de l’allemand)

Gripari, P. La Sorcière de la rue Mouffetard

Janson, T. Contes de la vallée de Moumine (traduit du suédois)

Kahn, E. Contes et légendes de la Bible

Khasai, M. Le Prince et le faon (bilingue persan/français)

Khemir, Y. L’Ogresse (bilingue arabe/français)

Laabi, A. Saïda et les voleurs de soleil (bilingue arabe/français)

Leprince de Beaumont, Mme. La Belle et la bête

Nodier, C. Le Chien de Brisquet – Trilby – La Fée aux miettes

Perrault, C. Contes – Contes de ma mère l’oye

Singer, I. B. Zlateh la chèvre et autres contes (traduit de l’américain)

Soupault, R. et P. Histoire merveilleuse des cinq continents

Tournier, M. Sept Contes

Wilde, O. Le Prince heureux – Le Géant égoïste et autres contes (traduit de l’anglais)

A consulter également : anthologies thématiques publiées chez divers éditeurs, contes régionaux, contes contemporains (littérature – jeunesse).

II – Poésie

Carême, M. Au clair de la lune

Charpentreau, J. Poèmes pour les jeunes du temps présent – L’Amitié des poètes – Prête-moi ta plume

Coran, P. Jaffabules

Desnos, R. Chantefleurs et chantefables

Hugo, V. Chansons – Poésies et chansons (titres d’anthologies)

Jean, G. Écrits sur la page – Poèmes de toujours pour l’enfance et la jeunesse

La Fontaine de, J. Fables

Massoudy, H. Antara, le poète du désert (traduit de l’arabe)

Obaldia de, R. Innocentines

Prévert, J. Paroles

Queneau, R. Courir les rues

Roy, C. Enfantasques – La Cour de récréation

Soupault, P. Poèmes pour mes amis les enfants

De nombreuses anthologies thématiques publiées chez divers éditeurs peuvent être consultées, ainsi que les collections spécifiques de poésie pour la jeunesse.

III – Romans et récits

A. Romans et récits centrés sur la vie affective

Aamado, J. L’Enfant du cacao (bilingue portugais/français)

Bawden, N. Un petit Cochon de poche (traduit de l’anglais)

Begag, A. Le Voleur d’écriture, La Force du berger

Ben Aych, G. Le Voyage de Mémé

Byars, B. Balles de flipper – Rude journée pour Sara (traduits de l’américain)

Buchanan – Smith. Le Goût des mûres

Chotomska, W. L’Arbre à voile (traduit du polonais)

Garfield, R. La Montre en or (traduit de l’anglais)

Giorda. L’Incendiaire

Goscinny, R. et Sempé, J.-J. Le Petit Nicolas – etc.

Gutman, C. Toufdepoil – Pistolet-Souvenir

Hampaté Ba, A. Le petit frère d’Amkoullel

Hartling, P. Flo – Oma – Ben est amoureux d’Anna (traduits de l’allemand)

Kemp, G. Le terrible trimestre de Gus (traduit de l’anglais)

King – Smith, D. Les Souris de Sansonnet (traduit de l’anglais)

Lenain, T. Un Marronnier sous les étoiles

Mauffret, Y. Une Amitié bleu Outremer

Modiano, P. Catherine Certitude

Morgensen, S. La Sixième

Murail, M. A. Baby-sitter blues – Sans sucre, merci

Pennac, D. Cabot caboche – Kamo (3 titres)

Peskine, B. Chef de famille

Ray, S. Fatik, le jongleur de Calcutta (traduit du bengali)

Schneegans, N. La plus grande Lettre du monde

Venulhet, J. Carton rouge, Matin d’orage

Voigt, C. Les Enfants Tillermann (t. 1 et t. 2)

B. Romans et récits merveilleux

Arkin, A. Moi, un lemming (traduit de l’américain)

Babbitt, N. La Source enchantée (traduit de l’américain)

Buzatti, D. La fameuse Invasion de la Sicile par les ours (traduit de l’italien)

Dahl, R. Sacrées sorcières – Matilda (traduits de l’anglais)

Déon, M. Thomas et l’infini

Druon, M. Tistou les pouces verts

Garrel, N. Au Pays du grand condor

Hikmet, N. Le Nuage amoureux (traduit du turc)

Honaker, M. Erwan le maudit

Kästner, E. Le 35 mai (traduit de l’allemand)

King – Smith, H. Le Cochon devenu berger – Le Nez de la reine (traduits de l’anglais)

Lagerlof, S. Le merveilleux Voyage de Nils Holgerson (traduit du suédois)

Lively, P. Le Fantôme de Thomas Kempe (traduit de l’anglais)

O’Brien, R. C. La Couronne d’argent (traduit de l’américain)

Pearce, P. Tom et le jardin de minuit (traduit de l’anglais)

Pennac, D. L’Œil du loup

Piumini, R. La Verluisette (traduit de l’italien)

Reid Banks L’Indien du placard (traduit de l’anglais)

Roy, C. Le Chat qui parlait malgré lui – La Maison qui s’envole

Surget, A. Le Renard de Morlange

Suskind, P. L’Histoire de Monsieur Sommer (traduit de l’allemand)

Yourcenar, M. Comment Wang Fô fut sauvé

C. Romans et récits historiques

Brisou – Pellen, E. Le Défi des druides – Les cinq écus de Bretagne – Le Fantôme de Maître Guillemin

Dejean, J. – L. Histoires de la Préhistoire – Les Lions de César – Le premier Chien

Jay, A. Complot à Versailles

Judenne, R. Le Levrier du pharaon – Une vie à tout prix – Le Cannibale de Joséphine

Lowry, L. Compte les étoiles (traduit de l’américain)

Miquel, P. Le Piège gaulois

Molnar, F. Les Gars de la rue Paul

Nozière, J. – P. La Chanson de Hannah

Richter, H. P. Mon Ami Frédéric (traduit de l’allemand)

Solet B. Les Brigands de la Saint – Michel – Bastien gamin de Paris – Jehan de Loin

Soyez, J. – M. La Princesse Iroquoise – Thibault et Nicolette ou la première Commune

Weulersse, O. Le Messager d’Athènes – Les Pilleurs de sarcophages – Le Serment des catacombes

Winterfeld, H. L’Affaire Caïus

D. Fantastique et science-fiction

Andrevon, J. – P. La dernière Pluie

Ebly, P. L’Eclair qui effaçait tout

Grenier, C. Virtuel, attention danger – La Machination

Grousset, A. La Citadelle du vertige

Honacker, M. Le Prince d’ébène – La Sorcière de midi

Horowitz, A. L’Ile du crâne – Maudit Graal

Martinigol, D. Les Oubliés de Vulcain

Sautereau, F. La cinquième Dimension – Un Trou dans le grillage – Classe de lune

Surget, A. Les Fils des loups

Thies, P. Le Sorcier aux loups

Wul, S. Retour à « 0 » (traduit de l’anglais)

E. Policiers

Arrou – Vignod, J.-P. Enquête au collège

Boileau – Narcejac. Sans-Atout et le cheval fantôme, etc.

Caban, G. Faux-ami

Craipeau, J. – L. Gare au carnage – Amédée Petipotage !

Daeninckx, D. Le Chat de Tigali

Ferdjoukh, M. L’Assassin de papa – Embrouille à minuit

Honacker, M. Croisière en meurtre majeur

Horowitz, A. Le Faucon malté – Signé F. K. Bower (traduits de l’anglais)

Hugo, H. Lambada pour l’enfer

Jeffries, R. Les Horloges de la nuit (traduit de l’anglais)

Kästner, E. Emile et les détectives (traduit de l’allemand)

Nozière, J.-P. Souviens-toi de Titus – Des Crimes comme-ci comme-ça

IV – Albums

Alexander, S. et Lemoine, G. Leïla

Aroneanu, D. et Dehong. La grande Muraille des caractères

Bukiet, S. et Muller, H. Écritures dans l’histoire et par les contes

Clément, C. et Cassabois, J. Le Luthier de Venise

Clément, C. et Lemoine, G. Le Batelier du Nil

Coudray, J. – L. Le Mouton Marcel

Daeninckx, D et Gauthier, A. Le Papillon de toutes les couleurs

Giono, J. et Bac, F. L’Homme qui plantait des arbres

Hawkins J. et C. Les Sorcières

Joiret, P ; et Bruyère, X. Mina, je t’aime

Laurencin, G. et Pef. Le Dimanche noyé de grand’ père

Leprince de Beaumont Mme, Cocteau, J et Gauthier, A. La Belle et la bête

A. Maymat, N. et Clément, F. L’Histoire d’Héliacynthe

Morgensen, S. et Boucher, J. La grosse Patate

Place, F. Les derniers Géants

Quesemand, A. et Berman, L. Colporteurs d’images

Sempé, J.-J. Quelques enfants

V – Bandes dessinées

Chaillet, G. Vasco : Ténèbres sur Venise

Colman, S.et Desberg, S. Billy the cat – l’Eté du secret

Edgar P. Jacobs. Les Aventures de Blake et Mortimer – la Marque jaune

Forest, J.-C. Enfants, c’est l’hydragon qui passe

Franquin, A. Gaston Lagaffe : Le Bureau des gaffes en gros

Fred. Philémon : Le Voyage de l’Incrédule

Gelluk, P. Le Chat : Le Retour du chat

Goscinny, R. et Uderzo, A. Astérix le gaulois – Astérix et Cléopâtre – Le grand Vizir Iznogoud

Hergé. Les aventures de Tintin : Tintin au Tibet, etc. – Quick et Flupke, gamins de Bruxelles

Juillard, A. et Cothias, P. Masque rouge

Martin, J. Alix : Les légions perdues

Morris. Lucky Luke : Des Rails sur la prairie

Roba, J. Boule et Bill : Boule et Bill, globe-trotters, etc.

Tito. Tendre banlieue : Le Bahut

Winsor Mc Cay. Little Nemo


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