Archive for the 'cinquième' Category

un objet familier prend vie (d’autres cinquièmes, une dizaine d’années plus tôt)

Consigne : je décris un objet familier que je personnifie. Je peux le doter d’un passé et/ou d’un avenir.

Thomas            Un petit coffret en bois

Il était là, sur l’étagère remplie à craquer de livres de toutes sortes, à côté du globe en verre et du vase rempli de plumes, immobile, insignifiant, un petit coffret en bois vide… Vide… Pas entièrement… Autrefois, il avait servi à une personne très puissante, un mage. Il avait recelé un immense trésor, une puissance magique d’une force inimaginable qui méritait bien plus que son nom : l’amour. L’amour qui déchire les cœurs et les reconstruit aussi facilement, l’amour qui ravage les âmes et les détruit, qui rend le sage fou, qui envahit les hommes…

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

 Guillaume     Le correcteur Pritt

Je l’avais trouvé dans le pot à crayons de mon père pendant que je récitais ma poésie. Il avait attiré mon regard pour sa forme de formule 1. Un jour, il arriva sur mon bureau. Il se précipita dans ma trousse. Il devint vite ami avec le stylo-plume à encre bleue. Il était impatient de voir les salles de classe. Quand il sortit de ma trousse, Victor se précipita dessus. Le correcteur Pritt était heureux que l’on s’occupe de lui. Enfin il était le centre d’intérêt des discussions du cour de mathématiques.

David        Le carnet de correspondance d’Alexandre

Un carnet de correspondance bleu comme tous les carnets de correspondance du Collège. Indispensable quand on voulait sortir après les cours. Quand Alexandre faisait quelque chose de pas bien en cours, le professeur le sanctionnait : il prenait son carnet,  écrivait un mot dans une bande orange, détachait un bout à faire signer par la vie scolaire tandis qu’un carré restait accroché à faire signer par les parents.

Un jour, Alexandre sut qu’il allait déménager à Nice. Il se mit à faire l’imbécile pour que son carnet se remplisse de mots.

Lorsqu’il quitta son dernier cours, dès la sortie du Collège, il prit le briquet qu’il avait apporté, brûla son carnet puis jeta ce qu’il en restait.

Voilà le destin qui peut attendre chaque carnet de correspondance !

Annaëlle  Un barreau

 Il y avait, à côté de l’entrée du collège Marguerite de Navarre des toilettes pour filles et pour garçons. Je n’ai jamais eu le privilège — et le malheur — d’entrer dans celles  des garçons mais le héros de cette histoire se trouvant être une barre de métal complètement rouillée, je n’y reviendrai pas.

Les escaliers menant aux toilettes des filles étaient donc encadrés de barreaux d’environ un mètre. La plupart de ces barreaux étaient tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception d’un seul qui avait la faculté de pouvoir tourner sur lui-même.

Et  tous les jours, le barreau s’ennuyait ferme, d’autant plus que ses compagnons d’infortune — c’est ainsi qu’il surnommait ses congénères barreaux  — ne trouvaient rien de mieux à faire que de le narguer car, « eux, ils étaient totalement rouillés mais au moins, ils savaient rester à leur place, sans coulisser au moindre coup de vent « .

Et tous les jours, le barreau de fer se languissait de ne pouvoir ouvrir la Porte. En effet, il suffisait de le tourner dix fois vers le Nord et douze fois vers le Sud, et ce quatre fois de suite pour que la Porte s’ouvre.

Malheureusement, le secret qui avait d’abord été transmis de mère en filles, de copine en copine avait fini par se perdre et le vieux barreau lui-même ignorait ce qu’il se passerait si on le tournait de cette façon. Il savait seulement que les toilettes qu’il occupait avaient d’abord servi de salles de tortures…

Matthieu     La board

Elle était rangée derrière l’échelle de sa mezzanine, mais, parfois, elle traînait dans sa chambre naviguant entre tout ce qui y était entassé. Elle, sa board. Elle lui servait beaucoup, c’est avec elle qu’il partagea ses premières « figures de grands », le flip, le variale flip… Parfois aussi, il s’énervait avec elle, celle-ci manqua plusieurs fois de passer sous une voiture tellement sa colère était grande. Maintenant il continue de progresser, les bons moments ne manquent pas. Mais avec le temps, le dessin qui orne le dessous de la planche s’abîme, s’use. On peut sentir que sa fin est proche. Son propriétaire va devoir en racheter une. Eh ! oui, elle ne virevoltera plus dans les ruelles. Abandonnée, elle ne servira plus à rien.

 Margot         Le stylo-plume

 Il était rose avec des petits moutons blancs. Il n’avait que quelques mois mais on aurait dit qu’il était vieux de plusieurs années. Margot l’avait acheté à son entrée en cinquième et depuis, il devait écrire toutes les leçons ennuyeuses d’histoire-géo, incompréhensibles de mathématiques et les exercices catastrophiques de français. La trousse était sa maison. Il y vivait avec Toto le ciseau, Péteur l’effaceur et Ronflon le crayon. Il pensait souvent à tout ce qui lui restait encore à écrire jusqu’au jour où, malheureusement, il se casserait et finirait à la poubelle.

Claude          La raquette de Claude

La raquette de Claude était verte sauf à la base du manche, à l’endroit où on la tenait. Dessus, il y avait deux revêtements, un rouge et un noir. Toutes les semaines, elle s’amusait comme une enfant. Parfois, elle était énervée et souffrait. Après avoir joué, elle se reposait dans une housse où elle rencontrait la plus ancienne des raquettes de Claude. Un jour, Claude la remplaça par une nouvelle raquette, plus belle, plus performante. Elles se détestaient. Le jour de l’entraînement, Claude prit la nouvelle. La verte était furieuse. Trois mois plus tard, l’autre fut décollée. La restante était enfin vengée et put sauver le reste de sa vie avec Claude.

 

Anne-Sophie  Le sac Eastpak

Je pris un jour un sac et ce sac était un Eastpak. Rouge et noir avec des dessins. De jolis dessins. Je l’ai gardé un an puis deux années et même trois années sans un trou, sans fermeture éclair cassé. Rien ! Tout marchait et nous nous entendions bien! Mais un jour arriva le collège : j’ai dû changer de sac. Pourtant, il était merveilleux, il avait tenu mais j’avais tellement peur qu’il lâche…

 Sarah        Le stylo

 Le stylo était rouge avec un dragon argenté. Reçu pour l’anniversaire des dix ans de Sarah, il avait deux ans. Son bouchon était l’objet de nombreuses triturations, d’ailleurs il était légèrement fissuré.

Il avait maintes fois accompagné sa propriétaire dans de nombreux contrôles (d’histoire, d’allemand et d’expression écrite) où elle écrivait comme une forcenée.

Son havre de paix était la trousse criblée d’écritures, et parmi quelques crayons de couleur, le blanco et la gomme, il se pelotonnait tranquillement, songeant aux jours heureux de vacances où il se reposerait enfin.

 

Eva      Le lit

Le lit d’Eva,  tout bleu et très moelleux, était raide dingue de sa voisine la couette. Une couette toute blanche et elle aussi amoureuse de lui. A chaque fois que quelqu’un voulait s’y coucher, il ne pouvait plus en sortir tellement la couette et le lit se serraient fort. Un jour, le lit se décida enfin à demander la couette en mariage, la couette, bien évidemment, accepta. Ils eurent plein de petits oreillers bleus à points blancs et tout aussi moelleux que leur père.

C’est ainsi que se finit l’histoire merveilleuse (ou presque) du lit et de la couette.

 

Quitterie           Le stylo

Il était jaune fluo et transparent. On voyait son squelette constitué d’un squelette et d’un tube blanc qui retenait l’encre. Il y avait aussi quelques plaques métalliques au bout et au début de ce beau stylo bic jaune. Il était fin et lisse.

A chaque fois que l’on écrivait avec, on avait l’impression qu’il écrivait tout seul. Et même les élèves qui écrivaient mal (voire très mal !) avec ce stylo écrivaient bien. Personne ne savait pourquoi. Personne, sauf lui.

Il avait été jadis un joli prince très habile que tout le monde aimait. Mais un jour qu’il partait à la chasse avec son cheval Soleil-Levant, une vieille sorcière lui jeta un sort et il atterrit dans une trousse, changé en stylo jaune fluo.

Dans la trousse, il était piqué par le compas, compressé parmi tous les stylos, Sali par les feutres sans capuchons et enfin étouffé par le taille-crayons qui lui enfonçait la tête.

Mais ce n’est pas tout : quand l’enfant le sortait de sa trousse, il le mordillait et le faisait passer à toute la classe pour que tout le monde admire le stylo foutu grâce à ses mâchoires, ce qui provoquait des éclats de rire.

Et puis un jour, l’élève se lassa de son stylo cassé et le jeta à la poubelle.

Voici la fin tragique du prince.

 

Florence         Le réfrigérateur

La vie du frigidaire n’est pas aisée et personne à part eux-mêmes ne le remarque. Autrefois, on les respectait, ils n’allaient que chez les familles riches, on les appelait « réfrigérateur ». Maintenant ils sont même dans les familles pauvres et on les nomme « frigo ». Ah, si mon grand-père me voyait pense-t-il souvent. Eux qui descendaient de la fière lignée des usines « Frigidi, les figidaires sans soucis ».Et puis ils doivent sans cesse repousser les attaques des abominables choses que sont les fours. Toujours à ouvrir leur bouche à l’occasion de quelque fête. « Non, mais… vous vous croyez en Afrique ? » avait lancé un jour un réfrigérateur au four qui lui faisait place et lui, comble de non-respect envers son aîné, lui avait répondu : « Et toi, l’ vieux, t’es au pôle nord ? C’est p’tèt ça qui t’a givré le cerveau ? »

 

Axelle               Une paire de chaussures

La chaussure fut jetée à travers la pièce, évitant de justesse le chien de la maison. Elle atterrit lourdement, juste devant le poêle. Elle fut très vite rejointe par sa compagne de toujours la chaussure gauche. Elles s’aimaient depuis qu’elles s’étaient rencontrées. C’est-à-dire dans une boîte en carton. Une boîte pas très confortable. Elles attendirent de longues semaines. Sortants de temps en temps de la boîte pour être enfilées à des pieds puants. Mais jamais un humain ne les avait prises. Elles étaient pourtant belles : des baskets blanches à bandes noires. Mais les baskets n’étaient plus à la mode le top en ce moment c’était les Converse. Oh ! celles-là ce qu’elles pouvaient être hautaines ! Toujours à se pavaner ! Mais un jour une fille les essaya et après une longue réflexion passa à la caisse pour les payer. A partir de ce jour-là, les baskets furent très utilisées. Tant et si bien que trois mois plus tard, la basket droite avait déjà un trou sur le côté. Le faux daim sur sa pointe, blanc à l’origine, devint de plus en plus gris. Un jour où la jeune fille avait encore enfilé ses baskets la chaussure droite n’en put plus et se déchira sur toute sa longueur. Elle connut très vite, avec sa compagne, le fond de la poubelle.

 

Laurent       Le poste de musique

Mon poste de musique est magnifique : gris métallisé et deux enceintes couleur bois. Je l’ai posé sur mon étagère. Amoureux de mon réveil, la nuit il gambade à travers la chambre pour aller le draguer. Sur la pointe des enceintes, très souple, il franchit tous les obstacles. Lorsqu’il s’énerve, il met la musique très fort mais le lendemain il est sage comme une image

 

Delphine        Un sac

Un sac bleu clair. Dessus des inscriptions. Souvent calé, bien confortablement, au pied de la table. Résistant car il portait les nombreuses affaires de cours de Delphine, qui, quand elle rentrait chez elle, le balançait à l’autre bout de la pièce, en l’abandonnant. Deux poches : une grande et une plus petite dont la fermeture éclair était cassée. Tous les sacs lui prêtaient une histoire d’amour avec le sac de Mélanie. C’était vrai, il était fou amoureux d’elle. Il aimait bien son environnement même si rester calé pendant les cours de sa propriétaire l’ennuyait. Alors il rêvait de son avenir avec la belle sacoche.

 

Kevin         La raquette de tennis.

Rouge et blanche, bien au chaud dans sa housse, elle détestait le mercredi. Un jour maudit pour cette pauvre raquette de tennis. Secouée de gauche à droite, de bas en haut, elle avait mal au manche, souffrait de ses cheveux cordage tirés jusqu’au déchirement. Elle aimait le samedi : elle retrouvait la Babolat 301 rouge et jaune mais toutes deux détestaient la Dunlop 602 noire et rouge, soi-disant plus puissante. Un jour qu’elle l’affrontait, une balle arriva avec une force telle qu’elle en perdit quelques cheveux. Elle fut conduite dans un hôpital Intersport et réparée. Maintenant elle gagnait toujours la Dunlop 602 noire et rouge.

 

Laureen         La vieille table de français

Laureen trouvait que sa vieille table de français souffrait. Une table en bois aux pieds en fer. Elle souffrait parce que quelqu’un la martyrisait en gravant des mots comme Nicolas, mdr, volcom… avec son compas. Mais ce n’était pas tout ! Elle supportait aussi le poids des trousses, des cahiers, des bras et même des coups de poing énervés sans parler de tous les vieux chewing-gums qu’on lui collait dessous, à l’abri des regards. Laureen l’aimait bien. Tous les jours elle lisait ce qui venait de lui être rajouté.

 

Héloïse                 Un très joli livre

C’est un très joli livre à la couverture blanche et noire. De grandes lettres Entre chiens et loups sont inscrites sur la première de couverture. En son milieu, horizontalement, un barbelé qui peut faire peur. Ce livre appartient à Héloïse avec qui il parle souvent. Très chouchouté, il prend une place considérable dans la bibliothèque de sa propriétaire. Parfois il s’énerve quand on le jette n’importe où et se met à gémir mais très vite il se calme. Il passe des journées entières à attendre patiemment Héloïse. Bien qu’il commence à prendre de l’âge, il ne le montre pas vraiment. Toute la journée, il explore les contours de la chambre dans laquelle il est soigneusement posé. Il voyage autant que sa propriétaire et explore de nombreux autres petits coins où s’installer et rêvasser.

 

Camille                   Mon stylo plume

Mon stylo plume, quand on le voit, posé sur une table, il est assez ordinaire. Long, rose, fin. Pour l’ouvrir, il faut tourner le bouchon. Il a deux petits yeux jaunes. Il fait une très jolie écriture mais parfois à force d’écrire il en a marre, il écrit mal et même parfois pas du tout. Il bave rarement. Pourtant quand il a faim, il faut lui donner tout de suite une cartouche bleue. Les noires il ne les aime pas. Un peu comme les enfants avec le chocolat noir. Il n’a pas de bouche, sinon il m’aurait déjà mordu, non, quand même pas ! mais crié dessus, si, sûrement ! Parfois il sort de la trousse et part en courant sur le sol, c’est bien la preuve qu’il n’a pas trop envie de travailler.

 

Martin                       Mon oreiller

Mon oreiller quarante centimètres sur quarante, rempli de plumes, entouré d’un tissu de coton Si fin, si doux… et des petits dessins rigolos. Quand je rentre chez moi après une journée épuisante, j’enfouis ma tête dans ses replis moelleux. J’entre alors dans un autre monde, un monde de rêves qui me fait oublier tous mes malheurs et mes mauvaises notes. Il sent bon, il est chaud, douillet, parfois froid. Il prend parfois figure humaine, tantôt triste, tantôt gaie. Bref, c’est l’oreiller idéal pour passer une nuit de rêve, se réveiller frais le matin et réussir son exercice de français !

 

Yassib Mohamed                     Des Converse

Hier soir, j’ai acheté des Converse et ce matin je les ai mises pour aller au collège. Elles ont une peau marron et des lacets clairs comme des cheveux blonds. Le bout de mes chaussures ressemble à un sourire de dents blanches et elle me tire la languette. Le symbole de la marque a les yeux bleus. La chaussure de gauche demande à la chaussure droite :

  • C’est ta première journée ?
  • Oui.
  • Bonjour, je m’appelle Nicolas.
  • Et moi, je m’appelle Lucie, répond la chaussure de droite.

Ensemble, nous faisons la connaissance du livre d’Héloïse.

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

Pauline                           Un stylo plume

Ce n’était pas un humain, ni un animal, ni une plante mais un objet, plus précisément un stylo plume vert à pois bleus. Un stylo heureux de vivre dans une belle trousse parmi d’autres stylos. Lorsqu’il écrivait, on aurait dit qu’il dansait, passant d’une lettre à l’autre en sautant, dessinant des courbes… Parfois, il ne voulait plus écrire… Monsieur n’était pas content ou en colère, alors il s’arrêtait et Pauline changeait la cartouche. Comme par magie, rempli d’énergie, il reprenait son rythme pour compléter la page blanche. Quand il était furieux, Pauline appuyait fort sur sa plume pour qu’il continue à noter mais il bavait, fuyait, se déformait ou se cassait. Elle le réparait, se réconciliait avec lui et il reprenait sa danse sur la feuille. Pauline aimait bien ce stylo plume.

 

 

Grâce                                          Ma bague

 

Elle est toute petite, très jolie, avec de petits diamants. Brillante. Une bague que ma grand –mère m’a offerte. Une bague si heureuse le premier jour où je l’ai mise. Puis les jours ont passé et elle est devenue très étrange. Elle pleurait jour et nuit, désespérée. Qu’avait-elle donc ? J’ai décidé de la porter à nouveau. Elle a souri aussitôt. En fait, elle ne voulait plus être enfermée dans la boîte à bijoux.

Guillaume                       La play

 Cette play station noire de vingt centimètres carrés sur treize, Guillaume l’adore mais elle, une Sony, ne l’aime pas. Elle le déteste même. Tous les jours elle se fait secouer quand Guillaume n’arrive pas à faire ce qui est demandé dans le jeu. Un jour il l’a même jetée à terre. Elle criait de douleur face à cette chute terrible.

  • Tu ne m’aimes donc pas ? gémissait-elle.

Mais il n’a pas répondu. Depuis ce jour, la play a un défaut. Elle a la capacité de s’éteindre toute seule. Devant cette menace, Guillaume la respecte et ne la secoue plus. Ils sont devenus amis, du moins ils le croient.

Jordan                       Un stylo

Il écrit ce qu’on lui dit d’écrire mais au fond il est triste. C’est un stylo bleu clair et bleu vert, orné d’un crocodile marron sur le dos. S’il est triste c’est parce qu’il est tout seul et aussi parce qu’il ne peut pas écrire et raconter ce qu’il veut sur une feuille. Il est obligé de parler avec les crayons à papier et les taille-crayons. Un nouveau stylo vert vient d’arriver et d’un coup il sent que le vide de la solitude se referme petit à petit. Mais au moment où il va le voir, le stylo vert se fait emporter. Déjà dix minutes et il ne revient toujours pas… alors le stylo du début se ressent à nouveau terriblement seul.

 

Améline                         Le stylo-plume

Le stylo-plume dort dans une trousse avec plusieurs camarades. Quelqu’un le prend et commence à écrire. Il sent la douceur de ses mains, essaie de ne pas lâcher trop d’encre mais juste un peu. Retour à la maison. Epuisé et assoiffé, il s’endort tout de suite. Le lendemain, la personne le reprend, il n’a plus d’encre et il se rendort éternellement. Elle lui fait de merveilleuses funérailles.

Sensation d'Arthur Rimbaud

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien

Mais soudain une douce fraîcheur me monta dans l’âme,

Elle me donna l’envie d’aller loin, très loin,

Mais celle-ci me piégeait car mon coeur s’arrêta

L’Avare -captation complète de la Comédie de Reims, mise en scène de Ludovic Lagarde

Harpagon a du pain sur la planche : enterrer son trésor dans le jardin, épouser la toute jeune Mariane, imposer sa loi à ses enfants, nouer et dénouer des intrigues domestiques, organiser un banquet au rabais. Quelle activité pour ce grand économe ! Mais c’est pour mieux conserver sa manie. Voilà son seul trésor. Pour la protéger à tout prix, il persévère dans son être ; il se dépense jusqu’à la ruine. Et ne préserve rien d’autre que son magot. Tout peut y être sacrifié. On assiste sidéré à cette destruction. Il n’y a pas d’issue ; l’argent est enterré et le manque précipite toute cette petite société dans une urgence panique. Molière nous montre la vie nue. Le comique, au lieu d’éviter le pire, aggrave encore plus profondément ce portrait tragique. Cette pièce culte a été jouée plus de deux mille fois par la Comédie-Française depuis 1680, on la connaît aussi interprétée par de Funès quatre siècles plus tard. Elle est bien sûr plus que jamais d’actualité ; la scène de l’argent caché se rejoue éternellement et chaque fois plus durement. Mais la pièce de Molière ne propose aucune philosophie de l’économie qu’il s’agirait d’adapter. Il faut à chaque fois réécouter ce texte, incarné par de nouveaux acteurs, sans perruques ni chandeliers, pour retraverser cette extraordinaire étude de la bêtise humaine. Faire réentendre ces cris, ces pulsions, cette inhumanité. Ludovic Lagarde réunit, pour cette reprise d’un grand classique, les comédiennes et comédiens du Nouveau collectif de la Comédie autour de Laurent Poitrenaux, Christèle Tual et Julien Storini.

durée 2h45

AVEC
LAURENT POITRENAUX, Harpagon
CHRISTÈLE TUAL, Frosine
JULIEN STORINI, La Flèche, le commissaire
TOM POLITANO, Cléante
MYRTILLE BORDIER, Elise
ALEXANDRE PALLU, Valère
MARION BARCHÉ, Mariane
LOUISE DUPUIS, Maître Jacques

ET AVEC LA PARTICIPATION DES ÉLÈVES DE LA CLASSE DE LA COMÉDIE
Antonin Totot, Maître Simon
Élie Chapus, La merluche
Élodie Leau, Brindavoine
Gwenaëlle Vaudin, Dame Claude
Zacharie Jourdain, Charline Voinet, Malek Lamraoui, assistants du commissaire

SCÉNOGRAPHIE ANTOINE VASSEUR – LUMIÈRES SÉBASTIEN MICHAUD – COSTUMES MARIE LA ROCCA – MAQUILLAGE ET COIFFURE CÉCILE KRETSCHMAR – MUSIQUE PIERRE-ALEXANDRE « YUKSEK » BUSSON – DRAMATURGIE MARION STOUFFLET – ASSISTANAT MISE EN SCÈNE ET VIDÉO CÉLINE GAUDIER – SON ET VIDÉO DAVID BICHINDARITZ – ENSEMBLIER ÉRIC DELPLA – MOUVEMENT STÉFANY GANACHAUD

Production la Comédie de Reims–CDN
Avec le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région PAC
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Vidéo réalisée par laproductionremoise

écrire une scène pour le théâtre

Emma et Capucine de L. SAYAPHOUM et J. HAMON publié chez Dargaud

Consigne : Observez soigneusement cet extrait de BD et transformez-le en scène pour le théâtre. Ajoutez quatre répliques dont une tirade. Trois didascalies au moins.

Dialogue
-Tu es dure avec Emma, tu sais.

-Bien sûr que je suis dure ! Tu crois que les examinateurs vont être tendres avec elle, peut-être ?

fin de scène : entrée ou sortie d’un personnage

didascalies : suggestions d’élèves, elle doivent rendre l’ensemble plus visuel =>

LE PERE – LA MERE

posant sa tasse de café -se tournant vers son mari -posant ses mains sur le plan de travail -s’adossant au plan de travail -levant les yeux au ciel-le ton monte-hurlant -lui tournant le dos -avec un soupir -haussant les épaules -se faisant couler un café-en claquant la porte -en tournant les talons -elle laisse tomber ses fraises -plaçant délicatement une dernière fraise sur la tarte -se penchant sur sa tarte- Emma entre dans la cuisine -Emma apparaît-Emma sur le seuil de la porte, ses parents ne la voient pas – sortant – quittant la pièce

A partir de copies d’élèves

Copie 1

La scène se déroule dans la grande cuisine lumineuse. Un homme, tasse de café à la main, adossé à une grande baie. Une femme penchée sur le plan de travail. Elle prépare une tarte aux fraises

LE PERE : Tu es dure avec Emma tu sais.

LA MERE (Penchée sur son gâteau ) : Bien sûr que je suis dure ! Tu crois que Ies

examinateurs vont être tendres avec elle peut-être ?

LE. PERE : Je sais ! Mais tu ne la lâches plus ! Tu la fais travailler sans cesse, elle est fatiguée. Le week-end, tu l’empêches de voir ses amies, de faire du shopping, aller au cinéma ou manger une glace avec elles ! La vie d’une jeune fille de son âge, quoi ! Et tout ça, pour réviser son instrument, encore et encore !

LA MERE (en se tournant vers son mari) : Imagine si elle n’était pas prise au conservatoire supérieur de Lyon ? Elle aurait travaillé douze longues années pour rien ! Tu n’y penses pas, ce serait un véritable désastre !

LE PERE : Évidemment que, comme toi,  je veux qu’elle soit prise ! Mais tu crois vraiment que c’est une  vie ? Dès qu’elle rentre du lycée alors qu’elle vient de faire  trois quarts d’heure de bus, tu la fais travailler au moins deux heures ! Et ensuite les devoirs, parce que, oui ! il y a aussi le lycée, le bac, tout à faire suivre en même temps. Sa moyenne générale a chuté de trois points !

LA MERE : Je sais tout ça mais son concours a lieu dans deux mois à peine, on y est, c’est la ligne d’arrivée, il faut juste serrer encore un peu les dents ! Elle n’est pas tout à fait prête, elle fait des erreurs, elle n’est pas concentrée…

LE PERE : C‘est normal, elle est fatiguée. Épuisée même ! Tu as vu sa mine ? Elle se couche tous les soirs à vingt-trois heures pour se lever à cinq heures trente le matin.

LA MERE : Stop, tu ne comprends décidément rien de la rigueur du monde dans lequel elle veut entrer,  je ne veux plus de t’entendre ! II faut qu’elle réussisse, un point c’est tout !

LE PERE (il pose violemment sa tasse sur le plan de travail et sort  en claquant la porte) : C’en est trop, laisse-la tranquille ou nous courons à la catastrophe. Ce ne sera pas faute de t’avoir prévenue.

Copie 2

La scène se déroule dans une cuisine moderne lumineuse, ouverte sur le salon. Un plan de travail face au spectateur. Une cafetière sur le plan de travail. Un couple côte-à-côte. Leurs regards ne se croisent pas. Un silence.

LE PERE – (une tasse de café à la main, regardant fixement sa femme dans les yeux). Tu es dure avec Emma tu sais.

LA MERE – (préparant une tarte aux fraises) : Bien sûr que je suis dure ! Tu crois que les examinateurs vont être tendres avec elle peut-être ?

PERE- (montant le ton) Elle est déjà assez dure avec elle-même. Le piano demande beaucoup de travail. Nous voulons tous qu’elle réussisse mais ce n’est pas la meilleure façon de l’aider.

MERE- (se tournant vers son mari) Tu ne comprends pas, toi ! Ma grand-mère, mes parents, ma sœur et moi, nous avons tous passé et gagné ce concours et nous avons tous fait le conservatoire de Paris. Si elle échoue, tu ne te rends pas compte, c’est l’honneur de notre famille qui est en jeu ! Et que vont penser le directeur de notre conservatoire, les musiciens de mon orchestre ? Emma ne travaille pas suffisamment, c’est tout !  En plus, elle se disperse ! Je viens de découvrir qu’elle s’est inscrite à des cours de danse contemporaine ! C’est vraiment n’importe quoi ! Plus tard, je ne dis pas… mais à un mois du concours, ou c’est de l’inconscience ou c’est de la provocation !

PERE – (reposant violemment sa tasse sur le plan de travail) Si elle préfère la danse, c’est son choix, respecte-le !

MERE- (hors d’elle) Elle n’abandonnera pas la musique ! Elle sera pianiste à l’orchestre national de France et elle jouera dans le monde entier ! (elle martèle le plan de travail de ses poings) Dans ma famille c’est comme ça et pas autrement !

Emma entre dans la cuisine,  ses parents se taisent.

commencer un récit : où ? quand ? qui ? quelques exemples par imitation

1) Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les Misérables de Victor Hugo
exemples en classe :
1) Le premier janvier 1990, vers minuit, des enfants lançaient des pétards dans la banlieue d’une grande ville.
2) Par une chaude journée d’été, aux environs de midi, un renard avançait précautionneusement dans la forêt.
3) Le premier jour de l’automne, aux alentours de 10 heures, un jeune garçon dévorait de bon appétit son sandwich en montagne.
4) En ce premier jour d’octobre, alors que midi sonnait au clocher, une femme qui rentrait épuisé d’un long voyage poussa avec soulagement la porte de sa petite maison.
2) C’était au début de juin. Il venait de passer quelques jours à Paris pour affaires. Installé dans le train express du matin, il regagnait Londres où il partageait encore l’appartement de son vieil ami Hercule Poirot, l’ex-détective belge.                       Agatha Christie
exemples en classe :
1) C’était au début des vacances. Il venait de voir le Père Noël survoler sa ville, Pau. Assis sur le canapé, il ouvrit le cadeau dont il rêvait depuis septembre.
2) C’était dans le premier jour de janvier. Elle venait de naître dans l’hôpital de la ville. Installée dans les bras de sa mère, elle dormait paisiblement.
3) C’était au début du mois de décembre. Pierre, maçon, venait d’arriver sur son lieu de travail. Installé dans son nouveau chantier, il prit ses outils et rejoignit ses collègues.
4) C’était au début de la première heure de la matinée. Un élève venait de frapper à la porte : il était en retard. Le professeur le renvoya en étude.
3) Thomas le Rouge, qu’on nommait ainsi à cause du roux flamboyant de ses cheveux, avançait sans bruit au milieu des fougères. L’approche de la nuit et un vilain temps de novembre avait beau obscurcir le sous-bois, il se méfiait. Les clairières se multipliaient dangereusement dans la forêt aux abords de l’abbaye.
                                                            Jacqueline Mirande (littérature jeunesse)
exemples en classe :
                  1) Karlos le Gentil, que l’on surnommait ainsi du fait qu’il n’était pas crédible lorsqu’il se mettait en colère, avançait sans bruit vers sa PS 4. Les néons qui éclairaient sa chère console lui donnaient une furieuse envie de l’allumer. Le pas de sa mère, dans le couloir, se rapprochait, lui, dangereusement.
                   2) Ce matin-là, tôt, sous une pluie battante, Khadija, la Brune, qu’on nommait ainsi pour sa belle chevelure d’un noir de jais, marchait d’un pas vif vers son arrêt de bus. Elle se méfiait de la grande flaque sur la chaussée, juste au bord du trottoir. Le bus qu’elle attendait, le T2, sortit du virage à vive allure.
4) Il n’y avait que sept ou huit heures de la lisière du bois à la source. Cosette connaissait le chemin pour l’avoir fait bien souvent de jour. Chose étrange,  elle ne se perdit pas. Un reste d’instinct la conduisait vaguement. Elle ne jetait cependant les yeux ni à droite ni à gauche, de crainte de voir des choses dans les branches et dans les broussailles.
                                                                     Les Misérables Victor Hugo
exemples en classe :
                   1) Seuls quelques mères le séparaient de sa victime.Il connaissait l »Élysée comme sa poche pour l »avoir exploré en se faisant d’abord passer pour un cuistot, puis pour un général. Il n’y avait plus de caméras, il le savait, dans la chambre du président. Un soupçon d’hésitation l’envahit. Il enfila cependant ses gants de latex et poignarda d’un coup précis l’habitant des lieux. Il s’enfuit aussitôt, à pas de loup, par les issues de secours pour aller récupérer les cinq milliards d’euros qui l’attendaient sur un compte bancaire anonyme.
                   2) Marie n’était rentrée que depuis quelques minutes. Elle savait que ses parents allaient se disputer. Elle alla donc directement à sa chambre. Chose étrange, elle entendit un bruit comme si quelqu’un tombait. Son instinct la pousser à aller jeter un coup d’œil. Le corps de sa mère était par terre et la porte entrouverte. Elle se mit à pleurer.
5) -Pourquoi me soutenir que tu sais ta leçon ? Tu vois bien que tu ne la sais pas ! … Tu l’as apprise par cœur ? vraiment ?
    Une gifle claqua.
    – Monte à ta chambre. Que je ne te voie plus jusqu’au dîner.
    L’enfant porta la main à sa joue, comme s’il avait eu la mâchoire brisée :
    – Oh ! là ! là vous m’avez fait mal !
                                            François Mauriac Le Sagouin
exemples en classe :
       1)
          – Pourquoi me soutenir que tu n’as pas fumé ? je sens ton haleine !
           Elle le toisa d’un regard glacial. Une gifle claqua.
            – Descends à la cave et restes-y ! Que je ne te voie plus d’un moment.
            L’enfant quitta la pièce sans demander son reste. Il pleurait.

à partir de deux miniatures, écrire un récit de combat

Réfléchir à l’enjeu du combat : gagner le cœur d’une dame, libérer des opprimés, conquérir la gloire, rendre justice…

source : blog Courelle 2

« Les deux combattants, sans plus tarder, font reculer tous les gens. Tous deux partent au grand galop et, de la longueur de deux brassées, plongent les lances à travers les écus, si fort qu’elles éclatent comme brandons. Les chevaux d’un tel élan s’entreviennnent, front à front, que les deux chevaliers se heurtent poitrine contre poitrine. Les écus se heurtent ensemble et les heaumes, de sorte qu’il semble par le craquement qu’ils font qu’il vient de tonner un grand  coup.

Il ne reste martingale ni sangle, étriers, rênes ni dossières qui ne se rompent, arçons qui ne soient mis en pièces. Ce n’est pas grand honte pour eux si les deux chevaliers tombent à terre, car les harnachements ont cédé. Mais d’un seul bond, tous deux ensemble sont debout et se combattent sans hâbler, plus fièrement  que deux sangliers. Ils ne prennent peine de se défier. De leurs épées d’acier se frappent  à grands coups comme gens qui ont grande haine. »

Chrétien de Troyes, Lancelot le chevalier à la charrette, (Gallimard 2006 , traduction de Jean Pierre Foucher.

aide à l’écriture

des noms de chevaliers : Tristan, Yvain, Thibaud, Lionel, Gauvain, Galaad ou encore Lancelot.

Les interventions du narrateur Voilà donc la façon dont… ; Je dois vous dire comment…; Peu s’en faut qu’il… ; Or, écoutez, seigneurs…; Mais voici que… ; Voilà donc comment…

L’armement du chevalier

Les armes offensives et défensives : lance, épée, le fourreau de l’épée, écu, haubert, heaume, éperons, la lame, les courroies de l’écu, les mailles du haubert.

Caractérisation de l’armement : brillant, étincelant, rigide, fort, solide…

Les adversaires

Désignations : les combattants, celui qui avait lancé le défi, le malheureux, le vaincu, le vainqueur, ce dernier, le félon, le preux, la créature diabolique, le monstre…

Caractérisation : vaillant, courageux, hardi, heureux, preux, loyal, fidèle, courtois, brave, félon, traître, déloyal, indigne, lâche, couard, poltron…

Les verbes d’action

Les mouvements : se mettre en selle, serrer la sangle de sa selle, s’approcher au trot, enfourcher son destrier, s’élancer, éperonner son cheval, céder du terrain, revenir à l’offensive, s’enfuir à toute bride…

La rencontre physique : heurter, s’affronter, renverser, blesser, désarçonner, frapper du tranchant de l’épée…

L’impact des coups, les hyperboles (exagérations) : rompre, enfoncer, arracher, voler en éclats, transpercer, traverser l’épaule, faire éclater, briser, fracasser, les hauberts se démaillent, les heaumes se cabossent, gémir d’angoisse, …tant le coup est violent… si profondément que la cervelle jaillit par la nuque…

trois copies d’élèves

copie 1

Oyez, oyez braves gens de Pau écoutez l’histoire de Gauvain, jeune chevalier admirateur de la somptueuse Isaure aux longs cheveux ondulés et aux yeux pers.

C’était à la saison où les feuilles jaunissent et tourbillonnent dans le vent. Ce jour-là, dans la cour de l’imposant château de Pau, notre valeureux chevalier affronta en combat Galaad le chevalier que tout le monde redoutait. Vous vous demandez sûrement pourquoi s’engager dans un combat qui semblait perdu d’avance.Et bien l’enjeu du combat était la main de la somptueuse Isaure dont était amoureux Gauvain mais que
retenait de force Galaad. Les deux adversaires s’élancèrent l’un contre l’autre comme des lions enragés. Gauvain, avec son armure rouge, asséna des coups si terribles que le haubert de son adversaire se démailla. ll donna lui par la suite un coup au front, Galaad tomba à terre, désarçonné. Gauvain se mit alors en position pour lui donner le coup de
grâce. Mais le vaincu, avec le front perforé d’où jaillissait son sang, cria merci.

Gauvain lui laissa la vie sauve et gagna la main d’lsaure. Elle avait observé toute la scène depuis son donjon, soulagée d’être enfin libre. On n’entendit plus jamais parler de Galaad et l’on se réjouissait d’assister au mariage de Gauvain et Isaure.

copie 2

Ecoutez, nobles seigneurs et dames de la cour, l’histoire du jeune et noble Perceval et de son combat mémorable contre le maléfique Karlos. Perceval, continuant sa quête du Graal arriva dans une petite ville nommée Pau dont les citoyens étaient enfermés dans les cachots du château surplombant la ville. Pour les libérer, Perceval devait vaincre
l’horrible Karlos dans un combat à mort et sans merci. Il était enragé de devoir faire cela car ceci allait à l’encontre de tous les codes de la chevalerie mais il devait le faire pour ce peuple en train de mourir de faim et de froid en cette saison hivernale.

Perceval et Karlos se retrouvèrent dans les grands jardins du château de Pau. Les deux étaient vêtus de leur meilleur équipement, ils enfourchèrent leurs fidèles destriers.
Sans crier gare, Karlos s’élança, vif comme l’éclair. Perceval, bien que pris au dépourvu, fit de même. Lechoc des lances fut si violent que les écus volèrent en éclats et que les deux combattants se retrouvèrent propulsés à terre, loin l’un de l’autre. Le preux chevalier n’eut même pas le temps de se relever qu’il vit le monstrueux Karlos courir à toute vitesse vers lui, son immense épée à la main. Perceval s’était à peine relevé que le seigneur fou lui donna un tel coup au côté que le brave chevalier tomba à terre et que son heaume roula dans un fossé. La douleur lui était insupportable. Vous vous demandez
sûrement comment notre cher Perceval pourrait s’en sortir, eh ! bien figurez-vous, qu’à ce moment, la rage irriguant le moindre de ses muscles, il oublia alors tous les coups subtils qu’on lui avait enseignés. Il se releva en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et asséna un coup à Karlos tel que son haubert fut entièrement démaillée. Le sang coulait à flots. Le seigneur fou tomba à terre, inerte.
Libéré, le peuple acclama son sauveur et le soigna afin qu’il puisse poursuivre sa quête du Graal. Perceval pria dieu pour se faire pardonner ce combat sans merci mais entre nous je pense qu’il a agi comme il le devait. Il n’avait pas le choix.

copie 3

Messires, je vais vous conter l’histoire de Perceval au grand cœur qui aidait les plus
démunis.
Ce jour-là Perceval traversait la ville du seigneur Yvain, quand il entendit un homme hurler. Il s’ avança. L’homme accusait un enfant, qui ne devait pas avoir mangé depuis plusieurs jours, de lui avoir volé sa bourse. Ce qui n’ était pas vrai. Perceval se mit à défendre le garçon, mais l’homme qui se trouvait être un chevalier l’accusait de plus en plus violemment. Notre preux chevalier s’ énerva et dit au chevalier qu’ il l’ attendrait le
lendemain pour le combattre. Le lendemain, il vit son adversaire arriver avec ses soldats La foule était venue les regarder depuis la tour de la ville. Les deux chevaliers s’élancèrent au galop aussi féroces que des lions enragés. Le combat fut terrible : Perceval frappa son adversaire si fort qu’ils en tombèrent tous les deux. Perceval, plus rapide que l’éclair,  prit son épée et la lui enfonça dans la poitrine.
Le chevalier menteur s’ enfuit, blessé et honteux. Perceval rendit son argent au pauvre enfant. La foule le porta en triomphe par les rues de la ville. Voilà comment le jeune et noble Perceval rendit encore une fois justice.

au temps des chevaliers

Les chevaliers sont des fils de seigneur qui consacrent leur vie au combat. Ils se mettent au service d’un seigneur pour quelques temps ou pour toute la vie. Ils sont envoyés vers l’âge de douze ans chez un autre chevalier afin qu’ils y apprennent les règles de la chevalerie.
L’adoubement du chevalier est la cérémonie qui permet à un jeune guerrier de devenir chevalier. À partir du XIIe siècle, l’adoubement s’accompagne souvent d’une cérémonie religieuse qui varie d’une région à l’autre.
Dans les tournois, les chevaliers s’affrontent comme lors d’un véritable combat. Ils montrent leur courage aux dames et aux seigneurs, qui observent, depuis les tribunes, ce spectacle parfois meurtrier.

une exposition au CDI : Je rêvais d’un autre monde…

Dire des poèmes d’Eugène Guillevic, George Sand et Victor Hugo

Lise et Julie disent Aux Champs de Victor Hugo

Je me penche attendri sur les bois et les eaux,
Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;
J’ai la pitié sacrée et profonde des choses ;
J’empêche les enfants de maltraiter les roses ;
Je dis : N’effarez point la plante et l’animal ;
Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.
Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles éblouies,
Rayonnent au milieu des fleurs épanouies ;
J’erre, sans le troubler, dans tout ce paradis ;
Je les entends chanter, je songe, et je me dis
Qu’ils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages,
Au bruit sombre que font en se tournant les pages
Du mystérieux livre où le sort est écrit,
Et qu’ils sont loin du prêtre et près de Jésus-Christ.
La vie aux champs de Victor Hugo dit par Denis Podalydès : cliquez sur l’image
Victor_Hugo_001
Portrait de Victor Hugo par Nadar (vers 1884)

Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ;
Moi, je vais devant moi ; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu’il est partout chez Dieu.
Je vais volontiers seul. Je médite ou j’écoute.
Pourtant, si quelqu’un veut m’accompagner en route,
J’accepte. Chacun a quelque chose en l’esprit ;
Et tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit.
Chaque fois qu’en mes mains un de ces livres tombe,
Volume où vit une âme et que scelle la tombe,
J’y lis.

Chaque soir donc, je m’en vais, j’ai congé,
Je sors. J’entre en passant chez des amis que j’ai.
On prend le frais, au fond du jardin, en famille.
Le serein mouille un peu les bancs sous la charmille ;
N’importe : je m’assieds, et je ne sais pourquoi
Tous les petits enfants viennent autour de moi.
Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.
C’est qu’ils savent que j’ai leurs goûts; ils se souviennent
Que j’aime comme eux l’air, les fleurs, les papillons
Et les bêtes qu’on voit courir dans les sillons.
Ils savent que je suis un homme qui les aime,
Un être auprès duquel on peut jouer, et même
Crier, faire du bruit, parler à haute voix;
Que je riais comme eux et plus qu’eux autrefois,
Et qu’aujourd’hui, sitôt qu’à leurs ébats j’assiste,
Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ;
Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais
Me fâcher ; qu’on s’amuse avec moi ; que je fais
Des choses en carton, des dessins à la plume ;
Que je raconte, à l’heure où la lampe s’allume,
Oh! des contes charmants qui vous font peur la nuit ;
Et qu’enfin je suis doux, pas fier et fort instruit.

(..)

Je leur parle de tout. Mes discours en eux sèment
Ou l’idée ou le fait. Comme ils m’aiment, ils aiment
Tout ce que je leur dis. Je leur montre du doigt
Le ciel, Dieu qui s’y cache, et l’astre qu’on y voit.
Tout, jusqu’à leur regard, m’écoute. Je dis comme
Il faut penser, rêver, chercher. Dieu bénit l’homme,
Non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché.
Je dis : Donnez l’aumône au pauvre humble et penché ;
Recevez doucement la leçon ou le blâme.
Donner et recevoir, c’est faire vivre l’âme !
Je leur conte la vie, et que, dans nos douleurs,
Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs,
Et que, dans nos bonheurs, et que, dans nos délires,
Il faut que la bonté soit au fond de nos rires ;
Qu’être bon, c’est bien vivre, et que l’adversité
Peut tout chasser d’une âme, excepté la bonté ;
Et qu’ainsi les méchants, dans leur haine profonde,
Ont tort d’accuser Dieu. Grand Dieu! nul homme au monde
N’a droit, en choisissant sa route, en y marchant,
De dire que c’est toi qui l’as rendu méchant ;
Car le méchant, Seigneur, ne t’est pas nécessaire !

Lise et Julie disent Recette d’Eugène Guillevic

Prenez un toit de vieilles tuiles
Un peu avant midi.

Placez tout à côté
Un tilleul déjà grand
Remué par le vent.

Mettez au-dessus d’eux
Un ciel bleu, lavé
Par des nuages blancs.

Laissez-les faire.
Regardez-les.

Lise et Julie disent A Aurore (sa petite-fille) de George Sand

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

 

dire ensemble des poèmes de George Sand et Paul Verlaine

poème L’heure exquise de Paul Verlaine dit par Julie et Lise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée …

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure …

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise …

C’est l’heure exquise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée …

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure …

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise …

C’est l’heure exquise

chanté par Philippe Jaroussky, musique (compositeur) Reynaldo Hahn

poème A Aurore de George Sand (1804-1876), recueil Contes d’une grand-mère dit par Juliette, Julia et Celiya

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime,
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.


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