Archive for the 'cinquième' Category

une exposition au CDI : Je rêvais d’un autre monde…

Dire des poèmes d’Eugène Guillevic, George Sand et Victor Hugo

Lise et Julie disent Aux Champs de Victor Hugo

Je me penche attendri sur les bois et les eaux,
Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;
J’ai la pitié sacrée et profonde des choses ;
J’empêche les enfants de maltraiter les roses ;
Je dis : N’effarez point la plante et l’animal ;
Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.
Jeanne et Georges, fronts purs, prunelles éblouies,
Rayonnent au milieu des fleurs épanouies ;
J’erre, sans le troubler, dans tout ce paradis ;
Je les entends chanter, je songe, et je me dis
Qu’ils sont inattentifs, dans leurs charmants tapages,
Au bruit sombre que font en se tournant les pages
Du mystérieux livre où le sort est écrit,
Et qu’ils sont loin du prêtre et près de Jésus-Christ.
La vie aux champs de Victor Hugo dit par Denis Podalydès : cliquez sur l’image
Victor_Hugo_001
Portrait de Victor Hugo par Nadar (vers 1884)

Le soir, à la campagne, on sort, on se promène,
Le pauvre dans son champ, le riche en son domaine ;
Moi, je vais devant moi ; le poète en tout lieu
Se sent chez lui, sentant qu’il est partout chez Dieu.
Je vais volontiers seul. Je médite ou j’écoute.
Pourtant, si quelqu’un veut m’accompagner en route,
J’accepte. Chacun a quelque chose en l’esprit ;
Et tout homme est un livre où Dieu lui-même écrit.
Chaque fois qu’en mes mains un de ces livres tombe,
Volume où vit une âme et que scelle la tombe,
J’y lis.

Chaque soir donc, je m’en vais, j’ai congé,
Je sors. J’entre en passant chez des amis que j’ai.
On prend le frais, au fond du jardin, en famille.
Le serein mouille un peu les bancs sous la charmille ;
N’importe : je m’assieds, et je ne sais pourquoi
Tous les petits enfants viennent autour de moi.
Dès que je suis assis, les voilà tous qui viennent.
C’est qu’ils savent que j’ai leurs goûts; ils se souviennent
Que j’aime comme eux l’air, les fleurs, les papillons
Et les bêtes qu’on voit courir dans les sillons.
Ils savent que je suis un homme qui les aime,
Un être auprès duquel on peut jouer, et même
Crier, faire du bruit, parler à haute voix;
Que je riais comme eux et plus qu’eux autrefois,
Et qu’aujourd’hui, sitôt qu’à leurs ébats j’assiste,
Je leur souris encor, bien que je sois plus triste ;
Ils disent, doux amis, que je ne sais jamais
Me fâcher ; qu’on s’amuse avec moi ; que je fais
Des choses en carton, des dessins à la plume ;
Que je raconte, à l’heure où la lampe s’allume,
Oh! des contes charmants qui vous font peur la nuit ;
Et qu’enfin je suis doux, pas fier et fort instruit.

(..)

Je leur parle de tout. Mes discours en eux sèment
Ou l’idée ou le fait. Comme ils m’aiment, ils aiment
Tout ce que je leur dis. Je leur montre du doigt
Le ciel, Dieu qui s’y cache, et l’astre qu’on y voit.
Tout, jusqu’à leur regard, m’écoute. Je dis comme
Il faut penser, rêver, chercher. Dieu bénit l’homme,
Non pour avoir trouvé, mais pour avoir cherché.
Je dis : Donnez l’aumône au pauvre humble et penché ;
Recevez doucement la leçon ou le blâme.
Donner et recevoir, c’est faire vivre l’âme !
Je leur conte la vie, et que, dans nos douleurs,
Il faut que la bonté soit au fond de nos pleurs,
Et que, dans nos bonheurs, et que, dans nos délires,
Il faut que la bonté soit au fond de nos rires ;
Qu’être bon, c’est bien vivre, et que l’adversité
Peut tout chasser d’une âme, excepté la bonté ;
Et qu’ainsi les méchants, dans leur haine profonde,
Ont tort d’accuser Dieu. Grand Dieu! nul homme au monde
N’a droit, en choisissant sa route, en y marchant,
De dire que c’est toi qui l’as rendu méchant ;
Car le méchant, Seigneur, ne t’est pas nécessaire !

Lise et Julie disent Recette d’Eugène Guillevic

Prenez un toit de vieilles tuiles
Un peu avant midi.

Placez tout à côté
Un tilleul déjà grand
Remué par le vent.

Mettez au-dessus d’eux
Un ciel bleu, lavé
Par des nuages blancs.

Laissez-les faire.
Regardez-les.

Lise et Julie disent A Aurore (sa petite-fille) de George Sand

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

 

dire ensemble des poèmes de George Sand et Paul Verlaine

poème L’heure exquise de Paul Verlaine dit par Julie et Lise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée …

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure …

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise …

C’est l’heure exquise

La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée …

Ô bien-aimée.

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure …

Rêvons, c’est l’heure.

Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise …

C’est l’heure exquise

chanté par Philippe Jaroussky, musique (compositeur) Reynaldo Hahn

poème A Aurore de George Sand (1804-1876), recueil Contes d’une grand-mère dit par Juliette, Julia et Celiya

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime,
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

rendre hommage à la nature

Clément, Mateo, Lucas, Clément, Lola et Swan apprécient de se trouver dans la nature et le disent.

autour de la « semaine olympique et paralympique »

en lien avec nos collègues d’EPS, séance animée avec Gaëlle M., collègue enseignante documentaliste

  présentation par deux binômes de l’expression « du pain et des jeux »  

expression venue du latin « Panem et circenses » : elle dénonce l’usage fait par les empereurs romains de distributions de pain et d’organisation de jeux dans le but de flatter le peuple   

=> aujourd’hui elle vise ceux qui peuvent se satisfaire ou qu’on encourage à se satisfaire de pain et de jeux, c’est-à-dire se contenter de se nourrir et de se divertir au lieu de réfléchir à des problèmes plus graves qui engagent toute la société  

pour les élèves

« problèmes graves » : la pauvreté, les personnes dans la rue, la pollution, l’environnement et les migrants

« les jeux » : le foot, les JO, les jeux vidéo  

lecture de deux courts extraits de Fareigneit 451 de Ray Bradbury,


Fahrenheit 451 Elise et Julie

et d’un extrait de Va-y Claire de M. Ch. Herlgerson, au début du siècle dernier une jeune fille essaie d’imposer à tous son goût pour la course à pied.


réfléchir par groupes : Jeux olympiques => uniquement du sport spectacle ?  

devise de Pierre de Coubertin trois mots latins « Citius, Altius, Fortius » qui signifient « plus vite, plus haut, plus fort », devise proposée à la création du comité international olympique en 1894.   première participation des femmes pour l’athlétisme en 1928  

arguments pour cette manifestation // réserves  

débat : intervenir =>   

Je suis d’accord avec toi mais ne penses-tu pas que…
Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi…
Contrairement à ce que tu dis, il me semble que…
Je comprends en partie ton point de vue….
Je partage totalement ton point de vue. Cependant, j’ajouterais…
En ce qui me concerne, il m’est arrivé de…………………… (exemple)  

arguments échangés

  • faire essayer un sport, pour peut-être l’aimer. – Regarder les athlètes peut motiver les gens à faire du sport.
  • On peut pratiquer un sport sans aimer en être spectateur.
  • Les athlètes poursuivent un objectif personnel, ils ne se préoccupent pas des autres. Quand on participe à une compétition, on est content de pratiquer, mais on n’est pas forcément intéressé pour être spectateur. On s’intéresse aux gens qu’on connaît (esprit d’équipe).
  • aux JO, il y a de nombreuses disciplines, toutes ne nous intéressent pas, et ce n’est pas la diffusion des épreuves qui va changer cela
  • regarder les JO permet de mesurer la grande variété des sports et les possibilités du corps. Les athlètes se dépassent et servent de modèle.
  • Mais le sport à haut niveau peut détruire le corps, le pousser à ses limites.
  • Les JO sont un spectacle cher et lointain, auquel tout le monde ne peut pas participer et pourtant nombreux sont ceux qui aimeraient : cher.
  • C’est pourquoi les épreuves sont retransmises à la télévision. Pourtant dans le stade on est plus immergé.
  • Les animations autour du sport et des JO sont aussi intéressantes, pas seulement les épreuves.
  • Les JO amènent à construire des stades, cela coûte de l’argent public pour très peu de temps. Les installations sont ensuite abandonnées ou sous-exploitées.
  • l’argent dépensé pour construire les stades pourrait être dépensé pour aménager les villes

France Culture : Tristan et Iseut inspiré du travail de Joseph Bédier (1h26)

Tristan et Iseut

à partir d’une adaptation de Joseph Bédier (1 h 26)

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=ae5b3d3c-028f-11e4-b7ab-782bcb73ed47

Réalisation : François Christophe

Adaptation : Hervé Prudon

Avec les élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique

Tristan et Iseut Le Tristan et Iseut proposé ici s’inspire du travail de Joseph Bédier qui réunit à la fin du XIXe siècle des textes épars et anonymes du moyen-âge, joints à ceux du Normand Béroul et à ceux de Thomas d’Angleterre.

Tristan et Iseut est la légende fondatrice de l’amour courtois. L’histoire est connue. Orphelin, mais vaillant, Tristan de Loonois est recueilli par son oncle le roi Marc, et aussitôt haï par les barons de Cornouailles. Il accomplit des exploits guerriers et son oncle l’envoie chercher une fiancée au-delà des mers. Il revient d’Irlande avec Iseut la Blonde. Mais lors de la traversée, Tristan et Iseut ont bu pour leur malheur le philtre d’amour qui unit à jamais ceux qui le prennent. Dès lors, malgré leur fidélité au roi Marc, ils ne peuvent se défaire l’un de l’autre. Le roi lui-même, très juste, ne cesse de les rejeter et de les recueillir, tant il les sait loyaux. Mais les barons les persécutent et ils sont exilés, condamnés, ils souffrent de la faim et de la soif, de la séparation, pire que tout. Enfin Tristan s’éloigne pour préserver la reine et après une longue route il rencontre Iseut aux Blanches Mains, qui devient sa femme. Mais il tombe malade et son beau-frère part chercher Iseut la Blonde. Il la ramène trop tard, car la jalousie d’Iseut aux Blanches Mains empêche les deux amants de se revoir vivants.

Iseut meurt près du corps de Tristan. Leur amour leur survit dans les branches entrelacées de deux arbres plantés de part et d’autre d’une chapelle. Tristan avait beau être le plus vaillant des chevaliers, celui qui avait vaincu des géants et des dragons, et Iseut avait beau être reine et fille de roi, fière et loyale, l’amour était bien plus fort qu’eux. C’est cet amour que raconte le roman de Tristan et Iseut. Cet incurable amour.

La beauté du texte tient dans son extrême simplicité, malgré l’abondance des récits guerriers et des déclarations courtoises. Les situations redondantes ou inutiles ont été supprimées. Les dialogues sont nombreux, qu’il s’agisse de défis tonitruants ou de tendres aveux. Le langage y est une charmante reconstitution du langage moyenâgeux qui serait aujourd’hui illisible sinon par des médiévistes achevés. Enfin, il s’agit bien ici d’un vrai roman, riche en péripéties et en sentiments. Tout y est sublimé : la naïveté narrative, la bravoure, la loyauté, et l’amour. Et il n’est pas interdit d’y entendre quelque chose d’éternel.

Avec :

Leslie Bouchet

Julien Bouanich

Mélodie Richard

Maxime Dambrin

Ludmilla Dabo

Valentin de Carbonnières

Aurélie Nuzillard

Marie Marquis

Alix Riemer

Mathurin Voltz

Laure-Lucile Simon

Julien Barret

Astrid Bayiha

Julie Duclos

Anthony Boullonnois

David Houri

Bruitages : Patrick Martinache

Musique : Yann Ferry

Prise de son, montage et mixage : Pierre Mine, Philip Merscher

Assistante à la réalisation : Delphine Lemer

une carte

L’appel de la forêt en audio, deux versions

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Jack London (1876 – 1916) en train d’écrire dehors © Getty / Bettmann

site Jack London en français

pour réécouter l’émission (3/4 d’h) en son entier cliquer ici

émission de Guillaume Galienne sur France Inter : des extraits ci-après

Jack le Loup du Grand Nord

En 1897, parmi ces hommes avides de faire fortune, un jeune Américain se lance lui-aussi dans la ruée vers l’or. A 21 ans, il a déjà beaucoup bourlingué : ouvrier à 14 ans, matelot à 17, militant socialiste à 20 ans, celui que l’on surnomme « Le Prince des Pilleurs d’huîtres » ou « Jack le marin » part, comme tant d’autres, à la conquête de l’Alaska. De retour à San Francisco l’année suivante, atteint de scorbut et rongé par l’alcoolisme, il ne ramène de son périple qu’une pincée de poudre d’or, qui lui rapporte la somme de 4 dollars…

Mais le jeune homme, autodidacte, revient riche d’un autre trésor : la matière d’un passionnant récit d’aventure qui lui apportera, six ans plus tard, une renommée internationale. Il s’agit de l’écrivain-aventurier, Jack London, et son célèbre roman, L’Appel de la forêt, paru en 1903.

En épilogue : « L’Appel » de la nature, entendu par le chien Buck, n’est pas sans évoquer une autre « voix », plus symbolique : celle qui appelle Jack London à la vocation d’écrivain. Lui qui fut tour à tour marin et chercheur d’or, « loup des mers » et « loup du Grand Nord », Jack London s’est peut-être, tout au long de son existence, senti comme un loup au milieu des hommes. Souffrant de l’absence d’un père qui ne l’a jamais reconnu, l’homme révolté a souvent cherché à venger son enfance solitaire et pauvre, vécue dans les quartiers malfamés de San Francisco. A la fin de sa vie, devenu riche, l’écrivain se fit construire une somptueuse demeure dans la forêt, qu’il appela « La Maison du Loup »…

texte intégral : La Bibliothèque électronique du Québec

ou encore ici

 


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