Archive for the 'quatrième' Category

« c’est pire que beau ici ! »

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5h, Paris par la porte de La Chapelle. Marc, notre chauffeur nous entraîne dans une balade dans Paris. Arrêt au Trocadéro, le temps de quelques photos. Un croissant de lune dans le ciel. Voir le jour doucement se lever sur la capitale.

un objet prend vie

 

Consigne : je décris un objet familier que je personnifie. Je peux le doter d’un passé et/ou d’un avenir.

Un barreau

Il y avait, à côté de l’entrée du collège Marguerite de Navarre des toilettes pour filles et pour garçons. Je n’ai jamais eu le privilège — et le malheur — d’entrer dans celles  des garçons mais le héros de cette histoire se trouvant être une barre de métal complètement rouillée, je n’y reviendrai pas.

Les escaliers menant aux toilettes des filles étaient donc encadrés de barreaux d’environ un mètre. La plupart de ces barreaux étaient tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception d’un seul qui avait la faculté de pouvoir tourner sur lui-même.

Et  tous les jours, le barreau s’ennuyait ferme, d’autant plus que ses compagnons d’infortune — c’est ainsi qu’il surnommait ses congénères barreaux  — ne trouvaient rien de mieux à faire que de le narguer car, « eux, ils étaient totalement rouillés mais au moins, ils savaient rester à leur place, sans coulisser au moindre coup de vent « .

Et tous les jours, le barreau de fer se languissait de ne pouvoir ouvrir la Porte. En effet, il suffisait de le tourner dix fois vers le Nord et douze fois vers le Sud, et ce quatre fois de suite pour que la Porte s’ouvre.

Malheureusement, le secret qui avait d’abord été transmis de mère en filles, de copine en copine avait fini par se perdre et le vieux barreau lui-même ignorait ce qu’il se passerait si on le tournait de cette façon. Il savait seulement que les toilettes qu’il occupait avaient d’abord servi de salles de tortures…

 

La board

Elle était rangée derrière l’échelle de sa mezzanine, mais, parfois, elle traînait dans sa chambre naviguant entre tout ce qui y était entassé. Elle, sa board. Elle lui servait beaucoup, c’est avec elle qu’il partagea ses premières « figures de grands », le flip, le variale flip… Parfois aussi, il s’énervait avec elle, celle-ci manqua plusieurs fois de passer sous une voiture tellement sa colère était grande. Maintenant il continue de progresser, les bons moments ne manquent pas. Mais avec le temps, le dessin qui orne le dessous de la planche s’abîme, s’use. On peut sentir que sa fin est proche. Son propriétaire va devoir en racheter une. Eh ! oui, elle ne virevoltera plus dans les ruelles. Abandonnée, elle ne servira plus à rien.

 

Le stylo-plume

 Il était rose avec des petits moutons blancs. Il n’avait que quelques mois mais on aurait dit qu’il était vieux de plusieurs années. Margot l’avait acheté à son entrée en cinquième et depuis, il devait écrire toutes les leçons ennuyeuses d’histoire-géo, incompréhensibles de mathématiques et les exercices catastrophiques de français. La trousse était sa maison. Il y vivait avec Toto le ciseau, Péteur l’effaceur et Ronflon le crayon. Il pensait souvent à tout ce qui lui restait encore à écrire jusqu’au jour où, malheureusement, il se casserait et finirait à la poubelle.

 

La raquette de Claude

La raquette de Claude était verte sauf à la base du manche, à l’endroit où on la tenait. Dessus, il y avait deux revêtements, un rouge et un noir. Toutes les semaines, elle s’amusait comme une enfant. Parfois, elle était énervée et souffrait. Après avoir joué, elle se reposait dans une housse où elle rencontrait la plus ancienne des raquettes de Claude. Un jour, Claude la remplaça par une nouvelle raquette, plus belle, plus performante. Elles se détestaient. Le jour de l’entraînement, Claude prit la nouvelle. La verte était furieuse. Trois mois plus tard, l’autre fut décollée. La restante était enfin vengée et put sauver le reste de sa vie avec Claude.

 

Le correcteur Pritt

Je l’avais trouvé dans le pot à crayons de mon père pendant que je récitais ma poésie. Il avait attiré mon regard pour sa forme de formule 1. Un jour, il arriva sur mon bureau. Il se précipita dans ma trousse. Il devint vite ami avec le stylo-plume à encre bleue. Il était impatient de voir les salles de classe. Quand il sortit de ma trousse, Victor se précipita dessus. Le correcteur Pritt était heureux que l’on s’occupe de lui. Enfin il était le centre d’intérêt des discussions du

 

Le sac Eastpak

Je pris un jour un sac et ce sac était un Eastpak. Rouge et noir avec des dessins. De jolis dessins. Je l’ai gardé un an puis deux années et même trois années sans un trou, sans fermeture éclair cassé. Rien ! Tout marchait et nous nous entendions bien! Mais un jour arriva le collège : j’ai dû changer de sac. Pourtant, il était merveilleux, il avait tenu mais j’avais tellement peur qu’il lâche…

 

Le stylo

  Le stylo était rouge avec un dragon argenté. Reçu pour l’anniversaire des dix ans de Sarah, il avait deux ans. Son bouchon était l’objet de nombreuses triturations, d’ailleurs il était légèrement fissuré.

Il avait maintes fois accompagné sa propriétaire dans de nombreux contrôles (d’histoire, d’allemand et d’expression écrite) où elle écrivait comme une forcenée.

Son havre de paix était la trousse criblée d’écritures, et parmi quelques crayons de couleur, le blanco et la gomme, il se pelotonnait tranquillement, songeant aux jours heureux de vacances où il se reposerait enfin.

Le lit

Le lit d’Eva,  tout bleu et très moelleux, était raide dingue de sa voisine la couette. Une couette toute blanche et elle aussi amoureuse de lui. A chaque fois que quelqu’un voulait s’y coucher, il ne pouvait plus en sortir tellement la couette et le lit se serraient fort. Un jour, le lit se décida enfin à demander la couette en mariage, la couette, bien évidemment, accepta. Ils eurent plein de petits oreillers bleus à points blancs et tout aussi moelleux que leur père.

C’est ainsi que se finit l’histoire merveilleuse (ou presque) du lit et de la couette.

 

Le stylo

Il était jaune fluo et transparent. On voyait son squelette constitué d’un squelette et d’un tube blanc qui retenait l’encre. Il y avait aussi quelques plaques métalliques au bout et au début de ce beau stylo bic jaune. Il était fin et lisse.

A chaque fois que l’on écrivait avec, on avait l’impression qu’il écrivait tout seul. Et même les élèves qui écrivaient mal (voire très mal !) avec ce stylo écrivaient bien. Personne ne savait pourquoi. Personne, sauf lui.

Il avait été jadis un joli prince très habile que tout le monde aimait. Mais un jour qu’il partait à la chasse avec son cheval Soleil-Levant, une vieille sorcière lui jeta un sort et il atterrit dans une trousse, changé en stylo jaune fluo.

Dans la trousse, il était piqué par le compas, compressé parmi tous les stylos, Sali par les feutres sans capuchons et enfin étouffé par le taille-crayons qui lui enfonçait la tête.

Mais ce n’est pas tout : quand l’enfant le sortait de sa trousse, il le mordillait et le faisait passer à toute la classe pour que tout le monde admire le stylo foutu grâce à ses mâchoires, ce qui provoquait des éclats de rire.

Et puis un jour, l’élève se lassa de son stylo cassé et le jeta à la poubelle.

Voici la fin tragique du prince.

 

Le réfrigérateur

La vie du frigidaire n’est pas aisée et personne à part eux-mêmes ne le remarque. Autrefois, on les respectait, ils n’allaient que chez les familles riches, on les appelait « réfrigérateur ». Maintenant ils sont même dans les familles pauvres et on les nomme « frigo ». Ah, si mon grand-père me voyait pense-t-il souvent. Eux qui descendaient de la fière lignée des usines « Frigidi, les figidaires sans soucis ».Et puis ils doivent sans cesse repousser les attaques des abominables choses que sont les fours. Toujours à ouvrir leur bouche à l’occasion de quelque fête. « Non, mais… vous vous croyez en Afrique ? » avait lancé un jour un réfrigérateur au four qui lui faisait place et lui, comble de non-respect envers son aîné, lui avait répondu : « Et toi, l’ vieux, t’es au pôle nord ? C’est p’tèt ça qui t’a givré le cerveau ? »

 

Une paire de chaussures

La chaussure fut jetée à travers la pièce, évitant de justesse le chien de la maison. Elle atterrit lourdement, juste devant le poêle. Elle fut très vite rejointe par sa compagne de toujours la chaussure gauche. Elles s’aimaient depuis qu’elles s’étaient rencontrées. C’est-à-dire dans une boîte en carton. Une boîte pas très confortable. Elles attendirent de longues semaines. Sortants de temps en temps de la boîte pour être enfilées à des pieds puants. Mais jamais un humain ne les avait prises. Elles étaient pourtant belles : des baskets blanches à bandes noires. Mais les baskets n’étaient plus à la mode le top en ce moment c’était les Converse. Oh ! celles-là ce qu’elles pouvaient être hautaines ! Toujours à se pavaner ! Mais un jour une fille les essaya et après une longue réflexion passa à la caisse pour les payer. A partir de ce jour-là, les baskets furent très utilisées. Tant et si bien que trois mois plus tard, la basket droite avait déjà un trou sur le côté. Le faux daim sur sa pointe, blanc à l’origine, devint de plus en plus gris. Un jour où la jeune fille avait encore enfilé ses baskets la chaussure droite n’en put plus et se déchira sur toute sa longueur. Elle connut très vite, avec sa compagne, le fond de la poubelle.

 

Le poste de musique

Mon poste de musique est magnifique : gris métallisé et deux enceintes couleur bois. Je l’ai posé sur mon étagère. Amoureux de mon réveil, la nuit il gambade à travers la chambre pour aller le draguer. Sur la pointe des enceintes, très souple, il franchit tous les obstacles. Lorsqu’il s’énerve, il met la musique très fort mais le lendemain il est sage comme une image.

 

Un petit coffret en bois

Il était là, sur l’étagère remplie à craquer de livres de toutes sortes, à côté du globe en verre et du vase rempli de plumes, immobile, insignifiant, un petit coffret en bois vide… Vide… Pas entièrement… Autrefois, il avait servi à une personne très puissante, un mage. Il avait recelé un immense trésor, une puissance magique d’une force inimaginable qui méritait bien plus que son nom : l’amour. L’amour qui déchire les cœurs et les reconstruit aussi facilement, l’amour qui ravage les âmes et les détruit, qui rend le sage fou, qui envahit les hommes…

 

 Un sac

Un sac bleu clair. Dessus des inscriptions. Souvent calé, bien confortablement, au pied de la table. Résistant car il portait les nombreuses affaires de cours de Delphine, qui, quand elle rentrait chez elle, le balançait à l’autre bout de la pièce, en l’abandonnant. Deux poches : une grande et une plus petite dont la fermeture éclair était cassée. Tous les sacs lui prêtaient une histoire d’amour avec le sac de Mélanie. C’était vrai, il était fou amoureux d’elle. Il aimait bien son environnement même si rester calé pendant les cours de sa propriétaire l’ennuyait. Alors il rêvait de son avenir avec la belle sacoche.

 

 La raquette de tennis.

Rouge et blanche, bien au chaud dans sa housse, elle détestait le mercredi. Un jour maudit pour cette pauvre raquette de tennis. Secouée de gauche à droite, de bas en haut, elle avait mal au manche, souffrait de ses cheveux cordage tirés jusqu’au déchirement. Elle aimait le samedi : elle retrouvait la Babolat 301 rouge et jaune mais toutes deux détestaient la Dunlop 602 noire et rouge, soi-disant plus puissante. Un jour qu’elle l’affrontait, une balle arriva avec une force telle qu’elle en perdit quelques cheveux. Elle fut conduite dans un hôpital Intersport et réparée. Maintenant elle gagnait toujours la Dunlop 602 noire et rouge.

 

 Le carnet de correspondance d’Alexandre

Un carnet de correspondance bleu comme tous les carnets de correspondance du Collège. Indispensable quand on voulait sortir après les cours. Quand Alexandre faisait quelque chose de pas bien en cours, le professeur le sanctionnait : il prenait son carnet,  écrivait un mot dans une bande orange, détachait un bout à faire signer par la vie scolaire tandis qu’un carré restait accroché à faire signer par les parents.

Un jour, Alexandre sut qu’il allait déménager à Nice. Il se mit à faire l’imbécile pour que son carnet se remplisse de mots.

Lorsqu’il quitta son dernier cours, dès la sortie du Collège, il prit le briquet qu’il avait apporté, brûla son carnet puis jeta ce qu’il en restait.

Voilà le destin qui peut attendre chaque carnet de correspondance !

 

La vieille table de français

Laureen trouvait que sa vieille table de français souffrait. Une table en bois aux pieds en fer. Elle souffrait parce que quelqu’un la martyrisait en gravant des mots comme Nicolas, mdr, volcom… avec son compas. Mais ce n’était pas tout ! Elle supportait aussi le poids des trousses, des cahiers, des bras et même des coups de poing énervés sans parler de tous les vieux chewing-gums qu’on lui collait dessous, à l’abri des regards. Laureen l’aimait bien. Tous les jours elle lisait ce qui venait de lui être rajouté.

 

Un très joli livre

C’est un très joli livre à la couverture blanche et noire. De grandes lettres Entre chiens et loups sont inscrites sur la première de couverture. En son milieu, horizontalement, un barbelé qui peut faire peur. Ce livre appartient à Héloïse avec qui il parle souvent. Très chouchouté, il prend une place considérable dans la bibliothèque de sa propriétaire. Parfois il s’énerve quand on le jette n’importe où et se met à gémir mais très vite il se calme. Il passe des journées entières à attendre patiemment Héloïse. Bien qu’il commence à prendre de l’âge, il ne le montre pas vraiment. Toute la journée, il explore les contours de la chambre dans laquelle il est soigneusement posé. Il voyage autant que sa propriétaire et explore de nombreux autres petits coins où s’installer et rêvasser.

 

Mon stylo plume

Mon stylo plume, quand on le voit, posé sur une table, il est assez ordinaire. Long, rose, fin. Pour l’ouvrir, il faut tourner le bouchon. Il a deux petits yeux jaunes. Il fait une très jolie écriture mais parfois à force d’écrire il en a marre, il écrit mal et même parfois pas du tout. Il bave rarement. Pourtant quand il a faim, il faut lui donner tout de suite une cartouche bleue. Les noires il ne les aime pas. Un peu comme les enfants avec le chocolat noir. Il n’a pas de bouche, sinon il m’aurait déjà mordu, non, quand même pas ! mais crié dessus, si, sûrement ! Parfois il sort de la trousse et part en courant sur le sol, c’est bien la preuve qu’il n’a pas trop envie de travailler.

 

Mon oreiller

Mon oreiller quarante centimètres sur quarante, rempli de plumes, entouré d’un tissu de coton Si fin, si doux… et des petits dessins rigolos. Quand je rentre chez moi après une journée épuisante, j’enfouis ma tête dans ses replis moelleux. J’entre alors dans un autre monde, un monde de rêves qui me fait oublier tous mes malheurs et mes mauvaises notes. Il sent bon, il est chaud, douillet, parfois froid. Il prend parfois figure humaine, tantôt triste, tantôt gaie. Bref, c’est l’oreiller idéal pour passer une nuit de rêve, se réveiller frais le matin et réussir son exercice de français !

 

Des Converse

Hier soir, j’ai acheté des Converse et ce matin je les ai mises pour aller au collège. Elles ont une peau marron et des lacets clairs comme des cheveux blonds. Le bout de mes chaussures ressemble à un sourire de dents blanches et elle me tire la languette. Le symbole de la marque a les yeux bleus. La chaussure de gauche demande à la chaussure droite :

  • C’est ta première journée ?
  • Oui. Comment tu t’appelles ?
  • Bonjour, je m’appelle Nicolas.
  • Et moi, je m’appelle Lucie, répond la chaussure de droite.

Ensemble, nous faisons la connaissance du livre d’Héloïse.

 

  Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

Un stylo plume

Ce n’était pas un humain, ni un animal, ni une plante mais un objet, plus précisément un stylo plume vert à pois bleus. Un stylo heureux de vivre dans une belle trousse parmi d’autres stylos. Lorsqu’il écrivait, on aurait dit qu’il dansait, passant d’une lettre à l’autre en sautant, dessinant des courbes… Parfois, il ne voulait plus écrire… Monsieur n’était pas content ou en colère, alors il s’arrêtait et Pauline changeait la cartouche. Comme par magie, rempli d’énergie, il reprenait son rythme pour compléter la page blanche. Quand il était furieux, Pauline appuyait fort sur sa plume pour qu’il continue à noter mais il bavait, fuyait, se déformait ou se cassait. Elle le réparait, se réconciliait avec lui et il reprenait sa danse sur la feuille. Pauline aimait bien ce stylo plume.

 

 Ma bague

Elle est toute petite, très jolie, avec de petits diamants. Brillante. Une bague que ma grand –mère m’a offerte. Une bague si heureuse le premier jour où je l’ai mise. Puis les jours ont passé et elle est devenue très étrange. Elle pleurait jour et nuit, désespérée. Qu’avait-elle donc ? J’ai décidé de la porter à nouveau. Elle a souri aussitôt. En fait, elle ne voulait plus être enfermée dans la boîte à bijoux.

 

La play

 Cette play station noire de vingt centimètres carrés sur treize, Guillaume l’adore mais elle, une Sony, ne l’aime pas. Elle le déteste même. Tous les jours elle se fait secouer quand Guillaume n’arrive pas à faire ce qui est demandé dans le jeu. Un jour il l’a même jetée à terre. Elle criait de douleur face à cette chute terrible.

  • Tu ne m’aimes donc pas ? gémissait-elle.

Mais il n’a pas répondu. Depuis ce jour, la play a un défaut. Elle a la capacité de s’éteindre toute seule. Devant cette menace, Guillaume la respecte et ne la secoue plus. Ils sont devenus amis, du moins ils le croient.

 

Un stylo

Il écrit ce qu’on lui dit d’écrire mais au fond il est triste. C’est un stylo bleu clair et bleu vert, orné d’un crocodile marron sur le dos. S’il est triste c’est parce qu’il est tout seul et aussi parce qu’il ne peut pas écrire et raconter ce qu’il veut sur une feuille. Il est obligé de parler avec les crayons à papier et les taille-crayons. Un nouveau stylo vert vient d’arriver et d’un coup il sent que le vide de la solitude se referme petit à petit. Mais au moment où il va le voir, le stylo vert se fait emporter. Déjà dix minutes et il ne revient toujours pas… alors le stylo du début se ressent à nouveau terriblement seul.

 

Le stylo-plume

Le stylo-plume dort dans une trousse avec plusieurs camarades. Quelqu’un le prend et commence à écrire. Il sent la douceur de ses mains, essaie de ne pas lâcher trop d’encre mais juste un peu. Retour à la maison. Epuisé et assoiffé, il s’endort tout de suite. Le lendemain, la personne le reprend, il n’a plus d’encre et il se rendort éternellement. Elle lui fait de merveilleuses funérailles.

 

Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes

 Des fleurs pour Algernon (2013) - film complet d'Yves Angelo

Cœur simple et soucieux de bien faire, Charlie a en commun avec la souris Algernon le niveau de son QI : 68. Choisi en raison de sa motivation, ce modeste employé d’usine va participer à la même expérience scientifique que l’animal…

Auteur: Daniel Keyes, Gérald Sibleyras
Rédaction: Isabelle Huige
Image: Yves Angelo
Producteur: Jean-Louis Livi
Production: F COMME FILM, ARTE F, TV5 Monde
Réalisation: Yves Angelo
Scénariste: Yves Angelo
Avec : Grégory Gadebois (Charlie)

Rimes et jeux de sonorité

En fin de vers, les rimes se distinguent par leur disposition :

– AABB: rimes suivies

– ABAB : rimes croisées

– ABBA: rimes embrassées

• À l’intérieur des vers, les sonorités peuvent être utilisées pour mimer des bruits.
• On peut créer un effet sonore en répétant certaines consonnes : on fait alors une allitération.

« Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? » (Racine)

On peut également créer une impression en répétant des voyelles à la rime ou à l’intérieur du vers : on fait alors une assonance.

« La colombe roucoule;

écoute, un caillou roule

en le souffle qui coule ou croule

dans le joujou frêle de son cou » (Saint-Pol-Roux)

Ta Katie t’a quitté de Boby Lapointe (paroles et musique)
Ce soir au bar
De la gare
Igor hagard est noir
Il n’arrête guère de boire
Car sa Katia, sa jolie Katia vient de le quitter
Sa Katie l’a quitté
Il a fait chou blanc
Ce grand duc avec ses trucs, ses astuces, ses ruses de Russe blanc
« Ma tactique était toc » dit Igor qui s’endort, ivre mort au comptoir du bar
Un Russe blanc qui est noir
Quel bizarre hasard se marrent
Les fêtards paillards du bar.
Car encore Igor y dort
Mais près d’son oreille
Merveille un réveil vermeil,
Lui prodigue des conseils
Pendant son sommeil:Tic tac tic tac
Ta Katie t’a quitté

Tic tac tic tac
Ta Katie t’a quitté
Tic tac tic tac
T’es cocu, qu’attends-tu ?
Cuite-toi, t’es cocu
T’as qu’à, t’as qu’à t’cuiter
Et quitter ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta tactique était toc
Ta tactique était toc
Ta Katie t’a quitté
Ote ta toque et troque
Ton tricot tout crotté
Et ta croûte au couteau
Qu’on t’a tant attaqué
Contre un tacot coté
Quatre écus tout compté
Et quitte ton quartier
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Ta Katie t’a quitté
Tout à côté, des catins décaties taquinaient un cocker
Coquin
Et d’étiques coquettes tout en tricotant caquetaient et
Discutaient et critiquaient
Un comte toqué, qui comptait en tiquant, tout un tas de tickets
De quai.
Quand tout à coup…
Tic tac tic…
Brrrrrr…

« Oh matin quel réveil
Mâtin quel réveille matin »
S’écrie le Russe blanc de peur
« Pour une sonnerie
C’est une belle çonnerie! »

Chanson exercice en forme de Z de Serge Gainsbourg

Zazie
A sa visite au zoo
Zazie suçant son zan
S’amusait d’un vers luisant
D’isidore Isou
Quand zut ! Un vent blizzard
Fusant de son falzar
Voici zigzaguant dans les airs
Zazie et son Blazer

L’oiseau
Des îles est pris au zoom
Par un paparazzi
Zigouilleur visionnaire
De scherzi de Mozart
Drôle de zigoto
Zieuteur du genre blasé
Mateur de photos osées

 Zazie

Sur les vents alizés
S’éclate dans l’azur
Aussi légère que bulle d’Alka Selzer
Elle visionne le zoo
Survolant chimpanzés
Gazelles lézards zébus buses et grizzlis d’Asie

L’oiseau
Des îles est pris au zoom
Par l’autre zèbre, bonne zigue
Zazie le fusillant d’un bisou
Lui fait voir son bazar
Son zip et son Zippo
Fendu de jusqu’à Zo

 à partir du texte suivant

 Un bagnard banal -balafré et basané – balayait le bar de la Baleine en baragouinant dans sa barbe. Un barzoï batifolait avec un bâtard de basset. À la Bastille, un bateleur bâtait un babiroussa ; les badauds, baba, babillaient. Près du bazar, un Bavarois bavardait avec un baladin. La barre du baromètre bascula et badaboum… Pour une balourdise de baderne, ce fut la bagarre. Le bagnard balafra le bateleur, le Bavarois bâtonna le baladin, le barzoï battit le bâtard de basset et les badauds ballottés se barricadèrent…

Quel bataclan !

Composez à votre tour un court texte en utilisant toujours la même syllabe initiale pour les noms, les adjectifs et les  verbes : dé-, cha-, so-, ri-, bu-…

 Voici une liste de mots en dé- que vous pouvez par exemple utiliser :

 déambuler – déballer – le débarquement – un débarras – un débat – débile – un débit – déblayer – déboiser – débonnaire – déborder – déboucher – débraillé débrouiller – un début – la décadence – un décalage – décaler – décamper – un décapsuleur – décéder – décembre – la déception – décevoir – déchaîné – un déchet – déchiqueter – décider – décisif – déclarer – déclencher – décoiffer – un décodage – un décolleté – des décombres – décoratif – découper – une découverte – décousu – un déjeuner – un délégué – démodé – dépité – un départ – déchirer – déclamer – une dérive – délirer – désordonné – un député- détester…

Utilisez  le dictionnaire pour trouver d’autres mots !

textes d’élèves

Un délégué démodé conduit des débats débiles. Il faut se débarrasser de lui. Tout le monde le déteste. Il nous déçoit. Son départ ? un bon débarras.

Honorine

Un damoiseau décoiffé déambulait en décembre. Son air débile mais débonnaire décidèrent la demoiselle au décolleté démodé. Désolée, elle s’approcha d’un pas dansant et déclama des mots doux à ce drôle d’homme qui, dédaigneux, la dégagea déclarant devoir décamper dare-dare à son déjeuner de député. Déchainée, dépitée, elle détesta ce déchet. Débordé, il disparut dans le dédale délirant.

Manon

un chanteur poète Georges Brassens

Georges Brassens – Pourquoi t’as les cheveux blancs ? (1973) un film documentaire de Jean-Marie Périer

 

« On dirait un jeu (et c’en est un) mais tu verras à quel point ta tête pourra se peupler de personnages, histoires, souvenirs en tous genres »

Umberto Eco (5 janvier 1932 – 19 février 2016) est un écrivain italien polygraphe, véritable érudit moderne. Il est connu auprès du grand public pour ses romans (Le Nom de la rose, Le Pendule de Foucault), mais également estimé en tant que linguiste et universitaire. Il est aussi l’auteur de chroniques plus légères souvent rassemblées en recueils.
Dans cette lettre écrite à la demande d’un grand hebdomadaire italien en janvier 2014, Umberto Eco nous régale de son ton familier et sage à la fois. Version moderne de la lettre de Gargantua à son fils pour une éducation humaniste, le texte offre tour à tour des réflexions sur la pornographie, les nouvelles technologies, le cinéma, la mémoire, et l’Histoire. Vaste programme… et véritable plaidoyer pour la culture générale !

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Mon petit-fils chéri,

Je ne voudrais pas que cette lettre de Noël résonne de manière trop moralisatrice et te donne à entendre des conseils sur nos semblables, la patrie, les mondes et d’autres choses de ce genre. Tu ne l’entendrais pas et quand l’heure viendra de la mettre en pratique (toi, adulte, et moi, trépassé) le système des valeurs aura tellement changé que mes recommandations t’apparaîtront probablement datées.

Ainsi voudrais-je m’attarder sur une seule recommandation que tu seras à même de mettre en pratique même maintenant, au moment même où tu navigues sur ton iPad ; je ne commettrais pas l’erreur de te le déconseiller, non parce que j’aurais l’air d’un grand-père radoteur, mais parce que je le fais moi aussi. Tout au plus puis-je te conseiller, si jamais tu tombes sur les centaines de sites pornos qui montrent les rapports sexuels entre deux êtres humains, ou entre un être humain et un animal, dans des milliers de positions, essaie de ne pas croire que le sexe se réduit à ce qui t’en est montré de manière assez monotone, parce qu’il s’agit d’une mise en scène pour te contraindre à ne pas sortir de chez toi et regarder de vraies filles.

Je pars du principe que tu es hétérosexuel, sinon tu adapteras mes recommandations à ton cas précis. Mais regarde les filles, à l’école ou là où tu vas jouer, parce que les vraies filles sont mieux que celles qu’on voit à la télévision, et, un jour, elle te donneront bien plus de satisfaction que celles que tu trouves online. Crois en celui qui a plus d’expérience que toi (et si j’avais regardé le sexe uniquement à travers l’ordinateur, ton père ne serait jamais né, et toi, on ne sait même pas où tu serais, voire tu ne serais même pas là).

Toutefois ce n’est pas de ceci dont je voudrais te parler mais plutôt d’une maladie qui a frappé ta génération et même celle de jeunes gens un peu plus âgés que toi, ceux qui vont peut-être déjà à l’université : la perte de la mémoire.

Il est vrai que si l’on a le désir de savoir qui est Charlemagne ou encore où se trouve Kuala Lumpur, tu n’as qu’à taper sur une touche et Internet te le révèle aussitôt. Fais-le quand cela est utile mais après l’avoir fait, essaie de te rappeler ce que tu as lu pour ne pas être obligé de le chercher une deuxième fois si jamais tu en ressentais un besoin irrésistible, peut-être pour une recherche à l’école. Mais sache que le risque est le suivant : puisque tu crois que ton ordinateur pourra te le dire à n’importe quel moment, tu pourrais perdre le goût de le mémoriser. Ce serait un peu comme si, ayant appris que pour aller de telle rue à une autre, il y a l’autobus ou le métro qui te permettront de te déplacer sans aucune fatigue (ce qui est très commode, et fais-le à chaque fois que tu es pressé), tu penses que tu n’as ainsi plus besoin de marcher. Mais si tu ne marches pas suffisamment, tu deviens une personne à mobilité réduite, comme on appelle aujourd’hui celui qui est obligé à se déplacer avec une chaise roulante. D’accord, je sais que tu fais du sport et que donc tu sais bouger ton corps, mais revenons à ton cerveau.

La mémoire est un muscle comme ceux des jambes, et si tu ne l’exerces pas, il s’atrophie et tu deviens (d’un point de vue mental) handicapé, c’est-à-dire (soyons clair), un idiot. Et, en plus, étant donné que nous risquons tous d’avoir un Alzheimer quand on devient vieux, l’un des moyens pour éviter cet incident déplaisant, c’est d’exercer sans cesse notre mémoire.

Dès lors, voici mon régime. Apprends tous les matins quelques vers, un bref poème ou, comme on m’a appris à mon époque, « La Cavallina storna » ou « Il Sabato del villaggio ». Et peut-être fais une compétition avec tes amis pour voir qui s’en souvient le plus. Si tu n’aimes pas la poésie, fais-le avec les formations de joueurs de football, mais fais attention à ne pas juste connaître qui sont les joueurs de l’équipe de la Roma d’aujourd’hui mais aussi ceux d’autres équipes y compris ceux des équipes d’autrefois (figure-toi que je me souviens de la formation de l’équipe de Turin quand leur avion s’était écrasé à Superga avec tous les joueurs : Bacigalupo, Ballarin, Maroso etc.). Fais des compétitions de mémoire, peut-être à propos de livres que tu as lus (qui était à bord de la Hispaniola à la recherche de l’île au Trésor ? Lord Trelawney, le Capitaine Smollet, le Docteur Livesey, Long John Silver, Jim…). Essaie de savoir si tes amis se souviennent qui étaient les domestiques des Trois Mousquetaires et de D’Artagnan (Grimaud, Bazin, Mousqueton et Planchet)… Et si tu ne voudras pas lire Les Trois Mousquetaires (et tu ne sauras pas ce que tu perdras), fais-le, je ne sais pas, avec d’autres histoires que tu as lues.

On dirait un jeu (et c’en est un) mais tu verras à quel point ta tête pourra se peupler de personnages, histoires, souvenirs en tous genres. Tu te seras demandé pourquoi les ordinateurs s’appelaient autrefois « cerveaux électroniques ». C’est parce qu’ils ont été conçus sur le modèle de ton (de notre) cerveau mais notre cerveau possède plus de connexions que notre ordinateur, c’est une sorte d’ordinateur que tu portes en toi et qui grandit et devient de plus en plus fort avec l’exercice, tandis que l’ordinateur que tu as sur ta table, plus tu l’utilises plus il perd en rapidité et au bout de quelques années tu dois le changer. En revanche ton cerveau peut actuellement durer jusqu’à quatre-vingt-dix ans et à quatre-vingt-dix ans (si tu l’as entretenu dans un exercice continu) il se souviendra de beaucoup plus de choses que celles dont tu te souviens aujourd’hui. Et ceci, gratuitement.

Il y a aussi la mémoire historique, celle qui ne concerne pas les faits de ta vie ou les choses que tu as lues, mais ce qui est arrivé avant que tu ne viennes au monde.

Aujourd’hui si tu vas au cinéma, tu dois entrer à une heure fixe quand le film commence et dès qu’il commence, quelqu’un te prend pour ainsi dire par la main et te dit ce qui se passe. De mon temps, on pouvait entrer au cinéma à n’importe quel moment, je veux dire même à la moitié du spectacle, on arrivait au moment où les choses étaient en train de se dérouler, et on essayait de comprendre ce qui s’était passé avant (puis quand le film recommençait depuis le début, on pouvait constater si on avait tout compris — mis à part que, si le film nous avait plu, on pouvait rester le regarder à nouveau). Voilà la vie est comme le cinéma permanent, un film de mon temps. Nous entrons dans la vie quand beaucoup de choses sont déjà arrivées, depuis des centaines de milliers d’années, et c’est important d’apprendre ce qui s’est passé avant notre naissance, cela sert à mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui.

Actuellement l’école (au-delà des trois lectures personnelles) devrait t’apprendre à mémoriser ce qui est arrivé avant ta naissance mais visiblement elle ne le fait pas bien parce que beaucoup de sondages montrent que les jeunes d’aujourd’hui, même ceux qui vont à l’université, s’ils sont nés par hasard en 1990, ils ne savent pas (ou peut-être ne veulent pas savoir) ce qui s’était passé en 1980 (et ne parlons pas de ce qui s’est passé il y a cinquante ans). Les sondages nous disent que si on demande à certains qui était Aldo Moro, ils répondent qu’il était le chef des Brigades Rouges — en réalité il a été tué par les Brigades Rouges.

Ne parlons pas des Brigades Rouges. Elles demeurent quelque chose de mystérieux pour beaucoup de monde, et pourtant, elles représentaient le présent d’il y a une trentaine d’années. Je suis né en 1932, dix ans après la prise de pouvoir du fascisme, mais je savais même qui était le premier ministre au moment de la Marche sur Rome (qu’est-ce que c’est ?). Peut-être l’école fasciste me l’avait-elle appris pour m’expliquer à quel point le ministre que les fascistes avaient remplacé était stupide et mauvais (l’inapte à la guerre nommé Facta). D’accord, mais au moins je le savais. Et puis, si l’on met l’école à part, un garçon d’aujourd’hui ne sait pas qui étaient les actrices de cinéma d’il y a vingt ans. Tandis que moi, je savais qui était Francesca Bertini qui jouait dans les films muets vingt ans avant ma naissance, probablement parce que je feuilletais de vieilles revues empilées dans le débarras chez nous. Mais justement, je t’invite à regarder de vieilles revues car c’est un moyen pour apprendre ce qui se passait avant ta naissance.

Mais pourquoi est-il nécessaire de savoir ce qui est arrivé avant ? Parce que très souvent ce qui est arrivé avant t’explique pourquoi certaines choses arrivent aujourd’hui et comme pour les joueurs, c’est un moyen pour enrichir notre mémoire.

Fais bien attention, tu ne pourras pas faire tout ceci uniquement avec des livres et des revues. On peut le faire très bien aussi sur Internet. Qui est à utiliser non seulement pour chatter avec tes amis mais aussi pour chatter (pour ainsi dire) avec l’histoire du monde. Qui étaient les Hittites ? Et les Camisards ? Comment s’appelaient les trois caravelles de Christophe Colomb ? Quand les dinosaures ont-ils disparu ? L’Arche de Noé pouvait-elle avoir un gouvernail ? Comment s’appelait l’ancêtre du bœuf ? Y avait-il plus de tigres il y a cent ans qu’aujourd’hui ? Qu’était l’Empire du Mali ? Et qui en revanche parlait de l’Empire du Mal ? Qui a été le deuxième Pape de l’Histoire ? Quand Mickey a-t-il paru ?

Je pourrais continuer à l’infini et tout serait une belle aventure de recherche. Et tout marquerait la mémoire.

Viendra le jour où tu seras un vieil homme et tu auras le sentiment d’avoir vécu mille vies car ce sera comme si tu avais été présent à la Bataille de Waterloo, avais assisté à l’assassinat de Jules César, et si tu avais été à une très courte distance du lieu où Berthold le Noir, en mélangeant des substances dans un mortier afin de trouver le moyen pour fabriquer de l’or, avait découvert par hasard la poudre à canon et armes à feu, et il a fini par sauter en l’air (et c’est bien pour lui). Tes amis qui n’auront pas cultivé leur mémoire auront juste vécu une seule vie, la leur, qui doit avoir été assez mélancolique et pauvre de grandes émotions.

Cultive donc ta mémoire, et dès demain, apprends par cœur « La Vispa Teresa ».

Umberto Eco

en clôture de l’EPI justice (histoire-géo/français), un journal et un court spectacle

un public attentif et bienveillant

Photo 16-05-2017 09 27 07un programme qui fait la part belle aux réécritures

Distribution

Les animaux malades de la peste de Jean de La Fontaine

Les animaux parodie  à partir de la réécriture de Gérard William : cette histoire se passerait aujourd’hui dans un collège parmi les élèves…

Le jugement de Salomon -version dramatique

Le jugement de Salomon -version comique

Chasse à l’enfant de Jacques Prévert

Les animaux malades de la Peste de Jean de La Fontaine dit par d’autres élèves

 Accessoires : chacun apporte une sorte de collier sur lequel figure de manière lisible le nom de l’animal tigre, cigale

 Penser aussi aux déguisements (casquettes), perruques, à un gros poupon, à l’épée, à un petite guitare

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parodie Les Animaux malades de la peste

 Gérard William et les élèves de 405

Mai 2017

Personnages : Le narrateur – La cigale – La cigogne – Le rat (2)- Le renard – Le lion -Le tigre-Le loup – l’âne

Le narrateur Les Animaux malades de la peste :

« Un mal qui répand la terreur,

Mal que le Ciel en sa fureur

lnventa pour punir les crimes de la terre… ››

La cigale (entrant avec une petite guitare) : – Quoi ? il y a une nouvelle catastrophe ? Viiite. ! il faut agir ! Il faut… composer une chanson de solidarité, enregistrer un CD avec toutes les stars de la variété internationale et redistribuer les bénéfices pour lutter contre… contre quoi au fait ?

Le narrateur : – « La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom) »

La cigogne (médecin, ton docte) : – Ah ! non permettez, la peste a été éradiquée, ce n’est plus une maladie actuelle…

Les rats : – Quel dommage, nous autres les rats étions les vedettes à l’époque.

Le renard : – On pourrait parler plutôt de moi l… je veux dire, de ma maladie, la rage.

Le narrateur : – Non l pas à c’t’heure ! … Parce que Pasteur… la rage…tout ça, si on commence à parler des bobos de chacun, on va y passer la nuit !

La cigogne : (toujours docte et sentencieuse) – Permettez, la santé est un sujet essentiel ! Rien n’est plus passionnant que les symptômes de la grippe aviaire, le diagnostic de la Pneumonie porcine, l’épizootie de la tremblante du mouton… ou l’encéphalopathie spongiforme bovine…

Le rat 1 (sortant en baillant) 1 – En effet, captivant !

Le renard (même jeu) : – Envoûtant !

Le rat 2 (même jeu) : – Fascinant !

Le narrateur 1 – Vous voyez ? Les bobos des autres, tout le monde s’en fiche ! Je peux continuer… oui ?

La cigale : – Je n’attends que ça… s’il n’est plus question de peste, quel sera le sujet de ma chanson ?

J’avais déjà les rimes :

la peste qui empeste

De Budapest au far-west.

I am the best,

I am modeste !

Le narrateur : – Mais on n’en veut pas de ta chanson, elle est pourrie !

La cigogne : – C’est vrai. A moins qu’elle ne parle de (sourire en coin, clin d’œil au narrateur) la maladie de la carpe.

La cigale  – La carpe ? (inspirée) Ouais, je l’ai. ..

Les métacarpes en écharpes…

Au fait, qu’est-ce qu’elle a la carpe ?

La cigogne et le narrateur (criant en chœur) – ELLE EST MUETTE ! La cigale sort, vexée.

La cigogne : Bien ! (toujours grave) Maintenant que nous sommes tranquilles, si nous parlions un peu de salmonellose ?

Le narrateur :  (se bouchant les oreilles)  NOOOOOOOON !…

La cigogne s‘enfuyant à son tour.

Le narrateur : Ah ! Enfin ! je peux reprendre

Les Animaux malades…

Les Animaux complètement malades !

La cigale (revenant) : – Ouais… ça c’est bon comme début de chanson :

ma-la-de,

complètement ma-la-de,

j”ai trouvé, on va parler de (marquer un temps) la maladie du… Lama !

La cigogne : – La maladie du lama dont le nom scientifique est Lama laria et…

Regard noir du narrateur… la cigale et la cigogne quittent la scène.

La cigale et la cigogne – Bon… bon… ça va.  On se fait Lamal.

Le narrateur  – Je crois qu’on va se la jouer classique Les Animaux malades de la peste.

Le lion (la casquette à l’envers, sa bande entre petit à petit, casquette à l’envers aussi, il déclame)

                                                      « Mes chers amis,

Je crois que le Ciel a permis

Pour nos péchés cette infortune ;

Que le plus coupable de nous

Se sacrifie aux traits du céleste courroux,

Peut-être il obtiendra la guérison commune. »

Au narrateur J’arrive trop tôt ?

Le narrateur : – Un peu trop tôt, oui… mais c’est super, continue…

Le lion (nettement moins poétique) : Ouais, ça commence à chauffer pour nous. Perso, j’ai péta des portables. Fallait que je m’achète de quoi me détendre. J’tais trop tendu. Et aussi j’ai déclenché l’alarme incendie pendant le brevet blanc. (se reprenant, il déclame à nouveau)

Je me sacrifierai donc s’il le faut.

Le renard : – Gros ! Sans dec’ c’est rien ça. C’est toi l’boss de t’façon ! Fais-toi plaiz. C’est des petits ! au pire, à c’tte âge, z’ont pas besoin de phone, c’est mauvais pour leur cerveau !

Le tigre : (ironique)-  Oh !  le thug !!!  Appelez les hendeks. Moi, pas grand-chose non plus, j’ai juste un peu hacké le site du collège.

Le loup : oh ! les gars… ben moi j’ai fumé une clope dans l’bahut, tranquille, rien de plus !

Le renard : Et moi, une peccadille, j’ai juste souvenance qu’en mon jardin passant je me suis initié à faire pousser quelques graines.

L`âne : J’ai… J’ai…falsifié ma fiche sortie (ou ma note sur un contrôle), oublié ma fiche liaison/ de faire signer mon contrôle/ perdu ma carte de cantine (au choix une quelconque peccadille)

Le Lion :- Oui, qu’est-ce que t’as fait l’âne ? Répète un peu.

Le tigre : – Ouais, dis voir, quelle catastrophe à peine avouable as-tu provoquée ?

Le loup : – Ouais, t’as fait quoi d’horrible ?

L’âne : – J’ai falsifié ma fiche sortie.

(Les animaux se regardent l’air interloqués)

Le renard : – Quoi ! Toi ? t’as fait ça ? t’as osé ?

Les autres : Wesh ! t’as pas honte ?

Le Tigre c’est hyper grave !

Le loup Mais trop pas ! Tu…

L’âne : (tentant de se rebeller) oh ! j’suis pas venu ici pour souffrir, ok ?!

Le renard Quoi ? tu te rends pas compte ? à cause de toi, on va se faire virer.

Les autres : Alors, c’est toi qui te fais exclure !

Le narrateur « Haro sur le baudet »

Le tigre: – D’où il sort celui-là ?

Le lion : – C’est le narrateur de notre fable, il est encore branché l7ème  siècle ! (se tournant vers le narrateur) Elle te convient notre version ?

Le narrateur : -Oui… ce n’est pas à proprement parler la version « classique ›› mais la morale est sauve…

Tous : – Hein ?

Le narrateur : – Oui, la morale de la fable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir »


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