Archive for the 'quatrième' Category

transformer un dialogue de cinéma pour le théâtre, pour le récit

L’Esquive d’Abdellatif Kechiche extrait :

– On avait dit soixante-dix.

– Non, cinquante.

– On a déjà discuté assez longtemps. Je veux soixante-dix.

– J’ai que cinquante. Donne-moi dix. Tu prends soixante ? Elle est belle. Merci.

– Oui, tu peux être contente

pour le théâtre

La scène se déroule dans un atelier de couture. Trois ouvrières penchées sur leur machine.

Scène 1 LE TAILLEUR, LIDIA, KRIMO

LE TAILLEUR – (les mains sur les hanches) On avait dit soixante-dix.

LIDIA – Non, cinquante.

LE TAILLEUR – On a déjà discuté assez longtemps. (tendant la main) Je veux soixante-dix.

LIDIA – J’ai que cinquante. (se tournant vers Krimo) Donne-moi dix. (Krimo obéit) Tu prends soixante ? (le tailleur acquiesce d’un signe de tête). Elle est belle.(tournant dans sa robe)  Merci.

LE TAILLEUR  – (dans un soupir) Oui, tu peux être contente !

Krimo et Lidia quittent le plateau suivis des yeux par le tailleur et les ouvrières.

Ce même dialogue inséré dans un récit (page de roman).

Substituts nominaux : la robe de princesse, son œuvre, son travail, costume de scène, un nouvel achat, sa création

Le tailleur, le responsable de l’atelier, le vieil homme

Lydia, la jeune fille, l’adolescente, sa camarade de classe, la détentrice de la robe

Krimo, le jeune garçon, l’adolescent, notre pauvre Krimo

Le texte

Krimo descendait les escaliers quand il fut interpellé par des éclats de voix s’échappant de chez le tailleur. Par la porte entrouverte, il aperçut Lydia, sa camarade de lycée, éblouissante dans une robe de princesse. Elle marchandait âprement son nouvel achat.

– On avait dit soixante-dix, rappela le tailleur qui se souvenait parfaitement de la discussion précédente.

– Non, cinquante, protesta avec autorité la jeune fille.

Il lui fallait coûte que coûte cette robe pour jouer Lisette dans Le Jeu de L’Amour et du Hasard.

-On a déjà discuté assez longtemps. Je veux soixante-dix, reprit l’homme, bien décidé à ne pas se laisser attendrir.

– J’ai que cinquante, soupira-t-elle.

Heureusement, du coin de l’œil, elle venait d’apercevoir Krimo. Elle pivota vers lui et lança, impérieuse :

– Donne-moi dix.

Le jeune garçon, comme à regret, chercha dans ses poches, sortit un billet et le lui tendit.

-Tu prends soixante ? risqua-t-elle avec un sourire désarmant.

Il acquiesça d’un signe de tête et prit l’argent, d’un air vaincu.

– Elle est belle. Merci ! lui lança-t-elle, radieuse.

         – Oui, tu peux être contente ! assura le vieil homme, fier de sa création.

         Les femmes de l’atelier regardaient Lydia tourner dans sa robe pendant qu’elles travaillaient, penchées sur leurs machines à coudre. Elle ne tarda pas à quitter les lieux avec Krimo, ébloui par sa beauté.

écrire pour le théâtre, deux scènes : une confrontation entre un adulte et un adolescent suivie d’un monologue

L’action commence dans la chambre d’une jeune fille : lit une place, housse de couette à dominante rose, posters. La mère est debout, la fille assise sur son lit.

Acte I, scène 1 (ALICE, CAROLINE)

ALICE – (en criant) Mais, maman, puisque je te dis que je n’ai rien fait de mal !

CAROLINE – Rien fait de mal ? Tu en as de bonnes. Je n’appelle pas ça «rien faire de mal » !

ALICE – (en hurlant encore plus fort) Mais tu ne sais même pas pourquoi j’ai fait ça !

CAROLINE – Peu importe et je ne veux pas le savoir !

ALICE – Mais c’est la première fois que je suis exclue de cours !

CAROLINE – Et ça a intérêt d’être la dernière !

ALICE – Mais c’était juste pour défendre Lila !

CAROLINE – Donc maintenant pour défendre quelqu’un, on est obligé de crier des insultes à travers la classe ?

ALICE – Mais ce n’était pas juste quelqu’un ! Lila est ma meilleure amie !

CAROLINE – Bon ça suffit ! Arrête de te trouver des excuses !

ALICE – Mais ce ne sont pas des excuses ! Ce n’est que la vérité !

CAROLINE – ça ne m’intéresse pas ! Donne-moi ton carnet de correspondance qu’on en finisse !

ALICE – (sortant son carnet) Tu dois signer là.

CAROLINE – (sort son stylo) Maintenant, reste ici et n’en sors pas ! Je ne veux plus te voir jusqu’à ce soir !

Acte I, scène 2 (ALICE)

ALICE – (se jetant sur son lit en pleurant) Pourquoi elle ne m’écoute jamais ? Pourquoi elle ne me comprend jamais ? J’en ai marre d’elle ! Elle ne sait même pas ce qu’il s’est vraiment passé ! Elle ne sait même pas pourquoi j’ai fait ça ! Elle ne sait même pas qu’on n’arrêtait pas d’envoyer des papiers à Lila, des papiers où on la traitait de bouffonne, de sans amis, des papiers même où on lui disait même qu’elle devrait mettre fin à ses jours ! Je n’allais pas rester les bras croisés à la regarder subir. Au moins, ça va remuer les adultes du collège. A croire qu’ils ne voient rien ceux-là ! (reniflant et prenant un mouchoir en papier dans la boîte sur la table de chevet et se mouchant bruyamment). Non, j’ai bien fait, et je n’ai rien à me reprocher.

une scène de dispute entre un adolescent et un adulte suivie d’un monologue

L’action commence au salon : un homme et un jeune homme sont installés sur un canapé face à la télévision. Une pendule indique 19 h 45. Une grande lampe est allumée sur un guéridon.

Acte l, Scène 1 PERE, FILS

PERE – Maintenant, ça suffit, ça fait déjà trois fois que je te le demande. Ne m’oblige pas à répéter. Change de chaîne !

FILS – Mais papa, s’il te plait, c’est la finale …

PERE – (haussant encore la voix) Tu n’as pas l’air de comprendre, je t’ai dit de changer, Notre Dame a brûlé, je veux voir les infos !

FILS – Mais papa t’es sérieux, là ? y a qu’une finale de basket par an et Notre Dame, on va pas arrêter d’en parler…

PERE – (se levant) Ecoute-moi bien maintenant, (détachant ses mots) Tu as intérêt à ne pas discuter ou je te prive de basket à la télé jusqu’à la fin de la saison.

FILS –  Mais punaise j’en ai assez, c’est tout le temps comme ça, tu  décides de tout, tu m’énerves !

PERE  – (le regardant droit dans les yeux) Tu ne me parles pas comme ça ! il s’est passé quelque chose de grave à Paris, alors tu obéis sinon je te prive en plus de ton téléphone ce week-end.

FILS –  Papa, mets-toi deux secondes à ma place, c’est la finale de la NBA, et pour la première fois dans l’histoire, ils la diffusent sur C8 et tu ne me laisses même pas la voir, c’estpas juste !

PERE – Tu vas t’en remettre, tu le verras en replay ton match de basket. Assez discuté. Passe-moi la télécommande, et tout de suite !

FILS – (baissant la tête) C’est bon, tu as gagné. Tiens la voilà ! Laisse-moi maintenant.

PERE – (se rasseyant et se calant pour regarder la télé) C’est ça, calme toi un peu !

Acte I, Scène 2 LE FILS

LE FILS  (quittant le plateau à pas lents) Ça m’énerve, je peux jamais regarder mes matchs de NBA… et en plus une finale, pour une fois qu’elle était diffusée sur une chaine française, j’étais trop content de la voir, ça aussi, c’est un événement historique ! c’est vrai quoi ! Et  ma sœur, elle, qui a le droit de regarder tout ce qu’elle veut dans sa chambre et moi qui dois tout le temps rester avec les parents au  salon, c’est pas juste et pile quand il y a la finale, Notre-Dame brûle…. elle pouvait pas attendre pour brûler ? C’est pas juste ! Et le pire c’est que papa était d’accord pour me laisser voir le match. Il avait promis ! Je vais essayer de me calmer et présenter mes excuses. L’incendie de Notre-Dame peut-être qu’il en aura assez après les infos. Je me suis laissé emporter. Oui, c’est ça, je vais attendre un peu et présenter mes excuses. C’est le mieux.

***

L’action se déroule dans la cuisine. La pendule indique 18 heures.

Acte I, scène 1 (PERE, FILS)

PERE  – (marchant de long en large, avec de grands mouvements de bras) Non, mais qu’est-ce qui t’a pris ? J’avais confiance en toi ! tu réfléchis avant d’agir ?

FILS – Désolé papa. Calme-toi s’il te plaît ! Pas de quoi en faire un plat, non plus !

PERE  –  Non Quentin, explique-moi ce qui t’est passé par la tête !

FILS – J’en peux plus, voilà ! Je voulais juste un peu m’amuser …

PERE  – T’amuser ? Avec le bac le mois prochain ?

FILS – (le fixe les yeux grands ouverts et l’interrompt en criant) Je révise tout le temps et tu ne me laisses jamais rien faire, tu surveilles tout ce que je fais ! J’ai dix-huit ans quand même !

PERE  –  Calme-toi un peu et parle-moi sur un autre ton, tu veux.

FILS – Mais papa j’ai ma propre vie tu sais, il faut que tu me laisses souffler un peu au lieu de tout le temps me contrôler.

PERE  –  Oui, bien sûr, mais le plus grave c’est que tu m’aies menti. Tu as trahi ma confiance et ça, pour moi, c’est le pire.

FILS – (cachant un petit sourire en coin) Ouais, c’est vrai que je t’ai bien eu, non?

PERE  – Ne t’éloigne pas du sujet. J’aurais juste aimé que tu ne me dises simplement la vérité : que tu faisais une soirée avec des copains et j’aurais sûrement accepté que tu sortes…

FILS – (sortant tête basse) Je sais, mais des fois, j’aimerais me gérer un peu tout seul.

Acte I, scène II PERE

PERE (seul) – Je sais que je suis sévère avec lui, trop peut-être, mais la réussite est à ce prix. Avec son bac et l’ambition d’entrer à Science Po il devrait réviser et faire de fiches au lieu de s’amuser. Et ce mensonge ! Me dire qu’il allait  dormir chez UN copain pour réviser. Et moi, naïf, qui le crois et ne découvre le pot aux roses que par un pur hasard. J’ai vraiment peur qu’il ne soit pas assez sérieux et s’en morde les doigts plus tard. Ou qu’il lui arrive quelque chose. On devine ce que c’est les soirées de copains… dès qu’elle rentre, on en parle avec sa mère.

 

Le secret de Victor Hugo « Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites… »

Le Secret, le poème que Marvin  prépare dans le film Marvin ou la Belle éducation d’Anne Fontaine : s’il réussit l’audition, il intègre la seconde théâtre du lycée d’Epinal.
dit par Delphine et Lise


Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites.

Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes.

Tout, la haine et le deuil ! – Et ne m’objectez pas

Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas… –

Ecoutez bien ceci :

Tête-à-tête, en pantoufle,

Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,

Vous dites à l’oreille au plus mystérieux

De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,

Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,

Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,

Un mot désagréable à quelque individu ;

Ce mot que vous croyez que l’on n’a pas entendu,

Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,

Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre !

Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.

Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,

De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;

– Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle ! –

dit par Madina, Karen et Rinesa


Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera.

Il suit le quai, franchit la place, et caetera,

Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,

Et va, tout à travers un dédale de rues,

Droit chez l’individu dont vous avez parlé.

Il sait le numéro, l’étage ; il a la clé,

Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe,

Entre, arrive, et, railleur, regardant l’homme en face,

Dit : – Me voilà ! je sors de la bouche d’un tel.

-Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.

BO du film Marvin ou la belle éducation

Chemin familier

évoquer un chemin habituel (se rendre chez la gardienne, sur le lieu habituel des vacances, chez mamie, à l’école, etc.) de la petite enfance à la deuxième personne (sorte de mise à distance de soi) et à l’imparfait

exercice puisé dans Tous les mots sont adultes de François Bon

Réfléchir d’abord à là où on est immobile, même pro­visoirement, même un instant, mais de façon répétitive dans le quotidien, pour regarder la ville : devant une fenêtre, à l’arrêt de bus, à un feu rouge, sur un banc, ou là où on prend le pain, à la caisse d’un supermarché… C’est une suite d’endroits où on attend brièvement, même quelques dizaines de secondes, pourvu que répé­tées presque au quotidien : il suffit de penser à ce qui revient régulièrement au fil des jours simmobiliser à un endroit précis pour déceler ces points d’arrêt même très fugaces, pour quapparaisse son territoire personnel dans la ville, et un nouveau portrait de cette ville (François Bon, page 64).

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 Tu   étais si jeune alors ! Tu n’avais qu’une hâte durant l’année, retrouver la liberté merveilleuse que toffraient tes grands-parents. Non pas que tes parents ne te laissaient  pas tranquille !

Non, c’est juste que ton petit âge te faisait rêver à ce chemin qui annonçait  le début des vacances…

Il y avait d’abord a préparation des valises, source d’oublis et de stress pour tes parents, mais toi, drapée de ton innocence tu n’y prêtais aucune attention, ton esprit était déjà dans le jardin merveilleux où s’amusaient tes compagnons de toujours, des petits chiens fidèles qui t’attendaient avec impatience et te recevaient toujours avec joie.

Une fois dans la voiture, tu serrais ton doudou contre toi en regardant ce paysage familier qui défilait devant toi et qui parfois étonnait ton esprit, qui était déjà, malgré tes cinq ans, ouvert aux mystères du monde. Les grands arbres qui ployaient dans le vent dansaient au rythme d’une musique que tu étais la seule à connaître.

Ton silence étonnait tes parents, qui te regardaient, perdue dans ton rêve peuplé de licornes, de fleurs et toujours, de cette musique qui entraînait au fond de toi cette impression de bonheur et de sécurité qui n’a jamais cessé depuis.

Enfin, quand tu voyais la maison, ton esprit bondissait de joie. Les silhouettes tant aimées apparaissaient alors, une bouffée d’air de la mer te parvenait, tu oubliais tous tes soucis et tous tes malheurs, les vacances commençaient.

***

Quel âge avais-tu ? Tu parlais et savais déjà bien marcher. Tu t’installais dans ta petite poussette bleue pour aller te promener. Tu tremblais un peu dans ton véhicule car le sol était caillouteux. Tu serrais fort ton chat en peluche car il y avait de la pente. Un arbre magnifique se dressait devant toi avec beaucoup de feuilles jaunes et rouges. Tu empruntais souvent le passage que tu avais découvert en cherchant des champignons. Le passage menait à une petite rivière avec de la vase. Tu adorais jouer dedans à attraper les araignées qui flottent. Tu traversais ensuite un petit pont étroit comme de la ficelle. Tu avais très peur de passer par dessus ce pont étroit et tu prenais pour appui des fortes branches. Tu serrais ton doudou chat et ton père tellement fort que si ton doudou chat avait été vivant tu l’aurais étouffé. Après les émotions tu rentrais chez toi par la forêt. Tu racontais à toute la famille que tu avais réussi à traverser le pont dangereux.

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Tu montais dans le taxi gris de ton père. Tu t’asseyais à l’arrière du monospace avec ta sœur. Tu t’attachais. Ta maman allait ouvrir le portail. Ton père reculait. Ta mère criait car il allait trop vite. Sur la route, il n’y avait pas grand monde. A Escoubès, ça puait les cochons. Tu refermais vite la fenêtre. Il n’y avait que des fermes et quelques maisons par-ci, par-là et si ce n’étaient pas les fermes ou les maisons qui occupaient le paysage, c’étaient des champs immenses de maïs et des champs avec des animaux. Il y avait une grande maison avec un petit âne. Ta mamie en avait également un qui s’appelait Filou. Tu jouais aux cartes avec ta sœur. Quand tu n’avais plus envie de jouer aux cartes, tu t’endormais. Quand tu te réveillais, tu étais arrivée à destination, chez ton papi et chez ta mamie.

 ***

Tu t’asseyais à l’arrière de la Twingo de tes parents pour aller en direction de Palavas, la plage où tu passais tous tes étés. Ta meilleure amie était là, assise à tes côtés.

Tu sortais la tête de la fenêtre, les cheveux au vent, tout en chantant le dernier tube de Lorie. Ta meilleure amie reprenait en chœur.  Tes parents et ton frère se bouchaient les oreilles. Tu détestais l’odeur de la voiture. Une odeur indescriptible. Alors tu vaporisais ton parfum Barbie de partout. Ta maman s’énervait.

Tes parents payaient à l’habituel péage.

Cela voulait dire que tu étais bientôt arrivée.

Le paysage changeait, on voyait la mer à l’horizon. Au loin, on pouvait aussi remarquer la fête foraine, tu adorais la pêche aux canards, c’était ton manège préféré.

Ton père s’énervait, il ne trouvait pas de place. Il tournait, virait et enfin réussissait à se garer.

Tu courais vers la plage. Tu sautais de joie devant cette belle eau bleu clair, sans saletés. Tu te cachais derrière la serviette que te tenait ta meilleure amie pour enfiler ton bikini rose bonbon. Tu mettais tes lunettes de soleil en forme de cœur et brandissais sauvagement ton seau et ta pelle.

Et tu jouais, te baignais, faisais des châteaux de sable avec ta meilleure amie !

***

 Tu   étais si jeune alors ! Tu n’avais qu’une hâte durant l’année, retrouver la liberté merveilleuse que toffraient tes grands-parents. Non pas que tes parents ne te laissaient  pas tranquille !

Non, c’est juste que ton petit âge te faisait rêver à ce chemin qui annonçait  le début des vacances…

Il y avait d’abord a préparation des valises, source d’oublis et de stress pour tes parents, mais toi, drapée de ton innocence tu n’y prêtais aucune attention, ton esprit était déjà dans le jardin merveilleux où s’amusaient tes compagnons de toujours, des petits chiens fidèles qui t’attendaient avec impatience et te recevaient toujours avec joie.

Une fois dans la voiture, tu serrais ton doudou contre toi en regardant ce paysage familier qui défilait devant toi et qui parfois étonnait ton esprit, qui était déjà, malgré tes cinq ans, ouvert aux mystères du monde. Les grands arbres qui ployaient dans le vent dansaient au rythme d’une musique que tu étais la seule à connaître.

Ton silence étonnait tes parents, qui te regardaient, perdue dans ton rêve peuplé de licornes, de fleurs et toujours, de cette musique qui entraînait au fond de toi cette impression de bonheur et de sécurité qui n’a jamais cessé depuis.

Enfin, quand tu voyais la maison, ton esprit bondissait de joie. Les silhouettes tant aimées apparaissaient alors, une bouffée d’air de la mer te parvenait, tu oubliais tous tes soucis et tous tes malheurs, les vacances commençaient.

***

Tu étais un petit enfant de six ans. Tu étais blond alors et tu avais les yeux bleus. Tous les jours tu allais à l’école en « BM double pieds » car l’école n’était pas loin de chez toi. Tu voyais à chaque fois des sapins, une tour, des escaliers, des pères et leurs enfants, des femmes enceintes, des voitures, des Clio, Peugeot, une femme que tu aimais bien qui te faisait faire les devoirs à l’étude, une autre femme avec qui tu parlais et qui te faisait traverser devant ton école, tu voyais aussi tes copains, tes instituteurs et des personnes que tu n’aimais pas trop. Il y avait des jeunes qui séchaient les cours et qui faisaient des bêtises comme voler des ballons. A la cantine tu voyais les autres enfants lancer le pain. Et puis tu as grandi et tu ne sais pas ce que tu fais et à quoi tu ressembles. Tu ne le sais pas et tu voudrais beaucoup le savoir.

Fenêtres

Se concentrer sur l’image en deux dimensions que découpe une fenêtre : fenêtre au présent, fenêtre loin dans la mémoire, fenêtre liée à l’environnement urbain, vitre en mouvement, écrans… Utilisation de phrases nominales.

SAVOIR CHOISIR SES FENÊTRES

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fenêtre carrée dehors le vent…

un vent puissant.

Des arbres déchaînés.

La route sans fin.

Et un bruit

Le bruit de la pluie qui

S’écrase contre les carreaux.

 

fenêtre de nuit

des lumières étincelantes

rouge, orange, jaune

la ville les magasins

la musique de la nuit qui tombe.

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Fenêtre de l’hôtel, premier étage, grand espace, des piscines, des bars, des tables de ping-pong, des gens, des taxis jaunes, la plage, des palmiers, des terrains de tennis.

Assise dans le bus. Boutiques, grandes et petites maisons, verdure, grande rue, école, appartement sombre, la pluie, les voitures.

Chambre. Premier étage, grand jardin, plein d’arbres et de fleurs, petite maison, mur en pierre, portail noir, table de jardin.

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Centre commercial, maison, arbres, voitures, vélos, arrêt de bus, la pluie, le brouillard, nuages, des personnes, Palais des Pyrénées, appartements, des oiseaux, des écoles.

Grand hôtel : quatrième étage, hôtel parc Aventura, des attractions, des labyrinthes, un parc, cafeteria, des arbres, ciel bleu, nuages, piscines, terrain de volley.

Rez-de-chaussée, jardin, rue du 14 juillet, balançoire, filet de badminton, des palmiers, un mur de pierres, grillage, fleurs, maisons, tables de jardin.

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Au loin, sous le préau des cages de foot, des arbres sans feuilles, des traces blanches au sol, des paniers de basket sans filets, des tables de ping-pong. Et encore des chewing-gums collés. Des bancs rouges, de vieux immeubles, sur le toit, des antennes de télévision, des élèves qui courent portant leur sac sur leur dos.

Le fond d’écran, des icônes sur le bureau, la flèche de la souris, des lettres qui s’affichent, barre du menu, une page internet.

La route défilant, des lignes blanches, les lampadaires éclairés, la mer et des bateaux naviguant au large, des algues, des feux tricolores, des panneaux de stop, des radars automatiques, des vacanciers, le soleil brillant, le ciel bleu.

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Buée, arbres qui défilent, ciel teinté d’un bleu pénétrant, rideaux salis par le temps, reflet des lumières, feux rouges qui s’accumulent, double vitrage glacé, herbe sur le bord de la route gelée, immeubles qui se ressemblent.

Toits usés balcons remplis de plantes grillage usagé arbres décharnés feuilles qui tremblent

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Cour mouillée, dernière flaque, vide, mur galet avec accrochés arbres, presque morts, grillagement, maison aux briques sales, antennes râteau dirigées vers la droite, avion passant dans le ciel bleu et se perdant dans les nuages.

Fenêtre ouverte, la rue, grand soleil, en face des voisins fous. A droite la grande place de la Libération avec sa fontaine, ses visiteurs et ses skateurs. En bas  le traiteur qui laisse entrer de bonnes odeurs chez moi et à gauche le prolongement de la rue de plus en plus bas, de moins en moins de monde.

L’appel de la forêt en audio, deux versions

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Jack London (1876 – 1916) en train d’écrire dehors © Getty / Bettmann

site Jack London en français

pour réécouter l’émission (3/4 d’h) en son entier cliquer ici

émission de Guillaume Galienne sur France Inter : des extraits ci-après

Jack le Loup du Grand Nord

En 1897, parmi ces hommes avides de faire fortune, un jeune Américain se lance lui-aussi dans la ruée vers l’or. A 21 ans, il a déjà beaucoup bourlingué : ouvrier à 14 ans, matelot à 17, militant socialiste à 20 ans, celui que l’on surnomme « Le Prince des Pilleurs d’huîtres » ou « Jack le marin » part, comme tant d’autres, à la conquête de l’Alaska. De retour à San Francisco l’année suivante, atteint de scorbut et rongé par l’alcoolisme, il ne ramène de son périple qu’une pincée de poudre d’or, qui lui rapporte la somme de 4 dollars…

Mais le jeune homme, autodidacte, revient riche d’un autre trésor : la matière d’un passionnant récit d’aventure qui lui apportera, six ans plus tard, une renommée internationale. Il s’agit de l’écrivain-aventurier, Jack London, et son célèbre roman, L’Appel de la forêt, paru en 1903.

En épilogue : « L’Appel » de la nature, entendu par le chien Buck, n’est pas sans évoquer une autre « voix », plus symbolique : celle qui appelle Jack London à la vocation d’écrivain. Lui qui fut tour à tour marin et chercheur d’or, « loup des mers » et « loup du Grand Nord », Jack London s’est peut-être, tout au long de son existence, senti comme un loup au milieu des hommes. Souffrant de l’absence d’un père qui ne l’a jamais reconnu, l’homme révolté a souvent cherché à venger son enfance solitaire et pauvre, vécue dans les quartiers malfamés de San Francisco. A la fin de sa vie, devenu riche, l’écrivain se fit construire une somptueuse demeure dans la forêt, qu’il appela « La Maison du Loup »…

texte intégral : La Bibliothèque électronique du Québec

ou encore ici

 


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