Archive for the 'sixième' Category

fabliaux : ce qu’il faut savoir

une vidéo pédagogique de Marie Nnay

sixième, fin du cycle 3

pour en savoir davantage, cliquer ici
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 6e:
Textes de l’Antiquité (Odyssée, Métamorphoses, la Bible), contes et récits merveilleux, poésie, fables, théâtre (farce)

Fabrice Lucchini dit La Poule aux oeufs d’or de Jean de La Fontaine

 émission Répliques par Alain Finkielkraut, sur France Culture du 6 mai 2017

La Poule aux oeufs d’or

de Jean de La Fontaine

L’avarice perd tout en voulant tout gagner.

Je ne veux, pour le témoigner,
Que celui dont la Poule, à ce que dit la Fable,
Pondait tous les jours un œuf d’or.
Il crut que dans son corps elle avait un trésor.
Il la tua, l’ouvrit, et la trouva semblable
A celles dont les œufs ne lui rapportaient rien,
S’étant lui-même ôté le plus beau de son bien.

Belle leçon pour les gens chiches :
Pendant ces derniers temps, combien en a-t-on vus
Qui du soir au matin sont pauvres devenus
Pour vouloir trop tôt être riches ?

153 jours en hiver de Xavier-Laurent Petit

copié sur le site Chroniques de la littérature pour la jeunesse

  153 jours en hiver

Un roman de Xavier-Laurent Petit, publié chez Flammarion, en 2004,
dans la collection Castor poche.

  Ryham est chauffeur d’un camion, un Ural, 48 tonnes, huit essieux. Galshan, sa fille rêve de l’accompagner dans l’un de ses longs et parfois dangereux voyages. Mais voici que Daala est enceinte, qu’elle doit rester au repos jusqu’à la naissance du bébé, et que Galshan doit partir vivre cinq mois chez son grand-père Baytar. 153 jours, elle a compté.
Pour Galshan, Baytar est un vieux fou qui vit seul au mileu de ses chevaux et de ses moutons. Son grand-père n’a pas accepté que Ryham se marie avec une enseignante d’anglais, une femme qui ne savait ni traire les bêtes, ni monter à cheval, ni agneler les brebis. Ni que Ryham choisisse de devenir camionneur et ne soit plus berger comme les hommes de la famille l’avaient toujours fait. Et en plus, c’est une fille, Galshan, qui était l’aînée de ce couple !
Baytar habite Tsagüng, loin de la ville. Il est le dernier berger d’un troupeau de trois cent brebis. Au début, il ne semble pas apprécier la présence de sa petite-fille. Heureusement, elle sait et aime monter à cheval, son père le lui a appris. Baytar lui donne Gris-de-Fer.
Au bout de quelques jours arrive l’inspecteur du district scolaire, qui s’inquiète de ne pas avoir vu Dalshan au collège. Baytar refuse de laisser partir sa petite-fille, parce que ce qu’il veut lui apprendre, elle le sait déja. Parce qu’il n’est plus tout jeune, et qu’il veut qu’elle vive ces journées près de lui. Parce que ce qu’il veut lui montrer est tout neuf pour elle.
de fait, Baytar va lui apprendre à faire voler un aigle. Il lui monter d’abord Seigneur Khar, l’aigle qu’elle avait repéré depuis longtemps. Un rapace qui vole si haut qu’il doit voir voir sa mère là-bas, allongée sur son lit. Ce même jour, elle l’appelle Attas, grand-père, ce vieillard qui ne sait pas lire et à qui elle lit quelques pages d’un roman, Le vieil homme et la mer.
Comme c’est l’hiver, les rapaces n’ont plus guère à manger. Baytar le sait, il peut en capturer un pour sa petite-fille, ce sera Kudaj. Seigneur Kudaj. Il apprend à Galshan comment le dresser et s’assurer de sa fidélité.
Mais au soixante et onzième jour, revient l’inspecteur du district scolaire qui veut emmener Galshan. Baytar refuse et informe l’homme que dès le lendemain, le Djout va s’abattre sur la région. Le terrible hiver du Davkar Djout, l’hiver de la Mort Blanche, qui va rendre impossible les déplacements. L’homme qui a écouté la météo ne le croit pas. Il a tort, les anciens savent observer la nature.
Dans la nuit, le vent forcit brusquement. La neige tombe et recouvre tout. La température chute. Commence un hiver d’une extrême rigueur, une terrible épreuve pour les animaux. Un hiver où le vieil homme et la jeune fille vont souffrir et tout risquer.


Baytar dit Notre pays est un pays d’hommes debout. Il aurait pu dire de surhommes, tellement l’hiver est dur pour ces nomades. Si Galshan n’avait pas connu le bonheur auprès de ses parents, aurait-elle pu survivre ? Peut-être, car au fil des journées, s’est installée une tendre complicité avec son grand-père, une toute simple relation d’affection mutuelle qui la rendue plus forte.
A cette petite fille de la ville, son grand-père apprend ce qu’il n’a pu transmettre à son fils, restaurant aussi une relation avec ce fils qui l’avait déçu. Dans les moments les plus difficiles, alors qu’il est guetté par la mort, elle reste à ses côtés, parce qu’elle a acquis suffisamment d’autonomie pour ne pas se sentir complètement en péril, parce qu’elle sait tirer partie du peu des ressources matérielles que le Djout leur a laissé. A ses côtés, elle a gagné en maturité.
Xavier-Laurent Petit laisse entendre à son lecteur que la liberté, la maturité, la sagesse même, ne se conquièrent pas sans combat, sans courage et détermination.
Il nous entraîne dans une nature simple, dure et cruelle, dans un monde dénué du confort et de la sécurité modernes. Avec des phrases courtes et sans laisser aucun répit à son lecteur, il décrit l’hiver de La mort blanche, il nous fait ressentir toute la dureté, l’inhumanité du Djout. Il nous fait éprouver le froid et la peur animale.
On appréciera en outre les superbes descriptions de la nature, le dressage de l’aigle, sa façon de décrire les relations entre les gens (presque tous les jours j’ai rêvé qu’un aigle comme celui-ci m’apportait de tes nouvelles, dit sa mère en voyant Kudaj, l’aigle de Galshan, à la fin de l’histoire).

© Jean TANGUY  22 janvier 2004

Médiathèque André Labarrère : une exposition de Frédérick Mansot avec les 605

Pendant une heure et demie, Frédérick Mansot  nous a présenté son travail dans l’exposition « Le monde tout en tissu de Frédérick Mansot » à la Médiathèque André-Labarrère (salle d’exposition). Il a aussi partagé son expérience du métier d’illustrateur.

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devant l’affiche de l’exposition

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Merci !

Mythologie grecque

Jean-Pierre Vernant : Une histoire d’Ulysse pour les enfants

Dans le nouveau théâtre de Montreuil, en 2001, Jean-Pierre Vernant racontait l’histoire d’Ulysse à un public d’enfants.
Jean-Pierre Vernant, 2002
Jean-Pierre Vernant, 2002 Crédits : SELDERSSipa

Dans l’émission « Histoire d’écoutes », Jean-Pierre Vernant racontait l’histoire d’Ulysse à des enfants, un enregistrement de 2001. Cette conférence avait, en effet, été enregistrée à titre exceptionnel, à l’occasion de la séance inaugurale des petites conférences « Lumière pour enfants », au Centre National Dramatique de Montreuil. Jean-Pierre Vernant racontait, tel un grand-père, les histoires des héros et des Dieux du fond des âges, fondateurs de l’imaginaire de notre civilisation

ci après une série de huit entretiens (vidéo) accordés par J-Pierre Vernant

un lien pour découvrir mythologie vue par les peintres

et là, les spectacles antiques

 

un enfant « c’est qui les monstres dans cette histoire ? »

« (…) je crains bien que ce ne soit quelque voyageur égaré qui cherche l’hospitalité chez nos voisins, et que ceux-ci, au lieu de lui donner un abri et des aliments, ne lancent leurs chiens après lui, comme c’est leur habitude ! »
La cruche miraculeuse (ebook gratuit p 214 et suivantes)
Premier Livre des Merveilles de Nathanaël Hawthorne
Un soir des temps anciens, la vieille Baucis et Philémon, son vieux mari, étaient assis à la porte de leur chaumière, admirant un magnifique coucher de soleil.
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Ils venaient de faire un souper frugal, et se proposaient de respirer l’air pendant une heure ou deux avant d’aller au lit. Leur jardin, leur vache, leurs abeilles, une vigne qui tapissait le pignon de leur petite habitation, et à laquelle pendaient des raisins presque mûrs, tels étaient les sujets de leur entretien.

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Mais les cris sauvages des enfants et les aboiements furieux des chiens des environs commencèrent à les troubler, et devinrent si bruyants qu’ils avaient de la peine à s’entendre l’un l’autre.
 «Femme, dit Philémon en élevant la voix, je crains bien que ce ne soit quelque voyageur égaré qui cherche l’hospitalité chez nos voisins, et que ceux-ci, au lieu de lui donner un abri et des aliments, ne lancent leurs chiens après lui, comme c’est leur habitude !
–Miséricorde ! répliqua Baucis, je voudrais bien les voir ressentir un peu plus de compassion pour leurs semblables ! Et penser qu’ils élèvent leurs enfants dans ces mauvais principes, et sont les premiers à leur dire de jeter des pierres aux
étrangers !

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– Ces enfants-là ne feront jamais rien de bon, ajouta le vieillard en secouant sa tête blanche ; et pour tout dire, femme, je ne serais pas étonné si quelque terrible malheur venait à fondre sur toute la population, à moins qu’elle ne se corrige avant à nous, aussi longtemps que la Providence nous accordera une croûte de pain, nous serons toujours prêts, n’est-ce pas ? à la partager avec tout étranger qui passera par ici.
– Tu as raison, mon mari, dit Baucis ; nous n’y manquerons jamais. »
 Il faut que vous sachiez que ces deux vieilles gens étaient dans la misère, et qu’ils ne gagnaient leur vie que par un travail pénible. Le vieux Philémon piochait son jardin ; Baucis ne quittait pas sa quenouille, faisait un peu de beurre et de fromage avec le lait de sa vache, ou se livrait à quelques travaux dans l’intérieur de la maison. Du pain, du lait et des légumes, quelquefois un peu de miel de leur ruche, et de temps en temps une grappe de raisin, formaient leur seule nourriture. Mais c’était le couple le plus généreux du monde. Ils se seraient bien volontiers privés de dîner, plutôt que de refuser une tranche de pain noir, une tasse de lait ou une cuillerée de miel au voyageur que la fatigue avait arrêté devant leur porte. Pour eux, un pareil hôte revêtait un caractère sacré, et ils croyaient devoir l’entourer de plus de soins qu’ils n’en prenaient d’eux-mêmes.
Leur chaumière était située sur une petite éminence, au pied de laquelle un village se
cachait dans une gorge, large d’un demi-mille environ, qui, au commencement du monde, avait probablement servi de lit à un lac. Les poissons en avaient parcouru les profondeurs
; les roseaux s’étaient multipliés le long des bords.

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Les arbres, les collines, avaient vu leurs images réfléchies dans le miroir transparent d’une surface liquide ; mais, à mesure que les eaux s’étaient retirées, les hommes avaient cultivé le sol, bâti des maisons, et en avaient fait un lieu fertile, qui ne conservait aucune trace de son ancien état. Il en restait seulement un très petit ruisseau, qui serpentait au milieu des habitations. Le lac était desséché depuis une époque immémoriale, et les chênes avaient eu le temps d’y pousser et d’y devenir grands et forts. Ils avaient fini par y périr de vieillesse, et avaient été remplacés par d’autres tout aussi majestueux que les précédents. Il n’y eut jamais de vallée plus belle, de végétation plus luxuriante. Le spectacle seul de l’abondance qui les environnait aurait dû inspirer la bonté et la douceur aux habitants de ce vallon, les disposer à la gratitude envers le Créateur et à la charité vis- à-vis de leurs semblables.
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Cependant, je suis fâché de le dire, la population de ce charmant séjour ne méritait pas
d’habiter des lieux si favorisés du ciel. C’était un peuple égoïste et dur, sans pitié pour les indigents et les malheureux de toute espèce. S’ils entendaient dire que les hommes doivent s’aimer les uns les autres, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de payer la Providence de son amour et de sa sollicitude pour nous, ils ne faisaient que rire avec mépris. Croiriez-vous que ces misérables enseignaient à leurs enfants à n’être pas meilleurs qu’eux-mêmes, et qu’ils applaudissaient aux efforts des petits garçons et des petites filles, en les voyant poursuivre quelque pauvre étranger de leurs cris et lui lancer des pierres ? Ils avaient de gros chiens hargneux, et, chaque fois qu’un voyageur s’aventurait dans la rue, ces affreux chiens étaient lâchés sur lui, jappant, grognant, grinçant les dents, et saisissant au hasard les jambes ou les habits. Il était bientôt tout
déguenillé, avant même d’avoir eu le temps de prendre la fuite. Et quelle horrible chose quand, par exemple, le malheureux était malade, faible, vieux ou infirme ! Aussi, quand il avait fait une fois l’expérience de la méchanceté des habitants et des chiens de cet endroit, il se détournait de son chemin et l’allongeait de plusieurs lieues, afin de ne pas avoir à passer dans cet abominable village.
C’était d’autant plus mal que, chaque fois que des personnes riches traversaient leur pays en voiture, ou suivies de domestiques en brillantes livrées, ces vilaines gens étaient les plus serviles des hommes. Si leurs fils ou leurs filles manquaient d’égards envers ces riches étrangers, ils étaient sûrs de recevoir quelques bons soufflets. Quant aux chiens, si l’un d’eux s’avisait d’aboyer, le maître s’empressait de lui administrer une volée de coups de bâton, et l’attachait dans sa niche sans lui donner à souper.

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Ceci aurait été fort bien, si les villageois n’eussent prouvé, en agissant de cette manière,
qu’ils se préoccupaient vivement de l’argent que l’étranger pouvait avoir dans sa poche, et pas du tout de l’âme humaine qui réside également chez le mendiant et chez le prince.
Maintenant, vous comprenez pourquoi le vieux Philémon s’exprima avec tant d’amertume
en entendant les cris des enfants et les aboiements des chiens. C’était un vacarme confus qui dura assez longtemps et remplit toute la vallée.
« Je n’ai jamais entendu les chiens aboyer si fort ! dit le bon vieillard.
– Ni les enfants crier si rudement !» répondit sa compagne.
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Ils se regardaient l’un l’autre en branlant la tête, et le bruit se rapprochait de plus en plus. Au pied de la petite éminence sur laquelle était située leur chaumière, ils aperçurent deux voyageurs qui marchaient de leur côté. Un peu dans l’éloignement courait une bande de petits mauvais sujets qui perçaient l’air de leurs cris, et jetaient de toutes leurs forces une grêle de pierres aux deux étrangers. Une ou deux fois le plus jeune des deux jeune homme d’une taille élancée et d’un air très vif, se retourna et chassa les chiens avec un bâton qu’il tenait à la main. Son compagnon, d’un extérieur beaucoup plus grave, conservait le plus grand calme, comme s’il eût dédaigné de faire attention aux petits vauriens ou à la meute qu’ils prenaient pour modèle.
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Tous deux étaient vêtus avec une extrême simplicité, et ne faisaient pas l’effet d’avoir assez d’argent pour payer leur gîte et leur souper. Et voilà pourquoi, j’en ai bien peur, les villageois avaient permis à leurs enfants et à leurs chiens de les traiter si grossièrement.
« Viens, ma femme, dit Philémon à Baucis, allons à la rencontre de ces étrangers. À peine
s’ils ont la force de monter la côte, et probablement ils ont faim.
– Va seul au devant d’eux, répliqua Baucis ; pendant ce temps-là, je vais bien vite regarder si nous ne pouvons pas avoir quelque chose pour souper : une bonne tasse de lait avec du pain, ce serait le meilleur moyen de les réconforter.»
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Elle se hâta de rentrer. De son côté, Philémon s’avança, et tendit la main aux voyageurs d’un air si hospitalier, qu’il était inutile de dire les paroles suivantes, qu’il prononça néanmoins du ton le plus cordial :
«Soyez les bienvenus, mes amis, et venez vous reposer chez moi.
– Merci ! répliqua le plus jeune avec une certaine vivacité, malgré son trouble et sa
fatigue ; c’est un accueil tout différent de celui que nous avons reçu là-bas. Comment se fait-il que vous viviez dans un si mauvais voisinage ?
–Ah ! répondit Philémon avec un sourire plein de bonté, la Providence m’a mis ici, je
l’espère, entre autres raisons, pour compenser à votre égard l’inhospitalité de nos voisins.
– Voilà qui est bien parlé, mon vieux père ! s’écria le voyageur en riant ; et, pour ne rien vous dissimuler, cette compensation nous est à peu près indispensable. Ces affreux petits vauriens nous ont jeté des pierres et de la boue, et l’un des chiens a mis en pièces mon manteau, qui était déjà bien assez déchiré : mais je lui ai administré un coup de mon bâton sur le museau, et je pense que vous avez pu l’entendre hurler, même à cette distance

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