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un objet familier prend vie (d’autres cinquièmes, une dizaine d’années plus tôt)

Consigne : je décris un objet familier que je personnifie. Je peux le doter d’un passé et/ou d’un avenir.

Thomas            Un petit coffret en bois

Il était là, sur l’étagère remplie à craquer de livres de toutes sortes, à côté du globe en verre et du vase rempli de plumes, immobile, insignifiant, un petit coffret en bois vide… Vide… Pas entièrement… Autrefois, il avait servi à une personne très puissante, un mage. Il avait recelé un immense trésor, une puissance magique d’une force inimaginable qui méritait bien plus que son nom : l’amour. L’amour qui déchire les cœurs et les reconstruit aussi facilement, l’amour qui ravage les âmes et les détruit, qui rend le sage fou, qui envahit les hommes…

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

 Guillaume     Le correcteur Pritt

Je l’avais trouvé dans le pot à crayons de mon père pendant que je récitais ma poésie. Il avait attiré mon regard pour sa forme de formule 1. Un jour, il arriva sur mon bureau. Il se précipita dans ma trousse. Il devint vite ami avec le stylo-plume à encre bleue. Il était impatient de voir les salles de classe. Quand il sortit de ma trousse, Victor se précipita dessus. Le correcteur Pritt était heureux que l’on s’occupe de lui. Enfin il était le centre d’intérêt des discussions du cour de mathématiques.

David        Le carnet de correspondance d’Alexandre

Un carnet de correspondance bleu comme tous les carnets de correspondance du Collège. Indispensable quand on voulait sortir après les cours. Quand Alexandre faisait quelque chose de pas bien en cours, le professeur le sanctionnait : il prenait son carnet,  écrivait un mot dans une bande orange, détachait un bout à faire signer par la vie scolaire tandis qu’un carré restait accroché à faire signer par les parents.

Un jour, Alexandre sut qu’il allait déménager à Nice. Il se mit à faire l’imbécile pour que son carnet se remplisse de mots.

Lorsqu’il quitta son dernier cours, dès la sortie du Collège, il prit le briquet qu’il avait apporté, brûla son carnet puis jeta ce qu’il en restait.

Voilà le destin qui peut attendre chaque carnet de correspondance !

Annaëlle  Un barreau

 Il y avait, à côté de l’entrée du collège Marguerite de Navarre des toilettes pour filles et pour garçons. Je n’ai jamais eu le privilège — et le malheur — d’entrer dans celles  des garçons mais le héros de cette histoire se trouvant être une barre de métal complètement rouillée, je n’y reviendrai pas.

Les escaliers menant aux toilettes des filles étaient donc encadrés de barreaux d’environ un mètre. La plupart de ces barreaux étaient tout ce qu’il y a de plus normal, à l’exception d’un seul qui avait la faculté de pouvoir tourner sur lui-même.

Et  tous les jours, le barreau s’ennuyait ferme, d’autant plus que ses compagnons d’infortune — c’est ainsi qu’il surnommait ses congénères barreaux  — ne trouvaient rien de mieux à faire que de le narguer car, « eux, ils étaient totalement rouillés mais au moins, ils savaient rester à leur place, sans coulisser au moindre coup de vent « .

Et tous les jours, le barreau de fer se languissait de ne pouvoir ouvrir la Porte. En effet, il suffisait de le tourner dix fois vers le Nord et douze fois vers le Sud, et ce quatre fois de suite pour que la Porte s’ouvre.

Malheureusement, le secret qui avait d’abord été transmis de mère en filles, de copine en copine avait fini par se perdre et le vieux barreau lui-même ignorait ce qu’il se passerait si on le tournait de cette façon. Il savait seulement que les toilettes qu’il occupait avaient d’abord servi de salles de tortures…

Matthieu     La board

Elle était rangée derrière l’échelle de sa mezzanine, mais, parfois, elle traînait dans sa chambre naviguant entre tout ce qui y était entassé. Elle, sa board. Elle lui servait beaucoup, c’est avec elle qu’il partagea ses premières « figures de grands », le flip, le variale flip… Parfois aussi, il s’énervait avec elle, celle-ci manqua plusieurs fois de passer sous une voiture tellement sa colère était grande. Maintenant il continue de progresser, les bons moments ne manquent pas. Mais avec le temps, le dessin qui orne le dessous de la planche s’abîme, s’use. On peut sentir que sa fin est proche. Son propriétaire va devoir en racheter une. Eh ! oui, elle ne virevoltera plus dans les ruelles. Abandonnée, elle ne servira plus à rien.

 Margot         Le stylo-plume

 Il était rose avec des petits moutons blancs. Il n’avait que quelques mois mais on aurait dit qu’il était vieux de plusieurs années. Margot l’avait acheté à son entrée en cinquième et depuis, il devait écrire toutes les leçons ennuyeuses d’histoire-géo, incompréhensibles de mathématiques et les exercices catastrophiques de français. La trousse était sa maison. Il y vivait avec Toto le ciseau, Péteur l’effaceur et Ronflon le crayon. Il pensait souvent à tout ce qui lui restait encore à écrire jusqu’au jour où, malheureusement, il se casserait et finirait à la poubelle.

Claude          La raquette de Claude

La raquette de Claude était verte sauf à la base du manche, à l’endroit où on la tenait. Dessus, il y avait deux revêtements, un rouge et un noir. Toutes les semaines, elle s’amusait comme une enfant. Parfois, elle était énervée et souffrait. Après avoir joué, elle se reposait dans une housse où elle rencontrait la plus ancienne des raquettes de Claude. Un jour, Claude la remplaça par une nouvelle raquette, plus belle, plus performante. Elles se détestaient. Le jour de l’entraînement, Claude prit la nouvelle. La verte était furieuse. Trois mois plus tard, l’autre fut décollée. La restante était enfin vengée et put sauver le reste de sa vie avec Claude.

 

Anne-Sophie  Le sac Eastpak

Je pris un jour un sac et ce sac était un Eastpak. Rouge et noir avec des dessins. De jolis dessins. Je l’ai gardé un an puis deux années et même trois années sans un trou, sans fermeture éclair cassé. Rien ! Tout marchait et nous nous entendions bien! Mais un jour arriva le collège : j’ai dû changer de sac. Pourtant, il était merveilleux, il avait tenu mais j’avais tellement peur qu’il lâche…

 Sarah        Le stylo

 Le stylo était rouge avec un dragon argenté. Reçu pour l’anniversaire des dix ans de Sarah, il avait deux ans. Son bouchon était l’objet de nombreuses triturations, d’ailleurs il était légèrement fissuré.

Il avait maintes fois accompagné sa propriétaire dans de nombreux contrôles (d’histoire, d’allemand et d’expression écrite) où elle écrivait comme une forcenée.

Son havre de paix était la trousse criblée d’écritures, et parmi quelques crayons de couleur, le blanco et la gomme, il se pelotonnait tranquillement, songeant aux jours heureux de vacances où il se reposerait enfin.

 

Eva      Le lit

Le lit d’Eva,  tout bleu et très moelleux, était raide dingue de sa voisine la couette. Une couette toute blanche et elle aussi amoureuse de lui. A chaque fois que quelqu’un voulait s’y coucher, il ne pouvait plus en sortir tellement la couette et le lit se serraient fort. Un jour, le lit se décida enfin à demander la couette en mariage, la couette, bien évidemment, accepta. Ils eurent plein de petits oreillers bleus à points blancs et tout aussi moelleux que leur père.

C’est ainsi que se finit l’histoire merveilleuse (ou presque) du lit et de la couette.

 

Quitterie           Le stylo

Il était jaune fluo et transparent. On voyait son squelette constitué d’un squelette et d’un tube blanc qui retenait l’encre. Il y avait aussi quelques plaques métalliques au bout et au début de ce beau stylo bic jaune. Il était fin et lisse.

A chaque fois que l’on écrivait avec, on avait l’impression qu’il écrivait tout seul. Et même les élèves qui écrivaient mal (voire très mal !) avec ce stylo écrivaient bien. Personne ne savait pourquoi. Personne, sauf lui.

Il avait été jadis un joli prince très habile que tout le monde aimait. Mais un jour qu’il partait à la chasse avec son cheval Soleil-Levant, une vieille sorcière lui jeta un sort et il atterrit dans une trousse, changé en stylo jaune fluo.

Dans la trousse, il était piqué par le compas, compressé parmi tous les stylos, Sali par les feutres sans capuchons et enfin étouffé par le taille-crayons qui lui enfonçait la tête.

Mais ce n’est pas tout : quand l’enfant le sortait de sa trousse, il le mordillait et le faisait passer à toute la classe pour que tout le monde admire le stylo foutu grâce à ses mâchoires, ce qui provoquait des éclats de rire.

Et puis un jour, l’élève se lassa de son stylo cassé et le jeta à la poubelle.

Voici la fin tragique du prince.

 

Florence         Le réfrigérateur

La vie du frigidaire n’est pas aisée et personne à part eux-mêmes ne le remarque. Autrefois, on les respectait, ils n’allaient que chez les familles riches, on les appelait « réfrigérateur ». Maintenant ils sont même dans les familles pauvres et on les nomme « frigo ». Ah, si mon grand-père me voyait pense-t-il souvent. Eux qui descendaient de la fière lignée des usines « Frigidi, les figidaires sans soucis ».Et puis ils doivent sans cesse repousser les attaques des abominables choses que sont les fours. Toujours à ouvrir leur bouche à l’occasion de quelque fête. « Non, mais… vous vous croyez en Afrique ? » avait lancé un jour un réfrigérateur au four qui lui faisait place et lui, comble de non-respect envers son aîné, lui avait répondu : « Et toi, l’ vieux, t’es au pôle nord ? C’est p’tèt ça qui t’a givré le cerveau ? »

 

Axelle               Une paire de chaussures

La chaussure fut jetée à travers la pièce, évitant de justesse le chien de la maison. Elle atterrit lourdement, juste devant le poêle. Elle fut très vite rejointe par sa compagne de toujours la chaussure gauche. Elles s’aimaient depuis qu’elles s’étaient rencontrées. C’est-à-dire dans une boîte en carton. Une boîte pas très confortable. Elles attendirent de longues semaines. Sortants de temps en temps de la boîte pour être enfilées à des pieds puants. Mais jamais un humain ne les avait prises. Elles étaient pourtant belles : des baskets blanches à bandes noires. Mais les baskets n’étaient plus à la mode le top en ce moment c’était les Converse. Oh ! celles-là ce qu’elles pouvaient être hautaines ! Toujours à se pavaner ! Mais un jour une fille les essaya et après une longue réflexion passa à la caisse pour les payer. A partir de ce jour-là, les baskets furent très utilisées. Tant et si bien que trois mois plus tard, la basket droite avait déjà un trou sur le côté. Le faux daim sur sa pointe, blanc à l’origine, devint de plus en plus gris. Un jour où la jeune fille avait encore enfilé ses baskets la chaussure droite n’en put plus et se déchira sur toute sa longueur. Elle connut très vite, avec sa compagne, le fond de la poubelle.

 

Laurent       Le poste de musique

Mon poste de musique est magnifique : gris métallisé et deux enceintes couleur bois. Je l’ai posé sur mon étagère. Amoureux de mon réveil, la nuit il gambade à travers la chambre pour aller le draguer. Sur la pointe des enceintes, très souple, il franchit tous les obstacles. Lorsqu’il s’énerve, il met la musique très fort mais le lendemain il est sage comme une image

 

Delphine        Un sac

Un sac bleu clair. Dessus des inscriptions. Souvent calé, bien confortablement, au pied de la table. Résistant car il portait les nombreuses affaires de cours de Delphine, qui, quand elle rentrait chez elle, le balançait à l’autre bout de la pièce, en l’abandonnant. Deux poches : une grande et une plus petite dont la fermeture éclair était cassée. Tous les sacs lui prêtaient une histoire d’amour avec le sac de Mélanie. C’était vrai, il était fou amoureux d’elle. Il aimait bien son environnement même si rester calé pendant les cours de sa propriétaire l’ennuyait. Alors il rêvait de son avenir avec la belle sacoche.

 

Kevin         La raquette de tennis.

Rouge et blanche, bien au chaud dans sa housse, elle détestait le mercredi. Un jour maudit pour cette pauvre raquette de tennis. Secouée de gauche à droite, de bas en haut, elle avait mal au manche, souffrait de ses cheveux cordage tirés jusqu’au déchirement. Elle aimait le samedi : elle retrouvait la Babolat 301 rouge et jaune mais toutes deux détestaient la Dunlop 602 noire et rouge, soi-disant plus puissante. Un jour qu’elle l’affrontait, une balle arriva avec une force telle qu’elle en perdit quelques cheveux. Elle fut conduite dans un hôpital Intersport et réparée. Maintenant elle gagnait toujours la Dunlop 602 noire et rouge.

 

Laureen         La vieille table de français

Laureen trouvait que sa vieille table de français souffrait. Une table en bois aux pieds en fer. Elle souffrait parce que quelqu’un la martyrisait en gravant des mots comme Nicolas, mdr, volcom… avec son compas. Mais ce n’était pas tout ! Elle supportait aussi le poids des trousses, des cahiers, des bras et même des coups de poing énervés sans parler de tous les vieux chewing-gums qu’on lui collait dessous, à l’abri des regards. Laureen l’aimait bien. Tous les jours elle lisait ce qui venait de lui être rajouté.

 

Héloïse                 Un très joli livre

C’est un très joli livre à la couverture blanche et noire. De grandes lettres Entre chiens et loups sont inscrites sur la première de couverture. En son milieu, horizontalement, un barbelé qui peut faire peur. Ce livre appartient à Héloïse avec qui il parle souvent. Très chouchouté, il prend une place considérable dans la bibliothèque de sa propriétaire. Parfois il s’énerve quand on le jette n’importe où et se met à gémir mais très vite il se calme. Il passe des journées entières à attendre patiemment Héloïse. Bien qu’il commence à prendre de l’âge, il ne le montre pas vraiment. Toute la journée, il explore les contours de la chambre dans laquelle il est soigneusement posé. Il voyage autant que sa propriétaire et explore de nombreux autres petits coins où s’installer et rêvasser.

 

Camille                   Mon stylo plume

Mon stylo plume, quand on le voit, posé sur une table, il est assez ordinaire. Long, rose, fin. Pour l’ouvrir, il faut tourner le bouchon. Il a deux petits yeux jaunes. Il fait une très jolie écriture mais parfois à force d’écrire il en a marre, il écrit mal et même parfois pas du tout. Il bave rarement. Pourtant quand il a faim, il faut lui donner tout de suite une cartouche bleue. Les noires il ne les aime pas. Un peu comme les enfants avec le chocolat noir. Il n’a pas de bouche, sinon il m’aurait déjà mordu, non, quand même pas ! mais crié dessus, si, sûrement ! Parfois il sort de la trousse et part en courant sur le sol, c’est bien la preuve qu’il n’a pas trop envie de travailler.

 

Martin                       Mon oreiller

Mon oreiller quarante centimètres sur quarante, rempli de plumes, entouré d’un tissu de coton Si fin, si doux… et des petits dessins rigolos. Quand je rentre chez moi après une journée épuisante, j’enfouis ma tête dans ses replis moelleux. J’entre alors dans un autre monde, un monde de rêves qui me fait oublier tous mes malheurs et mes mauvaises notes. Il sent bon, il est chaud, douillet, parfois froid. Il prend parfois figure humaine, tantôt triste, tantôt gaie. Bref, c’est l’oreiller idéal pour passer une nuit de rêve, se réveiller frais le matin et réussir son exercice de français !

 

Yassib Mohamed                     Des Converse

Hier soir, j’ai acheté des Converse et ce matin je les ai mises pour aller au collège. Elles ont une peau marron et des lacets clairs comme des cheveux blonds. Le bout de mes chaussures ressemble à un sourire de dents blanches et elle me tire la languette. Le symbole de la marque a les yeux bleus. La chaussure de gauche demande à la chaussure droite :

  • C’est ta première journée ?
  • Oui.
  • Bonjour, je m’appelle Nicolas.
  • Et moi, je m’appelle Lucie, répond la chaussure de droite.

Ensemble, nous faisons la connaissance du livre d’Héloïse.

Renaud                    Ma table

La classe de français va être refaite. Et elle est là devant moi, ma table, resplendissante mais malheureuse. Attaquée par ces satanés blancos. Des élèves marquent leur nom, d’autres lui infligent des coups de compas. Cette pauvre table ne ressemble point aux tables modernes en aggloméré gris avec des pieds en tube jaunes ou bleus. Elle a sur la droite et sur la gauche des trous ronds pour recevoir un encrier. Son bois est lisse comme la soie et son vernis bien joli. Elle n’a aucun défaut et pourtant elle va forcément partir. Elle est juste un peu vieille. Il ne faut pas changer ma table, elle n’a pas envie d’aller à la casse se faire détruire.

Pauline                           Un stylo plume

Ce n’était pas un humain, ni un animal, ni une plante mais un objet, plus précisément un stylo plume vert à pois bleus. Un stylo heureux de vivre dans une belle trousse parmi d’autres stylos. Lorsqu’il écrivait, on aurait dit qu’il dansait, passant d’une lettre à l’autre en sautant, dessinant des courbes… Parfois, il ne voulait plus écrire… Monsieur n’était pas content ou en colère, alors il s’arrêtait et Pauline changeait la cartouche. Comme par magie, rempli d’énergie, il reprenait son rythme pour compléter la page blanche. Quand il était furieux, Pauline appuyait fort sur sa plume pour qu’il continue à noter mais il bavait, fuyait, se déformait ou se cassait. Elle le réparait, se réconciliait avec lui et il reprenait sa danse sur la feuille. Pauline aimait bien ce stylo plume.

 

 

Grâce                                          Ma bague

 

Elle est toute petite, très jolie, avec de petits diamants. Brillante. Une bague que ma grand –mère m’a offerte. Une bague si heureuse le premier jour où je l’ai mise. Puis les jours ont passé et elle est devenue très étrange. Elle pleurait jour et nuit, désespérée. Qu’avait-elle donc ? J’ai décidé de la porter à nouveau. Elle a souri aussitôt. En fait, elle ne voulait plus être enfermée dans la boîte à bijoux.

Guillaume                       La play

 Cette play station noire de vingt centimètres carrés sur treize, Guillaume l’adore mais elle, une Sony, ne l’aime pas. Elle le déteste même. Tous les jours elle se fait secouer quand Guillaume n’arrive pas à faire ce qui est demandé dans le jeu. Un jour il l’a même jetée à terre. Elle criait de douleur face à cette chute terrible.

  • Tu ne m’aimes donc pas ? gémissait-elle.

Mais il n’a pas répondu. Depuis ce jour, la play a un défaut. Elle a la capacité de s’éteindre toute seule. Devant cette menace, Guillaume la respecte et ne la secoue plus. Ils sont devenus amis, du moins ils le croient.

Jordan                       Un stylo

Il écrit ce qu’on lui dit d’écrire mais au fond il est triste. C’est un stylo bleu clair et bleu vert, orné d’un crocodile marron sur le dos. S’il est triste c’est parce qu’il est tout seul et aussi parce qu’il ne peut pas écrire et raconter ce qu’il veut sur une feuille. Il est obligé de parler avec les crayons à papier et les taille-crayons. Un nouveau stylo vert vient d’arriver et d’un coup il sent que le vide de la solitude se referme petit à petit. Mais au moment où il va le voir, le stylo vert se fait emporter. Déjà dix minutes et il ne revient toujours pas… alors le stylo du début se ressent à nouveau terriblement seul.

 

Améline                         Le stylo-plume

Le stylo-plume dort dans une trousse avec plusieurs camarades. Quelqu’un le prend et commence à écrire. Il sent la douceur de ses mains, essaie de ne pas lâcher trop d’encre mais juste un peu. Retour à la maison. Epuisé et assoiffé, il s’endort tout de suite. Le lendemain, la personne le reprend, il n’a plus d’encre et il se rendort éternellement. Elle lui fait de merveilleuses funérailles.

un travail sur des poèmes de Paul-Jean Toulet (1867 à Pau – 1920 à Guéthary)

source wikipédia

Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le , est un écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu’il a créée.

Poèmes de Paul-Jean Toulet

(Pau 1867- Guéthary 1920)

–  « Bayonne! Un pas sous les Arceaux,
Que faut-il davantage
Pour y mettre son héritage
Ou son cœur en morceaux ?

Où sont-ils, tout remplis d’alarmes,
Vos yeux dans la noirceur,
Et votre insupportable sœur,
Hélas ; et puis vos larmes ? »

Tel s’enivrait, à son phébus,
D’un chocolat d’Espagne,
Chez Guillot, le feutre en campagne,
Monsieur Bordaguibus.

***

trois lectures de Julie en lien

Julie pour Ce fut un soir d’automne

Ce fut par un soir de l’automne
A sa dernière fleur
Que l’on nous prit pour Mgr
L’Evêque de Bayonne,

Sur la route de Jurançon.
J’étais en poste, avecque
Faustine, et l’émoi d’être évêque
Lui sécha sa chanson.

Cependant cloches, patenôtres,
Volaient autour de nous.
Tout un peuple était à genoux :
Nous mêlions les nôtres,

Ô Vénus, et ton char doré,
Glissant parmi la nue,
Nous annonçait la bienvenue
Chez Monsieur Lesquerré.

***

Julie pour Chevaux de bois

A Pau, les foires Saint-Martin,
C’est à la Haute Plante.
Des poulains, crinière volante,
Virent dans le crottin.

Là-bas, c’est une autre entreprise.
Les chevaux sont en bois,
L’orgue enrhumé comme un hautbois,
Zo’ sur un bai cerise.

Le soir tombe. Elle dit : « Merci,
Pour la bonne journée !
Mais j’ai la tête bien tournée… »
– Ah, Zo’ : la jambe aussi.

***

Julie pour Rêves d’enfant

Rêves d’enfant, voix de la neige,
Et vous, murs où la nuit
Tournait avec mon jeune ennui…
Collège, noir manège.

jouer avec une strophe de son choix, rester dans la région !

avec Tom

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A Pau, c’est la fin de l’hiver

Mais mon cœur est couvert

Depuis cette folle épidémie,

Je n’ai plus d’amis

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avec Mathéo

Sur le chemin de Labenne

Je suis parti vers Pau,

Avec sur la tête mon chapeau

J’ai vu des policemen

avec Jules

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Dans la ville de Pau,

Mon papa ne dessine plus sur les peaux,

Mais moi je dessine dans mon cahier,

Sans risque, ni danger.

 

avec Adam

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Sur la route de Gavarnie,

J’ai vu la pie dans son nid,

Elle avait peur des gros matous,

Car il y en avait partout

Sur la route du collège,

Il n’y a jamais de neige,

Mais il y a mes amis,

Avec qui je chante et je ris.

Sensation d'Arthur Rimbaud

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Mars 1870

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien

Mais soudain une douce fraîcheur me monta dans l’âme,

Elle me donna l’envie d’aller loin, très loin,

Mais celle-ci me piégeait car mon coeur s’arrêta

écrire avec Jules Verne : insérer un dialogue dans un récit.

Consigne : Ajoutez des interventions narratives pour rendre ce dialogue plus visuel. Vous ne devez pas ajouter de paroles mais vous pouvez utiliser toutes les possibilités offertes par les interventions narratives. (sujet repris dans Le Narratif 5ème Bertrand-Lacoste)

Texte Le voyage au centre de la terre (extrait) de Jules Verne
– Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule.

– La comparaison est juste, mon garçon ; maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

– Si, un mont qui semble avoir poussé en mer.

– Bon ! c’est le Sneffels.

– Le Sneffels ?

– Lui-même, une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

le texte de Jules Verne Voyage au centre de la terre

Je me levai, et, grâce à ces indications précises, je trouvai rapidement l’atlas demandé. Mon oncle l’ouvrit et dit :

« Voici une des meilleures cartes de l’Islande, celle de Handerson, et je crois qu’elle va nous donner la solution de toutes tes difficultés. »

Je me penchai sur la carte.

« Vois cette île composée de volcans, dit le professeur, et remarque qu’ils portent tous le nom de Yocul. Ce mot veut dire « glacier » en islandais, et, sous la latitude élevée de l’Islande, la plupart des éruptions se font jour à travers les couches de glace. De là cette dénomination de Yokul appliquée à tous les monts ignivomes de l’île.

— Bien, répondis-je ; mais qu’est-ce que le Sneffels ? »

J’espérais qu’à cette demande il n’y aurait pas de réponse. Je me trompais. Mon oncle reprit :

« Suis-moi sur la côte occidentale de l’Islande. Aperçois-tu Reykjawik, sa capitale ? Oui. Bien. Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

— Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule.

— La comparaison est juste, mon garçon ; maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

— Si, un mont qui semble avoir poussé en mer.

— Bon ! c’est le Sneffels.

— Le Sneffels ?

— Lui-même, une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

— Mais c’est impossible ! m’écriai-je en haussant les épaules et révolté contre une pareille supposition.

— Impossible ! répondit le professeur Lidenbrock d’un ton sévère. Et pourquoi cela ?

Copie d’élève 1

En l’an 1883, le 10 mai à 10 h 30, deux hommes penchés sur une table de chêne, étudiaient une carte ?géographique dans une petite pièce sombre. Des étagères croulant sous les livres aux couvertures moisies d’humidité et aux pages jaunies par le temps grimpaient à l’assaut de hauts murs décrépis. Le premier bien bâti, une casquette de marin posée sur son crâne chauve, une moustache saillant de son visage, prit la parole et ordonna au second :
-Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessus du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?
– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule, répondit l’autre, très grand et d’une maigreur squelettique, après un court examen.
– La comparaison est juste, mon garçon, confirma en se grattant la tête l’homme à la casquette. Maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?
– Si un mot qui semble avoir poussé en mer, répondit le jeune en mâchonnant son crayon.
Avec sa longue robe blanche, sans doute une chemise de nuit, il avait tout d’un apprenti que l’on aurait sans ménagement tiré du lit.
– Bon c’est le Sneffels ! annonça fièrement celui qui semblait être le chef de l’expédition qui se préparait.
C’était là une montagne connue du monde entier. En vérité, un volcan dont certains prétendaient que son cratère aboutissait au centre de la terre.
– Le Sneffels ? interrogea l’autre qui n’en croyait pas ses oreilles.
– Lui-même, approuva le premier, l’air satisfait,une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.
– Mais c’est impossible ! s’étonna le garçon en se redressant brusquement.
Il y avait de quoi sursauter car si c’était vrai, il pourrait faire ce voyage au centre de la terre, auquel il rêvait  depuis son plus jeune âge. Il se dirigea vers les rayonnages de la bibliothèque pour s’instruire davantage au sujet de cette haute montagne. Le chef de l’expédition, tapota sa pipe contre la table et, pensif, laissa s’échapper trois volutes de fumée.

Copie d’élève 2

L’histoire que je vais vous raconter est celle du capitaine Jack et de son assistant Tristan…

A Paris, par une rude journée de l’hiver 1857 nos deux marins préparaient une expédition à la Bibliotèque nationale. Ils étaient penchés sur des cartes diverses et variés. Ils avaient hâte de rentrer pour retrouver leur intérieur confortable où un bon feu crépitait dans la cheminée.Le plus âgé des deux, un vieux loup des mers au visage buriné, vêtu d’une longue tunique, ordonna d’un air supérieur à son subalterne :

-Remonte les fjords innombrables de ces rivages rongés par la mer, et arrête-toi un peu au-dessous du soixante-cinquième degré de latitude. Que vois-tu là ?

– Une sorte de presqu’île semblable à un os décharné, que termine une énorme rotule, répondit Tistan en montrant ironiquement son genou.

-La comparaison est juste, mon garçon, le félicita Jack en lui lançant un sourire complice, maintenant, n’aperçois-tu rien sur cette rotule ?

-Si, un mont qui semble avoir poussé en mer, répondit le mousse qui observait plus attentivement le planisphère.

La responsable de la bibliothèque vint leur annoncer que l’établissement allait bientôt fermer ses portes et repartit aussitôt. Ils étaient les derniers dans la salle. Jack se redressa, s’étira, puis se laissa tomber dans un fauteuil en cuir en rajustant sa casquette. Tout en passant les doigts dans sa barbe naissante, satisfait, il déclara :

-Bon ! c’est le Sneffels !

-Le Sneffels ? s’exclama l’assistant un mélange de peur et d’excitation dans la voix.

-Lui-même, rétorqua le capitaine du haut de ses 1m96, tout en rajustant ses lunettes. Une montagne haute de cinq mille pieds, l’une des plus remarquables de l’île, et à coup sûr la plus célèbre du monde entier, si son cratère aboutit au centre du globe.

Jack était saisi d’une joie indescriptible. Elle se lisait dans ses yeux vifs noisette et son visage creusé n’avait jamais paru aussi radieux. Cette expédition n’était pas sans risque, il ne l’ignorait pas mais il en rêvait depuis tellement longtemps. Le capitaine, lui, conservait son flegme habituel. Ils rangèrent calmement leurs affaires et rentrèrent à pas lents tout en réfléchissant à leur expédition.

écrire le début d’un conte

L'ogre qui avait peur des enfants

Sujet : A partir de cette image, imaginez le début d’un conte (situation initiale et première action) qui s’intitulera « L’ogre qui avait peur des enfants »

copies d’élèves

1) Jadis, vivait dans une grotte, un petit ogre craintif. Il avait peur des enfants au point de se cacher sans cesse. Ils adoraient le harceler et se moquer de lui : ils lui jetaient des œufs à la tête et le poussaient dans la boue en criant « T’es une poule mouillée, t’es une poule mouillée ». Il retournait aussitôt se réfugier chez lui.

Un jour, le prince du village voisin passa par là et le vit se recroqueviller au centre d’une horde de garnements déchaînés. Il devina sa détresse et décida de lui venir en aide.

2) Il était une fois une pauvre petite femme qui eut pour enfant un ogre rondouillard à petite tête joufflue. Il s’appelait Igor mais on le surnommait partout le Peureux. Il habitait dans une maison délabrée au cœur d’un tout petit village. Les enfants ne voulaient pas jouer avec lui. Ils le trouvaient gros et bête et le lui répétaient sans cesse. Il restait enfermé chez lui. Il avait peur d’eux et n’en pouvait plus de se sentir humilié.

Mais un jour que le vent soufflait très fort, un cerf-volant passa au-dessus de la murette du jardin et se posa dans l’herbe. Une petite fille passa par le portillon entrouvert, longea l’allée de gravier et avança sur la pointe des pieds. Au moment où elle se baissait pour prendre le cerf-volant, l’ogre sortit cueillir des fraises. Il la vit. Leurs regards se croisèrent et pour la première fois l’ogre n’eut pas peur.

3) Il était une fois une pauvre paysanne veuve qui avait pour unique enfant un ogre. Ils vivaient tous les deux, à la lisière de la forêt, dans une vieille cabane délabrée. Tout le monde le surnommait Victime mais en réalité, il s’appelait Jean. Il était laid, tout petit et très gros. Il détestait prendre le bain, donc il ne sentait pas vraiment bon. Ses chaussures étaient trouées et son pantalon trop petit déchiré. Il était une proie facile pour ses camarades. Quand il arrivait à l’école, les enfants le bousculaient, lui tiraient les cheveux et lui crachaient dessus. Parfois, ils dansaient en rond autour de lui en criant « Tu pues… Tu pues ». Sa mère ne se rendait compte de rien.

Un jour il alla voir sa mère. Il lui expliqua tout. Elle lui conseilla de ne pas se laisser faire. Fort de son soutien et soulagé d’avoir parlé, il se posta à l’entrée de l’école primaire et prit un air menaçant. Il tenait son grand couteau à la main.

 

 

commencer un récit : où ? quand ? qui ? quelques exemples par imitation

1) Dans les premiers jours du mois d’octobre 1815, une heure environ avant le coucher du soleil, un homme qui voyageait à pied entrait dans la petite ville de Digne. Les Misérables de Victor Hugo
exemples en classe :
1) Le premier janvier 1990, vers minuit, des enfants lançaient des pétards dans la banlieue d’une grande ville.
2) Par une chaude journée d’été, aux environs de midi, un renard avançait précautionneusement dans la forêt.
3) Le premier jour de l’automne, aux alentours de 10 heures, un jeune garçon dévorait de bon appétit son sandwich en montagne.
4) En ce premier jour d’octobre, alors que midi sonnait au clocher, une femme qui rentrait épuisé d’un long voyage poussa avec soulagement la porte de sa petite maison.
2) C’était au début de juin. Il venait de passer quelques jours à Paris pour affaires. Installé dans le train express du matin, il regagnait Londres où il partageait encore l’appartement de son vieil ami Hercule Poirot, l’ex-détective belge.                       Agatha Christie
exemples en classe :
1) C’était au début des vacances. Il venait de voir le Père Noël survoler sa ville, Pau. Assis sur le canapé, il ouvrit le cadeau dont il rêvait depuis septembre.
2) C’était dans le premier jour de janvier. Elle venait de naître dans l’hôpital de la ville. Installée dans les bras de sa mère, elle dormait paisiblement.
3) C’était au début du mois de décembre. Pierre, maçon, venait d’arriver sur son lieu de travail. Installé dans son nouveau chantier, il prit ses outils et rejoignit ses collègues.
4) C’était au début de la première heure de la matinée. Un élève venait de frapper à la porte : il était en retard. Le professeur le renvoya en étude.
3) Thomas le Rouge, qu’on nommait ainsi à cause du roux flamboyant de ses cheveux, avançait sans bruit au milieu des fougères. L’approche de la nuit et un vilain temps de novembre avait beau obscurcir le sous-bois, il se méfiait. Les clairières se multipliaient dangereusement dans la forêt aux abords de l’abbaye.
                                                            Jacqueline Mirande (littérature jeunesse)
exemples en classe :
                  1) Karlos le Gentil, que l’on surnommait ainsi du fait qu’il n’était pas crédible lorsqu’il se mettait en colère, avançait sans bruit vers sa PS 4. Les néons qui éclairaient sa chère console lui donnaient une furieuse envie de l’allumer. Le pas de sa mère, dans le couloir, se rapprochait, lui, dangereusement.
                   2) Ce matin-là, tôt, sous une pluie battante, Khadija, la Brune, qu’on nommait ainsi pour sa belle chevelure d’un noir de jais, marchait d’un pas vif vers son arrêt de bus. Elle se méfiait de la grande flaque sur la chaussée, juste au bord du trottoir. Le bus qu’elle attendait, le T2, sortit du virage à vive allure.
4) Il n’y avait que sept ou huit heures de la lisière du bois à la source. Cosette connaissait le chemin pour l’avoir fait bien souvent de jour. Chose étrange,  elle ne se perdit pas. Un reste d’instinct la conduisait vaguement. Elle ne jetait cependant les yeux ni à droite ni à gauche, de crainte de voir des choses dans les branches et dans les broussailles.
                                                                     Les Misérables Victor Hugo
exemples en classe :
                   1) Seuls quelques mères le séparaient de sa victime.Il connaissait l »Élysée comme sa poche pour l »avoir exploré en se faisant d’abord passer pour un cuistot, puis pour un général. Il n’y avait plus de caméras, il le savait, dans la chambre du président. Un soupçon d’hésitation l’envahit. Il enfila cependant ses gants de latex et poignarda d’un coup précis l’habitant des lieux. Il s’enfuit aussitôt, à pas de loup, par les issues de secours pour aller récupérer les cinq milliards d’euros qui l’attendaient sur un compte bancaire anonyme.
                   2) Marie n’était rentrée que depuis quelques minutes. Elle savait que ses parents allaient se disputer. Elle alla donc directement à sa chambre. Chose étrange, elle entendit un bruit comme si quelqu’un tombait. Son instinct la pousser à aller jeter un coup d’œil. Le corps de sa mère était par terre et la porte entrouverte. Elle se mit à pleurer.
5) -Pourquoi me soutenir que tu sais ta leçon ? Tu vois bien que tu ne la sais pas ! … Tu l’as apprise par cœur ? vraiment ?
    Une gifle claqua.
    – Monte à ta chambre. Que je ne te voie plus jusqu’au dîner.
    L’enfant porta la main à sa joue, comme s’il avait eu la mâchoire brisée :
    – Oh ! là ! là vous m’avez fait mal !
                                            François Mauriac Le Sagouin
exemples en classe :
       1)
          – Pourquoi me soutenir que tu n’as pas fumé ? je sens ton haleine !
           Elle le toisa d’un regard glacial. Une gifle claqua.
            – Descends à la cave et restes-y ! Que je ne te voie plus d’un moment.
            L’enfant quitta la pièce sans demander son reste. Il pleurait.

Résolutions pour 2019 : florilège

sur une idée de Flore B.

J’essaierai d’être ZEN !!!

Je serai moins timide

J’aimerai que ma mère soit heureuse en 2019.

Je rangerai plus souvent ma chambre.

J’essaierai de ne plus me disputer avec ma soeur.

J’essaierai de passer moins de temps sur mon téléphone.

Je ne dirai pas tout ce que je pense.

J’irai au Japon.

J’essaierai de ne plus taper mon petit frère quand il m’énerve.

Je lirai plus de livres !

Je ferai mes devoirs tout seul.

 

Chemin familier

évoquer un chemin habituel (se rendre chez la gardienne, sur le lieu habituel des vacances, chez mamie, à l’école, etc.) de la petite enfance à la deuxième personne (sorte de mise à distance de soi) et à l’imparfait

exercice puisé dans Tous les mots sont adultes de François Bon

Réfléchir d’abord à là où on est immobile, même pro­visoirement, même un instant, mais de façon répétitive dans le quotidien, pour regarder la ville : devant une fenêtre, à l’arrêt de bus, à un feu rouge, sur un banc, ou là où on prend le pain, à la caisse d’un supermarché… C’est une suite d’endroits où on attend brièvement, même quelques dizaines de secondes, pourvu que répé­tées presque au quotidien : il suffit de penser à ce qui revient régulièrement au fil des jours simmobiliser à un endroit précis pour déceler ces points d’arrêt même très fugaces, pour quapparaisse son territoire personnel dans la ville, et un nouveau portrait de cette ville (François Bon, page 64).

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 Tu   étais si jeune alors ! Tu n’avais qu’une hâte durant l’année, retrouver la liberté merveilleuse que toffraient tes grands-parents. Non pas que tes parents ne te laissaient  pas tranquille !

Non, c’est juste que ton petit âge te faisait rêver à ce chemin qui annonçait  le début des vacances…

Il y avait d’abord a préparation des valises, source d’oublis et de stress pour tes parents, mais toi, drapée de ton innocence tu n’y prêtais aucune attention, ton esprit était déjà dans le jardin merveilleux où s’amusaient tes compagnons de toujours, des petits chiens fidèles qui t’attendaient avec impatience et te recevaient toujours avec joie.

Une fois dans la voiture, tu serrais ton doudou contre toi en regardant ce paysage familier qui défilait devant toi et qui parfois étonnait ton esprit, qui était déjà, malgré tes cinq ans, ouvert aux mystères du monde. Les grands arbres qui ployaient dans le vent dansaient au rythme d’une musique que tu étais la seule à connaître.

Ton silence étonnait tes parents, qui te regardaient, perdue dans ton rêve peuplé de licornes, de fleurs et toujours, de cette musique qui entraînait au fond de toi cette impression de bonheur et de sécurité qui n’a jamais cessé depuis.

Enfin, quand tu voyais la maison, ton esprit bondissait de joie. Les silhouettes tant aimées apparaissaient alors, une bouffée d’air de la mer te parvenait, tu oubliais tous tes soucis et tous tes malheurs, les vacances commençaient.

***

Quel âge avais-tu ? Tu parlais et savais déjà bien marcher. Tu t’installais dans ta petite poussette bleue pour aller te promener. Tu tremblais un peu dans ton véhicule car le sol était caillouteux. Tu serrais fort ton chat en peluche car il y avait de la pente. Un arbre magnifique se dressait devant toi avec beaucoup de feuilles jaunes et rouges. Tu empruntais souvent le passage que tu avais découvert en cherchant des champignons. Le passage menait à une petite rivière avec de la vase. Tu adorais jouer dedans à attraper les araignées qui flottent. Tu traversais ensuite un petit pont étroit comme de la ficelle. Tu avais très peur de passer par dessus ce pont étroit et tu prenais pour appui des fortes branches. Tu serrais ton doudou chat et ton père tellement fort que si ton doudou chat avait été vivant tu l’aurais étouffé. Après les émotions tu rentrais chez toi par la forêt. Tu racontais à toute la famille que tu avais réussi à traverser le pont dangereux.

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Tu montais dans le taxi gris de ton père. Tu t’asseyais à l’arrière du monospace avec ta sœur. Tu t’attachais. Ta maman allait ouvrir le portail. Ton père reculait. Ta mère criait car il allait trop vite. Sur la route, il n’y avait pas grand monde. A Escoubès, ça puait les cochons. Tu refermais vite la fenêtre. Il n’y avait que des fermes et quelques maisons par-ci, par-là et si ce n’étaient pas les fermes ou les maisons qui occupaient le paysage, c’étaient des champs immenses de maïs et des champs avec des animaux. Il y avait une grande maison avec un petit âne. Ta mamie en avait également un qui s’appelait Filou. Tu jouais aux cartes avec ta sœur. Quand tu n’avais plus envie de jouer aux cartes, tu t’endormais. Quand tu te réveillais, tu étais arrivée à destination, chez ton papi et chez ta mamie.

 ***

Tu t’asseyais à l’arrière de la Twingo de tes parents pour aller en direction de Palavas, la plage où tu passais tous tes étés. Ta meilleure amie était là, assise à tes côtés.

Tu sortais la tête de la fenêtre, les cheveux au vent, tout en chantant le dernier tube de Lorie. Ta meilleure amie reprenait en chœur.  Tes parents et ton frère se bouchaient les oreilles. Tu détestais l’odeur de la voiture. Une odeur indescriptible. Alors tu vaporisais ton parfum Barbie de partout. Ta maman s’énervait.

Tes parents payaient à l’habituel péage.

Cela voulait dire que tu étais bientôt arrivée.

Le paysage changeait, on voyait la mer à l’horizon. Au loin, on pouvait aussi remarquer la fête foraine, tu adorais la pêche aux canards, c’était ton manège préféré.

Ton père s’énervait, il ne trouvait pas de place. Il tournait, virait et enfin réussissait à se garer.

Tu courais vers la plage. Tu sautais de joie devant cette belle eau bleu clair, sans saletés. Tu te cachais derrière la serviette que te tenait ta meilleure amie pour enfiler ton bikini rose bonbon. Tu mettais tes lunettes de soleil en forme de cœur et brandissais sauvagement ton seau et ta pelle.

Et tu jouais, te baignais, faisais des châteaux de sable avec ta meilleure amie !

***

 Tu   étais si jeune alors ! Tu n’avais qu’une hâte durant l’année, retrouver la liberté merveilleuse que toffraient tes grands-parents. Non pas que tes parents ne te laissaient  pas tranquille !

Non, c’est juste que ton petit âge te faisait rêver à ce chemin qui annonçait  le début des vacances…

Il y avait d’abord a préparation des valises, source d’oublis et de stress pour tes parents, mais toi, drapée de ton innocence tu n’y prêtais aucune attention, ton esprit était déjà dans le jardin merveilleux où s’amusaient tes compagnons de toujours, des petits chiens fidèles qui t’attendaient avec impatience et te recevaient toujours avec joie.

Une fois dans la voiture, tu serrais ton doudou contre toi en regardant ce paysage familier qui défilait devant toi et qui parfois étonnait ton esprit, qui était déjà, malgré tes cinq ans, ouvert aux mystères du monde. Les grands arbres qui ployaient dans le vent dansaient au rythme d’une musique que tu étais la seule à connaître.

Ton silence étonnait tes parents, qui te regardaient, perdue dans ton rêve peuplé de licornes, de fleurs et toujours, de cette musique qui entraînait au fond de toi cette impression de bonheur et de sécurité qui n’a jamais cessé depuis.

Enfin, quand tu voyais la maison, ton esprit bondissait de joie. Les silhouettes tant aimées apparaissaient alors, une bouffée d’air de la mer te parvenait, tu oubliais tous tes soucis et tous tes malheurs, les vacances commençaient.

***

Tu étais un petit enfant de six ans. Tu étais blond alors et tu avais les yeux bleus. Tous les jours tu allais à l’école en « BM double pieds » car l’école n’était pas loin de chez toi. Tu voyais à chaque fois des sapins, une tour, des escaliers, des pères et leurs enfants, des femmes enceintes, des voitures, des Clio, Peugeot, une femme que tu aimais bien qui te faisait faire les devoirs à l’étude, une autre femme avec qui tu parlais et qui te faisait traverser devant ton école, tu voyais aussi tes copains, tes instituteurs et des personnes que tu n’aimais pas trop. Il y avait des jeunes qui séchaient les cours et qui faisaient des bêtises comme voler des ballons. A la cantine tu voyais les autres enfants lancer le pain. Et puis tu as grandi et tu ne sais pas ce que tu fais et à quoi tu ressembles. Tu ne le sais pas et tu voudrais beaucoup le savoir.

Fenêtres

Se concentrer sur l’image en deux dimensions que découpe une fenêtre : fenêtre au présent, fenêtre loin dans la mémoire, fenêtre liée à l’environnement urbain, vitre en mouvement, écrans… Utilisation de phrases nominales.

SAVOIR CHOISIR SES FENÊTRES

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fenêtre carrée dehors le vent…

un vent puissant.

Des arbres déchaînés.

La route sans fin.

Et un bruit

Le bruit de la pluie qui

S’écrase contre les carreaux.

 

fenêtre de nuit

des lumières étincelantes

rouge, orange, jaune

la ville les magasins

la musique de la nuit qui tombe.

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Fenêtre de l’hôtel, premier étage, grand espace, des piscines, des bars, des tables de ping-pong, des gens, des taxis jaunes, la plage, des palmiers, des terrains de tennis.

Assise dans le bus. Boutiques, grandes et petites maisons, verdure, grande rue, école, appartement sombre, la pluie, les voitures.

Chambre. Premier étage, grand jardin, plein d’arbres et de fleurs, petite maison, mur en pierre, portail noir, table de jardin.

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Centre commercial, maison, arbres, voitures, vélos, arrêt de bus, la pluie, le brouillard, nuages, des personnes, Palais des Pyrénées, appartements, des oiseaux, des écoles.

Grand hôtel : quatrième étage, hôtel parc Aventura, des attractions, des labyrinthes, un parc, cafeteria, des arbres, ciel bleu, nuages, piscines, terrain de volley.

Rez-de-chaussée, jardin, rue du 14 juillet, balançoire, filet de badminton, des palmiers, un mur de pierres, grillage, fleurs, maisons, tables de jardin.

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Au loin, sous le préau des cages de foot, des arbres sans feuilles, des traces blanches au sol, des paniers de basket sans filets, des tables de ping-pong. Et encore des chewing-gums collés. Des bancs rouges, de vieux immeubles, sur le toit, des antennes de télévision, des élèves qui courent portant leur sac sur leur dos.

Le fond d’écran, des icônes sur le bureau, la flèche de la souris, des lettres qui s’affichent, barre du menu, une page internet.

La route défilant, des lignes blanches, les lampadaires éclairés, la mer et des bateaux naviguant au large, des algues, des feux tricolores, des panneaux de stop, des radars automatiques, des vacanciers, le soleil brillant, le ciel bleu.

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Buée, arbres qui défilent, ciel teinté d’un bleu pénétrant, rideaux salis par le temps, reflet des lumières, feux rouges qui s’accumulent, double vitrage glacé, herbe sur le bord de la route gelée, immeubles qui se ressemblent.

Toits usés balcons remplis de plantes grillage usagé arbres décharnés feuilles qui tremblent

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Cour mouillée, dernière flaque, vide, mur galet avec accrochés arbres, presque morts, grillagement, maison aux briques sales, antennes râteau dirigées vers la droite, avion passant dans le ciel bleu et se perdant dans les nuages.

Fenêtre ouverte, la rue, grand soleil, en face des voisins fous. A droite la grande place de la Libération avec sa fontaine, ses visiteurs et ses skateurs. En bas  le traiteur qui laisse entrer de bonnes odeurs chez moi et à gauche le prolongement de la rue de plus en plus bas, de moins en moins de monde.

écrire à partir d’une BD : Ulysse, adaptation libre de Sébastien Ferran

BD Ulysse

Ulysse, adaptation libre de Sébastien Ferran

Sujet : observez la page de BD ci-dessus affichée au tableau numérique  => notez les indications qu’elles vous fournissent sur les personnages, les lieux, l’époque, le moment de la journée et le temps qu’il fait

    Transformez-la ensuite  en page de roman : utilisez les indications que vous avez notées.

Rapportez directement les paroles en respectant les  règles de présentation du dialogue.

observer l’image : constituer une boîte à mots
une falaise- Ithaque- un porcher- la mer- une pauvre masure perchée au sommet d’une colline, une fenêtre éclairée, trois hommes…- un enclos -Ulysse accoudé à la fenêtre – Télémaque au visage de jeune dieu – le porcher Eumée, les cochons dans l’enclos- un feu- la fumée- servir un pichet de vin – Ulysse aux mille ruses,- l’avisé Ulysse, un croissant de lune, etc.

verbes de parole : soupirer, protester, poursuivre, ajouter, déclarer, etc.
adverbes : rageusement, violemment, etc.
montrer : en se tournant vers la fenêtre, se redressant fièrement, se campant sur ses jambes, en servant à boire, en tapant la table du poing, il les dominait de sa haute taille, etc.

5 mns devant son brouillon puis lecture à haute voix des trois premières phrases : des idées et aides pour mieux commencer son devoir

Une certaine, une grande agitation-effervescence régnait dans la demeure du fidèle porcher / chez Eumée, le fidèle porcher…

Un soir alors qu’un croissant de lune brillait dans le beau ciel d’Ithaque, trois hommes…

Dans l’enclos, les cochons sommeillaient/grognaient…

Le ciel rougeoyait. Le soleil venait de se coucher et la lune de se lever…

à partir de copies d’élèves

Le ciel rougeoyait encore. Un mince croissant de lune venait de se montrer dans le beau ciel d’Ithaque.  une cabane se dressait au sommet d’une falaise. C’était celle d’Eumée, le fidèle porcher du divin Ulysse. Ce dernier venait de rentrer en son royaume après vingt ans. A l’intérieur se trouvaient Ulysse, Eumée et Télémaque. Le héros grec se tenait en retrait adossé au mur. Il observait. Un feu crépitait dans la cheminée.

       Télémaque au visage de jeune dieu leva les yeux vers son père et expliqua :
      – Au cours de mon enquête j’ai appris de terribles nouvelles sur les héros de Troie mais aucune nouvelle de toi !
      Il était assis au bout d’une grande table en bois, l’air crispé.
      – Cette maudite guerre n’aura personne, maugréa Ulysse en se grattant pensivement la barbe. Et ces princes prétendants ? Comment peuvent-ils avoir table ouverte dans notre demeure ?
      A ces mots, Télémaque bondit et tenta de justifier :
      – La loi les y autorise père.
      Il contracta ses muscles, tapa du poing sur la table laissant échapper sa haine.
      – Ces chiens galeux passent leur journée à se goinfrer !
      – Mais maintenant que vous êtes là, mon roi, se risqua timidement Eumée, le fidèle serviteur, vous allez pouvoir les chasser.

      C’était un vieil homme voûté, à l’air soumis. Il tenait son verre et regardait son maître le regard plein d’espoir.     

       – Ce ne sera pas si simple que cela ! soupira le vaillant Ulysse.                                          

La journée du lendemain serait rude, il le devinait. Tous trois veillèrent une bonne partie de la nuit afin de mettre au point une stratégie. Puis, Athéna, la déesse aux yeux d’aigue marine, s’approcha et, délicatement, étendit sur eux un doux sommeil.

carte Victor Bérard

vu ici

 

 


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