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fabliaux autour de l’expression familière « poser un lapin »

celui de Thibault

2014-01-14 17.33.12cliquer sur l’image (vue depuis la fenêtre de la salle de classe) pour entendre Thibaut

celui d’Aloïs

celui d’Anna

celui de Clara, cliquer sur l’image pour l’entendre

https://i2.wp.com/www.cuniculture.info/Docs/Phototheque/Peinture&Decor/Peintres-R/Rabier-15b.jpg

écouter un fabliau « Les perdrix »

File:Les Très Riches Heures du duc de Berry octobre.jpg

Cliquer sur l’image pour entendre le fabliau Les perdrix

Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean Ier de Berry et actuellement conservé au musée Condé à Chantilly (source wikipédia)

écouter un fabliau « La vieille qui oint la paume au chevalier »

File:Les Très Riches Heures du duc de Berry aout.jpg

cliquer sur l’image pour entendre La vieille qui oint la paume au chevalier

Les Très Riches Heures du duc de Berry est un livre d’heures commandé par le duc Jean Ier de Berry et actuellement conservé au musée Condé à Chantilly (source wikipédia).

Estula

cliquer sur l’image pour entendre Estula (voir site Littérature audio pour d’autres fabliaux)

L’auteur

Pietro de’Crescenzi, né à Bologne aux environs de 1233, a fait des études de droit. Entre 1269 et 1299, il exerça la profession de juge-conseiller auprès de différentes municipalités de l’Italie du Nord ; puis il se retira près de Bologne dans son domaine, la Villa dell’Olmo, où il rédigea autour de 1305, sans doute en latin, un Traité d’agriculture (Ruralium commodorum opus), dont on ne possède pas le manuscrit original.

L’ouvrage

Ouvrage célèbre au XIVe siècle (133 manuscrits nous en sont parvenus), ce Traité d’agriculture a fait l’objet de plusieurs traductions, dont une en français, effectuée en 1373 à la demande du roi Charles V et intitulée Rustican ou Livre des proffiz champestres et ruraulx. Il en existe 8 exemplaires, tous enluminés, qui sont conservés à : Chantilly, Londres, New York, Paris, Rouen et Vienne, mais le plus beau de tous est celui de Chantilly. Il fut peut-être commandé par René d’Anjou, beau-frère du roi Charles VII, et enluminé dans l’ouest de la France par le Maître du Boccace de Genève, entre 1459 et environ 1470.
Divisé en douze livres portant sur les principaux secteurs de l’agriculture et la conduite d’un domaine modèle au XIVe siècle, le Rustican était avant tout un beau livre d’images destiné à des personnages de haut rang, rois, grands seigneurs, dignitaires ecclésiastiques ou riches notables citadins. Les enlumineurs se sont peu souciés de rendre dans leurs peintures les techniques agricoles, architecturales et cynégétiques exposées par l’auteur. Il s’agit plutôt d’un ouvrage de luxe, objet de beauté et de délectation pour bibliophiles.

Le calendrier des travaux agricoles du Rustican ou Livre des proffiz champestres et ruraulx

Le calendrier

Il illustre le onzième livre et figure également, sous une forme moins achevée, dans l’exemplaire du Rustican de Vienne, qui est une copie de celui de Chantilly.
Le choix des sujets ne suit pas les tâches agricoles assignées à chaque mois par l’auteur. En particulier la représentation du gentilhomme à cheval qui parcourt la campagne, faucon au poing, est directement inspirée de l’iconographie du mois de mai dans les calendriers des livres d’Heures. Le paysan du mois de janvier, qui défonce un carré de terre à coups de pioche, ou ceux de février, qui fument un jardin, échappent à la tradition et relèvent de la seule initiative de l’artiste.
Sur les douze mois, quatre, soit un tiers, sont consacrés à la céréaliculture, trois, soit le quart, aux pratiques de l’élevage et deux à la viticulture.

Brunain, la vache au prêtre

traduit par Christian Poslaniec et adapté pour le théâtre par Robert Boudet (école des loisirs)

(Côté jardin: intérieur d’église. Le curé fait son sermon. Coté cour: le manant. Table et banc.)

LE CURE:

Il faut faire la charité

Au nom de Dieu qui sait compter

Car Dieu rend le double à ceux

Qui donnent de bon cœur.

LE MANANT* (à sa femme):

Entends-tu ma belle

Ce à quoi notre prêtre s’engage ?

Qui, au nom de Dieu, donne à bon escient,

Dieu le lui fait multiplier.

Nous ne pouvons pas mieux employer

Notre vache, si tu es d’accord,

Qu’en la donnant, pour Dieu, au prêtre.

D’ailleurs elle a si peu de lait.

LA FEMME:

Sire, je le veux bien

Car tu raisonnes à bon droit.

(Le manant rentre chez lui, prend la vache et

va la présenter au prêtre)

LE MANANT

Beau sire, pour l’amour de Dieu

Je vous donne Blérain

Et je vous jure qu’ainsi que je n’ai plus rien.

LE CURÉ:

Mon ami, tu as agi sagement.

Tu peux t’en aller, ayant bien joué

Ton rôle de chrétien.

Si tous mes paroissiens étaient

Aussi sages que tu l’es,

J’aurais des vaches à profusion.

(Le manant se retire.  On le voit côté cour, à table avec sa femme.  Le prêtre attache Blérain et sa vache Brunain ensemble.)

LE CURÉ: Voilà, je vous attache pour vous accoutumer,

Toi, Blérain, cadeau de mon brave paroissien

Avec toi, Brunain; vous voilà deux,

Vous en serez mieux

Pour partager tâches et travaux.

Par Dieu, c’est un bien beau cadeau. (Il se retire.)

BRUNAIN(voulant se baisser): Souffrez, commère, que je pâture en mon champ.

BLERAIN : Je n’en ferai rien, ce champ n’est pas le mien. (Elle entraîne Brunain.)

BRUNAIN: Mais où allez-vous par chènevières** et prés?

BLERAIN:

Je vais par les chemins retrouver

Les miens. Ne me suivez pas si vous pouvez.

BRUNAIN Las! Je ne le puis! (Elle est entraînée.)

LE MANANT(apercevant les deux vaches): Ah! c’est vrai que Dieu donne le double

Car Blérain revient avec une autre,

Une fort belle vache brune.

Nous en avons deux pour une.

L’étable va être trop petite.

(Tous les participants reviennent en scène. Ils diront à tour de rôle la moralité suivante.)

LE MANANT:

Ce fabliau veut démontrer

Que fou est qui ne s’abandonne.

LA FEMME

Car le bien va à qui donne à Dieu

Non à celui qui le cache ou l’enfouit.

BRUNAIN:

Personne ne peut multiplier son bien…

BLÉRAIN:

Sans grande chance à tout le moins.

TOUS:

Par grande chance, le manant eut

Deux vaches en lieu d’une…

LE CURÉ:

Et le prêtre aucune.

TOUS:

Qui croit avancer recule. (Ils rient… sauf le prêtre.)

*manant : n. m. étym. XIIe « habitant » et aussi « riche, puissant » ◊ participe présent de l’ancien verbe maneir, manoir « demeurer », du latin manere

Au Moyen Âge, Habitant d’un bourg ou d’un village,  assujetti à la justice seigneuriale. ➙ vilain. (Robert 2013)

**chènevière [ʃɛnvjɛʀ] nom féminin étym. chanevière 1226 ◊ latin populaire °canaparia, de °canapus (→ chanvre)

■ Champ où croît le chanvre.

▫ On dit aussi can(n)ebière dans le Sud-Est.


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