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France Culture : Tristan et Iseut inspiré du travail de Joseph Bédier (1h26)

Tristan et Iseut

à partir d’une adaptation de Joseph Bédier (1 h 26)

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=ae5b3d3c-028f-11e4-b7ab-782bcb73ed47

Réalisation : François Christophe

Adaptation : Hervé Prudon

Avec les élèves du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique

Tristan et Iseut Le Tristan et Iseut proposé ici s’inspire du travail de Joseph Bédier qui réunit à la fin du XIXe siècle des textes épars et anonymes du moyen-âge, joints à ceux du Normand Béroul et à ceux de Thomas d’Angleterre.

Tristan et Iseut est la légende fondatrice de l’amour courtois. L’histoire est connue. Orphelin, mais vaillant, Tristan de Loonois est recueilli par son oncle le roi Marc, et aussitôt haï par les barons de Cornouailles. Il accomplit des exploits guerriers et son oncle l’envoie chercher une fiancée au-delà des mers. Il revient d’Irlande avec Iseut la Blonde. Mais lors de la traversée, Tristan et Iseut ont bu pour leur malheur le philtre d’amour qui unit à jamais ceux qui le prennent. Dès lors, malgré leur fidélité au roi Marc, ils ne peuvent se défaire l’un de l’autre. Le roi lui-même, très juste, ne cesse de les rejeter et de les recueillir, tant il les sait loyaux. Mais les barons les persécutent et ils sont exilés, condamnés, ils souffrent de la faim et de la soif, de la séparation, pire que tout. Enfin Tristan s’éloigne pour préserver la reine et après une longue route il rencontre Iseut aux Blanches Mains, qui devient sa femme. Mais il tombe malade et son beau-frère part chercher Iseut la Blonde. Il la ramène trop tard, car la jalousie d’Iseut aux Blanches Mains empêche les deux amants de se revoir vivants.

Iseut meurt près du corps de Tristan. Leur amour leur survit dans les branches entrelacées de deux arbres plantés de part et d’autre d’une chapelle. Tristan avait beau être le plus vaillant des chevaliers, celui qui avait vaincu des géants et des dragons, et Iseut avait beau être reine et fille de roi, fière et loyale, l’amour était bien plus fort qu’eux. C’est cet amour que raconte le roman de Tristan et Iseut. Cet incurable amour.

La beauté du texte tient dans son extrême simplicité, malgré l’abondance des récits guerriers et des déclarations courtoises. Les situations redondantes ou inutiles ont été supprimées. Les dialogues sont nombreux, qu’il s’agisse de défis tonitruants ou de tendres aveux. Le langage y est une charmante reconstitution du langage moyenâgeux qui serait aujourd’hui illisible sinon par des médiévistes achevés. Enfin, il s’agit bien ici d’un vrai roman, riche en péripéties et en sentiments. Tout y est sublimé : la naïveté narrative, la bravoure, la loyauté, et l’amour. Et il n’est pas interdit d’y entendre quelque chose d’éternel.

Avec :

Leslie Bouchet

Julien Bouanich

Mélodie Richard

Maxime Dambrin

Ludmilla Dabo

Valentin de Carbonnières

Aurélie Nuzillard

Marie Marquis

Alix Riemer

Mathurin Voltz

Laure-Lucile Simon

Julien Barret

Astrid Bayiha

Julie Duclos

Anthony Boullonnois

David Houri

Bruitages : Patrick Martinache

Musique : Yann Ferry

Prise de son, montage et mixage : Pierre Mine, Philip Merscher

Assistante à la réalisation : Delphine Lemer

une carte

Claude Gueux de Victor Hugo

Claude Gueux de Victor Hugo

sur le site de France Culture 24 mn

https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=7aac3a68-408f-11e2-a7b7-782bcb76618d

Adaptation : Hélène Bleskine

Réalisation : Laure Egoroff

Conseillère littéraire : Caroline Ouazana

Le 7 novembre 1831, Claude Gueux, est condamné à mort. Il est exécuté en juin 1932. L’événement inspire à Victor Hugo un plaidoyer contre la peine de mort.

Le 6 juillet 1834, il publie sa version du fait-divers dans La Revue de Paris.

A la fin de juillet, Charles Carlier, un lecteur de la revue, finance une édition séparée de 500 exemplaires du récit de Hugo, afin « de faire profiter de la grande leçon qu’il contient ».

Avec :

Philippe Magnan : le narrateur

Philippe Beautier : Claude Gueux

 

Madame de Sévigné

Sévigné

cliquer sur l’image pour documentaire, Un livre, un jour consacré à Madame Sévigné (document I.N.A.)

C’est dans le château de Grignan (Drôme) qu’Olivier BARROT évoque la correspondance de Madame de SEVIGNE et de sa fille Françoise. Marie de Rabutin Chantal, est le seul auteur classique français dont l’oeuvre est uniquement composée de lettres, environ un millier, dont les trois quarts adressées à sa fille. Aux éditions Mango Jeunesse, parait à destination des jeunes lecteurs, une vingtaine de ces courriers illustrés par des artistes contemporains. Olivier BARROT lit une lettre contant les plaisirs de la douche.

voir aussi Le Grignan de Madame de Sévigné  (I Télé, 1 mn 30) :  « ce n’est qu’à la fin de sa vie que Marie de Rabutin-Chantal, Marquise de Sévigné, s’est installé à Grignan (Drôme). Les dernières lettres qu’elle écrivit suffirent cependant à faire du château un lieu marquant de la littérature française ».

une courte biographie ici  France 3 Rhône-Alpes : Festival de la Correspondance à Grignan : qui était Madame de Sévigné ?

France Culture, une lettre à écouter ici

travaux d’élèves ici et d’autres liens

 

 

écouter / lire Jane Eyre, feuilleton radiophonique de France Culture en dix épisodes

Fictions : le feuilleton de Blandine Masson, Jane Eyre de Charlotte Brontë

En 1847, Charlotte Brontë publie, sous un nom d’emprunt masculin – Currer Bell -, son roman le plus célèbre : Jane Eyre. Présenté comme l’autobiographie du personnage éponyme, ce roman connaît un succès immédiat dans l’Angleterre victorienne, alors même que son héroïne, résolument moderne, ne cesse de se montrer insoumise, de revendiquer son indépendance, et de remettre en question les normes et les préjugés de son époque. Personnage hors du commun, Jane Eyre est aujourd’hui considérée comme une féministe avant l’heure.

Ce premier roman de Charlotte Brontë a été publié en même temps que Agnès Grey de sa sœur Anne et que Les Hauts de Hurle-vent d’Emily.

« Jane Eyre a perdu ses parents de très bonne heure après avoir passé son enfance dans le triste orphelinat de Lowood, elle entre comme gouvernante chez Mr. Rochester. Sa distinction la fait remarquer du maître de maison qui lui accorde son estime et sa confiance, et, peu après, s’éprend d’elle. Mais au moment où Jane va épouser Rochester, elle apprend que ce dernier est déjà marié, que sa femme est folle et qu’il la tient enfermée dans sa demeure… »

1er épisode

2ème épisode

3ème épisode

510_charlotte_bronte Charlotte Brontë Crédits : Radio France

 

Trait pour trait un portrait de Mumia Abu Jamal, un des plus célèbres prisonniers américains

portelesvalencespar Nadine Epstain pour France Culture le 30 avril 2014

cliquer sur l’image, lien sur l’émission

 Mumia Abu-Jamal, l’un des plus célèbres prisonniers américains, ancien journaliste et membre des Black Panther, est désormais condamné à la perpétuité.

Il est enfermé dans la prison de Mahanoy, à 3 heures de route de Philadelphie (en Pennsylvanie) pour le meurtre le 9 décembre 1981de Daniel Faulkner, un policier blanc.

Son procès a été une caricature de procès et grâce à la mobilisation internationale, il a échappé en 1995 à l’exécution décidée à l’été 1982.

Agé de 60 ans, il a passé plus de la moitié de sa vie enfermé et continue à recevoir de nombreuses manifestations de soutien, y compris de France.

Les Misérables / un feuilleton en 14 épisodes – mise en voix France Culture

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cliquer sur l’image pour entendre le premier épisode

Réalisation François Christophe

Adaptation Hélène Bleskine

Conseillère littéraire Caroline Ouazana

Rediffusion de Décembre 2012

Le réalisateur François Christophe disparu accidentellement le 26 décembre dernier laisse derrière lui une œuvre radiophonique dont le talent et la sensibilité resteront dans nos mémoires à jamais. Et pour lui rendre hommage, hommage qui continuera avec la diffusion de fictions dont il venait d’achever la réalisation et que les auditeurs pourront découvrir dès le mois d’Avril, la fiction a souhaité rediffuser Les Misérables de Victor Hugo.

Episode 1

Victor Hugo a soixante ans lorsqu’il achève la rédaction des Misérables. Dès sa parution, le 3 avril 1862, les lecteurs s’arrachent le livre.  En octobre, dans une lettre adressée à son éditeur italien, Victor Hugo écrit : « Vous avez raison, Monsieur, quand vous me dites que le livre Les Misérables est écrit pour tous les peuples. Je ne sais s’il sera lu par tous, mais je l’ai écrit pour tous. Il s’adresse à l’Angleterre autant qu’à l’Espagne, à l’Italie autant qu’à la France, à l’Allemagne, autant qu’à l’Irlande, aux républiques qui ont des esclaves aussi bien qu’aux empires qui ont des serfs. Les problèmes sociaux dépassent les frontières. Les plaies du genre humain, ces larges plaies qui couvrent le globe, ne s’arrêtent point aux lignes bleues ou rouges tracées sur la mappemonde. Partout où l’homme ignore et désespère, partout où la femme se vend pour du pain, partout où l’enfant souffre faute d’un livre qui l’enseigne et d’un foyer qui le réchauffe, le livre Les Misérables frappe à la porte et dit : « Ouvrez-moi, je viens pour vous ». À l’heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s’appelle l’homme ; il agonise sous tous les climats, et il gémit dans toutes les langues ».

Mais si l’histoire des Misérables a ému tant de lecteurs – roman-fleuve où rien ne manque, le suspens, les digressions, les interrogations, les personnages incroyablement présents, leurs destins entremêlés – c’est aussi grâce à une langue. Celle d’un grand poète de la littérature. Cette adaptation radiophonique a voulu rendre compte de cette langue puissante et incroyablement vivante en la faisant entendre littéralement car l’histoire a presque fini par oblitérer la singularité de la voix qui la porte. On reconnaît la trame, les personnages mythiques, le Paris des révolutions, mais on a perdu ce qui est écrit. C’est assez difficile à exprimer, mais c’est ce que l’on découvre lorsqu’on se laisse envahir par le livre. C’est comme si l’on touchait du doigt les fibres de notre patrimoine dans ce qu’il a de meilleur, dans ce qu’il peut nous rendre meilleur. Victor Hugo aime l’Histoire et il nous la fait aimer.

Dès lors, le choix de l’adaptation pour la radio fut de faire entendre sa voix. Et elle apparaît en éclats de voix, ou voix en éclats. Presque cousues pour aller à l’épure. En espérant transmettre cette émotion provoquée par ce qui est écrit.

Avec

Philippe Magnan (Le narrateur)

Jean-Marie Winling (Jean Valjean)

Michaël Lonsdale (Monseigneur Myriel)

Thierry Bosc (Le conventionnel)

Laurence Mercier (Mlle Baptistine)

Christine Pignet (Mme Magloire)

Etienne Grébot (L’aubergiste)

Jacques Poix-Terrier (Le brigadier)

Et la voix de Myriam Ajar

Musique originale composée par Krishna Lévy

Interprétée par Françoise Guéri, Christophe Guiot, Laurent Lefèvre, Philippe Nadal et Françoise de Maubus 

Bruitage Patrick Martinache

Prise de son, montage, mixage Catherine Déréthé et Sébastien Labarre

Assistante à la réalisation Laure-Hélène Planchet

A Louise Colet, une lettre de Gustave Flaubert lue par Fabrice Luchini

pour la lettre ci-après, cliquer ici, et pour l’ensemble des cinq lettres lues par Fabrice Luchini, cliquer . France Culture fictions, une mine.

À LOUISE COLET.                                                            [Trouville] Dimanche 14, 4 heures [14 août 1853].

La pluie tombe, les voiles des barques sous mes fenêtres sont noires, des paysannes en parapluie passent, des marins crient, je m’ennuie ! Il me semble qu’il y a dix ans que je t’ai quittée. Mon existence, comme un marais dormant, est si tranquille que le moindre événement y tombant y cause des cercles innombrables, et la surface ainsi que le fond est longtemps avant de reprendre sa sérénité ! Les souvenirs que je rencontre ici à chaque pas sont comme des cailloux qui déboulent, par une pente douce, vers un grand gouffre d’amertume que je porte en moi. La vase est remuée ; toutes sortes de mélancolies, comme des crapauds interrompus dans leur sommeil, passent la tête hors de l’eau et forment une étrange musique ; j’écoute. Ah ! Comme je suis vieux, comme je suis vieux, pauvre chère Louise !
Je retrouve ici les bonnes gens que j’ai connues il y a dix ans. Ils portent les mêmes habits, les mêmes mines ; les femmes seulement sont engraissées et les hommes un peu blanchis. Cela me stupéfiait, l’immobilité de tous ces êtres ! D’autre part, on a bâti des maisons, élargi le quai, fait des rues, etc. Je viens de rentrer par une pluie battante et un ciel gris, au son de la cloche qui sonnait les vêpres. Nous avions été à Deauville (une ferme de ma mère). Comme les paysans m’embêtent, et que je suis peu fait pour être propriétaire ! Au bout de trois minutes la société de ces sauvages m’assomme. Je sens un ennui idiot m’envahir comme une marée. La chape de plomb que le Dante promet aux hypocrites n’est rien en comparaison de la lourdeur qui me pèse alors sur le crâne. Mon frère, sa femme et sa fille sont venus passer le dimanche avec nous ! Ils ramassent maintenant des coquilles, entourés de caoutchoucs, et s’amusent beaucoup. Moi aussi je m’amuse beaucoup, à l’heure des repas, car je mange énormément de matelote. Je dors une douzaine d’heures assez régulièrement toutes les nuits et dans le jour je fume passablement. Le peu de travail que je fais est de préparer le programme du cours d’histoire que je commencerai à ma nièce, une fois rentré à Croisset. Quant à la Bovary , impossible même d’y songer. Il faut que je sois chez moi pour écrire. Ma liberté d’esprit tient à mille circonstances accessoires, fort misérables, mais fort importantes. Je suis bien content de te savoir en train pour laServante . Qu’il me tarde de voir cela !
J’ai passé hier une grande heure à regarder se baigner les dames . Quel tableau ! Quel hideux tableau ! Jadis, on se baignait ici sans distinction de sexes. Mais maintenant il y a des séparations, des poteaux, des filets pour empêcher, un inspecteur en livrée (quelle atroce chose lugubre que le grotesque !). Donc hier, de la place où j’étais, debout, lorgnon sur le nez, et par un grand soleil, j’ai longuement considéré les baigneuses. Il faut que le genre humain soit devenu complètement imbécile pour perdre jusqu’à ce point toute notion d’élégance. Rien n’est plus pitoyable que ces sacs où les femmes se fourrent le corps, que ces serre-tête en toile cirée ! Quelles mines ! quelles démarches ! Et les pieds ! rouges, maigres, avec des oignons, des durillons, déformés par la bottine, longs comme des navettes ou larges comme des battoirs. Et au milieu de tout cela des moutards à humeurs froides, pleurant, criant. Plus loin, des grand’mamans tricotant et des môsieurs à lunettes d’or, lisant le journal et, de temps à autre, entre deux lignes, savourant l’immensité avec un air d’approbation. Cela m’a donné envie tout le soir de m’enfuir de l’Europe et d’aller vivre aux îles Sandwich ou dans les forêts du Brésil. Là, du moins, les plages ne sont pas souillées par des pieds si mal faits, par des individualités aussi fétides.
Avant-hier, dans la forêt de Touques, à un charmant endroit près d’une fontaine, j’ai trouvé des bouts de cigares éteints avec des bribes de pâtés. On avait été là en partie ! J’ai écrit cela dansNovembre il y a onze ans ! C’était alors purement imaginé, et l’autre jour ç’a été éprouvé. Tout ce qu’on invente est vrai, sois-en sûre. La poésie est une chose aussi précise que la géométrie. L’induction vaut la déduction, et puis, arrivé à un certain point, on ne se trompe plus quant à tout ce qui est de l’âme. (…)


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