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à partir d’une légende de la mer de Bernard Clavel, Le requin de Ta’aroa (Tahiti)

         Le requin de Ta’araoa (Tahiti)

dans Légendes de la mer de Bernard Clavel

           Il y avait jadis, vivant près des rivages de l’île, un requin d’une grande beauté. Il s’appelait Irê, et tous les habitants de la côte le connaissaient.  Il venait souvent sur la plage, où l’eau est profonde à peine de quelques pieds,  et se chauffait le dos au soleil en attendant la sortie de l’école.   Dès que les enfants libérés par l’instituteur arrivaient en criant, Irê se mettait à battre des nageoires pour les appeler. Alors, commençaient des jeux qui duraient jusqu’à la nuit. Irê prenait les enfants sur son dos, il fonçait vers le large, bondissait dans les vagues toutes dentelées d’écume, plongeait, remontait, imitait le roulis et le tangage des pirogues… En somme, il connaissait à merveille tous les jeux qui peuvent plaire aux petits des hommes.

Louise-Marie

On prétendait que ce requin était le fils d’un dieu des mers qui avait autrefois épousé une déesse de la terre. Personne ne savait au juste de quel dieu et de quelle déesse il s’agissait, mais on expliquait ainsi la bonté d’Irê et le fait qu’il prît tant de plaisir en compagnie d’enfants nés sur la terre ferme et souvent désireux de mieux connaître la mer.
La vie eût sans doute continué longtemps ainsi, mais les hommes ont le tort de croire trop facilement ce qu’on leur raconte. Or, un jour qu’il était à la pêche assez loin du rivage, Rahute aperçut le requin qui s’en allait tranquillement en direction de l’île. Se mettant debout dans sa pirogue, il lui fit signe de s’approcher et lui demanda:

Emma

« Voudrais-tu me rendre service ?
– Naturellement, dit le requin, je suis là pour ça.
– Figure-toi que j’avais promis à mon fils d’aller le chercher vers le milieu de la journée. Mais le poisson mord bien en ce moment, je ne voudrais pas perdre mon temps.
– C’est bon, fit Irê, ne te dérange pas, j’en ai pour cinq minutes. »
Et il fila comme une flèche jusqu’à la plage où attendait l’enfant qu’il prit dans sa gueule avec mille précautions pour le porter au pêcheur. Hélas! à peine l’enfant était-il sur la pirogue depuis un quart d’heure, qu’une tornade se leva. Jamais on ne revit ni le pêcheur ni son fils. Seuls quelques débris de l’embarcation furent retrouvés sur la plage.

Océane


Alors, les dieux de la mer et ceux de la terre qui ne pardonnaient pas à Irê d’avoir su, bien mieux qu’eux, gagner l’amitié des hommes, estimèrent que l’occasion était belle de lui jouer un vilain tour. Ils firent donc courir le bruit que le fils du pêcheur n’était pas mort dans la tempête, mais avait été dévoré par le requin. Comme plusieurs personnes avaient vu Irê gagner le large avec le petit dans sa gueule, on admit trop facilement que l’animal était devenu féroce et on interdit aux enfants de jouer sur la plage. Bien entendu, les enfants furent très malheureux, et ils allèrent trouver deux frères connus de tous pour leur force, leur adresse et leur courage.
L’aîné s’appelait Tahi-a-ra’i, ce qui veut dire « premier du soleil », et le plus jeune Tahi-a-nu’u, ce qui signifie « premier des multitudes ».
Les deux frères taillèrent dans du bois extrêmement solide deux lances dont ils durcirent encore la pointe au feu. Ainsi armés, ils gagnèrent la plage et attendirent le requin. Ils n’eurent pas à patienter longtemps, car le pauvre Irê, qui était triste de ne plus s’amuser avec les enfants, se figura que ces deux hommes l’appelaient pour jouer. Pourtant, Irê savait ce qu’est une lance, et il comprit tout de suite qu’on en voulait à sa vie. Profitant d’une vague plus forte que les autres, il fonça gueule ouverte sur l’aîné des deux frères.

Robin

La lance arriva, qu’il reçut dans la gueule et brisa comme vous feriez d’une brindille sèche. Mais le plus jeune aussi avait tiré, et son trait atteignit le requin tout près du cœur.
La mer devint rouge et Irê se coucha sur le flanc, perdant son sang en abondance.
Les deux garçons se mirent à crier victoire et appelèrent les gens du village pour que chacun emporte sa part de requin.
Mais les dieux de la mer et de la terre qui avaient assisté à la tuerie comprirent qu’ils étaient allés un peu loin. En privant Irê de ses jeux avec les enfants, ils avaient voulu seulement l’éloigner un peu des hommes. Ils l’avaient fait par jalousie, mais ils découvraient là que l’on doit aussi fuir les hommes par prudence.
« Ces animaux à deux pattes sont dangereux, dirent-ils. Ils sont trop prompts à se venger et se figurent toujours qu’on leur veut du mal. C’est là une fameuse leçon, mais tout de même, il n’est pas juste que ce brave Irê en fasse les frais. »

Chloé

Et parce que les dieux n’ont qu’un geste à faire pour que la face du monde soit changée, ils levèrent la main et déclenchèrent un ouragan. Le ciel s’obscurcit soudain, la mer commença par frémir comme une bête en colère, puis un énorme raz de marée déferla qui repoussa les hommes jusqu’au pied des montagnes et projeta Irê très haut dans les airs.
Les nuées enveloppèrent le requin blessé, le bercèrent un moment, cicatrisant sa plaie, et lui rendirent toute sa vigueur avant de le laisser tomber dans la mer, le plus loin possible des terres.
Irê reprit goût à la vie et trouva d’autres compagnons de jeu que les petits des hommes.
Il rencontra aussi une compagne, il eut des enfants et des petits-enfants, mais jamais ses descendants ne tentèrent de partager les jeux de ceux qu’on appelle des humains.

Mariana L.

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Clara, Camille et Eileen disent Aux Feuillantines

pour la vidéo (une seule prise !), cliquer ici

Au Feuillantines Victor Hugo (1802-1885)

Mes deux frères et moi, nous étions tout enfants.
Notre mère disait: « Jouez, mais je défends
Qu’on marche dans les fleurs et qu’on monte aux  échelles ».

Abel était l’aîné, j’étais le plus petit.
Nous mangions notre pain de si bon appétit,
Que les femmes riaient quand nous passions près d’elles.

Nous montions pour jouer au grenier du couvent.
Et là, tout en jouant, nous regardions souvent
Sur le haut d’une armoire un livre inaccessible.

Nous grimpâmes un jour jusqu’à ce livre noir ;
Je ne sais pas comment nous fîmes pour l’avoir,
Mais je me souviens bien que c’était une Bible.

Ce vieux livre sentait une odeur d’encensoir.
Nous allâmes ravis dans un coin nous asseoir.
Des estampes partout ! quel bonheur ! quel délire!

Nous l’ouvrîmes alors tout grand sur nos genoux,
Et dès le premier mot il nous parut si doux
Qu’oubliant de jouer, nous nous mîmes à lire.

Nous lûmes tous les trois ainsi, tout le matin,
Joseph, Ruth et Booz, le bon Samaritain,
Et, toujours plus charmés, le soir nous le relûmes.

Tels des enfants, s’ils ont pris un oiseau des cieux,
S’appellent en riant et s’étonnent, joyeux,
De sentir dans leur main la douceur de ses plumes.

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Rabelais, extraits

Loïc V.

La naissance de Gargantua et comment son nom lui fut donné

Les paroles dégelées

Solène

Chant de vendange de Panurge à la dive bouteille

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Textes fondateurs : La Bible (extrait 2), Abel et Caïn

pour se reporter au texte, cliquer sur le lien ci-dessous

Abel et Caïn

enluminure la Bible d’Albe

vers 1084, ivoire, acquisition 1898

Musée du Louvre
Suger
Aile Richelieu
Premier étage – Section 2

La plaque provient d’une ensemble (devant d’autel, ambon ou porte) très probablement réalisé pour la nouvelle cathédrale de Salerne (Italie), fondée par Robert Guiscard et consacrée en 1084.

gravure Gustave Doré

Marc Chagall

Marguerite de Navarre : un chantier dans la ville

Premiers travaux en ligne sur Liminaire, le site de Pierre Ménard !

sortir du collège

évoquer la sortie du collège, succession d’images, deuxième personne, imparfait.

Voir de François Bon Tous les mots sont adultes, Trajets

C’était le jeudi soir, tu entendais la sonnerie retentir, tu enfournais tes affaires dans ton sac, tu passais la porte de la 312C, salle de physique, tu dévalais les escaliers, tu jetais un œil à la grade rue qui menaçait de te tomber dessus et tu ne regardais même plus les algeco, puis tu te précipitais au portail. Une fois sortie, tu saluais tes camarades en vitesse et tu prenais la direction de ta maison, accompagnée de quelques amis. Tu passais le passage clouté, tu entamais une discussion, tu plaisantais et puis tu abandonnais tes compagnons de route à la troisième rue à droite. Là, tu te dépêchais de traverser la grande avenue. Ensuite tu attrapais tes clefs, cherchais la serrure à tâtons et accédais au grand hall. Tu étais enfin arrivée.

                                                                     Clara E.

Enfin c’était fini, ce mercredi ! Tu entendais le professeur crier et toi tu te dépêchais de monter aux vestiaires te changer. Tu quittais cette horrible odeur, tu dévalais les escaliers, tu passais devant les toilettes préfabriquées, devant les grilles des travaux, tu courais jusqu’à la queue, on te poussait, tu entendais des « Mais, arrêtez ! », tu montrais ton carnet, on te disait, « Vas-y », tu passais le portail. Dans la foule, tu te frayais un passage, on te poussait, tu rangeais ton carnet, tu disais « Au revoir, tout le monde », tu mettais ton sac sur ton dos. Tu courais, là c’est toi qui poussais, tu arrivais à l’arrêt, ton bus n’était pas passé.

Marianne S.

à partir d’images de Frédéric Clément pour Le luthier de Venise

à partir d’images de Frédéric Clément projetées au tableau numérique, imaginez une histoire qui s’intitulera Le luthier de Venise.

Le luthier de Venise imaginé par Tao

Venise, ses gondoles, son carnaval, ses bals masqués, ses rêves, sa magie…

…et même son luthier qui, un jour, fit connaissance avec des rapaces et des petits félins.

Il fut émerveillé par leurs pouvoirs et les apprivoisa.

Les félins et les rapaces adorèrent sa musique.

 

Le jour du carnaval, il y eut un voile de brume. Le luthier et ses compagnons s’y faufilèrent. Ils jouèrent et chantèrent ensemble : les chats miaulèrent gracieusement et les rapaces sifflèrent joyeusement.

Toute la foule entendit et adora, sans savoir d’où venait cette douce musique ensorcelante.


septembre 2017
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