Posts Tagged 'lecture'

des coups de cœur 2017 sur le site « Allez vous faire lire »

coups de cœur 2017

ce qui suit est copié sur le site « Allez vous faire lire »

« Quel serait votre lecture coup de cœur jeunesse de 2017 ? »

C’est la question que j’ai posée à 36 auteurs, éditeurs, libraires, critiques et autres passionnés du monde du livre jeunesse.

Chacun m’a parlé de sa lecture jeunesse la plus excitante de l’année. Sur le modèle de cet article paru chez Just A Word (critiques de littérature et cinéma), je déroule donc ici une liste de livres follement éclectique, généreuse et un peu dingo, représentative de la variété et l’exigence de l’édition jeunesse dans ce qu’elle a de plus génial.

Il y a de l’album, de la littérature et de la bande-dessinée à découvrir. Tout est pour toi.

C’est l’occasion de découvrir des titres dont tu as peu ou pas entendu parler. C’est l’occasion, aussi (soyons honnêtes) de te jeter comme un(e) fangirl/boy sur les livres recommandés par la voix aimée de ton auteur ou autrice préféré(e).

Récap de tous les livres à la fin de l’article.

  • Le coup de cœur de Marine Carteron — Professeure de français et écrivaine jeunesse, autrice notamment de la série des Autodafeurs et de Génération K.

Le copain de la fille du tueur, de Vincent Villeminot
(Nathan, 2016)

Le copain de la fille du tueur, j’ai aimé. Vraiment. Beaucoup. C’est un roman inclassable. Un sale gosse. Entre le thriller et l’histoire d’amour, à la fois drôle et merveilleusement poétique. Le genre de roman où tu ne peux t’empêcher de te dire « Nan, mais là, il exagère », mais où tu ne peux t’empêcher de tourner la page. Et d’être un peu jalouse aussi. Parce que cette sensualité, quand même, c’est beau, et c’est rare.

Bon, je suis nulle en critique. Je ne sais pas faire, je marche à l’affect. Du coup, si vous vouliez que je vous résume l’histoire, c’est mort. Mais sachez que je vous envie. Parce que j’aimerais bien être à votre place. Pour le relire, ce putain de roman. Comme une première fois.

  • Le coup de cœur de Timothée de Fombelle — Écrivain, auteur notamment de Tobie Lolness, Vango, Le Livre de Perle en littérature jeunesse, et Je danse toujours et Neverland en adulte.

Mon fils, de Vincent Cuvellier, illustré par Delphine Perret
(Gallimard Jeunesse Giboulées 2017)

Il y a un auteur que j’admire beaucoup qui a sorti un paquet de livres cette année. Il fêtait ses trente ans de publication, et je me demande comment c’est possible parce qu’il a l’air d’avoir quinze ans et demi. Il s’appelle Vincent Cuvellier. Mon livre coup de cœur de l’année est écrit par lui, c’est Mon Fils, paru au printemps, je crois. Il est illustré par Delphine Perret qui est vraiment très forte aussi. C’est un album dans lequel un père parle de son fils. Comme toujours avec Vincent Cuvellier l’écriture est extraordinairement simple et directe. Quand on écrit, il faut grimper très dur et très longtemps pour atteindre cette clarté. C’est comme en montagne. Et là-haut, on voit tout avec précision. Depuis dix ans, j’attendais une suite à La Première fois que je suis née, un autre livre qui parle de la vie entière qui est roulée à l’intérieur d’un enfant qui naît. Avec Mon fils j’ai l’impression que cet enfant a grandi et parle à son propre fils.

  • Le coup de cœur de Lucie Kosmala — Rédactrice Livres pour MadmoiZelle, chroniqueuse pour France Inter.

Tu seras ma princesse, de Marcus Malte et Régis Lejonc
(Sarbacane, 2017)

Tu seras ma princesse, c’est comme un trou noir de poésie. On se fraye un chemin jusqu’à sa première page, on en déguste les premiers mots avec insouciance, et on comprend rapidement que l’on va se faire happer par les émotions sans pouvoir leur opposer une quelconque résistance.

Le livre raconte l’attente d’un enfant, d’une petite fille déjà aimée inconditionnellement avant même qu’elle vienne au monde, mais résonne bien au-delà de la simple histoire de grossesse. Ce livre donne une furieuse envie d’aimer et surtout de le dire !

voir aussi la chaîne vidéo Le cahier de lecture de Nathan

Silence, on lit « Tous à vos livres ! »

BC13A55F-9B35-4948-86C8-6BD921FA0967

On n’avait pas le temps de se plonger dans l’histoire. Vu qu’il pleuvait, le sol était humide et froid.

J’ai aimé voir des élèves et des professeurs lire : c’était comme si c’était une grande bibliothèque en plein air.

J’ai hâte de recommencer, surtout avec mes copains.

Si j’avais un conseil à donner…

Adien 6ème

Angélique 5ème

Margot 6ème

Maxime 5ème

Noah 6ème

Suzanne 5ème

Tess 5ème

Samedi 14 novembre, de Vincent Villeminot, Sarbacane, 2016, 214 pages

une critique à retrouver sur Allez vous faire lire «  point sur lequel je ne m’interroge pas : je l’ai trouvé beau. Tuant. Épuisant d’émotion, vibrant d’une étincelle de vie — et c’est d’elle que vient sans doute l’implication du lecteur. Samedi 14 novembre est doucement terrible, puissant et élégant » conclut Lupiot

Ce roman ne parle pas des attentats du 13 novembre 2015. Il parle (tout est dans le titre) du lendemain, qui nous a saisi dans la stupeur, le silence et l’effroi. Dans l’inconfort de ne pas savoir comment être triste. Dans cet ennui blanc et ce bouillonnement confus. Le lendemain, on était assommé, capable de rien.

Ok, partons de là.

Samedi 14 novembe Vincent VilleminotLe héros s’appelle B., juste B. Car en ce lendemain, il n’est pas lui-même, il n’est pas entier. Il lui manque la part d’humanité qu’on lui a arraché la veille. La veille où son frère est mort à une terrasse, en trinquant avec lui.

B. circule dans cet état blanc. En montant dans une rame de métro, il reconnaît l’un des terroristes de la veille. Comme un fantôme, il lui emboîte le pas. Le bouillonnement à l’intérieur de lui prend l’ascendant.

Il suit ce jeune type jusqu’à un appartement. Là, il apparaît face au terroriste. Face à lui et… face à la fille qui habite ici. Layla.

Il n’a rien décidé de ce qu’il allait faire.

Ce roman m’a waow… il m’a pfiou… Il est magnifique. De nombreux lecteurs vous diront qu’ils en ressortent avec de l’espoir ; qu’il leur a fait du bien. Alors, pas moi, il ne m’a pas fait du bien — mais je l’ai trouvé beau, puissant. Intime et épique.

davide-aurilia-kiss-in-storm

J’ai échangé mes impressions avec Tom de La Voix du Livre au cours de la rédaction de cette chronique, et nous avons convenu de rebondir sur les impressions de l’autre : vous trouverez quelques liens au fil de l’article qui vous permettront de profiter de nos deux avis. Sur un roman aussi sensible, ce devrait être une expérience intéressante.

Pourquoi faut-il le lire (sans spoiler) : Lire la suite

Nouvelles réalistes : préférences

 Dans La parure, Guy de Maupassant montre les rêves de grandeurs de Mathilde. Ils sont compréhensibles : d’une part, on ne choisit pas le milieu social dans lequel on vit, et d’autre part le fait de vouloir s’élever socialement est tout à fait normal et humain. Cependant la chute est très choquante car la pauvre Mathilde a gâché sa jeunesse et sa beauté à rembourser une dette qui n’existait pas. C’est pourquoi cette nouvelle conduite avec efficacité jusqu’à sa chute m’a particulièrement ému.

 

Dans Aux champs Guy de Maupassant montre tout d’abord l’opposition entre deux principes fondamentaux : ne pas vendre son enfant et vouloir son bonheur matériel. De plus, la fin illustre et reprend cette opposition : l’enfant vendu devenu adulte a une vie dorée tandis que l’enfant resté « aux champs » a une vie misérable. Enfin, la chute est cruelle. L’enfant qui a été aimé par ses parents les méprise et les quitte. C’est pourquoi cette nouvelle remettant en question le choix  de la mère qui garde son enfant parce qu’elle l’aime plus que l’argent m’a choqué.

 Tout d’abord, dans la nouvelle Le Donneur d’eau bénite Guy de Maupassant montre des parents prêts à tout pour retrouver leur enfant, bien plus précieux que tout l’or du monde. Ensuite, elle montre la vie difficile d’un couple qui sombre dans la misère. Enfin, elle prouve qu’avec de la persévérance et du courage on peut obtenir ce que l’on a de plus cher. C’est pour ces raisons que j’ai aimé cette nouvelle qui m’a touché par son optimisme.

Le chômage d’Emile Zola est un témoignage accablant sur la famine et la misère. Pas de nom de manière à rappeler que cela arrive à beaucoup de personnes, une foule d’anonymes dont nous pourrions être. L’auteur ajoute à l’homme fier et à sa femme honnête et digne, couple courageux, l’innocence d’un enfant.  D’ailleurs, les derniers mots lui reviennent  » Dis, maman (…) pourquoi avons-nous faim ? » Il est impossible de lui répondre. Rien ne peut justifier cette faim. Le lecteur est touché et réalise qu’ils ne méritent pas ce qu’ils vivent, surtout pas l’enfant jeté dans un monde injuste.

points de vue dans un récit

une « capsule »(et bien d’autres ressources) proposée sur « Les p’tites graines de Français »

ou encore chez Marie Soulié

ci-dessous, une fiche et des exercices, Collège Pierre et Marie Curie -Rieux Minervois

poindevue

Lectures pour l’été (1) : ils ont aimé, ils recommandent

le magasin descliquer sur l’image, pour entendre la présentation (6 mn 30)

Le Magasin des Suicides de Jean Teulé présenté par Julie et Zazie

Quatrième de couverture de l’édition Pocket :Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable: la joie de vivre. . .

BO du premier film d’animation de Patice Leconte Le magasin des suicides (1992)

Je vous écrirai de Paule du Bouchet

critique de  Maryse Vuillermet lue et copiée ici où piocher bien d’autres suggestions

je vosu écriria image

Je vous écrirai  
Paule du Bouchet
Gallimard, scripto, 2013

Malia, l’héroïne, dix-sept ans, commence des études de philosophie à Paris. Elle loge avec  son amie d’enfance, Gisèle, étudiante en théâtre. Nous sommes en 1955. La mère de Malia est l’ancienne bonne de la tante de Gisèle, les deux jeunes filles ont grandi ensemble. Son père,  Mattéo,  est un saltimbanque, il montre des animaux dressés dans les fêtes de village. Elle a aussi un demi-frère. Un milieu très modeste et très frustre, sans culture et sans manières.

Malia, à Paris,  trouve un emploi de baby-sitting chez une famille d’intellectuels, elle garde leurs enfants. Sa mère lui a fait promettre d’écrire ;  une correspondance intense s’installe entre la mère et la fille, les lettres de Malia sont sensibles,  remplies de ses découvertes et enthousiasmes,  celles de sa mère sont pleines de considérations les plus terre à terre,  de peur, de recommandations,  de reproches,  et le tout,  dans un français vraiment maladroit. Malia,  parfois,  voudrait s’éloigner de cette mère envahissante et trop aimante, elle en a honte bien souvent.

A Paris, grâce à Gisèle, Malia découvre le monde du théâtre, elle joue dans une pièce de Tchekhov,  elle va au cinéma et rencontre un metteur en scène plus âgé qu’elle,  avec qui elle noue une relation affectueuse et tendre.

Le père de Malia tombe malade et meurt,  sans avoir pu lui révéler un secret. Sa mère sombre dans la dépression et la folie. Quel est le secret qui les ronge ?

Un beau roman sur la filiation, la honte de classe, la jeunesse et ses enthousiasmes, la culture des années 60 à Paris…


août 2018
L M M J V S D
« Juin    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031