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Lecture pour l’été (3) : ils ont aimé, ils recommandent

Victor, Emilie, Andreas et Argan présentent

dix petits nègres

Les dix petits nègres d’Agatha Christie

Traduction de Gérard Chergé

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue… La reine de crime nous livre ici un classique de la littérature policière ! –Sophie Colpaert –Ce texte fait référence à l’édition Poche

extraits (pris sur le blog textes à tout vent)  éd.Edito-Service

[…]

Le dîner touchait à sa fin.

La chair avait été excellente, les vins parfaits. Rogers s’acquittait admirablement de son service.

Tous les convives étaient de bonne humeur et les langues commençaient à se délier.

Mr. le juge Wargrave, attendri par le délicieux porto, devenait spirituel et pétillant d’ironie ; le docteur Armstrong et Tony Marston l’écoutaient avec plaisir, Miss Brent bavardait avec le général Macarthur ; ils s’étaient découvert des amis communs. Véra Claythorne posait à Mr.Davis des questions très pertinentes sur l’Afrique du Sud. Mr. Davis connaissait ce sujet à fond. Lombard suivait leur conversation. Une ou deux fois, il leva brusquement les yeux et ses paupières se rétrécirent. De temps à autre, il promenait discrètement son regard autour de la table et étudiait les autres convives.

Soudain, Anthony Marston s’exclama :

-C’est drôle, ces petites statuettes, hein ?

Au centre de la table ronde, sur un plateau de verre, étaient placées de petites figurines en porcelaine.

-Des nègres, dit Tony. L’ìle du Nègre. Voilà d’où vient l’idée, je suppose.

Véra se pencha en avant.

-En effet, c’est amusant. Combien sont-ils ? Dix ?

-Oui…il y en a dix.

Véra s’exclama :

-Ils sont comiques. Ce sont les dix négrillons de la chanson de nourrice. 1Dans ma chambre à coucher, elle est encadrée et suspendue au-dessus de la cheminée.
-Dans ma chambre également, déclara Lombard.

-Dans la mienne aussi !

-Dans la mienne aussi !

-Et aussi dans la mienne !

Tout le monde fit chorus.

-L’idée n’est pas banale, dit Véra.

Mr. le juge Wargrave grogna entre ses dents :

-Dites plutôt que c’est enfantin.

Puis il se versa du porto.

Emily Brent lança un regard vers Miss Claythorne ; Véra Claythorne y répondit par une inclination de la tête et toutes deux se levèrent.

Dans le salon, par les portes-fenêtres ouvertes sur la terrasse leur parvenait le bruit des vagues se brisant sur les rochers.

-J’aime à entendre le murmure de la mer, remarqua Emily Brent.

-Moi, je l’ai en horreur, répondit Véra d’un ton sec.

Miss Brent la considéra, toute surprise. Véra se mit à rougir et ajouta, en dominant son émotion :

-Il ne ferait guère bon ici un jour de tempête…

Emily Brent partageait cet avis.

-La maison doit être fermée pendant l’hiver, dit-elle. D’abord, les domestiques refuseraient d’y rester.

Véra murmura :

-En n’importe  quelle saison, il doit être difficile de trouver du personnel qui consente à vivre dans une île.

Emily Brent fit cette réflexion :

-Mrs. Oliver peut s’estimer heureuse d’avoir recruté ce ménage de serviteurs : la femme est un excellent cordon-bleu.

« C’est inouï ce que les vieilles gens embrouillent les noms ! » pensa Véra en elle-même.

Puis elle prononça tout haut bien distinctement :

-Mrs.Owen a vraiment de la chance.

Emily Brent avait apporté dans son sac à main un petit ouvrage de broderie. Au moment d’enfiler son aiguille, elle s’arrêta net et se tourna vers sa compagne :

-Owen ? Vous avez bien dit Owen ?

-Oui.

-De ma vie, je n’avais entendu prononcer ce nom-là.

Véra ouvrit de grands yeux.

-Tout de même…

Elle n’acheva point sa phrase. La porte venait de s’ouvrir et les hommes entraient dans le salon. Rogers les suivait, portant le café sur un plateau.

Le juge alla s’asseoir auprès d’Emily Brent et Armstrong à côté de Véra. Tony Marston se dirigea vers la porte-fenêtre, toujours ouverte. Blore examinait avec un étonnement naïf une statuette de bronze, se demandant si ces formes angulaires représentaient bien le corps d’une femme.

Le général Macarthur, le dos tourné à la cheminée, tirait sur sa courte moustache blanche. Le dîner avait été succulent et il se félicitait d’avoir répondu à l’invitation.

Lombard feuilletait les pages du Punch posé avec d’autres journaux sur une table près du mur.

Le domestique servit à la ronde un café noir fort et brûlant.

En somme, tous les invités, après ce copieux et fin repas, étaient heureux de la vie et d’eux-mêmes. Les aiguilles de la pendule marquaient neuf heures vingt. Dans le salon régnait en silence…un silence de confortable béatitude.

Au milieu de ce silence, s’éleva une voix…inattendue…surnaturelle et incisive…

Mesdames et Messieurs. Silence, s’il vous plaît !

Tous sursautèrent. Chacun regarda autour de soi, observa ses voisins et scruta les murs. Qui donc parlait ?

La Voix poursuivit, haute et claire :

Je vous accuse des crimes suivants :

Edward George Armstrong, vous avez, le 14 mars 1925, causé la mort de Louisa Mary Glees.

Emily Caroline Brent, le 5 novembre 1931, vous vous êtes rendue responsable de la mort de Beatrice Taylor.

William Henry Blore, vous êtes la cause de la mort de James Stephen Landor, survenue le 10 octobre 1928.

Véra Elisabeth Claythorne, le 11 août 1933, vous avez tué Cyril Ogilvie Hamilton.

Philip Lombard, au mois de février 1932, vous avez entraîné la mort de vingt et un hommes, membres d’une tribu d’Afrique Orientale.

John Gordon Macarthur, le 4 janvier 1917, vous avez de sang-froid envoyé à la mort l’amant de votre femme, Arthur Richmont.

Anthony James Marston, le 14 novembre dernier, vous avez tué John et Lucy Combes.

Thomas Rogers et Ethel Rogers, le 6 mai 1929, vous avez laissé mourir Jennifer Brady.

Lawrence John Wargrave, en date du 10 juin 1930, vous avez conduit à sa mort Edward Seton.

Accusés, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?

La Voix se tut.

[…]

Magali et Sophie présentent

ensemble c'est tout

Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda

Présentation de l’éditeur

 » Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes… Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…  » Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.
Extraits
« – Tu as raison, on ne va pas y arriver… Il vaut mieux que tu te casses, mais laisse-moi te dire deux choses avant de te souhaiter bonne route : La première, c’est à propos des intellectuels justement… C’est facile de se fourtre de leur gueule… Ouais, c’est vachement facile… Souvent, ils sont pas très musclés et en plus, il n’aiment pas ça, se battre…Ça ne les excite pas plus que ça les bruits de bottes, les médailles et les grosses limousines, alors oui, c’est pas très dur… Il suffit de leur arracher leur livre des mains, leur guitare, leur crayon ou leur appareil photo et déjà, ils ne sont plus bons à rien ces empotés… D’ailleurs, les dictateurs, c’est souvent la première chose qu’ils font : casser les lunettes, brûler les livres ou interdire les concerts, ça leur coûte pas cher et ça peut leur éviter bien des contrariétés par la suite… Mais tu vois, si être intello ça veut dire aimer s’instruire, être curieux, attentif, admirer, s’émouvoir, essayer de comprendre comment tout ça tient debout et tenter de se coucher un peu moins con que la veille, alors oui, je le revendique totalement : non seulement je suis une intello, mais en plus je suis fière de l’être… Vachement fière, même… Et parce que je suis une intello comme tu dis, je ne peux pas m’empêcher de lire tes journaux de moto qui traînent aux chiottes et je sais que la nouvelle béhème R 1200 GS a un petit bidule électronique pour rouler avec l’essence pourrie… »
***

– Tu dors, maintenant ?
– Non, je guette le bout de ta cigarette…
– Tu sais, je…
– Tu quoi ?
– Je pense que tu devrais rester. Je pense que tout ce que tu m’as dit sur Philibert à propos de mon départ est aussi valable pour toi… Je pense qu’il serait très malheureux si tu t’en allais et que tu es garant de son fragile équilibre au même titre que moi…
– Euh… la dernière phrase, tu peux la redire en français ?
– Reste.
– Non… Je… je suis trop différent de vous deux… On mélange pas les torchons et les serviettes comme dirait ma mémé…
– On est différents, c’est vrai, mais jusqu’où ? Peut-être que je me trompe, mais il me semble qu’on forme une belle équipe de bras cassés tous les trois, non ?
– Tu l’as dit…
– Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? Moi qui ne sais pas me faire cuire un œuf, j’ai passé la journée en cuisine, et toi qui n’écoutes que de la techno, tu t’endors avec Vivaldi… C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes… Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences… Au contraire, sans toi je n’aurais jamais su reconnaître une feuille de pourpier…
– Pour ce que ça va te servir…
– Ca aussi c’est de la connerie. Pourquoi « me servir » ? Pourquoi toujours cette notion de rentabilité ? Je m’en tape que ça me serve ou pas, ce qui m’amuse, c’est de savoir que ça existe…
– Tu vois qu’on est différents… Que ce soit toi ou Philou, vous êtes pas dans le vrai monde, vous avez aucune idée de la vie, de comment y faut se battre pour survivre et tout ça… Moi j’en avais jamais vu des intellos avant vous deux, mais vous êtes bien comme l’idée que je m’en faisais…
– Et c’était quoi ton idée ?
Il agita les mains :
– C’était : Piou, piou… Oh, les petits oiseaux et les jolis papillons ! Piou, piou qu’ils sont mignons… Vous reprendrez un chapitre mon cher ? Mais oui, mon cher, deux, même ! Ca m’évitera de redescendre… Oh ! non ! ne redescendez pas, ça pue trop en bas !

***
« -Tu fais quoi pour Noël ?
– Je prends deux kilos. »
***
« Tiens, le pire quand on vieillit, ce n’est pas tant le corps qui fiche le camps, ce sont les remords. Comment ils reviennent vous hanter, vous torturer… le jour… la nuit… tout le temps. Il arrive un moment où tu ne sais plus si tu dois garder les yeux ouverts ou bien les fermer pour les chasser. Il arrive un moment où, Dieu sait que j’ai essayé pourtant, j’ai essayé de comprendre pourquoi ça n’avait pas collé, pourquoi tout était allé de travers, tout… tout »

Lectures pour l’été (2) : ils ont aimé, ils recommandent

Corentin, Thomas et Constant présentent

Le Labyrinthe

Le Labyrinthe (tome 1) James Dashner

Éditeur : Pocket Jeunesse (2012)

Quand Thomas reprend connaissance, sa mémoire est vide, seul son nom lui est familier… Il se retrouve entouré d’adolescents dans un lieu étrange, à l’ombre de murs infranchissables. Quatre portes gigantesques, qui se referment le soir, ouvrent sur un labyrinthe peuplé de monstres d’acier. Chaque nuit, le plan en est modifié.
Thomas comprend qu’une terrible épreuve les attend tous. Comment s’échapper par le labyrinthe maudit sans risquer sa vie? Si seulement il parvenait à exhumer les sombres secrets enfouis au plus profond de sa mémoire…

Extraits

-Tu crois que j’ai des parents ? De vrais parents ?
Thomas rit, surtout pour chasser la tristesse qui l’avait saisi à une question.
-Évidemment, tocard! Il faut que je t’explique le coup des choux et des roses ?

***

« Le Monde parut tournoyer, se fondre en un tourbillon de visages, de couleurs et de lumières. Des émotions contradictoires lui tordaient les entrailles; il aurait voulu hurler, pleurer et vomir tous à la fois. Les garçons s’étaient tus.
Quelqu’un prit la parole :
– Content de te voir, tocard. Bienvenue au Bloc.
Thomas n’oublierait jamais ces mots. « 

***

« – Tu sais Thomas, je me sens bizarre en ce moment. Ça fait drôle d’éprouver le mal du pays alors qu’on ne se rappelle même pas d’où on vient. Mais je ne supporte plus d’être ici. Je voudrais rentrer chez moi. Où que ce soit, qu’elle que soit ma famille. Je voudrais me souvenir. »

***

— Qu’est-ce que c’est que ce truc ? demanda-t-il.
Il avait le ventre tellement noué qu’il doutait de pouvoir remanger un jour.
— On appelle ça des Griffeurs, lui répondit Newt. Tu parles d’une saloperie, hein ? Heureusement, ils ne sortent que la nuit, quand les murs sont fermés.
Thomas se racla la gorge. Oserait-il un jour s’aventurer dans le Labyrinthe ? Son envie de rejoindre les coureurs venait d’en prendre un coup. Et pourtant il devait le faire. Il le sentait au plus profond de son être, même après ce qu’il venait de voir. Newt fixait le carreau de verre d’un air absent.
— Maintenant, tu sais ce qui rôde à l’intérieur du
Labyrinthe, mon pote. Comme ça, tu as compris qu’on n’est pas là pour rigoler.
Te voilà dans le Bloc. On compte sur toi pour nous aider à faire ce qu’on attend de nous.
— À savoir? interrogea Thomas, qui avait très peur d’entendre la réponse.
Newt le dévisagea bien en face. Thomas put distinguer les moindres détails de son visage, de sa peau et de son front barré d’un pli sévère.
— Trouver la sortie de ce foutu Labyrinthe pour rentrer chez nous, dit Newt.

BO du film

Ana et Rachel présentent (cliquer ici pour les entendre)

 Coeur Vanille

Coeur Vanille de Cathy Cassidy

Éditeur : Nathan (2014)
Cinq soeurs craquantes, cinq histoires à croquer ! Enfin le tome consacré à la plus rebelle et mystérieuse de la fratrie : Honey !
Honey, 15 ans, est l’aînée des sœurs Tanberry. Lunatique, égoïste, souvent triste, elle adore les drames, mais elle sait aussi se montrer charmante et douce. Vivant très mal la séparation de ses parents et la nouvelle relation de sa mère, Honey est allée rejoindre son père qui habite désormais en Australie. Là, elle découvre que la vie n’est pas si rose. Son père, qu’elle idéalisait tant, a une nouvelle compagne et le lycée qu’elle fréquente est particulièrement strict… Et quand des photos compromettantes apparaissent mystérieusement sur sa page perso du réseau social SpiderWeb, rien ne va plus…
Incipit :

La vie peut basculer en un instant sans même qu’on s’en rende compte…Comme ce jour où, assis sur une plage au coucher du soleil, je jouais de la guitare et chantais pendant que mes amis faisaient griller des Chamallows sur un feu de bois. La fête battait son plein. Je n’avais même pas remarqué le grand type barbu qui m’écoutait attentivement – j’ignorais alors qu’il avait le pouvoir de changer le cours de mon existence, de m’ouvrir des portes, de m’offrir une chance de connaître la gloire et la fortune.

Mon ami Finn m’a donné un petit coup de coude, le sourire aux lèvres.

— Tu vois le barbu, là, près de ma mère ? C’est un de ses amis. Il vient de Londres. Elle lui a parlé de ta musique, et il a décidé de faire l’aller-retour ce week-end pour t’écouter. Il s’appelle Curtis Rawlins. Tu devrais lui dire bonjour.

— Ah bon ? j’ai répondu en plissant les yeux. Tu crois ?

Les semaines précédentes avaient été mouvementées : une équipe de télé s’était installée au village pour tourner un film. La mère de Finn, Nikki, en était la productrice. Tous deux avaient passé l’été dans la famille de Cherry, ma copine ; mais le tournage touchait à sa fin, et ils n’allaient pas tarder à rentrer à Londres. Cette soirée sur la plage était une sorte de fête d’adieu.

Nikki m’avait entendu jouer plusieurs fois au cours des vacances, mais je n’y avais pas prêté attention. Avec son petit bouc et son chapeau en feutre rouge, son ami avait le look branché des gens du show-business. Je les ai salués de la main. Ils m’ont souri.

— Curtis est chasseur de talents pour une maison de disques, m’a expliqué Finn. Wrecked Records… tu en as sans doute entendu parler ?

Je n’en croyais pas mes oreilles. Tout le monde connaissait cette major, qui produisait certains de mes groupes préférés.

— Attends une seconde… tu plaisantes ?

— Non, Curtis est bien chasseur de talents.

— Waouh ! Et répète-moi ce que tu as dit tout à l’heure ?

— Maman lui a parlé de toi. Elle lui a envoyé une copie du CD que tu m’as donné, et un lien vers tes enregistrements sur Internet. Il a adoré. C’est pour ça qu’il a voulu te rencontrer et qu’il t’écoute depuis une heure. Alors… tu comptes rester planté là ?

Il m’a poussé vers eux.

Agathe et Rebecca présentent

Léna

Léna et la vraie vie Yaël Hassan

Éditeur : Editions du Seuil (2007)

La première phrase (incipit) : Si Léna avait pris seule la décision de poursuivre ses études comme pensionnaire en école privée, c’était Frida, sa grand-mère, qui lui en avait suggéré l’idée.

La dernière phrase : Elle a choisi une autre vie. La vraie, celle dont elle a toujours rêvé.

Léna est une jeune fille solitaire, délaissée par ses parents. « Un accident » pour sa mère. Tous les deux pensent plutôt à leurs activités professionnelles ou à leur vie mondaine qu’à Léna. Elle décide alors de s’inscrire dans un pensionnat pour y découvrir la « vraie vie ». Seulement, dans sa chambre, au pensionnat, elle se retrouve avec Marine, une fille très mystérieuse… charmante au premier abord mais en vérité, une vraie peste, manipulatrice et capricieuse ! Léna passionnée par la lecture, les livres sont « ses compagnons d’infortune » et le théâtre a lu plusieurs fois une pièce célèbre Antigone. Et justement, cette année, au pensionnat, au cours de théâtre, la pièce jouée est Antigone. Poussée par son amie Fanny elle s’y rend et rencontre un garçon très sympathique Vincent Bertheaux. Elle ne le sait pas encore mais Vincent est le fils d’un ami de son père chargé de veiller sur elle. Quand elle l’apprend, elle réagit mal…

Au fait, le jeune Vincent Bertheaux s’est-il bien occupé de toi ?
Léna blêmit.
Comment ça ? Tu connais Vincent ? balbutia-t-elle.
Quand tu t’es inscrite dans cette école, je me suis souvenu que le fils d’un ami y faisait également ses études. Je lui ai donc passé un coup de fil pour qu’il demande au jeune homme de veiller sur toi.
De veiller sur moi ! Mais pourquoi tu as fait ça ? cria Léna au bord des larmes.
Pour me rassurer, Léna. Il n’y avait rien de mal à cela. Pourquoi te mets-tu dans cet état ?

Léna était terrassée. C’était donc ça ! Vincent ne se serait jamais intéressé à elle si on ne le lui avait pas demandé. Pourtant peu à peu elle réalise que son père l’aime même s’il n’a pas toujours réussi à le lui dire. Elle réussit à s’imposer au théâtre mais est aussi choisie comme responsable par ses camarades d’internat. En l’espace de quelques mois, elle est capable de choisir sa vie « la vraie vie ».

Mathieu, Jérôme et Julien présentent

 

une planète dans la tête

Une planète dans la tête de Sally Gardner

traducteur Catherine Gibert

Éditeur : Gallimard Jeunesse

Sur Ricochet

Standish Tredwell a 15 ans, ne sait ni lire ni écrire à cause d’une forte dyslexie et il est le souffre-douleur de l’école qu’il fréquente. Pourtant une enseignante a su voir en lui autre chose qu’un « débile » dont on se moque. « Il y a ceux qui suivent les chemins balisés et puis il y a toi, Standish, une brise dans le parc de l’imagination. »
Il vit avec son grand-père, Papou, car ses parents ont disparu. La disparition est chose courante dans la « Zone 7 », ce monde de parias où survivent Standish et Papou, où règnent l’arbitraire, le mépris, la faim et la surveillance constante. Tous ceux qui pensent par eux-mêmes, disparaissent un jour ou l’autre.
La vie de Standish s’éclaircit un peu lorsque de nouveaux voisins s’installent et qu’Hector devient son ami et son protecteur. Ensemble, les deux garçons peaufinent des rêves éveillent et s’inventent Juniper, une planète où la vie est plus belle. Aussi lorsqu’Hector disparaît à son tour avec ses parents, Standish est désespéré. Il ne s’intéresse pas à l’Événement dont la propagande de la Patrie parle dans les médias contrôlés : le premier homme va se poser sur la Lune car la Patrie est une grande nation.
Standish comprend bientôt que la supercherie d’État doit être démasquée et dénoncée. Avec l’aide de quelques Résistants, il met au point un plan pour renverser cet état totalitaire, afin que ceux qui pensent et qui rêvent puissent enfin vivre dignement.

Ce roman, écrit à la première personne, fait entendre un personnage atypique, émouvant et intelligent, qui veut aller au bout de ses rêves, quel qu’en soit le prix à payer. Ce n’est pas son bonheur personnel qui motive Standish. Au contraire, il est porté par la volonté de dénoncer l’iniquité et l’arbitraire. Il s’inscrit en cela dans la lignée des grands personnages de la littérature, telle la magnifique Antigone.
Le récit à l’écriture concentrée et puissante procède par chapitres très courts qui donnent un rythme très particulier et happent rapidement les lecteurs.
Une planète dans la tête est l’un de ces romans où l’on demeure, une fois la lecture terminée, que l’on garde en soi, magistrale dénonciation de la dictature et de la barbarie.

extraits

Un

Je me demande si…

Si le ballon de foot n’était pas passé par-dessus le mur.

Si Hector n’était pas allé le chercher.

S’il n’avait pas gardé l’abominable secret pour lui.

Si…

Alors, je me raconterais sans doute une autre histoire. Voyez-vous, les « si » sont comme les étoiles, innombrables.

Deux

Mlle Connolly, notre précédent professeur, nous serinait toujours qu’il fallait commencer une histoire par le début. Nettoyer une fenêtre pour voir au travers. Tout bien réfléchi, je ne suis pas certain que ce soit ce qu’elle ait voulu dire. Personne, pas même Mlle Connolly, n’ose écrire ce que nous voyons de l’autre côté de cette vitre sale. Il vaut mieux ne pas regarder dehors. Et si on ne peut l’éviter, il est préférable de se taire. Je ne serais pas assez bête pour consigner cela noir sur blanc.

Même si j’en avais la possibilité, je ne pourrais pas.

Voyez-vous, je suis incapable d’épeler mon nom.

Standish Treadwell.

Je ne sais pas lire, pas écrire.

Standish Treadwell n’est pas une lumière.

Mlle Connolly est la seule à avoir jamais affirmé que ce qui distinguait Standish des autres, c’était son originalité. Cela faisait sourire Hector. Il l’avait compris dès le début, me disait-il.

– Il y a ceux qui suivent les chemins balisés et puis il y a toi, Standish, une brise dans le parc de l’imagination.

***

J’avais du mal à comprendre la différence entre disparition et mort. À mes yeux, c’était la même chose, les deux laissaient des trous. Des trous dans le cœur. Des trous dans la vie. Il n’était pas difficile de se rendre compte de leur nombre. L’apparition d’un nouveau trou était évidente. Les lumières s’éteignaient dans la maison, puis celle-ci explosait ou bien elle était rasée.
Léo et Sady présentent

Lectures pour l’été (1) : ils ont aimé, ils recommandent

le magasin descliquer sur l’image, pour entendre la présentation (6 mn 30)

Le Magasin des Suicides de Jean Teulé présenté par Julie et Zazie

Quatrième de couverture de l’édition Pocket :Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable: la joie de vivre. . .

BO du premier film d’animation de Patice Leconte Le magasin des suicides (1992)


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