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L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono

via Le site de La littérature à l’école élémentaire

En ce qui concerne les droits d’auteur sur cet ouvrage, voici le texte de la lettre que Giono écrivit au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, Monsieur Valdeyron, en 1957, au sujet de cette nouvelle :

         Cher Monsieur,    

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l’arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbre s (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j’en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire. Le texte que vous avez lu dans Trees and Life a été traduit en Danois, Finlandais, Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand, Russe, Tchécoslovaque, Hongrois, Espagnol, Italien, Yddisch, Polonais. J’ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions. Un américain est venu me voir dernièrement pour me demander l’autorisation de faire tirer ce texte à 100 000 exemplaires pour les répandre gratuitement en Amérique (ce que j’ai bien entendu accepté). L’Université de Zagreb en fait une traduction en yougoslave. C’est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c’est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.

     J’aimerais vous rencontrer, s’il vous est possible, pour parler précisément de l’utilisation pratique de ce texte. Je crois qu’il est temps qu’on fasse une « politique de l’arbre » bien que le mot politique semble bien mal adapté.

Très cordialement    

Jean Giono  

version intégrale du texte ici

« Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres de long et trois kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme – sans moyens techniques – on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction.« 

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L’homme qui plantait des arbres Jean Giono

Dans ce récit de Jean Giono, un berger oublie sa propre peine en donnant une nouvelle vie à un paysage presque désert.

un clic pour voir le film d’animation (voix de Philippe Noiret, réalisation Frédéric Back, Canada 1987) créé à partir de ce livre

… et ici, voir comment dans une certaine mesure la réalité rattrape la fiction au Brésil :  Sebastio Salgado devient , presqu’un siècle plus tard L’homme qui plantait des arbres

En effet, ce photographe devient un spécialiste de la reforestation brésilienne.

Samedi 14 novembre, de Vincent Villeminot, Sarbacane, 2016, 214 pages

une critique à retrouver sur Allez vous faire lire «  point sur lequel je ne m’interroge pas : je l’ai trouvé beau. Tuant. Épuisant d’émotion, vibrant d’une étincelle de vie — et c’est d’elle que vient sans doute l’implication du lecteur. Samedi 14 novembre est doucement terrible, puissant et élégant » conclut Lupiot

Ce roman ne parle pas des attentats du 13 novembre 2015. Il parle (tout est dans le titre) du lendemain, qui nous a saisi dans la stupeur, le silence et l’effroi. Dans l’inconfort de ne pas savoir comment être triste. Dans cet ennui blanc et ce bouillonnement confus. Le lendemain, on était assommé, capable de rien.

Ok, partons de là.

Samedi 14 novembe Vincent VilleminotLe héros s’appelle B., juste B. Car en ce lendemain, il n’est pas lui-même, il n’est pas entier. Il lui manque la part d’humanité qu’on lui a arraché la veille. La veille où son frère est mort à une terrasse, en trinquant avec lui.

B. circule dans cet état blanc. En montant dans une rame de métro, il reconnaît l’un des terroristes de la veille. Comme un fantôme, il lui emboîte le pas. Le bouillonnement à l’intérieur de lui prend l’ascendant.

Il suit ce jeune type jusqu’à un appartement. Là, il apparaît face au terroriste. Face à lui et… face à la fille qui habite ici. Layla.

Il n’a rien décidé de ce qu’il allait faire.

Ce roman m’a waow… il m’a pfiou… Il est magnifique. De nombreux lecteurs vous diront qu’ils en ressortent avec de l’espoir ; qu’il leur a fait du bien. Alors, pas moi, il ne m’a pas fait du bien — mais je l’ai trouvé beau, puissant. Intime et épique.

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J’ai échangé mes impressions avec Tom de La Voix du Livre au cours de la rédaction de cette chronique, et nous avons convenu de rebondir sur les impressions de l’autre : vous trouverez quelques liens au fil de l’article qui vous permettront de profiter de nos deux avis. Sur un roman aussi sensible, ce devrait être une expérience intéressante.

Pourquoi faut-il le lire (sans spoiler) : Lire la suite

Lecture pour l’été (3) : ils ont aimé, ils recommandent

Victor, Emilie, Andreas et Argan présentent

dix petits nègres

Les dix petits nègres d’Agatha Christie

Traduction de Gérard Chergé

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l’île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l’élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s’élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s’étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l’île, parmi les convives ?

Une poignée de personnages admirablement campés, une ambiance tendue, un suspense à couper le souffle et une fin complètement inattendue… La reine de crime nous livre ici un classique de la littérature policière ! –Sophie Colpaert –Ce texte fait référence à l’édition Poche

extraits (pris sur le blog textes à tout vent)  éd.Edito-Service

[…]

Le dîner touchait à sa fin.

La chair avait été excellente, les vins parfaits. Rogers s’acquittait admirablement de son service.

Tous les convives étaient de bonne humeur et les langues commençaient à se délier.

Mr. le juge Wargrave, attendri par le délicieux porto, devenait spirituel et pétillant d’ironie ; le docteur Armstrong et Tony Marston l’écoutaient avec plaisir, Miss Brent bavardait avec le général Macarthur ; ils s’étaient découvert des amis communs. Véra Claythorne posait à Mr.Davis des questions très pertinentes sur l’Afrique du Sud. Mr. Davis connaissait ce sujet à fond. Lombard suivait leur conversation. Une ou deux fois, il leva brusquement les yeux et ses paupières se rétrécirent. De temps à autre, il promenait discrètement son regard autour de la table et étudiait les autres convives.

Soudain, Anthony Marston s’exclama :

-C’est drôle, ces petites statuettes, hein ?

Au centre de la table ronde, sur un plateau de verre, étaient placées de petites figurines en porcelaine.

-Des nègres, dit Tony. L’ìle du Nègre. Voilà d’où vient l’idée, je suppose.

Véra se pencha en avant.

-En effet, c’est amusant. Combien sont-ils ? Dix ?

-Oui…il y en a dix.

Véra s’exclama :

-Ils sont comiques. Ce sont les dix négrillons de la chanson de nourrice. 1Dans ma chambre à coucher, elle est encadrée et suspendue au-dessus de la cheminée.
-Dans ma chambre également, déclara Lombard.

-Dans la mienne aussi !

-Dans la mienne aussi !

-Et aussi dans la mienne !

Tout le monde fit chorus.

-L’idée n’est pas banale, dit Véra.

Mr. le juge Wargrave grogna entre ses dents :

-Dites plutôt que c’est enfantin.

Puis il se versa du porto.

Emily Brent lança un regard vers Miss Claythorne ; Véra Claythorne y répondit par une inclination de la tête et toutes deux se levèrent.

Dans le salon, par les portes-fenêtres ouvertes sur la terrasse leur parvenait le bruit des vagues se brisant sur les rochers.

-J’aime à entendre le murmure de la mer, remarqua Emily Brent.

-Moi, je l’ai en horreur, répondit Véra d’un ton sec.

Miss Brent la considéra, toute surprise. Véra se mit à rougir et ajouta, en dominant son émotion :

-Il ne ferait guère bon ici un jour de tempête…

Emily Brent partageait cet avis.

-La maison doit être fermée pendant l’hiver, dit-elle. D’abord, les domestiques refuseraient d’y rester.

Véra murmura :

-En n’importe  quelle saison, il doit être difficile de trouver du personnel qui consente à vivre dans une île.

Emily Brent fit cette réflexion :

-Mrs. Oliver peut s’estimer heureuse d’avoir recruté ce ménage de serviteurs : la femme est un excellent cordon-bleu.

« C’est inouï ce que les vieilles gens embrouillent les noms ! » pensa Véra en elle-même.

Puis elle prononça tout haut bien distinctement :

-Mrs.Owen a vraiment de la chance.

Emily Brent avait apporté dans son sac à main un petit ouvrage de broderie. Au moment d’enfiler son aiguille, elle s’arrêta net et se tourna vers sa compagne :

-Owen ? Vous avez bien dit Owen ?

-Oui.

-De ma vie, je n’avais entendu prononcer ce nom-là.

Véra ouvrit de grands yeux.

-Tout de même…

Elle n’acheva point sa phrase. La porte venait de s’ouvrir et les hommes entraient dans le salon. Rogers les suivait, portant le café sur un plateau.

Le juge alla s’asseoir auprès d’Emily Brent et Armstrong à côté de Véra. Tony Marston se dirigea vers la porte-fenêtre, toujours ouverte. Blore examinait avec un étonnement naïf une statuette de bronze, se demandant si ces formes angulaires représentaient bien le corps d’une femme.

Le général Macarthur, le dos tourné à la cheminée, tirait sur sa courte moustache blanche. Le dîner avait été succulent et il se félicitait d’avoir répondu à l’invitation.

Lombard feuilletait les pages du Punch posé avec d’autres journaux sur une table près du mur.

Le domestique servit à la ronde un café noir fort et brûlant.

En somme, tous les invités, après ce copieux et fin repas, étaient heureux de la vie et d’eux-mêmes. Les aiguilles de la pendule marquaient neuf heures vingt. Dans le salon régnait en silence…un silence de confortable béatitude.

Au milieu de ce silence, s’éleva une voix…inattendue…surnaturelle et incisive…

Mesdames et Messieurs. Silence, s’il vous plaît !

Tous sursautèrent. Chacun regarda autour de soi, observa ses voisins et scruta les murs. Qui donc parlait ?

La Voix poursuivit, haute et claire :

Je vous accuse des crimes suivants :

Edward George Armstrong, vous avez, le 14 mars 1925, causé la mort de Louisa Mary Glees.

Emily Caroline Brent, le 5 novembre 1931, vous vous êtes rendue responsable de la mort de Beatrice Taylor.

William Henry Blore, vous êtes la cause de la mort de James Stephen Landor, survenue le 10 octobre 1928.

Véra Elisabeth Claythorne, le 11 août 1933, vous avez tué Cyril Ogilvie Hamilton.

Philip Lombard, au mois de février 1932, vous avez entraîné la mort de vingt et un hommes, membres d’une tribu d’Afrique Orientale.

John Gordon Macarthur, le 4 janvier 1917, vous avez de sang-froid envoyé à la mort l’amant de votre femme, Arthur Richmont.

Anthony James Marston, le 14 novembre dernier, vous avez tué John et Lucy Combes.

Thomas Rogers et Ethel Rogers, le 6 mai 1929, vous avez laissé mourir Jennifer Brady.

Lawrence John Wargrave, en date du 10 juin 1930, vous avez conduit à sa mort Edward Seton.

Accusés, avez-vous quelque chose à dire pour votre défense ?

La Voix se tut.

[…]

Magali et Sophie présentent

ensemble c'est tout

Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda

Présentation de l’éditeur

 » Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes… Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…  » Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.
Extraits
« – Tu as raison, on ne va pas y arriver… Il vaut mieux que tu te casses, mais laisse-moi te dire deux choses avant de te souhaiter bonne route : La première, c’est à propos des intellectuels justement… C’est facile de se fourtre de leur gueule… Ouais, c’est vachement facile… Souvent, ils sont pas très musclés et en plus, il n’aiment pas ça, se battre…Ça ne les excite pas plus que ça les bruits de bottes, les médailles et les grosses limousines, alors oui, c’est pas très dur… Il suffit de leur arracher leur livre des mains, leur guitare, leur crayon ou leur appareil photo et déjà, ils ne sont plus bons à rien ces empotés… D’ailleurs, les dictateurs, c’est souvent la première chose qu’ils font : casser les lunettes, brûler les livres ou interdire les concerts, ça leur coûte pas cher et ça peut leur éviter bien des contrariétés par la suite… Mais tu vois, si être intello ça veut dire aimer s’instruire, être curieux, attentif, admirer, s’émouvoir, essayer de comprendre comment tout ça tient debout et tenter de se coucher un peu moins con que la veille, alors oui, je le revendique totalement : non seulement je suis une intello, mais en plus je suis fière de l’être… Vachement fière, même… Et parce que je suis une intello comme tu dis, je ne peux pas m’empêcher de lire tes journaux de moto qui traînent aux chiottes et je sais que la nouvelle béhème R 1200 GS a un petit bidule électronique pour rouler avec l’essence pourrie… »
***

– Tu dors, maintenant ?
– Non, je guette le bout de ta cigarette…
– Tu sais, je…
– Tu quoi ?
– Je pense que tu devrais rester. Je pense que tout ce que tu m’as dit sur Philibert à propos de mon départ est aussi valable pour toi… Je pense qu’il serait très malheureux si tu t’en allais et que tu es garant de son fragile équilibre au même titre que moi…
– Euh… la dernière phrase, tu peux la redire en français ?
– Reste.
– Non… Je… je suis trop différent de vous deux… On mélange pas les torchons et les serviettes comme dirait ma mémé…
– On est différents, c’est vrai, mais jusqu’où ? Peut-être que je me trompe, mais il me semble qu’on forme une belle équipe de bras cassés tous les trois, non ?
– Tu l’as dit…
– Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? Moi qui ne sais pas me faire cuire un œuf, j’ai passé la journée en cuisine, et toi qui n’écoutes que de la techno, tu t’endors avec Vivaldi… C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes… Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences… Au contraire, sans toi je n’aurais jamais su reconnaître une feuille de pourpier…
– Pour ce que ça va te servir…
– Ca aussi c’est de la connerie. Pourquoi « me servir » ? Pourquoi toujours cette notion de rentabilité ? Je m’en tape que ça me serve ou pas, ce qui m’amuse, c’est de savoir que ça existe…
– Tu vois qu’on est différents… Que ce soit toi ou Philou, vous êtes pas dans le vrai monde, vous avez aucune idée de la vie, de comment y faut se battre pour survivre et tout ça… Moi j’en avais jamais vu des intellos avant vous deux, mais vous êtes bien comme l’idée que je m’en faisais…
– Et c’était quoi ton idée ?
Il agita les mains :
– C’était : Piou, piou… Oh, les petits oiseaux et les jolis papillons ! Piou, piou qu’ils sont mignons… Vous reprendrez un chapitre mon cher ? Mais oui, mon cher, deux, même ! Ca m’évitera de redescendre… Oh ! non ! ne redescendez pas, ça pue trop en bas !

***
« -Tu fais quoi pour Noël ?
– Je prends deux kilos. »
***
« Tiens, le pire quand on vieillit, ce n’est pas tant le corps qui fiche le camps, ce sont les remords. Comment ils reviennent vous hanter, vous torturer… le jour… la nuit… tout le temps. Il arrive un moment où tu ne sais plus si tu dois garder les yeux ouverts ou bien les fermer pour les chasser. Il arrive un moment où, Dieu sait que j’ai essayé pourtant, j’ai essayé de comprendre pourquoi ça n’avait pas collé, pourquoi tout était allé de travers, tout… tout »

Lectures pour l’été (1) : ils ont aimé, ils recommandent

le magasin descliquer sur l’image, pour entendre la présentation (6 mn 30)

Le Magasin des Suicides de Jean Teulé présenté par Julie et Zazie

Quatrième de couverture de l’édition Pocket :Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable: la joie de vivre. . .

BO du premier film d’animation de Patice Leconte Le magasin des suicides (1992)

La Pyramide des besoins humains de Caroline Solé (2015)

vu et copié/collé sur

le blog Allez vous faire lire

Wow. Autant vous le dire, c’est mon premier gros coup de cœur de 2016. J’avais fait l’acquisition de ce roman il y a des mois mais, par lose intégrale, je l’avais égaré après avoir lu tout juste les premières pages. Ce qui est, vous en conviendrez (et surtout quand lesdites premières pages sont trop cool), extrêmement désappointant.

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Puis, le 31 décembre, je me suis fait voler ma valise (qui contenait tous mes cadeaux de Noël, soit 98% de livres) (#EtBonneAnnée) mais, coup de chance dans mon malheur, en fouillant dans mes sacs à la recherche d’un nouveau contenant pour transporter les maigres affaires qui me restaient, je suis tombée, au fond d’un sac en toile oublié, sur… La pyramide des besoins humains.

Mon précieux.

Je me suis aussitôt replongée dedans. Et quel bonheur.

pyramide des besoins humains caroline soleChris a quinze ans. Il est SDF. Pourquoi ? Son histoire est triste et banale, comme celle de tous les SDF. On ne demande pas aux clodos comment ils en sont arrivés là (même si Christopher nous le dira), on se contente de les écouter quand ils ont quinze ans, de la rage et de la poésie dans le cœur, et qu’ils s’inscrivent anonymement à un jeu de télé-réalité.

Ce jeu, c’est La pyramide des besoins humains, basé sur la théorie de Maslow, selon laquelle nous devons remplir nos besoins primaires d’avoir avant d’accéder aux besoins supérieurs d’être.

pyramide-de-maslow

Chaque semaine, les participants doivent rédiger un texte prouvant à tous les votants anonymes qu’ils ont satisfait aux besoins du 1er, du 2e, du 3e niveau, etc., jusqu’à la toute fin. Jusqu’à la finale. Chris vit dans la rue. Sans toit, sans sécurité, sans amour, sans famille, sans reconnaissance : il n’est rien.

Pourtant, à sa grande surprise, il franchit le 1er niveau, et commence à attirer les regards.

devil wears prada who is this sad little person gif

J’ai adoré La pyramide des besoins humains parce que :

C’est très bien écrit. Le style est limpide et efficace, sans s’excuser pour ses envolées lyriques occasionnelles. C’est équilibré. Tantôt râpeux comme le macadam, tantôt réconfortant comme le lampion de Suzie qui illumine la rue, parfois triste et fragile comme le carton sur lequel dort Christopher.

C’est puissant. Cette lecture est ce à quoi aspirent la dystopie et la science-fiction de manière générale : nous faire réfléchir, nous faire ressentir, là, dans nos tripes, ce qu’impliquent les changements de notre société. Ceux qui vont à toute allure et qu’on ne s’arrête pas pour regarder.

stitch nobody loves me

Précision : ce n’est pas de la dystopie YA classique.

Les personnages sont terribles. Ils sont là, présents dans la pièce à côté de nous, quand ils puent la mort, mangent des hot-dogs, se chamaillent mollement, affalés dans une contre-allée, et rêvent, le soir, en regardant les étoiles.

La fin est ouverte. Alors, je sais que tout le monde n’est pas amateur de cet aspect là. Mais, de temps à autre (et notamment en dystopie), c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Nous emmener jusqu’à un certain point, nous regarder dans les yeux à ce moment-là, et nous laisser deviner ce qu’il adviendra ensuite de nos personnages.

Je vous rassure : on arrive au bout du jeu de télé-réalité. Mais, justement… est-ce là la finalité ?

Points négatifs : à part la couverture, je ne vois pas. (Mais je compte rédiger un billet, à l’occasion, sur les couvertures de l’École des Loisirs, qui sont trop souvent à côté de la plaque, donc ce ne sera pas pour aujourd’hui.) Cette couverture, je la trouve très belle, mais je pense qu’elle manque sa cible. Non, La pyramide des besoins humains n’est pas un roman psycho-social type Nouvelle Vague, oui, c’est une Dystopie Jeunesse. Et excellente, avec ça.

sherlock wink

Bonne lecture,

Je vous écrirai de Paule du Bouchet

critique de  Maryse Vuillermet lue et copiée ici où piocher bien d’autres suggestions

je vosu écriria image

Je vous écrirai  
Paule du Bouchet
Gallimard, scripto, 2013

Malia, l’héroïne, dix-sept ans, commence des études de philosophie à Paris. Elle loge avec  son amie d’enfance, Gisèle, étudiante en théâtre. Nous sommes en 1955. La mère de Malia est l’ancienne bonne de la tante de Gisèle, les deux jeunes filles ont grandi ensemble. Son père,  Mattéo,  est un saltimbanque, il montre des animaux dressés dans les fêtes de village. Elle a aussi un demi-frère. Un milieu très modeste et très frustre, sans culture et sans manières.

Malia, à Paris,  trouve un emploi de baby-sitting chez une famille d’intellectuels, elle garde leurs enfants. Sa mère lui a fait promettre d’écrire ;  une correspondance intense s’installe entre la mère et la fille, les lettres de Malia sont sensibles,  remplies de ses découvertes et enthousiasmes,  celles de sa mère sont pleines de considérations les plus terre à terre,  de peur, de recommandations,  de reproches,  et le tout,  dans un français vraiment maladroit. Malia,  parfois,  voudrait s’éloigner de cette mère envahissante et trop aimante, elle en a honte bien souvent.

A Paris, grâce à Gisèle, Malia découvre le monde du théâtre, elle joue dans une pièce de Tchekhov,  elle va au cinéma et rencontre un metteur en scène plus âgé qu’elle,  avec qui elle noue une relation affectueuse et tendre.

Le père de Malia tombe malade et meurt,  sans avoir pu lui révéler un secret. Sa mère sombre dans la dépression et la folie. Quel est le secret qui les ronge ?

Un beau roman sur la filiation, la honte de classe, la jeunesse et ses enthousiasmes, la culture des années 60 à Paris…

Des cinquièmes présentent un livre à deux, trois ou quatre… ou seul !

Alexandre, Martin et Luc évoquent Michel Strogoff de Jules Verne (interview imaginaire de Michel Strogoff à partir de la troisième minute)

Romain et Baptiste présentent Le Grizzly de James Oliver Curwood

Zazie, Sophie et Magali présentent Les filles au chocolat, Coeur cerise (tome 1) de Cathy Cassidy

Margot et Elise présentent Kiss de Jacqueline Wilson

Victor, Pierre-Louis et Adam présentent Percy Jackson de Rick Riordan

Félix, Maxime, Léos et Louis présentent Les Autodafeurs (T 1) Mon frère est un gardien de Marine Carteron, lire critique de Ricochet ici

Lucas et Wassim présentent Le Grizzly de J. O Curwood, pas de lectures d’extraits mais un journal et le direct d’un jeune journaliste depuis le salon du livre de Londres, une page publicité pour la manifestation paloise Un aller-Retour dans le noir et une interview de l’auteur.

Argan présente, lui aussi, Le Grizzly de J. O. Curwood

Soraya et Marguerite présentent Adam et Thomas d’Aharon Appelfeld

Julie, Vanessa et Mina présentent Entre chiens et loups de Malorie Blackman

Clara présente Adam et Thomas d’Aharon Appelfeld

Liste de livres proposés pour ce travail
Le Grizzly John Curwood
Robinson Crusoé D. Defoe
Vendredi ou la vie sauvage M. Tournier
L’ancre de la miséricorde Pierre Mac Orlan
Michel Strogoff (voir aussi dans livre de lecture) J. Verne
L’île mystérieuse J. Verne
Mon bel oranger J. M. de Vasconcelos

Le Pays où l’on n’arrive jamais André Dhôtel
Terrienne J-Cl Mourlevat
Maïté Coiffure M-A Murail
Qui es-tu Alaska ? John Greene
Entre chiens et loups Malorie Blackman
Adam et Thomas par Aharon Appelfeld (L’Ecole des loisirs)
Le livre de Perle par Timothée de Fombelle (Gallimard jeunesse)
Suivez-moi jeune homme de Y. Hassan
Humains par Matt Haig (Hélium)
La série Vango de T. De Fombelle
Percy Jackson de R. Riordan
La trahison / Maya Snow ; traduit de l’anglais par Alice Marchand ( Série Les filles du samouraï)
Les autodafeurs. 1, Mon frère est un gardien / Marine Carteron

Sweet Sixteen de Annelise Heurtier

Un jour j’irai chercher mon prince en skate de Jo Witek
Ma vie selon moi Le jour où tout a commencé (T 1)Sylvaine Jaoui
Le journal d’Aurore M. Desplechin
Les filles au chocolat Cœur Cerise (tome 1) Cathy Cassidy
Kiss de J. Wilson


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